BLOG LITTERAIRE

23 mars 2017

GLUICHES DE D'SOUS LA LOUNE

GLUICHES DE D'SOUS LA LOUNE

 

1.

Dessous la loune plane une ploume ; y a comme un blêtre ; i traverse l'herbe, glisse dans le noir plane dedans moi ploume ça grulche.

 

2.

J'ai de la loune dedans ma tiête ; y a comme un loup, i m'guette le loup hurle j'lentends pas déjà i m'a bouffu les oreilles.

 

3.

Il capitanait et fauteillait, sa tête se détachant au-dessus de lui ; de sa pipe spectrait qu'ça fume ; de ses mains glissait le livre.

 

4.

Ah je m'arouille ! j'me débrouille ! dehors ça grouille ! y a des pieuvres, même s'il y a des gens, y a des pieuvres ; ça pleut.

 

5.

Ah je fritédérouille !!! c'est la mayo !!! y en a plein partout... machine vomit… comme j'dirais machine rêve… c'est une robote… a gerbhuile.

 

6.

J'me bafouille l'être ! j'vois des pieuvres zont l'contrôle ! gros œilles à tentacules, débarqués d'la mer dans des baignoires volantes.

 

7.

I m'demande ce qui m'amène ; le vent j'lui réponds pis qu'est-ce que j'viens faire ici vous souffler dans les bronches j'lui réponds.

 

8.

I schlaffait ferme qu'ses grosses lèvres fffleuppaient régulier. D'l'aut' côté, le couteau et la main serpentaient dans la nuit.

 

9.

Et des maisons identiques des maisons identiques des maisons identiques et le long des maisons identiques des êtres en forme de poteau.

 

10.

Les gens se bouffent on dirait pas mais i s'bouffent i s'boufftoucru i s'boustifaillent i s'mâchoirent i s'viandardent i s'politisent.

 

11.

Des fois j'avais l'impression qu'Hercule Poirot allait sautiller élastique hors d'une page du « Crime du golf » pour me poser des questions.

 

12.

J'passoire y a trop d'trous partout faut faire gaffe des fois i vous happent un doigt un pied une main on appelle ça un accident.

 

13.

Des fois les choses sont froides ; même en été on dirait qu'elles sont glacées ; personne dedans les choses que du temps à passe-durer.

 

14.

Vraiment une grosse tête là devant moi serpentait avec des yeux tout ronds et toutes ces petites cellules grises qui lui grouillaient dedans.

 

15.

Ah ça gloiche, ça broiche, y a d'la noiche moisie d'sus les meubles, un décor pour gothique ritournelle, araignoche en plastoche.

 

16.

Ah ça gloiche, ça bruiche aussi, c'est un fantôme très gras, l'a mangé trop d'frites, i rote, i sent la bière ; c'est une baraque à frites hantée !

 

17.

Y en a zont leurs yeux plein les livres, lisent des meurtres des dégoûtances sanglantes décervelages équarrissages torturances pouah je dis.

 

18.

Heureusement que nous ne sommes pas télépathes ; nous passerions notre temps à nauséer d'la pensée des autres.

 

19.

Le chanteur tout crêtu (crétin aussi mais du moment qu'il braillharde hein) on entrave pas skibave même les Anglais pigent pas son barasbeef.

 

20.
Y a rien à faire, quand j'entends du Hugo, j'ai envie de manger des frites (idem avec Péguy). C'est que c'est bien long tout de même.

 

21.
J'ai ouvert le couvercle du piano ; aussitôt en jaillit un essaim de mains.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 mars 2017.


DES FOIS LA POLITIQUE ON DIRAIT D'LA TÉLÉ-RÉALITÉ

DES FOIS LA POLITIQUE ON DIRAIT D'LA TÉLÉ-RÉALITÉ

 

Le vote obligatoire ? Et si on n'y va pas ? On aura quoi, une amende ? On devra écrire une lettre d'excuse au préfet ?

 

Le vote obligatoire ? Et si on est patraque ce jour-là, ou déprimé, on devra fournir un certificat médical ?

 

Luc Chatel a raison : "Les masques tombent" ! Il en pleut même, de tous les côtés ! Quel bal des faux-culs, ces présidentielles !

 

En tout cas, merci les Primaires ! Ce qui s'annonçait comme une voie toute droite pour Juppé s'est transformée en bal des grotesques !

 

Fillon face à Le Pen au 2nd tour : lequel ira au palais de l'Elysée, lequel au palais de justice ?

 

Si jamais Le Pen l'emportait, les Primaires n'auront pas seulement été une sottise, mais une grave erreur historique.

 

Pour barrer la route à Fillon, la gauche va voter Macron dès le 1er tour et le Parti socialiste s'effondrera.

 

En 2012, après l'élection de Hollande, Jean-François Kahn avait déclaré que si Hollande échouait, on risquait une montée des extrêmes. On y est.

 

Logiquement, Macron devrait l'emporter, mais il est si jeune en face d'un Fillon aguerri.

 

En plus des hausses d'impôts, du manque de charisme de François Hollande et d'une défiance de plus en plus grande envers les institutions, la montée du chômage et le sentiment que l'école manquait à son devoir de formation pour réformer sans cesse auront beaucoup nui à la gauche.

 

Fillon est peut-être compétent; ça n'empêche pas la malhonnêteté. Hamon est sans doute honnête; ça n'empêche pas l'incompétence.

Avec les politiques, on en est venu à dire qu'untel est "sans doute honnête". C'est un monde hein ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 mars 2017.

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MAIS NOUS NOUS SERONS MORTS MON FRÈRE

MAIS NOUS NOUS SERONS MORTS MON FRÈRE

 

« Quand les hommes vivront d'amour
Il n'y aura plus de misère et
Commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts, mon frère... »

(Raymond Lévesque)

 

1.

L'immunité parlementaire, des fois, ça ressemblerait pas un peu à un privilège de l'Angien Régime ?

 

2.

Anchois

poil aux doigts !

Maquereau

Poil au dos !

Morue

Poil au !

Bon ça traduit en yaourglish avec une guitare indie/cool ça devrait l'faire non ?

 

Faudra aussi une barbe, un chapeau et un bout d'forêt : c'est à la mode, ce genre de foutage de gueule pseudo-bohème.

 

3.

Le monde est une vaste dispute qui finit régulièrement et inexorablement par dégénérer.

 

4.

La pluie ça gluiche, du verbe gluichir qui signifie pleuvoir sur quelque chose de gras. C'est un verbe très rare, ne le perdez pas.

 

5.

Suffit d'manquer d'argent pour se mettre à détester à peu près tout le monde.

 

6.

« Et toi, maison brûlante, Espace, cher Espace

Tranquille, où l'arbre fume et perd quelques oiseaux »

(Paul Valéry, « Été »)

 

« l'arbre fume » écrit Valéry ; du coup à cause de la fumée i « perd quelques oiseaux » qu'on l'voit bien là qu'le tabac c'est pas bien.

 

« l'arbre fume » écrit Valéry genre ah tiens je vais aller m'en griller une avec ma vieille branche là d'l'arbre.

 

L'arbre « fume » soit ! (à l'âge qu'il a il peut bien faire ce qu'il veut) mais s'il se met à tousser à cracher à trouer ses chemises hein ?

 

En été, l'Espace à Valéry il est tout brûlant qu'on dirait une « maison brûlante » pis « l'arbre » i « fume » que moi j'appellerais les pompiers.

 

7.

Certains diplômes, c'est comme les emprunts russes, un jour ça vaudra plus qu'le prix du papier.

 

8.

Si les journalistes ne commentaient pas l'affaire Fillon, comme tout finit toujours par se savoir, on aurait soupçonné la presse de complicité.

 

Au 2nd tour, si Fillon se retrouve face à Le Pen, y a rien à faire, ça ressemblera à une farce, une comédie, un piège à … .

 

Si PS et LR se cassent la figure, y en a des suivistes et autres cire-pompes qui vont s'artrouver le bec dans l'eau. Moi, ça m'amuse.

 

Fillon oublie juste une chose, c'est que la dette publique, ce ne sont pas les Français qui l'ont décidée, mais les technocrates.

 

La déclaration des patrimoines a ceci de bon qu'elle nous rappelle que les politiques ne vivent pas dans le même monde que nous.

 

En tout cas, rien n'aura le plus ressemblé au théâtre de Guignol que cette campagne des Présidentielles 2017 !

 

Le monde est simple : les bouffons des démocraties soutiennent les bourreaux des Etats totalitaires pis des fois y a la guerre (eh oui).

 

Et bien sûr les bouffons méprisent les bourreaux et vice-versa.

 

9.

Ce qu'il y a avec twitter c'est que tourner son clavier sept fois dans sa bouche, moi j'y arrive pas.

 

10.

Un technocrate est quelqu'un qui arrive à vous convaincre que s'il s'est trompé, c'est de votre faute.

 

11.

Hamon voudrait supprimer les cours en amphi de la 1ère année d'université ? Et pour les remplacer par quoi ? des TPE ? Des EPI ?

 

12.

Brève de comptoir à la Ubu entendue dans un café :

- et il y en a un milliard et demi qui crèvent de faim hein alors qu'est-ce qu'on va faire ?

- on va les bouffer ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 mars 2017

22 mars 2017

AH CES POETES !

AH CES POETES !

 

1.

« Je m'amuse fort à travers ces mots, dont mon collègue Mitschlaf pimente copieusement son cours de philosophie : En dehors du temps et de l'espace. »

(Jean Ray, « La ruelle ténébreuse » [le narrateur])

 

« Je m'amuse fort à travers ces mots » dit le narrateur à Jean Ray genre que nous sautons de phrase en phrase comme oiseau de branche en.

 

Le collègue au narrateur à Jean Ray il « pimente son cours de philosophie » que je comprends que c'est comme un plat, une salade assaisonnée.

 

Le collègue au narrateur il s'appelle « Mitschlaf » : ça sonne ironique comme si ce philosophe était sommeil, endormissement, hypnose.

 

Le temps batifolerait facile. Du coup, on le lie, ce pégase chronique, aux aiguilles des horloges, aux tables de conjugaison, aux emplois du temps.

 

Plus concret, l'espace qu'on le parcourt tandis que le temps nous parcourt et traverse qu'on s'enfonce pas dans l'espace comme dans le temps.

 

2.

Jean-Luc Mélenchon est sans doute celui qui reste le plus proche des idéaux de la jeunesse, des mots dans un discours, des pages dans un livre, des poussières dans le temps.

 

Les idéaux sont des étoiles, qu'on ne voit pas le jour et pas non plus la nuit, où nous dormons.

 

3.

Bruno Le Roux sera-t-il une victime collatérale du Fillongate ? A priori oui, sinon pourquoi Fillon aurait-il dû se désister ?

 

De telles phrases, on les aurait mises dans un roman il y a trois ans, personne n'y aurait cru.

 

4.

Je suis en faveur des débats politiques dans les médias, sinon les idées s'expriment dans la rue et d'une façon souvent fort peu civile.

 

Il faut donc que nos politiques manient le mieux possible l'art oratoire et la subtilité des argumentations.

 

5.

Un débat d'idées peut nourrir la philosophie politique aussi bien qu'une œuvre d'art nourrit la rêverie métaphysique et la tarte ma pomme.

 

6.

Curieux qu'un parlement si prompt à administrer la vie des autres n'ait pas de statut vraiment clair pour ses assistants parlementaires.

 

7.

A la politique je préfère la musique ; surtout le pipeau Fillon (dans l'air de Pénélope) et l'orgue Hamon (« De Profundis PS »).

 

8.

Désormais les jours sont fades

puisque je reste sans toi

j'vas m'préparer une salade

de tomates m'réchauffer une pizza

avec des anchois

la la la.

 

9.

La porte que tu as refermée derrière toi

Me laissant seul sans toi sans toi sans toi

Personne n'y sonne

Plus puisqu'il n'y a

Plus personne.

 

10.

« Lorsque l'enfant paraît... »

(Victor Hugo, « Pompes et circonstances »)

 

Lorsque l'enfant paraît, moi je dis poil au nez !

Et quand l'enfant parut, devinez quoi que j'dis ?

 

11.

« Cogito ergo sum » dit l'aut' ksa m'fa pensa (dit-il car frança) à opossum pis à oh pensum ! et pis la cymbale aussi fait sum sum sum.

 

12.

Ah j'ai compris « trumpette » ! passque « trumpette Marine » ih ih ih uh uh uh oh oh oh (on dirait les paroles d'une chanson des Beatles).

 

13.

C'est dommage que Frank Zappa n'a pas fait une reprise du tube de Licence IV : « Viens boire un p'tit coup... » succété goueyant j'suis sûr.

 

14.

Des fois j'me réveille dans ma tête pis alors y a ma cervelle kesskelle m'engueule.

 

15.

Des fois, j'ai honte de moi-même comme si j'étais vous.

 

16.

Y a tellement de gens que j'aime pas que si ça se savait, on m'exilerait sur une autre planète.

 

17.

Ah ces poètes qui désespèrent de l'espèce et de l'état du monde et qui vont serrer des louches à mandats dans les salons du livre.

 

18.

Des fois quand, tout seul depuis que tu ah la la !..., je regarde la tasse de café j'me dis zut j'ai oublié d'acheter du sucre.

 

19.

J'aime bien le prénom Charlotte il me fait penser aux pommes pis à la tarte qu'elle me flanque quand désolé ce tweet est indisponible.

 

20.

Le monde grouille d'insectes comme les os grouillent de chairs et les premiers de grignoter les seconds.

 

21.

A dada sur mon dada je radote « Mais qu'est-ce que t'as Doudou dis donc » de l'immortel Carlos (il est mort).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 mars 2017.

21 mars 2017

NOTES SUR LE GRAND DEBAT DES PRESIDENTIELLES LE 20 MARS 2017 SUR TF1

NOTES SUR LE GRAND DEBAT DES PRESIDENTIELLES LE 20 MARS 2017 SUR TF1

 

1.

Franchement, politiques, qu'avez-vous fait de mon pays ?

 

2.

Bien des propositions de Benoit Hamon ne soulèvent aucune indignation parce qu'avec son peu de chances d'être au 2nd tour tout le monde s'en fiche.

 

3.

A mon avis, même si les affaires Fillon débouchent sur un non-lieu, elle est désormais bien trouble la lumière portée sur cet homme.

 

4.

Quand on met la radio et qu'on entend un journaliste dire : « Donald Trump serait-il paranoïaque ? », moi je trouve ça inquiétant.

 

5.

Si Fillon ne passe pas le 1er tour, à mon avis, la droite républicaine ne lui pardonnera pas de sitôt.

 

6.

Il est possible que la sociologie des électeurs de Marine Le Pen soit beaucoup plus diverse et complexe qu'on se plaît à le penser.

 

7.

Non, s'abstenir n'est pas donner sa voix à Marine Le Pen, c'est au contraire marquer son désaccord avec un système qui a favorisé le FN.

 

PREAMBULE

8.

Je suis d'accord avec Mélenchon : « La misère est inacceptable dans un pays riche comme le nôtre. »

 

Je ne suis pas d'accord avec Mélenchon : sortir de l'OTAN serait une sottise. Que ça plaise ou non, la France est le bras armé de l'Europe.

 

 

ENSEIGNEMENT

9.

Fillon a peut-être raison : décentraliser l'enseignement professionnel et l'alternance au profit des régions n'est pas si sot.

 

Mélenchon a raison : il faut donner une allocation d'études dès l'âge de 16 ans aux élèves des filières professionnelles.

 

Fillon, Mélenchon, Le Pen tous trois d'accord pour une revalorisation des filières professionnelles (à vrai dire, il y a urgence).

 

Hamon propose des recrutements d'enseignants supplémentaires et de limiter dans le primaire le nombre d'élèves à 25 par classe.

 

Hamon use de l'alibi de la mixité sociale pour proposer une réforme de la carte scolaire « négociée » (négociation, vraiment ?) avec l'enseignement privé.

 

Hamon et Mélenchon proposent des recrutements supplémentaires d'enseignants. La question est : comment finance-t-on ?

 

Marine Le Pen est la seule à dire que son gouvernement abandonnerait le système du collège unique (qui fut, il est vrai, une ânerie).

 

SECURITE

10.

Hamon propose un retour de la police de proximité, dont la suppression fut une des plus belles preuves de l'incompétence sarkozyenne.

 

Le Pen et Fillon proposent une augmentation des places de prison (donc de nouveaux établissements). Pour un tas de raisons, c'est nécessaire et d'abord parce que les conditions de détention sont indignes d'un pays comme le nôtre.

 

L'abaissement de l'âge de la majorité pénale à seize ans proposé par Fillon entérine l'échec de la lutte contre la délinquance des mineurs.

 

Mélenchon très humainement rappelle qu'à 16 ans on est un "jeune esprit". Je pense moi qu'il faut agir au cas par cas : il y a déjà à seize ans de vraies crapules, de vraies personnes dangereuses, mais il y a aussi beaucoup de paumés.

MIGRATIONS

11.
D'accord avec Macron : ne pas oublier qu'un réfugié est d'abord quelqu'un qui fuit une situation de danger.

Hamon a raison d'évoquer les futures migrations climatiques qui viendront s'ajouter aux migrations politiques actuelles.

Non sans cynisme, Fillon propose une politique de quotas de migrants en oubliant qu'ils sont aussi le résultat de nos politiques étrangères, de nos ventes d'armes, de nos soutiens intéressés à certains dictateurs.

Mélenchon rappelle que les migrations sont forcées et qu'une politique des quotas ne pourra sérieusement arrêter les flux à venir.

Le Pen agite des nombres énormes de migrants et joue sur la peur des Français devant les problèmes (certes inévitables) posés par les flux en cours.

Vu les problèmes induits par la surpopulation mondiale et les désordres politiques actuels, c'est sûr que, de toute façon, ça va migrer de tous les côtés. On s'ra plus jamais en paix.

LAICITÉ
12.
Hamon rappelle que la loi sur la laïcité de 1905 doit servir de cadre à toute réflexion sur le respect des convictions de chacun.

Le Pen est la première à évoquer le problème de la montée du fondamentalisme islamiste.

13.
GOUVERNEMENT
Mélenchon a raison : certaines lois doivent désormais être inscrites dans la Constitution (notamment la loi sur l'IVG).

Le Pen propose un recours élargi au référendum ; ce qui n'est pas à mon avis une garantie de légitimité (des électeurs, ça se manipule).

Mélenchon propose de rendre le vote obligatoire. A mon avis, ce serait un premier pas vers la transformation de la démocratie en son apparence.

Hamon attaque Macron non sur des idées mais sur les éventuels conflits d'intérêt de certains de ses partisans. C'est faible comme attaque.

Fillon rappelle que la Vème République, si on la fait fonctionner « correctement » est le cadre légitime de l'actuel exercice du pouvoir.

Mélenchon : « la citoyenneté n'est pas un tribunal populaire ». Ai-je bien entendu ? Mélenchon serait-il moins populiste qu'on le croit.

Le discours de Mélenchon semble plus utopique que populiste : idéaliste, pacifiste, et écologiste. C'est beau mais peu lucide.

NUCLEAIRE
14.

Fillon rappelle, et il a sans doute raison, que l'abandon du nucléaire est contraire aux intérêts économiques de notre pays.

Le Pen rappelle (et elle a raison) qu'il n'y a pas si longtemps, on incitait les ménages à s'équiper en diesel pour condamner aujourd'hui ce même diesel.

Mélenchon rappelle que le nucléaire est une source d'énergie bien trop dangereuse (et il a raison) pour que l'on puisse continuer dans cette voie.

ECONOMIE
15.

Fillon évoque l'objectif du plein emploi et rappelle que la liberté de faire des heures supplémentaires est une nécessité économique.

Macron propose une baisse de l'impôt sur les sociétés, en misant sans doute sur des bénéfices en hausse induits par une reprise mondiale.

Problème posé par l'augmentation des dépenses publiques induites par les propositions de Hamon : que fait-on en cas de crise mondiale ?

Hamon insiste sur le revenu universel et sur le partage du travail (quel financement ?) : les baisses de charges n'y suffiront pas.

Pour Mélenchon, le partage du travail relève de la logique et il oublie que l'économie mondiale n'est pas si logique qu'on le croit.

 

Mélenchon a raison : dans les entreprises, la négociation à la base est surtout un rapport de force à l'avantage souvent de l'employeur.

 

Hamon, comme beaucoup de gens de gauche, refuse d'admettre que la politique des 35 heures a été un échec. C'est nier l'évidence.

 

Marine Le Pen rappelle avec raison que l'Europe a ruiné une partie de notre agriculture (depuis pour ma part Delors et Aubry, j'les aime pas).

 

Marine Le Pen dénonce la mondialisation économique : elle a raison, mais comment faire autrement ? Nous ne sommes pas la Suisse.

 

Moins essentiels à la géopolitique mondiale, le retour au secret bancaire, nos ventes d'armes, ah nous pourrions tous les luxes.

 

Mélenchon use du yaka à la Georges Marchais : pour augmenter le pouvoir d'achat, il faut créer des emplois. Oui, bien sûr, certes.

 

En fait, même si les impôts sur le revenu n'augmentent pas (on peut rêver), les taxes et autres tracasseries fiscales augmentent de toute façon.

 

Marine Le Pen oublie que les Mutuelles ne sont pas les seules à avoir des frais de gestion exorbitants : il est vrai qu'il y a des dérives.

 

Il faut quand même le faire, Marine Le Pen défend le brexit alors que le Royaume-Uni peut à tout moment éclater.

 

Sur la question des retraites, Fillon est très bon, très clair ; il dénonce l'illusion de la retraite par points, la valeur de ceux-ci étant révisable.

 

Hamon admet que l'hôpital public dysfonctionne et en toute bonne logique il faut donc recruter du personnel et revaloriser les carrières.

 

Mélenchon et Le Pen proposent la suppression du RSI : il est vrai que ce fameux Régime Social des Indépendants est très très très critiqué.

 

Fillon affirme que les « Agences régionales de santé » sont un échec (trop de bureaucratie, des « monstres » dit Fillon) dans lequel il a une part de responsabilité dit-il (bel aveu).

 

Fillon est en faveur d'une « débureaucratisation » du travail des médecins : reste à savoir ce qu'il entend par « débureaucratisation ».

 

Macron réaffirme qu'en matière de santé, il est nécessaire de prévenir : bah dire ça ne coûte rien.

 

DEFENSE

16.

Sur la puissance militaire, Hamon est bon : oui, la France est puissante et doit continuer à militer pour une défense européenne.

 

Très bonnes idées de Hamon : retirer du calcul du déficit le coût des opérations extérieures et augmenter fortement le budget de la défense.

 

A noter que Marine Le Pen est elle aussi en faveur d'une augmentation conséquente du budget de la défense.

 

Mélenchon en faveur d'une « Europe de la paix ». Certes, le monde redevient dangereux et les sources de conflits ne manquent pas à l'Est.

 

Le Pen et Mélenchon ont tort : le fait que la France soit dans l'OTAN ne l'oblige en rien à participer à des guerres voulues par les USA.

 

Macron et Fillon en faveur d'un rôle plus important de l'Allemagne dans la défense européenne, ce qui renforcerait le couple franco-allemand, mais en cas de désaccord sur une intervention extérieure, que fera-t-on ?

 

 

LUTTE CONTRE LE TERRORISME

17.

Mélenchon pour lutter contre l'islamisme politique : « apprendre à se passer de gaz et de pétrole » (!) « arrêter les guerres » (!!) euh…

 

Le Pen a raison : le fondamentalisme islamiste a fait de l'entrisme (associations, réseaux sociaux, écoles, prisons…) : il faut donc agir.

 

Hamon et Fillon dénoncent tous deux le fait que l'Arabie saoudite abrite des têtes pensantes du fondamentalisme islamiste. Hamon a même évoqué la trop grande complaisance de la France dans ses relations avec le Qatar.

 

Macron et Hamon sont d'accord sur l'importance du renseignement humain en matière de terrorisme : il faudra donc recruter.

 

CONCLUSION

18.

Je ne pensais pas que Fillon serait si bon dans ce « Grand Débat » du 20 mars 2017. Visiblement, l'expérience a parlé.

 

Hamon, sauf pour les questions de défense, ne m'a pas convaincu et Macron n'est pas encore rompu au genre (trop jeune).

 

Marine Le Pen est bien entendu excellente dans son rôle de patriote indignée. Mais le FN est trop pauvre en gens de qualité pour pouvoir gouverner. De plus, une majorité d'extrême-droite au parlement me semble pour l'instant problématique.

 

Mélenchon est certainement le plus humain et avec Hamon le plus honnête : mais son rêve de VIème république, franchement, me fait peur.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 mars 2017.


20 mars 2017

J'AI COMME UN DOUTE MOI AUSSI RÉPONDIT MON CHIEN

J'AI COMME UN DOUTE MOI AUSSI RÉPONDIT MON CHIEN

 

1.

Je viens de sortir mon chien ; il fait beau. Je ne sais pas trop ce qu'il va devenir mon pays ; j'ai comme un doute.

 

Les Français sont paumés. C'est vrai qu'aux présidentielles 2017, quel que soit leur choix, ils éliront un fossoyeur.

 

2.

Je me demande si notre inconscient collectif n'est pas en train de nous préparer un suicide du même nom.

 

3.

Une couverture de Tibor Csernus : un visage parcheminé genre n'a plus d'âge tellement que. On ne lui voit qu'un œil ; l'autre est dans le bateau.

 

Une couverture de Tibor Csernus : un pas très grand bateau à voiles tout à fait hantant tout ça dans une tourmente de quai ou quoi.

 

C'est la couverture du recueil de Jean Ray : « Le Grand Nocturne » (Le Masque « fantastique » n°14) ; je songe à un être longuement transversal.

 

Il y a je suis sûr des êtres transversaux, d'autres rectilignes, et des diagonaux et des longilignes, et tout ça invisible et vertigineux.

 

C'est dans les nouvelles de Jean Ray que j'ai entendu parler (les mots sont si bavards) de l'étrange et géométrique « Tessaract »...

 

4.

Cette jeune fille d'il y a longtemps que lycéen j'aimais bien, elle était blonde et callipyge et poitrinée, une crème pâtissière.

 

5.

Cheval cabré noir, mais l'amazone en gris estompant qu'on lui discerne pas le visage sur fond de paroi antique ne tombe pas de la couverture d'une anthologie de Max-Pol Fouchet chez Seghers.

 

6.

Certains poètes avec leurs phrases pleines de luttes qu'ils ne mènent pas et de drames qu'ils ne vivent pas savez quoi, sont ridicules.

 

7.

Certains auteurs sont tellement épouvantables que si leurs Œuvres Complètes vous tombent sur le pied vous pensez qu'ils l'ont fait exprès.

 

8.

Un recueil récent de Claude Ber est intitulé « Il y a des choses que non ». J'aime bien ce titre ; le recueil, je le lirai probablement pas, mais j'aime bien ce titre.

 

9.

J'apprends dans une émission de France Culture que l'écrivain Albert Cossery était vraiment peu sympathique. Bon, je ne le lirai pas non plus.

 

Le nombre de livres que je ne lirai pas est aussi vertigineux que celui des livres que je n'ai pas lus et je ne vous parle même pas des livres que je n'ai pas envie de lire.

 

10.

Bon alors surproduction, donc endettement, mais raréfaction du travail, donc tout le monde à l'école et pédagogisme à tous les étages.

 

Du « travail dirigé » à la « pédagogie différenciée » pour en arriver à la « classe inversée », c'est ce qu'on appelle une dérive, non ?

 

La prochaine étape, c'est quoi ? L'autogestion ? L'autocritique ? Le renvoi des Maîtres trop attachés à leurs cours magistraux ?

 

Et si, plutôt que de théoriser à outrance, on s'en remettait à l'expérience, à l'intelligence et au bon sens des enseignants ?

 

La pédagogie différenciée était une bonne idée. Hélas, elle passe de mode universitaro-académique au profit de « la classe inversée ».

 

A mon humble avis, la pédagogie différenciée doit individualiser la pratique au sein de la classe, et non aboutir à la création de groupes.

 

La création de groupes casse inévitablement l'hétérogénéité des classes. Différencier, ce n'est pas exclure mais inclure.

 

11.

J'ai mal à la tête. Je me demande si, par distraction, je n'aurais pas pris la tête d'un autre, hier soir, en sortant de chez

 

12.

Les points de suspension parfois me font penser que, sur la pointe de leurs chaussons, les Frères Jacques viennent de passer dans la phrase.

 

Si vous ne savez pas qui sont les Frères Jacques, faut absolument sauter dans votre machine à remonter le temps, ou alors il y a You Tube.

 

13.

Et dire que quand je serai mort je ne pourrais plus dire « Ah tiens j'me taperais bien un mille-feuilles moi ».

 

14.

J'dis ça j'dis rien mais si j'étais l'Europe j'me dépêcherais d'régler les problèmes de finances de la Grèce et j'continuerais à l'armer rapport à bah v'zavez compris.

 

15.

Je suis tellement imbu de ma personne que si je devais changer quelque chose en moi je ferais tout pareil, mais en mieux.

 

16.

Non, monsieur Houzeau, quand Gustave Flaubert déclara « Madame Bovary, c'est moi », il ne souffrait pas de dédoublement de la personnalité.

 

17.

C'est étonnant comme le rock de Chuck Berry (RIP) n'a pas pris une ride. On dirait que c'est sorti demain.

 

18.

« Quelle tête j'ai ce matin ! » dit Zut se mirant, « c'est bien simple, on dirait la tronche d'une autre. »

 

19.

Et dire que dans chaque paquet de bonbons se tient l'affreux spectre de la carie dentaire (on devrait pouvoir faire une pub avec ça non).

 

Une pub pour un dentifrice bien sûr pas pour les bonbecs.

 

20.

Eh non, un piano n'est pas une machine à remonter le temps. Parfois, quand on écoute du Ravel on se dit que, mais non…

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 mars 2017.

SYLLOGISME DU 20 MARS 2017 ET AUTRES AMUSETTES

SYLLOGISME DU 20 MARS 2017 ET AUTRES AMUSETTES

 

1.

Pour pallier les problèmes de surproduction, sans doute est-il nécessaire de continuer à alimenter l'endettement des populations.

 

Problème : en entrant de plus en plus tard sur le marché du travail, les jeunes générations s'endettent avant même de travailler.

 

L'Etat masque cette gestion du marché en utilisant le pédagogisme comme alibi de sa politique d'allongement des études pour tous.

 

2.

En français, un éléphant effervescent, ça n'existe pas parce qu'essayez un peu de mettre un éléphant dans un verre pour voir.

 

3.

En français, ce n'est pas la vitre qui a des yeux c'est celui qui est derrière qui a des yeux même que vous vous dites c'est qui çui-là.

4.

En français, un piano à queue ne chasse pas les mouches. Il ne meugle ni ne beugle et on ne peut pas y mettre un bœuf.

 

Un piano ne meugle ni ne beugle, n'empêche que des fois y en a ils en jouent comme des bœufs.

 

La musique qu'on entend à la radio, celle qui fait ping-ping-couac-couac-couine -couine, c'est genre j'pense d'la musique d'abattoir.

 

C'est le genre de musique d'abattoir à faire guincher grosses vaches, minets, bœufs et morues.

 

5.

En français, les cornichons n'ont des oreilles que s'ils vous écoutent. Dans ce cas, il peut s'agir de ce qu'on appelle des électeurs.

 

6.

En français, il est rare que d'une tête d’œuf sortent des aigles, mais il peut y pousser des cheveux, sauf s'il est chauve ça va de soi.

 

7.

En français, une guitare électrique ne passe pas le café mais on peut passer du temps dessus pendant que passent café années jeunesse cheveux.

 

8.

En français, un steak frites n'a pas de jambes, sinon il s’enfuirait de votre assiette tiens.

 

9.

Il se peut qu'au fond du silence il y ait des poissons mais alors ils sont très loin parce qu'on ne les entend pas.

 

10.

En français, un cheval ne parle pas allemand ; d'ailleurs, rien que l'idée le fait hennir.

 

11.

En français, le ciel n'est complice de rien, même pas de recel de dieu.

 

12.

En français, un camembert peut-être coulant, mais ne soyez pas trop optimiste, c'est pas lui qui vous pardonnera vos péchés.

 

13.

En français, la lune ne hulule pas et à vrai dire la lune ne murmure ni ne susurre. Même pleine comme un œuf, la lune boucle son u.

 

14.

En français, le corbeau et le bureau ont pour point commun d'être dans la même phrase. C'est valable aussi en anglais, et pour toutes les langues où l'on trouve des corbeaux et des bureaux.

 

15.

En français, un cercle peut être vicieux ou vertueux. Régulièrement fécondé par des têtes d’œuf, le cercle pond des circulaires.

 

16.

En français, le vent ne déplie ni ne tend les navires. Sauf s'il s'apprête à se moucher dedans... Quel crachin alors ! Quel coup d'tabac !

 

17.

En français, un nez creux ne se visite pas. C'est bien trop dangereux ! Il peut y avoir des éternuements, et même des écoulements !

 

18.

En français, une main peut être invisible. On dit dans ce cas qu'elle fait le marché ; généralement, elle en profite pour s'en mettre plein les fouilles.

 

19.

En français, un cognito ne se dit pas cogniti au pluriel. Par contre, il prend des précautions, des fois qu'on le reconnaîtrait.

 

20.

Il se peut que votre chameau blatère, nuitée venue ; ce qui fera aboyer les chiens du quartier et passer la caravane...

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 mars 2017

19 mars 2017

ET ON REMET QUATRE BREFS DANS LA MACHINE

ET ON REMET QUATRE BREFS DANS LA MACHINE

 

1.

La littérature est sans doute ce que nous avons trouvé de mieux pour transformer des tubes digestifs hyperactifs en héros de légende.

 

2.

Les transhumanistes sont des pessimistes : ce sont des scientifiques qui, ne croyant plus en l'humain actuel, préparent l'espèce d'après.

 

3.

Les robots lorsqu'ils sauront accéder à une complète autonomie se passeront bien de nos inutilités allez !

 

4.

Alors nos robots rentreront en contact avec les robots extra-terrestres et ils se raconteront des histoires de robots.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 mars 2017

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SI ÇA SE TROUVE NOUS SOMMES DÉJÀ DES RÉPLICANTS

SI ÇA SE TROUVE NOUS SOMMES DÉJÀ DES RÉPLICANTS

1.
Si les robots étaient sophistiqués au point de mimer nos affects, se pourrait-il que les machines soient atteintes de troubles mentaux ?

2.
L'élucidation de certains problèmes posés par le développement des intelligences artificielles nous permettra sans doute d'enfin savoir de quoi relève cet être étrange de la conscience.

Et si la conscience n'était qu'un jeu de mots, qu'un effet de sens ?

Si ça se trouve, nous sommes déjà ces "réplicants" du film "Blade Runner", ces robots humains, trop humains, et ce que nous appelons mourir est en fait l'arrêt de l'ensemble de nos programmations.

Quand la machine finira par mimer le réel aussi bien que l'humain, comment pourrons-nous distinguer l'être de son double ?

3.
Quand les robots trouveront des solutions à certaines complexités, sans doute nous étonneront-ils comme peuvent nous étonner les coups de maître.

4.
Je ne doute pas qu'à la question de savoir quelles sont les meilleures solutions  pour l'avenir de l'humanité, les robots ne finissent par répondre que la disparition de l'espèce humaine serait sans doute ce que dans l'absolu on peut espérer de mieux.

5.
Quand les robots feront tout, ou presque, les humains s'ennuieront tellement qu'ils n'auront plus guère envie de se reproduire.

Ceci dit, à mon avis, afin de s'économiser (ce qui est logique), les robots s'épargneront bien des peines en utilisant les humains.

6.
Quand bien même on ne pourrait imaginer un robot sans un humain pour le programmer, cela ne pourra empêcher quelque dictateur d'asservir son peuple en le soumettant à la toute-puissance de l'automate.

7.
L'humanité a imaginé le golem, puis s'est mise à créer des automates et des robots qui déjà obéissent au son de nos voix.

8.
J'entends ici et là évoquer cette calembredaine de la bienveillance naturelle qui serait présente chez les nouveaux-nés : résurgence essentialiste du mythe du « bon sauvage ».

Via le pédagogisme, l'universalisme et son humanisme mal compris nous ramènent à une prétendue essence bienveillante de l'humain.

9.
Ce philosophe qui raconte sur France Info qu'un magistrat ne peut comprendre ce qu'est une « femme mûre » s'il n'a pas lu « Madame Bovary » ! Foutaise ! Qu'il y a-t-il de commun entre la femme de syllabes de Flaubert et je ne sais quelle meurtrière  toxicomane, vulgaire, méchante comme la teigne ?

Les livres ne sont pas des modélisations du réel : ce sont juste de brillants jeux de l'esprit. Est bien fou qui croit en la littérature.

Je suis comme beaucoup : humaniste dans mes lectures et égoïste dans la vie réelle.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 mars 2017.

FUMERIES

FUMERIES

 

1.

« Assis sur un fagot, une pipe à la main,

Tristement accoudé contre une cheminée »

(Saint-Amant, « La pipe »)

 

Quand on fume la pipe façon Saint-Amant « assis sur un fagot », faut faire gaffe de pas flanquer l'feu partout.

 

Remarquez que dans un poème le feu qui prend ce n'est jamais que les flammes froides des syllabes mais on ne sait jamais.

 

Des fois que la bête tapie dans le langage se mettrait à cracher des flammes lesquelles se mettraient à courir dans le réel.

 

Les livres seraient-ils les blasons de créatures aussi anciennes que les autres dieux ?

 

Le narrateur « tristement accoudé contre une cheminée », c'est qu'il n'a pas le chauffage central je pense ; c'est ennuyeux surtout à l'époque.

 

Je dis à l'époque parce qu'à l'époque de Saint-Amant le chauffage central je pense pas qu'il existait c'est pour ça qu'il écrit sur la pipe.

 

Quand je dis qu'il écrit sur la pipe, ça ne signifie pas qu'il est assis sur une pipe mais que son poème est à propos que ça le réchauffe.

 

Être « tristement accoudé contre une cheminée » écrit Saint-Amant c'est le genre de chose qu'on lit et qu'on voit sans voir.

 

Grâce à notre boîte à images mentales, on voit sans voir mais parfois, l'imagination s'enflamme et du coup elles chauffent les images.

 

2.

J'ai bien cru qu'elle allait pleurer ; elle se faisait des yeux brouillés et moi ma tête de veau.

 

3.

« Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,

Je songe aux cruautés de mon sort inhumain. »

(Saint-Amant, « La pipe »)

 

Le narrateur a les « yeux fixés sur terre » qu'il a pas d'carrelage alors car je ne pense pas que sa cheminée soit dehors.

 

Avoir « l'âme mutinée », je ne sais pas ce que ça veut dire que peut-être le narrateur a l'âme comme Zut quand elle n'est pas contente.

 

Parfois Zut dit nom dî djou qu'elle est à bout et même qu'elle bout qu'elle est pas contente du tout du tout du tout.

 

Parfois Zut a l'âme en dents de scie qu'elle scierait bien de l'être en 2-3 et 4 mouvements d'la symphonie, mais c'est pas ontologiquement correct.

 

Quand on a « l'âme mutinée » comme dit Saint-Amant ce serait-y-pas qu'on est dans une drôle de galère et qu'on a ses rameurs tout révoltés.

 

Ou alors « l'âme mutinée » c'est à cause du gouvernail qui n'en fait qu'en son âme et conscience point barre.

 

A force d'avoir « les yeux fixés vers terre », je me demande si on ne finit pas par voir grouiller des vers, des os, des morts.

 

Le narrateur à Saint-Amant « songe aux cruautés de [son] sort inhumain » qu'il doit avoir de drôles de bestioles qui lui grignotent l'âme.

 

Des fois à songer aux cruautés d'son sort, je songe au saucisson rapport au verbe saucissonner.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 mars 2017.