08 mai 2006
ZOE : CHAUD DEVANT ! MAKE IT BURNING !
ZOE : CHAUD DEVANT ! MAKE IT BURNING !
Ecouté pour vous, - en avant-première, s'il vous plaît ! -, l'opus électrique du groupe ZOE qui s'intitule MAKE IT BURNING !
A tous ceux pour qui le hard rock rappelle les fureurs guitaristiques et rythmiques de DEEP PURPLE et du LED ZEPPELIN du live et somptueux THE SONG REMAINS THE SAME, ce testament d'un groupe maintenant reconnu par beaucoup comme l'un des plus inventifs de la folie furieuse des électriques seventies, à tous ceux qui ont encore en mémoire la féerie noir fauve de BLACK SABBATH, les premières outrances de IRON MAIDEN ou de ACDC, Australiens historiques ainsi que, bien entendu, l'énervement chronique de MOTORHEAD, la constante barbare du MC5, la heat wave des sales gosses d' ACDC (euh, je l'ai déjà dit !), la féerie fauve noir de BLACK SABBATH (euh, je l'ai déjà dit aussi...), cette galette CD les régalera amplement par l'énergie dégagée, cette recherche constante du killing riff, celui qui fera mouiller les petites culottes et fera dire : "Putain ! Je rêve ; ils sont vachement bons !".
Oui, ils sont vachement bons, avec des idées tout plein qui ne demandent qu'à être développées et cela tout au long des 11 pièces brèves et denses qui constituent l'album.
Un album à écouter en buvant de la bière du type EKU CULMINATOR ou de la JENLAIN, la bière des lycéens qui ne doutent de rien, - je me félicite d'avoir trouvé ce slogan underground puisque l'hypocrisie de nos pisseurs de copies législatives ainsi que celle de nos comploteurs au petit pied n'a d'égal que leur aveuglement devant la rapidité avec laquelle le libre-échange s'est emparé du monde -.
Si l'on est abstinent, ce qui peut se concevoir si l'on veut goûter la quintessence de cette musique d'énervés de l'Occident, on boira du café bien fort et très noir, à l'image de l'ambiance "nuit de la sidérurgie" de ce disque sans concession qui tente de trouver ce que cherche tout bon groupe de hard rock : un hymne potentiel.
Chaud devant et chauffé à blanc donc ! MAKE IT BURNING du ZOE band, formation composée des quatre éléments de base du hard rock : une basse-batterie de soutien, véritable tapis d'accords renforcé par une très précise, incisive, concise guitare électrique et la voix du chanteur guitariste dont on pressent qu'elle serait bougrement efficace dans un rock/blues pas si éloigné que ça des orages désirés du hard rock, du heavy metal et après je sais plus les appellations car c'est devenu, ce style, au fil des ans, de plus en plus lourd, fort, rapide et gueulant et sifflant à tel point qu'à côté des déglingues névrotiques de la plupart des actuels groupes de hard, le magnifique LED ZEPPELIN fait figure de formation de Rock Progressif et s'apprécie entre deux morceaux de PINK FLOYD.
Bon ! Passons à ZOE et à la plage titulaire de l'album, comme on dit sur RADIO 21, : MAKE IT BURNING.
Cela commence par un glissement qui vous mène tout droit au rock n' roll, ce qui est logique vu que si vous l'avez toujours pas compris, ZOE est un groupe de hard rock. Le ton est donné d'entame par la précision du trio guitare électrique-basse-batterie, précision qui ne se démentira pas de tout l'album. Le morceau, en fin de compte, par son emphase revendiquée, - le hard rock, de toute façon, cultive le genre emphatique -, n'est pas si loin de PHANTOM OF THE OPERA de IRON MAIDEN.
THINK TODAY : Le groupe balance ses riffs à la mode MOTORHEAD puis les choeurs plus les cordes électriques rappellent que l'on est, avec ZOE, dans le toujours à vif du rock n' roll fiévreux, beau et ténébreux, teigneux, et classieux, forcément classieux, énervé, précis comme le métal. Une revue des bons vieux plans du hard rock que ce THINK TODAY, un très bon morceau pour se délier les phalanges.
PEOPLE AS YOU ARE : Même type d'intro que le précédent, avec des variations dans la tonalité. Rapidement, la guitare rock n' rollesque donne de la hurlure dans un style par ailleurs très soigné, et le break confirme que l'on entre en pleine zone franche du côté du solo. Cela vous a un de ces goûts de rock sudiste américain que l'on se dit alors : "Bon, je continue !"
FREE BORN MAN : Là-dedans, le chanteur évoque quelque chose qu'apparemment il trouve "stupid" et "so vain" si j'ai bien compris. Vers la fin, la basse ronfle et une voix grave murmure comme si elle évoquait les fantômes du hard, les bars hantés et les pochettes de disques avec motos, tempêtes, filles en cuir noir, flammes de l'enfer et chevauchées fantastiques.
MISS FIVE et numéro 5 de la galette : je me suis d'abord demandé si c'était un hymne à la veuve poignet. Même que le début du texte semble me donner raison, mais à vrai dire, j'en sais rien vu que je suis une poutre en angliche. Mis en alerte par les accords, on a soudain l'oreille attentive et l'anguille sous roche au moment du très bref break où ça sonne un peu bluesy du côté de la guitare, mais l'impression est très vite dissipée par la barrière de riffs qui se lève illico presto et très haut.
SHAKE : Le couplet évoque ce vieux rascal de punk rock et les accords répétitifs sont suivis d'une batterie qui vous a un de ces airs de cheval cabré parfois qui, mine de rien, vous épate le coquillard et vous prépare à un break aux machineries lancinantes et précises entre lesquelles la guitare solo se met à explorer un registre blackmorien.
WISE MAN : Les tambours du punk plus la scansion étouffée, - de l'angoisse qui fricote dans les cordes vocales -, vous ont un air d'évoquer une White Riot à venir du Deep South. Quelque chose d'inquiétant dans cette pièce. Sans doute l'un des meilleurs morceaux de l'album, plus punk encore que le précédent. Le break, cette porte ouverte sur le solo, commence par une aspiration ; quelques mots et la machine reprend sa souplesse de fauve électrique.
BAD VIBRATION : Pas de temps mort pour les vivants. Un tapis basse-batterie-guitare rythmique d'un morceau fait pour les concerts évidemment, un refrain qui pourrait entraîner les groupies du genre féminin à faire des folies, un break, et puis l'infernale rengaine reprend souffle et feu. Une remarque si je puis me permettre : un solo de l'électrique à six cordes y serait bien à son aise dans ce break trop court, aussi à l'aise qu'un Indien dans la plaine, un Canadien dans la cuisine, un proviseur dans son bureau, une moule dans la mer, une frite dans la mayonnaise, une bière sur ma table.
COMING DOWN : J'ai l'impression que le texte dit des vacheries. La plage, comme on disait du temps des vinyls, - pleure pas, tonton, tu la r'verras, ta chaîne Hi-Fi -, nous gratifie d'un solo électrique à la guitare ; ça gratouille et ça se construit et c'est bien vu comme le solo d'un de ces bons vieux groupes de rock du sud : LYNIRD SKYNIRD toujours vivant !
PLEASE STAY : Retour à l'intro hard-punk avec un bout de mélodie dans la voix qui cherche la chansonnette, bientôt rejointe par le choeur qui lance un "Please, Stay" évocateur de ces garage bands des plus francs du collier et très méritants dans l'art d'électrifier les textes. D'ailleurs, le morceau est assez bien foutu pour s'adapter à d'éventuels changements de rythme. Un piano là-dedans, un peu de chaloupe dans le tempo et vous avez un de ces rocks façon KINKS à s'en relever la nuit pour vérifier que RAY DAVIES n'est pas en train de vous piquer tous vos enregistrements pirates.
Intro à la ACDC pour STRIKE IT ON et son rythme binaire avec syncope (de jeune fille dans la salle) : un hit potentiel que ce STRIKE IT ON. Là aussi, suffirait de pas grand chose pour que la composition rejoigne les rives du blues. Mais, à la réflexion, ce serait peut-être bien dommage car cette pulsation de la batterie qui annonce le break est diablement efficace dans son style hard rock sûr de lui, un brin arrogant même tant est excellente la métrique de ce CD qui se finit dans l'éloignement du refrain qui facilement se retient, refrain qui met en évidence le mot "Freedom".
Freedom. C'est bien là ce qu'on leur souhaite, aux musiciens de ZOE, la liberté de faire ce qui leur plaît.
D'ailleurs, ça tombe bien ; on est en mai.
Post-Scriptum : Le groupe ZOE donne ces temps-ci des concerts un peu partout dans le Nord de la partie francophone de l'Europe. Ne les loupez pas ! Ils sont très bons !
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 mai 2006
Bouts-rimés :AVATAR
Bouts-rimés : AVATAR
A l'instar des papous dans la tête
Qui firent souvent,
Joli casse-tête
Et joyeux passe-temps,
Des mots de l'encyclopédie aux pages illustrées
Des bouts-rimés.
Ce mot avec ses trois a
Nous vient du sanskrit avatara,
- Lequel en a quatre de a,
Regarde dans le Larousse si tu m'crois pas ! -,
Et désigne l'arrivée
Parmi les petits lapins et la rosée,
Parmi les gendarmes et les voleurs,
Les beaux-frères et les belles-soeurs,
Les hommes de peine et les peines de coeur,
Les ratichons baigneurs ou pas et les bonne-soeurs,
Les harengs saurs et la Joconde,
Et tout ce qui dans le monde
Semble exister et, tout à fait imparfait,
Passer, casser, lasser, - c'est un fait -,
L'arrivée dans ce monde dis-je,
D'un être divin et prodige,
- Tandis que nous, mortels roturiers, nous n'sommes que des tiges ;
Je sais pas si tu piges ! -.
C'est aussi, puisque c'est encyclopédique,
Le nom générique
Des divines incarnations.
Je me pose donc la question
De celui qui avec Gainsbarre,
Avec les saints et tous les ânes,
Fait des nuages avec ses gitanes ;
Soyons clair, du Bon Dieu Jésus-Christ fut-il l'avatar ?
Il est vrai cependant que le mot s'applique surtout
A la très hindoue Vishnou,
Laquelle a quatre bras
Et chevauche l'oiseau Garuda.
Dans le français qu'on cause,
Le mot désigne la métamorphose
Par laquelle passe quelque chose.
Pourrait-on dire alors
Que de la boue l'or
Ou de la charogne la rose
Sont tous deux des avatars ?
Et, si je vous dit tout,
De tout, tout est-il l'avatar ?
Le sage n'est-il donc qu'une sorte de fou ?
Mais cette question n'est pas de celles qu'on pose ;
Passons donc à autre chose.
Les projets souvent
Passent avant leur aboutissement
Par de nombreux avatars,
Nous donnant
En passant
Beaucoup de tracas et bien du cafard.
Du coup,
Le mot désigne itou
Les malheurs et les fâcheux
Accidents qui nous attristent les yeux,
Et d'aucuns,
Avant d'aller rejoindre le sapin,
Au cours de leur existence
Connaissent bien des déboires et des errances,
Et moult coups de Trafalgar,
En un mot, bien des avatars.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 mai 2006
OCCUPE-TOI DU CHAT !
OCCUPE-TOI DU CHAT !
Chanson particulièrement inspirée par les félins aléas de la vie quotidienne.
Paroles : Elise Antoine/ Patrice Houzeau
Mélodie : Patrice Houzeau
Remarque préliminaire : Etant une poutre en transcription et une nullité informatique, je mets ici les notes de la mélodie avec le maximum de précisions possibles. Ceusses qui sont intéressés pourront la transcrire sur une vraie portée.
En clef de sol et en quatre temps :
Toutes en croches et dans les aigus
(soupir) Mi fa sol fa mi ré
Dans la cui-sin' bru-yante
Chacune un temps
Sol la si la / sol si la (blanche)
Lais-se sif-fler les sif-flantes
En descendant dans le vaporeux
mi ré si si (b) / la si (b) sol mi
Co-cott' que leurs va-peurs tour-mentent
Refrain :
Dans les aigus d'abord
(soupir) do mi sol / la si ré (dièse) (soupir)
Et oc-cup' toi du chat
(Cela lui va bien, au chat, ce ré dièse où il retombe sur ses pattes !)
Puis sur trois temps en descendant
ré (pointé) do si (b,croche) do (croche) (demi-soupir)
Qui tour-ne au- tour
si (b, pointé) la sol (croche) la (croche) (demi-soupir)
d'la pom-me au four
Bon, il y a encore deux couplets et un final, mais ce sera pour demain !
Quelques jours plus tard...
Deuxième couplet
Toujours dans l'aigu et les croches comme pour le premier couplet :
mi fa sol fa mi ré mi (demi-soupir)
Dans la pous-sièr' du gre-nier
Rapide et croché
sol la si la sol (demi-soupir + soupir)
Laiss' les rats fi- ler
Plus lent maintenant (elles sont noires, les notes accrochées à la portée) et en descendant dans l'escalier humide et sombre
mi ré si si (b) / la si (b) (demi-soupir + soupir)
Et les toil' d'a- / rai-gnée
(Entre le second couplet et le refrain, on prendra soin de plaquer quelques accords bien graves et très arachnéens).
Puis le refrain :
Dans les aigus d'abord
(soupir) do mi sol / la si ré (dièse) (soupir)
Et oc-cup' toi du chat
(Et hop ! le chat sur le ré dièse !)
Puis sur trois temps en descendant
ré (pointé) do si (b,croche) do (croche) (demi-soupir)
Qui tour-ne au- tour
si (b, pointé) la sol (croche) la (croche) (demi-soupir)
d'la pom-me au four
Troisième couplet :
Idem que pour le second couplet, aigu et crochu :
mi fa sol fa mi ré mi (demi-soupir)
Si ta vie est sou-vent rosse
Des noires maintenant
Sol la si la sol si la sol
Lais-se pis-ser le mé-ri- nos
En descendant dans le macabre
mi ré si si(b) / la si si(b) sol mi(très bas)
Si-non tu f'ras / pas de vieux osses
Refrain précédé de quelques accords pour catacombes
Dans les aigus d'abord
(soupir) do mi sol / la si ré (dièse) (soupir)
Et oc-cup' toi du chat
(Toujours le chat, il reste sur le ré dièse !)
Puis sur trois temps en descendant
ré (pointé) do si (b,croche) do (croche) (demi-soupir)
Qui tour-ne au- tour
si (b, pointé) la sol (croche) la (croche) (demi-soupir)
d'la pom-me au four
Final
Attention ! ça s'complique...
Dans les aigus
mi (noire) fa(croche) sol(noire) fa(croche) mi(croche) (demi-soupir)
Car à forc(e) d'al- ler
En montant et tout en croches
ré mi fa sol la si do (demi-soupir)
ta-qui-ner le voi-si-na-ge
En descendant et tout en croches
si la sol fa mi ré (soupir)
D'leur pi- quer pomme au four
Toujours en descendant mais en noires c'coup-ci
si si(b) la si
et bouts d'fro-mage
Toujours dans les graves puis remontant sur le ré
la (cr) sol(cr) fa(cr) mi(cr) si(n) ré(n) / mi(n) sol(cr) si(b,cr) (demi-pause)
Un de ces jours, un coup d'es- co- pett'
En remontant à partir d'un do grave et tout en noires
do ré mi sol / la si(b) si mi / sol si(b)
l'en-ver-ra au / pa-ra- dis des / bé- bèt(es) (demi-pause)
deux noires puis parlé
si(b) sol (demi-pause)
A- lors, alors
Et en avant la ritournelle
mi(cr ptée) sol(dble cr) la(cr)
tour- ne- ra
mi(cr ptée) sol(dble cr) la(cr) sol(cr.pt) mi(dble cr) / ré(cr) (soupir)
tour- ne- ra le ma- tou
Dans les aigus tout en noires
do mi / sol la si ré(dièse)
Au-tour / d'la pom' so-leil
En ayant resdescendu, pas trop bas
(soupir) ré do si(b) / la si(b) ré(pt) (soupir) / ré do si(b) la / si(b) ré (soupir)
sa-tel- li- / te fé- lin Et si je vous / dis tout
mi / fa sol(2 temps) fa / mi ré do ré / mi do (demi-pause)
Pe-/ tit as-tre fau-/ ve et très co- per- / ni- cien
Patrice Houzeau (qui fait ce qu'il peut !)
Hondeghem, le 8 mai 2006


