21 septembre 2006
DE BLANCS ET DE TOUT NOIRS
DE BLANCS ET DE TOUT NOIRS
De blancs et de tout noirs vaincus des cieux qui pleuvent
Quand la femme du diable a battu son amant
(Apollinaire, L'Emigrant de Landor Road)
De l'orage qu'ça fait de grands gongs silencieux
Blancs on voit les pleureurs saules de vrais vieillards
Et la pluie qui crépite aux ardoises luisantes
De la gronde qu'ça fait des remuements de meubles
Tout noirs dans les lointains oùsqu'on entend des chiens
Noirs et blancs itou des roux tandis que les hommes
Vaincus passent sur la terre où il faut qu'ça saigne
Des jésus et des chats des calvaires sous les
Cieux où d'artificiels satellites bip-bipent
Qui des séries télés qui des pornos des songes
Pleuvent sur la ville en traversant les éclairs
Quand ça tombe du ciel des filles invisibles
La compagnie des yeux vides c'est qu'elle a la
Femme qui engueule et maudit la vie des saints
Du paradis encore une fois la femme au
Diable poussé des cris d'orfraie et même qu'elle
A flanqué une rouste au naïf elle l'a
Battu à coups d'éclairs d'étoiles et de songes
Son porte-queue qui croit que la bonté existe
Amant ô frère humain faible et nu et qui chiale.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 septembre 2006
DEUX NOTULES
DEUX NOTULES PREPARATOIRES A UN ROMAN QUE JE N'ECRIRAI JAMAIS VU QUE JE SUIS FAINEANT COMME UN POU.
Boule de cristal : médium qui permettrait à certains d'aller jeter un coup d'oeil sur le temps qu'il fera demain.
"Le détective à moustaches, il la contemplait, la pointe de ses souliers si brillants qu'il y voyait clair, aussi clair que Madame Irma dans sa boule de cristal". (d'après Agatha Christie, Pension Vanilos).
Pot de confiture d'oranges : Dans certains romans policiers anglo-saxons à intrigue biscornue de type "Mais que fait donc, mon cher William, ce cadavre de jeune fille dans la bibliothèque ?", il arrive que les pots de confiture d'oranges connaissent un destin tragique en allant se fracasser sur le sol lavé de ce matin après avoir malencontreusement glissé de la nappe impeccablement blanche et repassée sur laquelle une main préméditatrice l'y avait laissé comme par négligence.
"L'homme avait tenté à plusieurs reprises de l'ouvrir, sa bouche, et de prononcer des paroles fermes et aussi décisives que possible, mais en vain, vu que les sons graves qu'il tirait de sa gorge allaient irrémédiablement se perdre dans le tohu-bohu des autres jactances plus aigues, criardes quasi. Il s'exaspéra, l'orateur. Du poing sur la table qu'il donna. Du coup, tous la bouclèrent. Frappé par le destin, un pot de confiture d'oranges se catastropha sur le sol." (d'après Agatha Christie, Pension Vanilos).
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 septembre 2006
