BLOG LITTERAIRE

21 avril 2017

VERS LE ROUGE ET LE NOIR ?

VERS LE ROUGE ET LE NOIR ?

 

1.

Les GIF parfois ont l'air de séquences tirées de nos rêves.

 

Les GIF nous donnent une idée de ce que peuvent être ces synchronies dans lesquelles se répètent les fantômes.

 

GIF : Quelqu'un qui répéterait infiniment une phrase ou un geste, esprit bouclé, spectre en chair et en os.

 

2.

« un corps de fonctionnaires « rationnels » qui travaillent dans « l'universel » et y cultivent leurs intérêts particuliers. »

(André Glucksmann, « Les Maîtres Penseurs »)

 

Voilà à quoi l'on pourrait bien arriver si le populisme d'extrême-gauche devait l'emporter. L'idéal aussi est une affaire de sous.

 

3.

Un pouvoir délégué à l'infini diffuse un despotisme à l'infini, chacun soupçonnant l'autre de ne pas être dans la ligne ou d'y être un peu trop.

 

4.

Le désir d'être inutile, de même que le choix de l'abstention sont parfois les seules possibilités honnêtes quand l'on nous demande de plébisciter le pire.

 

5.

« Le guide est guidant parce que les guidés se laissent guider »

(André Glucksmann, « Les Maîtres Penseurs »)

 

Le populiste intelligent est d'autant plus renforcé dans son populisme qu'il sait très bien que ce qu'il dit est stupide. Ou alors, c'est un fou.

 

Il arrive même que des populistes intelligents se mettent à mépriser ce peuple qui les a élus sur leur charisme.

 

En cas d'échec de son pouvoir, le populiste intelligent n'hésitera pas à jeter ses ministres comme on jette un os au chien.

 

6.

Le parti politique, parce qu'il est fondé sur le débat, est en soi une association démocratique. Je crains le charisme du politique qui semble partir seul à l'assaut du pouvoir.

 

7.

D'après ce que je comprends, Chavez avait plutôt réussi mais la chute des prix du pétrole a ruiné le Vénézuela : le socialisme, parce qu'il est systémique, ne résiste pas aux crises.

 

8.

Si l'on sort de l'euro, on devra donc faire tourner la machine à billets : allons-nous vers un franc bolivar ?

 

9.

Le problème de la formation est maintenant lié au problème de l'automatisation : comment faire évoluer socialement des salariés peu qualifiés.

 

10.

Je vois la montée des populismes comme une conséquence autant du chômage de masse que des errements du pédagogisme. Les deux, éducation nationale défaillante et montée du chômage étant liées.

 

11.

C'est soit l'OTAN, soit une armée européenne : dans tous les cas, il serait très périlleux pour la France de quitter l'Union Européenne.

 

12.

Je suis pour le retour de la police de proximité, mais sans la possibilité du recours à la BAC (Brigade Anti Criminalité), elle serait vite impuissante.

 

13.

« Il y a apparence que ces cinq citoyens représentaient les cinq classes du peuple ; et qu'on ne comptait pas la sixième, composée de gens qui n'avaient rien. »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XXVII, ch.I)

 

Qu'une partie de la population n'ait plus rien à défendre que les conditions de sa survie ne peut qu'engendrer troubles et incertitudes politiques.

 

14.

Je prédis qu'en cas de victoire d'un populiste d'extrême-gauche, bon nombre de Français fortunés vont demander à être naturalisés ailleurs.

 

Où en raison de leur fortune, ils seront accueillis à bras ouverts.

 

15.

« Bien loin qu'il puisse nous dire quelle fut la destinée de cette république, il n'en saurait pas même montrer l'existence »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XXX, ch. XXIV)

 

La république n'est jamais que le masque le plus humain de cette barbarie qui agite la masse innombrable des bipèdes.

 

Pour ma part, je me contente assez du masque démocrate-social et ne veux ni du masque rouge de la fureur citoyenne ni d'la face à Méduse.

 

16.

Au second tour des élections présidentielles, va-t-on vers un affrontement entre le Rouge et le Noir ?

 

L'affrontement entre le Rouge et le Noir, diabole... Les deux faces du populisme se bouffent le nez.

 

17.

« Je parle mal. Je ne sais que dire la vérité ; et cela ne prend pas toujours, comme vous savez. »

(Diderot, « Le Neveu de Rameau » [« Moi »])

 

La Liberté, quel fantôme ! Susurrante de vérités que vous voilà voué à l'étonnement, à la surprise de l'Autre, ce mensonge.

 

18.

7 milliards d'âmes. Le Diable est dans le surnombre.

 

19.

« Le ton varie selon le protagoniste qui occupe le devant de la scène. Cependant elle et eux nous amusent et nous touchent car ils sont humains, trop humains, jusque dans leurs faiblesses et la mesquinerie de leurs calculs. »

(Christian Giudicelli, « Le Figaro Magazine », 10 octobre 1992, p.147)

 

Masques des politiques !… Remuantes des antagonismes… Amusettes réflexives…

agitations des bocaux à cornichons d'la pensée... humains, trop humains, eh oui, sans doute !… faiblesses, failles, ah qu'ça défaille, qu'ça fait défaut… Masque rouge à Mélenchon ; « elle et eux nous amusent », la Marine et autres jactants… « mesquinerie d'leurs calculs »… Un coup de dés jamais ? Certes, construction politique, qu'il est, le réel…

 

20.

Méluche i dit comme ça qu'il va remplir les carnets de commandes, et chacun sait à quel point l’État est bon payeur.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 avril 2017.


20 avril 2017

ET SANS CESSE Y REVENANT

ET SANS CESSE Y REVENANT

 

1.

Cantine gratuite bio : les deux premières années, ça pourrait fonctionner (grâce aux impôts) ; et dans 4 ans, pour maintenir la qualité, les familles payeront deux fois plus qu'actuellement. Ou alors, patates à l'eau et eau d'boudin.

 

De plus, est-ce que ce dispositif s'appliquerait aussi aux collèges et lycées ? Le coût serait énorme (en plus de la gestion du service).

 

Faut pas rêver ! les producteurs, même locaux ("culture vivrière" a dit Mélenchon), ne vont pas travailler pour rien !

 

Et qui paiera les producteurs ? la commune ? la région ? le ministère ? et sur quelles bases de prix ?

 

2.

Ouh ouh j'invoque les esprits ; c'est pas gratuit hein, vous paierez pour cela ; on paie pour tout, y compris l'au-delà.

 

Le spiritisme est une manière de transformer en espèces sonnantes et trébuchantes les manifestations de l'au-delà des biens matériels.

 

Dans le spiritisme, les clients, je pense qu'ils sont bien plus errants dans le genre esprits que les fantômes qu'ils s'imaginent.

 

3.

Il n'est de possession sans dépossession : le démon tente d'annihiler l'autre en lui-même.

 

Le Diable se balade dans les détails, lesquels, aussi soudainement qu'un claquement de doigt, nous font basculer dans l'irréel.

 

4.

« Il réussira si bien à le convaincre de son esclavage qu'il l'acculera au suicide, la nuit de la Saint-Sylvestre. »

(Jacques Nerson, Le Figaro Magazine du samedi 10 octobre 1992, p.142)

 

Convainquez un libre citoyen d'une société libre qu'il n'est qu'un esclave, et il cherchera à se libérer par la révolte, la folie ou le suicide.

 

5.

Je ne pense pas nous intégrions tous autant que le souhaiteraient nos bons maîtres nos soumissions. D'où sans doute l'état de ce monde.

 

6.

Au « vertige des moyens » répond un vertige des révoltes qui mène, par bien des détours plus ou moins démocratiques, à une fin de l'humain d'autant plus inévitable qu'elle en est la première condition : tu n'es que parce que tu meurs.

 

7.

20 avril 2017 : Christophe Alévêque dit très bien sur France Inter qu'heureusement, « les politiques ne tiennent jamais leurs promesses. »

 

8.

La VIème république m'a tout l'air d'une usine à gaz. Méluche, grand gazier devant l'Eternel ! Ô Suprême Fumigène !

 

Je note qu'au Venezuela le « référendum révocatoire » et la « démocratie participative » sont en vigueur. Avec le succès que l'on sait.

 

Il y a un côté évolutionniste dans la gauche de révolution : après les affreux libéraux pollueurs, l'Homo Melenchionus écolo, universel, honnête.

 

9.

« Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une aristocratie. »

(Montesquieu, « De l'esprit des lois », Livre II, ch. II)

 

Tous le savons, nos démocraties représentatives sont en fait des aristocraties, et nous n'aimons pas plus qu'avant nos seigneurs.

 

10.

Le jour où Macron douta que le salut de la France fût dans une « alliance bolivarienne », il condamna à jamais Méluche au ridicule.

 

L'alliance bolivarienne, ce sont congas, maracas, trompettes du grotesque et sang versé qui lui font sa casserole à Méluche.

 

11.

Avril 2017 : élément du langage politique en cours : « L’État stratège », autant dire l’État pieuvre, l’État tentaculaire. l’État Robespierre, l’État Bonaparte.

 

Je me méfie d'une Constitution qui aurait pour garant un État stratège tant la conduite de la bataille échappe au simple soldat, lequel pourtant risque sa vie.

 

Je note qu'ils s'apprêtent à voter pour quelqu'un qui veut un service national citoyen universel et obligatoire : c'est ça être « insoumis » ?

 

Je note qu'ils s'apprêtent à voter pour quelqu'un qui veut rendre le vote obligatoire : c'est ça être « insoumis » ?

 

12.

« N'attends pas ma terre envahie

Nous nous lèverons de ce sol »

(Aragon, « Chanson du franc-tireur »)

 

La menace de dictature lève les ombres, fait tomber les masques, alerte les réseaux.

 

13.

Evoquer les victimes des attentats au profit d'une éventuelle sortie de la coalition anti-daech, est obscène, d'autant que sortir de l'OTAN et de la coalition ne nous évitera pas la haine des djihadistes.

 

14.

Avril 2017 : entendu à la télé le mot « démocrature » pour désigner l'état d'une démocratie qui, peu à peu, se change en Etat totalitaire (en l'occurrence, la Turquie d'Erdogan).

 

15.

« Ils faisaient de la politique. Ils restaient sourds aux appels et aux explications de leurs adversaires à qui ils serinent aujourd'hui qu'ils ne sont pas responsables de l'état où ils ont mis le pays. »

(Jean d'Ormesson, Le Figaro Magazine, le 10 octobre 1992, p.41)

 

Être au pouvoir revient souvent à dire : « C'est pas moi, c'est l'autre. »

 

16.

Je crains que mon pays ne tombe dans l'oreille d'un sourd, lequel ne manque pourtant pas de voix.

 

17.

La formule s'adresse à chaque liberté, elle la nomme, acte de baptême toujours recommencé, elle intime : tu seras libre. »

(André Glucksmann, « Les Maîtres Penseurs »)

 

Un « tu seras libre » universel ne fait jamais que déposséder les peuples de leurs liens, de leurs traditions, de leurs libertés.

 

18.

Le législateur français est un être fébrile : il légifère à tout va, avant même d'avoir épuisé toutes les possibilités des lois déjà existantes.

 

19.

Nous aimons nos aliénations comme nous aimons nos fantômes : en souhaitant leur échapper et sans cesse y revenant.

 

20.

France Inter le 20 avril 2017. « Plus ça vieillit, plus ça coûte cher à entretenir » : cette remarque de bon sens de Philippe Poutou devrait nous faire réfléchir sur l'avenir du nucléaire.

 

21.

France Inter le 20 avril 2017 : la proposition de Macron de limiter le nombre d'élèves à douze dans les classes REP et REP + est très bonne.

 

Pour ma part, je pense que cette limitation à douze élèves par classe devrait concerner les primaires mais aussi les collèges.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 avril 2017.

19 avril 2017

UNE CHANSONNETTE PUIS DEUX TROIS SORNETTES

UNE CHANSONNETTE PUIS DEUX TROIS SORNETTES

 

1.

QUAND ON EST A CHVAUX

 

Quand on est à chvaux

Tout fiérot sur son chemin

Surtout si on est au galop

Faut faire gaffe au ravin

 

Vous me direz, me direz-vous

Qu'pas forcé qu'les chemins

Zaient à côté d'eusses

Un gouffre, un abîme, un ravin

N'empêche faut faire gaffe à ses osses

Et pas tomber dans l'trou

 

Quand on est à chvaux

Qu'on fait l'beau sur son chemin

Surtout si on s'met au galop

Faut faire gaffe au destin

 

Vous me direz, me direz-vous

Qu'pas forcé qu'les chemins

Zaient d'sus eusses

Une ombre un génie un destin

N'empêche faut faire gaffe à ses osses

Et pas chuter dans le

Et pas chuter dans le

Et pas chuter dans le

 

rien.

 

2.

L'universel est-il dans la langue ? J'y crois pas trop. Chaque langue défend son monde.

 

3.

Des extra-terrestres débarquant, comment éprouveraient-ils notre perception du temps, nos durées ? Pourraient-ils ne serait-ce qu'en avoir le soupçon ?

 

4.

Si ça se trouve, nos fantômes sont des aliens qui, d'une autre synchronie, tentent depuis des lustres d'amorcer le dialogue.

 

5.

L'ensemble de toutes les diachronies est-il une synchronie ? Est-ce que je vais prendre de la mayonnaise avec mes frites ?

 

L'hypothèse d'un ensemble synchronique de toutes les diachronies aurait tendance à m'attrister et puis avec les frites j'aime bien la mayonnaise.

 

6.

« Que suis-je ? J'attends tout du peuple et de l'armée ! »

(Racine, « Bajazet », v.481 [Bajazet])

 

Parole archaïque dites-vous ? Pour ma part, je reste songeur.

 

7.

Les mots « fossé » et « fosse », regardez comme ils sont déjà pleins d'osses.

 

8.

« Les absurdes objets demeurés à leur place

Semblent poursuivre seuls un rêve sans raison »

(Aragon, « Nymphée »)

 

Manque plus qu'un fantôme ; ainsi naissent les hantises.

 

9.

« alliance bolivarienne » ça m'évoque une scène d'un film comique où quelque bandit ouvrant une valise constate qu'on l'a payé en bolivars.

 

Le bandit était joué par Bernard Blier ah la tronche dis en ouvrant la valise et qu'il constate qu'un autre bandit lui a r'filé d'la monnaie de singe. Après il est même question d'une oreille qu'il lui mangerait s'il le r'trouvait l'autre gougnafier.

 

10.

La politique étant vouée à devenir Histoire, les politiciens auraient tout intérêt à soigner leur travail.

 

11.

« Car le rôle de l'idéologie est de combler les dimensions faibles d'un mouvement. »

(Alain Touraine, « La Société post-industrielle »)

 

Elle comble, l'idéologie, elle comble les trous du temps politique ; gras aussi, l'idéologie, gras d'une chair autrement plus nourricière.

 

12.

Méluche, lui faut plein d'milliards plein pour la refaire sa France, en plus de ce qu'elle dépense la France pis de ce qu'elle doit.

 

Ah va falloir qu'i trouve des grandes poches, Méluche pour les trouver tous ces milliards là qu'il lui faut pour jouer au socialisme.

 

Méluche i peut ptêt' les demander à La Banque d'la vieille là, Europe, mais s'il va faire genre protectionnisme moral, va tirer son nez Europe.

 

Du coup y a quelqu'un qui lui a dit : « Emprunter de l'argent à la BCE pour mener une politique protectionniste, vous rêvez debout, Mélenchon ! ». Ça n'a pas plu.

 

13.

« Le charbon n'a d'autre sens que celui que lui donne le travail du mineur, la terre ne signifie rien sans la charrue. »

(Alain Touraine, « La Société post-industrielle »)

 

Le réel n'existe que parce que nous y puisons tout notre sens.

 

14.

« Je perdrais ma vengeance en la rendant si prompte. »

(Racine, « Bajazet », v.1362 [Roxane])

 

C'est ce que je me dis souvent, oui, bien souvent…

 

15.

« La liberté philosophique consiste dans l'exercice de sa volonté, ou du moins (…) dans l'opinion où l'on est que l'on exerce sa volonté. »

(Montesquieu, « De l'esprit des lois », Livre XII, ch. II)

 

L'opinion publique, cette fille à problèmes, toujours dans l'illusion où elle est d'exercer sa volonté.

 

L'opinion publique est un trouble constant, une tempête qui toujours se prépare et parfois éclate.

 

16.

En avril 2017, l'Europe craignait que la Turquie devînt une dictature, c'est-à-dire qu'elle constatait chaque jour qu'elle le devenait.

 

17.

« La corruption est devenue en France un problème de culture et de morale collective et c'est bien cela le plus grave. Elle se banalise et se nourrit de la fascination croissante et excessive qu'exerce l'argent. »

(François d'Aubert, alors député UDF de la Mayenne, le Figaro Magazine du samedi 10 octobre 1992, p.72)

 

Difficile d'imaginer une société ouverte qui ne soit pas basée sur l'argent, lequel est à la fois la carotte et le bâton de nous aut's tous.

 

L'argent fascine car il permet, ou promet, le contrôle des esprits et des corps. L'argent est une promesse qui n'en finit pas.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 avril 2017

VIVE MÉLUCHE !

VIVE MÉLUCHE !

 

« Premier financier : Mais c'est idiot, Père Ubu.

Deuxième financier : C'est absurde.

Troisième financier : Ça n'a ni queue ni tête.

Père Ubu. Vous vous fichez de moi ! Dans la trappe, les financiers ! »

(Alfred Jarry, Ubu Roi, III, 2)

 

1.

Je suis attristé de voir mon pays fasciné par la démagogie et le culte de la personnalité. Les Français perdent-ils tout sens critique ?

 

2.

La multiplication du Méluche en hologrammes ! humilité, sobriété. Et puis ça doit pas coûter si cher que ça ; les démunis apprécieront.

 

3.

Son goût des hologrammes et des twitter-trolls, à Mélenchon, marrant comme ça rappelle Pif Gadget. Nostalgie ?

 

4.

Vive Méluche ! Sûr qu'il va les mettre dans son grand sac à phynances les sous d'la vieille là, Europe ; après il multipliera les saucisses !

 

5.

Vive Méluche ! Comme chaque Etat défend son beefsteak, ses troupeaux d'boeufs, ses bêtes à cornes, il leur dira merdre et fera sa France tout seul !

 

6.

Méluche ? Va tous les coller à l'école obligatoire jusqu'à 18 piges ! Tu t'ennuies ? Tu serviras à la cantoche publique gratuite obligatoire.

 

7.

Méluche, i s'prépare un plébiscite pour tous ses lui (sa pomme, ses hologrammes, tous les anciens méluches qu'il fut), Bonaparte j'vous dis !

 

8.

Méluche c'est la résurrection du Bonaparte ! Avec retraites à la russe, Bérézina bolivarienne, Waterloo d'la dette, i va tout faire empire !

 

9.

Méluche il a même pas besoin d'un hashtag, l'en a plein ses trolls, des mots-dièses, pis des sondages qu'il caracole dis qu'c'est magique !

 

10.

Méluche il est fabuleux ! Il va tout faire avec de l'argent que si on lui donne pas, il claque la porte à l'Europe ! Bonaparte j'vous dis ! César !

 

11.

Méluche il est généreux ! Cantoche gratuite pour tous les mômes ! Comme ça c'est sûr, au bout d'cinq ans y aura plus d'problèmes d'obésité !

 

Cantoche gratuite pour tous les mômes d'l'école publique ! Ceusses du privé ? J'pense pas, faut pas prendre Méluche pour un fillon de bénitier !

 

Méluche, pour financer la cantoche gratuite, il compte pas sur les impôts locaux, non i prendra tout aux riches s'il en reste sinon.

 

Pis c't'une politique familiale ça la cantoche gratuite, les bien pondeuses familles s'ront bien contentes qu'on paiera pour.

 

12.

Méluche c'est un pur ! va prendre une France toute pourrite par les sous, bouffie foutue de droite, va vous la rendre toute propre bien maigre.

 

13.

Méluche i multiplie les promesses, multiplie les hologrammes, bientôt i multipliera les sous vous verrez, Méluche c'est Majax !

 

Pis s'il multiplie les problèmes, Méluche i s'démontera pas, ce s'ra qu'on aura pas été assez socialo-méluchien ! Alors à gauche toute !

 

14.

Méluche c'est un copain, les laissera pas dans la mouise ses potes d'l'ALBA, l'enverra des citoyens le défendre le socialisme à moustaches.

 

15.

Avec Méluche, y a pas, tout le monde paie des impôts, tout le monde ! Ah principe ! T'as presque rien, pas grave ! Le presque suffira !

 

16.

« Et tandis que le peuple éprouve qu'il est grand »

(Aragon, « La nuit de juillet »)

 

L'état critique rappelle le peuple à sa grandeur, ou à sa lâcheté, ou à Méluche, çui-là qui va nous reconstituer d'autor' qu'on aura plus qu'à plébisciter !

 

17.

Méluche il est épatant ! Jacte sans notes, va et vient sur l'estrade, comédien, enseignant, Comediante ! Tragediante ! Ah c'te pièce !

 

Méluche c'est un tribun ! Une grande bouche ! Un bateleur de première à la foire des idées en l'air ! Un jongleur ! Un acteur !

 

Méluche il est si costaud d'la bouche que s'il devenait muet, son programme s'effondrerait d'un coup et s'rait battu par Poutou dis.

 

18.

Méluche s'il est battu, y en a beaucoup i s'ront déçus, moi j'les vois venir les frustrations, les tristesses, ça m'inquiète même.

 

19.

« Le souverain interprète le spectacle du peuple » (Hobbes cité par Stéphane Rozès dans une émission télé)

 

Le pouvoir est un spectacle pour le peuple, lequel est un spectacle pour le pouvoir, et tous se regardent les yeux dans les yeux, jusqu'à ce que l'un finisse par dévorer l'autre.

 

20.

« On dirait que l'air, l'air invisible est plein d'inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. »

(Maupassant, « Le Horla »)

 

Qu'on y nage dedans, les inconnaissables, puissances et politiques, nombres, chiffres, lois, les ministères sont des masques.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 avril 2017.

18 avril 2017

LE CERVEAU L'ESTOMAC ET LA BOUCHE

LE CERVEAU L'ESTOMAC ET LA BOUCHE

1.
Il me semble qu'assez cyniquement, les grands internationaux voient certains pays comme des bêtes malades qu'on laisse lentement crever.

2.
« Vous devez comprendre que je n'ai pas le temps de vous faire de la morale…'
(Simenon, « Au Rendez-vous des Terre-Neuvas » [Maigret])

Le politique court après l'économie, pas après la morale. C'est qu'il n'a pas le temps ; et ce manque de temps s'appelle la crise.

3.
Le politique tente, souvent en vain, de plaquer du vivant sur du mécanique, l'humain en dépit du chiffre.

4.
Je note qu'au début du XXIème siècle, on parla de « grand remplacement », celui d'une civilisation par une autre, celui des salariés par les robots.

5.
M'étonnerait tout de même que ceux qui ont une conviction religieuse forte votent pour Mélenchon.

M'étonnerait quand même que les professions libérales et les milieux d'affaires votent pour Mélenchon.

En politique, peut-on faire cavalier seul sans l'appui des institutions ? Franchement, ça m'étonnerait ; Mélenchon aurait-il cet appui ? Pas sûr.

La cantine gratuite pour tous ? C'est gentil, Jean-Luc ! C'est toi qui payes ? Ah non… c'est qui alors ? Nos impôts ? Ouh la !

La cantine gratuite pour les plus pauvres est un beau projet, mais une cantine gratuite pour tous n'est que démagogie.

Le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est genre je gagne au loto, je claque tout en deux ans et je ne mange plus que des nouilles en attendant la retraite.

6.
En démocratie, la politique est le meilleur antidote du politique.

7.
Lorsqu'un candidat fait campagne non sur les valeurs de son parti, mais sur des valeurs qui lui seraient propres, il peut certes monter dans les sondages, mais inéluctablement, il sera battu.

8.
Après l'attaque au gaz sarin du 4 avril 2017, Bachar al-Assad fut qualifié de « boucher » par le président Trump.

Qu'on le veuille ou non, en bombardant une base aérienne du régime syrien, Trump a fait ce que la France voulut jadis faire et qu'Obama n'a pas osé.

9.
Le secteur des emplois à domicile est un secteur à soutenir, en défiscalisant le plus possible, et surtout pas en l'étatisant.

10.
Mélenchon aura suscité beaucoup d'illusions et révèle qu'au cœur de bien des Français subsiste le rêve d'un monde meilleur, le rêve… le rêve…

J'ai du mal à excuser l'inconséquence de l'homme intelligent qui entretient l'illusion d'un monde égalitaire administré par la bienveillance.

11.
« Il peut tout jouer cet œil » j'entends dire Augustin Trapenard sur France Inter, et partout, dis : l'humain ne se perd jamais de vue.

Humain, très humain est celui qui pense qu'il n'est qu'humain.

12.
« la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange »
(Maupassant, « Le Horla »)

Le cerveau, l'estomac et la bouche sont pleins de nos racines.

13.
« un regard chargé de haine au bateau noir »
(Simenon, « Au rendez-vous des Terre-Neuvas »)

J'aime bien cette ligne qui mêle la lucidité et la haine du regard sur l'opaque.

14.
La politique, c'est l'efficace de la haine, le meilleur de l'os et, en fin de compte, le miracle de la croissance.

15.
Nous allons vers une politique de l'offre qui, pour beaucoup, semble la seule solution mais qui, pour l'instant, semble freiner les changements dont aurait besoin notre politique énergétique.

16.
« La situation des choses demandait que Rome fût une démocratie ; et cependant elle ne l'était pas. »
(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XI, ch. XIII)

Le génie des peuple est de penser la démocratie quand bien même elle serait on ne sait où dans le dédale des rues.

« Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. »
(...)
« A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse. »
(René Char, « Allégeance »)

17.
« Je le veux. Je me suis consultée. »
(Racine, « Bajazet », v.681 [Atalide])

Un parlement dans la tête des fois… raison à droite, cœur à gauche, et moi et moi et moi.

18.
Marrant, plus on invente d'instruments de mesure du temps, et plus ça passe vite.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 avril 2017.


PÉRIL EN LA DEMEURE

PÉRIL EN LA DEMEURE

 

1.

Fillon me fait penser au Tartuffe de Molière, un Tartuffe qui loucherait sur les seins de Marianne et convoiterait l'argent de la maison.

 

2.

S'il y a parenté entre le programme des « insoumis » et le programme PS/PC de 1981, souvenons-nous que dès 1983, ce programme fut abandonné.

 

Le livret des "insoumis" sur l’Éducation en appelle à une « école commune de la 6ème République » : serait-ce la fin de l'enseignement privé ?

 

Le livret des "insoumis" sur l'Education évoque une « école commune» : cela signifie-t-il intégration de l'enseignement privé dans le secteur public ?

 

Cf « L'Ecole de l'égalité et de l'émancipation » (« #30 des livrets de la France insoumise », pp 11 à 25)

 

Je crains moins Mélenchon que ses seconds couteaux, ceux qui dans l'ombre se préparent à sortir drapeaux rouges etoukhazes.

 

Soyons clairs, un second tour Mélenchon / Le Pen pourrait, par peur du communisme, faire gagner Le Pen.

 

3.

« Les clichés de la vie normale ne sont pas « pires » que les autres » (Claude Pélieu, « Tatouages mentholés »)

 

J'aime les yeux bleus de Marianne, même si nous savons qu'elle est plus latine que nordique, plus châtain que blonde, plus gouaille que prude.

 

« Tatouages mentholés et cartouches d'Aube » est le titre d'un recueil de Claude Pélieu : esquisse de guerrier poétique, croquis pour une bande dessinée.

 

4.

Une victoire d'Emmanuel Macron donnerait sans doute aux législatives un parlement social-démocrate, ce qui, je pense, est le mieux.

 

5.

Parce qu'elle est une des armes du monde, la France est tournée vers l'extérieur et se doit d'être non pas gendarme, mais arbitre.

 

La France, parfois, c'est l'ONU en plus efficace. Oui, la voix de la France compte et personnellement, j'en suis plutôt fier.

 

La France est l'alliée des USA et non pas l'alliée des aventures économiques de l'Amérique du sud.

 

De par sa position économique et géographique, la France est un lien entre le Sud et le Nord, entre l'Est et l'Ouest, et pas entre Bolivar et Poutine.

 

Après la France-Afrique, une France-Bolivar ?

 

6.

Comment régler le problème de la surpopulation carcérale ? En arrêtant l'angélisme et en construisant de nouvelles prisons.

 

7.

« Comme celui qui attaque peut d'abord paraître partout, il faut que celui qui défend puisse se montrer partout aussi »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », Livre IX, ch. VI)

 

Curieux comme cette phrase de Montesquieu me fait penser aux hologrammes de Mélenchon.

 

Bréviaire de la guerre ou nécessité politico-médiatique ?

 

8.

« O vieux roi malheureux contre qui tout conspire »

(Aragon, « Nymphée »)

 

C'est chacun. Nos affects font ce donjon, cette tour du vieux roi, cette chambre de la reine.

 

9.

Combien de mes amies ont maintenant pleuré, seules dans la cuisine et le corps fatigué ?

 

10.

En votant oui au pouvoirs renforcés du président Erdogan, les Turcs ont choisi eux-mêmes de refermer derrière eux la porte de l'Europe.

 

11.

L'état critique se joue sur la scène, et figurez-vous, électeurs, que vous n'êtes pas dans la salle.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 avril 2017.

17 avril 2017

POUR QUOI QU'ON PASSE DIS ?

POUR QUOI QU'ON PASSE DIS ?

1.
L'alliance bolivarienne ? S'agirait-il d'obtenir du pétrole en échange des armes avec lesquelles Maduro materait ses « insoumis » ?

L'ALBA est certes une alliance économique et culturelle, mais aussi une alliance politique, et donc potentiellement militaire.

2.
J'aime beaucoup l'expression « splendide isolement », ça vous a des airs de forteresse imprenable, d'en âme et conscience.

Des fois qu'on vous dévore, vous inclut, vous met dedans, le « splendide isolement », est ce qui reste, en âme et conscience.

3.
« J'serais soûl à crever que je ne dirais quand même pas ce que je voudrais dire... »
(Simenon, « Au Rendez-vous des Terre-Neuvas » [P'tit Louis])

C'est dans le « que je ne dirais quand même pas ce que je voudrais dire » qu'elle est, tigre tapi, la dévorante lucidité.

La vérité n'est pas en soi. Elle est dans l'œil la vérité, éventuellement dans l’œil du voisin ; ailleurs ? Chais pas trop.

4.
L'extraordinaire lucidité des mathématiciens, et leur splendide isolement.

5.
« Vous qui vous bâtissez un monde dans la bouche »
(Aragon, « Langage des statues » [la statue d'Hugo])

« Alchimie du Verbe », puissance du politique, art d'apprivoiser les faucons et les pythies, art du comment vivre, travailler, épargner, transmettre.

6.
« Redoutez les morts exemplaires
Tyrans qui massacrez en vain
Elles sont un terrible vin
Pour un peuple et sa colère »
(Aragon, « Légende de Gabriel Péri »)

Bon, on peut faire une spéciale dédicace à tout un tas de chefs d’État.

7.
Dans l'attaque au gaz sarin du 4 avril 2017, je me demande si pour tester la volonté de Trump, la Russie n'aurait pas poussé Assad à la faute ?

En tout cas, avec la riposte à bombardement des Américains, les voilà renseignés, les camarades.

Vieille tactique soviétique, celle du test (provocations, accidents malencontreux et étourderies planifiées, démonstrations de force...)

8.
Je suppose que la guerre est aussi une ivresse, un vertige, celui de la catastrophe, celle de la victoire : du temps, rien d'autre que du temps.

9.
En dehors de l'amour, illusion efficace, c'est certainement dans le conflit que les humains se comprennent le mieux.

10.
Le commerce est sans doute une sublimation de la guerre : cela vaut évidemment mieux, même s'il y a un fusil dans l'arrière-boutique.

11.
Je crains que Mélenchon cède à l'abus de réglementations comme je crains les excès de libéralisme dans lesquels pourrait tomber Macron.

12.
« Ce n'est que comme changement dans le gouvernement, qu'ils craignent l'établissement d'une autre religion. »
(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », Livre XXV, ch. XV, « De la propagation de la religion »)

L’État qui fonde ses lois sur la croyance finit toujours par s'en prendre aux autres croyances, puis aux autres Etats.

Un Etat religieux est, par définition, une dictature de la croyance.

Il n'y a pas d’État raisonnable ; les meilleurs des Etats sont seulement les plus lucides.

Ce ne sont ni la Raison, ni l'amour du Vrai qui peuvent légitimer la puissance, mais la lucidité, cette singularité.

13.
Moi, les services militaires, citoyens, civiques, écolo-civiques, citoyenno-écolos, gaucho-intégrateurs, s'ils sont obligatoires, chuis contre.
Question de principe, j'aime pas les contraintes, et j'ai pas envie de mourir pour aucun drapeau, je dis aucun.

14.
Mélenchon prévoit un « service citoyen obligatoire » pour tous et toutes, de neuf mois payés au SMIC, comprenant une formation militaire : ah ouais ?

Cf la section 14 du programme « L'Avenir en commun » (on dirait le titre d'un roman de la collection « Harlequin ») : sans rire, qui va payer ?

15.
Mélenchon 2017, candidat du « dégagisme » : boules de billard, les politiques, boules de flipper.

16.
Si jamais Hamon abandonnait au profit de Mélenchon, i s'pourrait que oh et puis non, un socialiste et un communiste ne peuvent s'entendre.

Faudrait tout de même pas naïver que Hamon abandonnant au profit de Mélenchon aurait un poste dans l'éventuel gouvernement du camarade.

17.
Avril 2017 : Nous allons vers une hausse des taux d'intérêt ; les prévisions budgétaires de Mélenchon s'effondrent déjà.

18.
Je pense qu'arrivés au pouvoir, des extrémistes (Mélenchon ou Le Pen) devraient rapidement faire face à une résistance sérieuse, voire institutionnelle.

Franchement, j'ai du mal à imaginer l'OTAN accepter sans réagir que la 5ème puissance mondiale tombe aux mains d'un crypto-communiste.

Franchement, une victoire de Mélenchon aux Présidentielles ferait, à plus ou moins long terme, courir à la République un risque de coup d'Etat.

19.
Chez beaucoup de libéraux, Marine Le Pen passe pour quelqu'un de redoutable ; quant à Mélenchon, il passe tout simplement pour un fou.

20.
Fillon, en n'excluant pas l'hypothèse de ministres issus de « Sens commun » (ceusses de la Manif pour tous) passe pour un crapaud de bénitier.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 avril 2017.

HISSEZ LA SOTTISE ET VOGUE LA GALÈRE

HISSEZ LA SOTTISE ET VOGUE LA GALÈRE

 

1.

« La puissance civile étant entre les mains d'une infinité de seigneurs »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XXVIII, ch. XLI)

 

Du lien entre politique et infini. Affirmer que tout est politique, c'est lui flanquer d'l'infini à tout ça qui s'agite et résout.

 

Au cœur de l'humaine animalité, une infinité du vouloir politique.

 

La politique, l'infini dedans, surtout si on s'dit que tout est politique, alors l'infini se met à l'agiter partout l'humaine animalité.

 

Au cœur du politique, si tout est politique, dis, c'est qu'ça vous machine une infinité

de vouloirs qui vous l'engrenagent la conscience.

 

Tout en haut le monarque, puis, de haut en bas, une infinité de seigneurs de plus en plus petits, de plus en plus dérisoires, insignifiants petits chefs.

 

2.

« La piste islamiste est maintenant examinée par la police allemande. »

(la radio, le 12/04/2017 au lendemain de l'attentat de Dortmund)

 

Un lucide causant du siècle dernier prédisant qu'ce genre de phrase on en serait rempli abasourdi on l'aurait vite taxé d'islamophobie.

 

Ceci dit, au 16 avril 2017, la police allemande n'excluait pas non plus la piste de l'extrême-droite.

 

3.

« On avait vu jusqu'ici la nation donner des marques d'impatience et de légèreté sur le choix, ou sur la conduite de ses maîtres »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », Livre XXXI, ch.II, « Comment le gouvernement civil fut réformé »)

 

Il en est ainsi des élections, « marques d'impatience et de légèreté » : c'est le plus sérieusement du monde que nous choisissons nos bouffons.

 

Si le peuple est souverain, il est logique que, comme tout souverain, il ait son bouffon, lequel est zigue politique.

 

4.

Il m'arrive souvent de penser qu'il n'est de philosophie que politique, à moins qu'elle fût ontologie ou phénoménologie.

 

5.

Ou elle est logique, ou phénoménologie : tout le reste n'est que littérature et carnaval d'éditoriaux.

 

6.

« Croyez-en mon expérience ! En matière policière, il faut toujours attendre avant de juger... » (Simenon, « Au Rendez-vous des Terre-Neuvas » [Maigret])

 

Le politique juge souvent trop vite, il préjuge. Attendre avant de juger et cependant agir tout de même. Là est le paradoxe de la crise.

 

7.

L'humain est un être critique. Il donne le meilleur de lui-même dans la résolution du pire qu'il a lui-même suscité.

 

8.

Malaise à propos du Mélenchon cru 2017 : ni tout à fait communiste, ni tout à fait pas communiste.

 

9.

Mélenchon est un masque. Kikiya derrière ? Quel fauve gronde en sa caboche, quel secrétaire général ? Savez, vous ?

 

10.

La politique est un carnaval ; les idées les plus grotesques y défilent.

 

11.

« Ce n'est qu'un lieu de valse où l'été s'abandonne »

(Aragon, « Absent de Paris » in « En étrange pays dans mon pays lui-même »)

 

Masque passe, qu'on remplace ; dans la valse des étés, c'est parfois au son d'une musique légère qu'on assassine.

 

12.

Débat politique et variété baroque des idées m'évoquent ce beau titre d'un recueil d'Aragon : « En étrange pays dans mon pays lui-même ».

 

13.

Je m'étonne souvent de la finesse des logiques techniques tout autant que de l'infinie sottise des jugements politiques.

 

La politique est l'art de hisser la sottise au rang de masque ; le bouffon s'y fait sphinx, et le traître tente de passer pour un héros.

 

14.

« Un nombre prodigieux d'enfants exposerait l’État à d'affreuses guerres civiles. »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XXVI, ch.VI)

 

Un nombre prodigieux d'humains expose l'humanité à d'affreuses guerres civiles.

 

15.

En politique, toujours « le mort saisit le vif » ; nous sommes au gouvernement des ombres.

 

« Cabinet fantôme », « ghost writer », « conducteur fantôme » : nous faut-il encore des preuves ?

 

16.

« J'ai dit qu'un grand Etat, devenu accessoire d'un autre, s'affaiblissait, et même affaiblissait le principal. »

(Montesquieu, « De l'Esprit des lois », livre XXVI, ch. XXIII)

 

Aussi la sujétion est-elle catastrophe. C'est l'alliance, et non la subordination, qui fait la force.

 

Il aurait fallu s'allier et non coloniser. L'alliance est un respect de la souveraineté de l'autre, la colonisation en est son souverain mépris.

 

La popularité de Lawrence d'Arabie vient sans doute qu'il a suscité des alliances et non des subordinations.

 

17.

Les hiérarchies étant de plus en plus nombreuses et complexes, leur légitimité ne peut qu'être remise en cause. D'où l'apparent succès de Mélenchon.

 

18.

L'Europe du début du XXIème siècle : un débat entre fédéralistes et souverainistes, entre technocrates et rois déchus.

 

La tentation du fédéraliste est la sécession ; celle du souverainiste est l'isolement.

 

19.

L'être, comme dit Marcel Conche en parlant d'autre chose, est un « criminel invétéré », un tueur en série d'étants éphémères, de passants.

 

« enfermé dans sa pensée autistique », l'apparente pérennité de l'être ne peut que fasciner le sensible étant.

 

20.

L'être revient toujours à la table des négociations avec l'étant ; sinon, il compte pour du beurre, passe pour néant, l'est qu'on s'en fiche.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 avril 2017.

10 avril 2017

LUNDI MATIN PASSIONS POLITIQUES

LUNDI MATIN PASSIONS POLITIQUES

 

1.

Au fond Mélenchon, Fillon, Hamon, Le Pen, Macron, je les méprise, j'les aime pas mais ils m'amusent comme m'amusent de petits singes.

 

2.

En meeting à Marseille le 9 avril 2017, Mélenchon un rameau d'olivier à la main ! Euh il en fait pas un peu trop, là, l"Insoumis" millionnaire ?

 

Je ne crois pas plus à l'isolationnisme de Mélenchon qu'à celui de Trump. Nos intérêts sont mondiaux.

 

3.

Je pense qu'avec le soutien d'une bonne partie du PS, du centre, de la droite anti-Fillon et des milieux d'affaires, Macron l'emportera.

 

Si l'on veut éviter ce que De Gaulle appelait la "chienlit", je pense que voter Macron dès le 1er tour est la meilleure solution.

 

4.

En tout cas, il faudra bien que le prochain président se penche sur le problème de la surpopulation carcérale. Une vraie honte française.

 

Les problèmes des prisons, c'est moins porteur que les réformes fumeuses du pédagogisme, mais vient toujours un moment où faut assumer !

 

5.

Quand vous êtes pauvre, ce ne sont ni la droite ni la gauche qui vous aident, ce sont des gens, des individus.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 avril 2017

PEUX PAS M'EMPÊCHER DE ME DEMANDER

PEUX PAS M'EMPÊCHER DE ME DEMANDER

 

Peux pas m'empêcher de me demander si les "Insoumis" de Mélenchon ne seraient pas tentés de sectoriser la médecine.

 

Peux pas m'empêcher de me demander si les "Insoumis" de Mélenchon ne seraient pas tentés de s'attaquer à l'enseignement privé.

 

Peux pas m'empêcher de me demander si l'Ecole selon les « Insoumis » de Melenchon ne deviendrait pas un coûteux et vaste chantier pédagogiste.

 

Je me demande aussi si l'expression « liberté d'entreprendre » a vraiment le même sens pour un libéral que pour un électeur de Mélenchon.

 

Elu, je me demande comment ferait Melenchon pour gérer un électorat constitué de « frondeurs » du PS, de communistes, d'écologistes et de gauchistes.

 

A droite, on vote pour un président censé nous fiche la paix (Chirac par exemple). A gauche, zont besoin d'un guide, d'une conscience morale.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 avril 2017.