11 janvier 2007
DESIR D'AVENIR ?
DESIR D'AVENIR ?
Avec la campagne électorale qui s'annonce, voilà qu'aux informations, on reparle des "régimes spéciaux des retraites", vous savez, ces dispositions qui, pour beaucoup, datent des Trente Glorieuses (avant le premier choc pétrolier de 1973) ou du début des années 80 (premier septennat de François Mitterrand) et qui sont de réels avantages accordés à de nombreux fonctionnaires (dates de départ à la retraite anticipées, prises en compte de miraculeuses promotions, etceteri et aboule le fric !).
On se souvient qu'au début des années 90, Alain Juppé, alors Premier Ministre de Jacques Chirac, pour avoir voulu réformer ces régimes spéciaux, avait mis la France dans la rue et avait dû reculer devant l'ampleur des mobilisations syndicales.
Même Raffarin n'a pas osé y toucher, à ces fameux "régimes spéciaux".
Et l'on s'inquiète de ce que pourrait faire la droite si, comme cela est probable, elle remportait les élections présidentielles de 2007.
Mais, à mon avis, il y a là flagrant délit de faux problème.
Sérieusement, je pense que le prochain quinquennat, qu'il soit marqué par la droite, comme annoncé, ou inspiré par la gauche, - ce qui est quand même possible -, verra la diminution progressive du nombre de néo-titulaires dans la fonction publique. Les postes libérés par les départs à la retraite ou bien disparaîtront, ou bien seront remplacés par des CDD (Contrats à Durée Déterminée) promouvables en CDI (Contrats à Durée Indéterminée).
On pourra ainsi, soit dit en passant, limoger les incompétents et les malfaisants, au lieu de, comme c'est encore trop souvent le cas actuellement, les muter ou les promouvoir à des placards dorés que les salariés du privé payent avec leurs impôts.
Du coup, n'étant pas titulaires de leur poste, ces futurs contractuels renouvelables ne profiteront en aucune manière des avantages liés aux "régimes spéciaux" de la fonction publique et ces fameux régimes s'éteindront d'eux-mêmes avec le dernier et émérite donneur de coups de tampons dans un quelconque bureau d'une vague administration de province.
Par contre, ce que l'on ne nous rappelle pas, c'est qu'en vertu des dispositions prises lors de la sixième Conférence de l'Organisation Mondiale du Commerce (Hong-Kong, 13-18 décembre 2005), c'est qu'à partir de 2008 (eh oui, l'année prochaine), les pays développés devront s'engager à accepter 97% des importations en provenance des PMA (Pays les Moins Avancés) sans droit de douane ni contingentement (quotas). (source : Documentation française).
Franchement, entre nous, si cette ouverture de fait du Marché Mondial se réalise, nous qui nous sentons déjà envahis de produits venant de l'étranger (85% des jouets "français" seraient fabriqués en Chine, et nos usines se délocalisent à une vitesse aussi effarante que celle qui transforme nos gros contribuables en citoyens suisses ou monégasques), eh bien, la question des régimes spéciaux ne se posera plus très longtemps vu que, salarié du public ou salarié du privé, le temps des restrictions et des nouilles à l'eau sera bientôt d'actualité.
Pendant ce temps-là, l'Allemagne se réarme en tentant de relancer à coups d'allocations familiales sa natalité déficiente.
Avec plus de 60% de la population mondiale qui est asiatique et en plein développement, est-ce qu'ils pensent sérieusement, les Allemands, qu'ils vont pouvoir stopper les amples flux migratoires qui s'annoncent (et qui ont d'ailleurs déjà commencé) ?
A moins qu'à terme, et à l'Est, on voit ressurgir la catastrophique notion de "Lebensraum" ("Espace vital") (1) avec laquelle Adolf Hitler réussit à convaincre son peuple qu'il devait lutter contre le reste du monde...
(1) Je me demande comment on dit "Lebensraum" en russe...
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2007
ALERTE ORANGE
ALERTE ORANGE
Le vent au loin grinçait du Pink Floyd Mes oreilles
Tandis que je menais mes chiens vers leur coin d'herbe
Des froissements de l'air s'emplissaient je pensai
Cor' heureux, l'âme est une résistance sèche.
Quant à l'araignée qui me gratouille la tête
Elle m'emportera par un jour de grand vent
Alors je rejoindrai les ombres en leur fête
De Patrice Houzeau ne restera qu'ossements.
Mes idiotes chansons seront mon testament
Tant pis ! diront les gens à qui je dois d'l'argent
Cependant que mes chiens auront un autre maître.
Mais comme je suis un peu assez insolent
Il se trouvera bien quelque auteur de talent
Pour dire que Houzeau fut un homme de lettres. (1)
Note : (1) En attendant, je le dis moi-même, c'est toujours ça de pris.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2007
SOUVENIR D'IMAGES ANCIENNES
SOUVENIR D'IMAGES ANCIENNES
(Librement inspiré de quelques cases du Dernier Chant des Malaterre de François Bourgeon)
suivi de EVOCATION DE L'ANCIENNE réécriture pour amateurs de poésie moderne.
Une houille sans flamme égrenait le pays
A la demeure grise aux faces stupéfiées
Et le cheval pâle au cavalier sans fatigue
Attendait que quelqu'un de l'ombre l'appelât.
Dans les ruines là-bas dans le chaos des pierres
Chacun sait les yeux sans méandres des sirènes
Les têtes plates des démons à longue langue
Et les chiens de l'enfer aux abois inaudibles.
La bibliothèque est pleine de manuscrits
Afin que le pays à jamais demeurât
Les moines ont gravé et les saints et les fées.
Et la libre insolente au moinillon joli
Rappelle que la chair est vive en lui disant :
" Regarde ! Tu ne sais pas dessiner les fesses !"
EVOCATION DE L'ANCIENNE
réécriture pour amateurs de poésie moderne (1)
houille sans flamme pays égrené
la demeure est grise faces stupéfiées
le cheval est pâle au cavalier jamais las (2)
qu'une voix de l'ombre l'appelât
ruines là-bas chaos de pierres
yeux sans méandres sirènes déchantées
et la longue langue et la longue langue des démons à tête plate ! (3)
inaudibles ouah ! ouah ! des toutous infernaux (4)
livres illisibles
à jamais demeurât
et les saints et les fées (5)
mignon moinillon je te montrerai mon cul ! (6) (7)
car je suis la vierge la vivace et la belle aujourd'hui (8)
et que tu es l'absolu nul en l'art des fesses (9)
Notes :
(1) Les notes en seront évidemment abondantes car nous ne faisons pas dans le naïvement explicite, nous autres, à la manière des Houzeau et consorts. Nous convoquons l'indicible, l'inouï, à la table des négociations avec l'être !
(2) Il est donc toujours absent.
(3) Le poème est évidemment voué à la lecture publique, à la performance, et ce vers verra s'élancer la voix - que dis-je, la voix ! - le cri du poète, sa semence existentielle jaillissant à la face effarée des écoutants. La dernière syllabe en devra être gueulée d'une voix rauque, avec un coup de poing sur la table et en regardant le public dans les yeux comme s'il se pouvait qu'il votât (les inconscients !) Sarkozy aux prochaines élections.
(4) Le poète moderne aboiera bien sûr, ne reculant devant rien pour interroger son public, d'ailleurs peu nombreux mais méritant.
(5) On pourra noter que dans ce qui constitue le premier tercet de cette déconstruction du sonnet, la forme "demeurât" est ici sans sujet explicite. C'est que nous savons bien, - c'te bonne blague ! - que tout sujet n'est qu'apparaître et que le "je" est toujours un autre, bien caché derrière les apparences de l'être et le troisième pilier à gauche en sortant de l'ascenseur.
(6) On pourra noter que le "je", dont nous venons d'énoncer la vanité, est ici au centre préoccupationnel du vers. Evidemment ! Il s'agit de montrer à quel point le poète est un Ego tout juste capable de montrer le fondement de sa position spatio-temporelle.
(7) Selon le tempérament du poète, et le lieu choisi pour la performance, celui-ci pourra opter pour une version soft (sans passage à l'acte) et une version hard (avec passage à l'acte).
(8) Nous pratiquons l'intertextualité, nous autres, nous ne faisons pas que citer bêtement et naïvement commenter, - ah ! ah ! ah ! que commentons-nous en fin de compte sinon notre propre vanité, notre propre impuissance à comprendre l'étoffe de l'être ! -.
(9) La fin du poème est éminemment incompréhensible, - sauf pour les oreilles particulièrement exercées des professionnels de la poésie moderne, des fonctionnaires du Ministère de la Culture, et des critiques d'art.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2007
AUTOPORTRAIT SEMI-AUTHENTIQUE D'ORLANDO DE RUDDER
AUTOPORTRAIT SEMI-AUTHENTIQUE D'ORLANDO DE RUDDER
Rien ne gerce mon coeur des langueurs monocordes
Que donnent les rancoeurs et brisures variées.
Des mots je fais pwhaizies, pamphlets et plats en sauce ;
Je suis l'ogre conteur, fait de viandes dévorées.
Note : Dans "Cinq choses peu connues de moi", Orlando De Rudder a composé ces deux alexandrins d'anthologie :"Rien ne gerce mon coeur des langueurs monocordes / Que donnent les rancoeurs et brisures variées".
Cela m'a tant plu que l'idée d'un quatrain m'a tantôt titillé.
J'ai relevé aussi cette phrase formidable : "Je suis fait des viandes dévorées, du saignant de bavette, de tripes et d’andouillettes, de bière et de regards, de femmes-moutarde dentues que j’ai mordues parfois, histoire de voir un peu si ça se mange ou pas."
La lucidité d'Orlando De Rudder met en appêtit. Elle est féroce et joyeuse autant que tendre et mélancolique. De l'excellente cuisine des lettres et des arts, de l'être et du lard, de l'éclair dans le miroir.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2007
