21 janvier 2007
LE TANGO A STANKO
LE TANGO A STANKO
Samedi 20 janvier 2007, Espace culturel de l'AREA, AIRE SUR LA LYS, Pas-de-Calais.
Fameux spectacle que cette suite de tangos interprétés par le groupe STANKO.
Par "Libertango" que ça a commencé, vous savez "Libertango", la très entraînante musique signée Astor Piazzolla et que le formidable Guy Marchand a si bien popularisée ("Moi je suis tango tango / J'en fais toujours un peu trop") et ça se poursuit avec une série de merveilles pour bandonéons (ils sont deux), violons (deux itou) et violoncelle, les doigts déliés de la pianiste, la rythmique à la fois souple et efficacement précise du contrebassiste, les accents graves et chauds de la chanteuse, et l'improvisation d'un couple de danseurs puisque le tango est une danse qui s'improvise, figurez-vous, qui s'invente à l'écoute de la musique, mécanique ultra précise et pourtant, à l'instar du blues et du jazz, suffisamment ouverte pour permettre, pour appeler le doux vertige de l'improvisation.
Ah ! Pour sûr, ça fait du bien d'entendre de vrais musiciens et pas leurs pâles copies de la télé, ça fait du bien et ça rappelle. Rappelle que le tango est plein de "Nostalgico", de "Trottoirs de Buenos Aires", de "Cumparsita", de jours anciens où l'on se fascinait pour des atmosphères argentines, de ces chansons qui prenaient tous leurs temps pour mieux vous frapper au coeur, toujours au bord de la valse sans y tomber jamais, farouches jusqu'à la fuite en avant, l'infernale violonade, qui grimpe, et grimpe, et s'élance, à travers fumée, vapeurs, lumières, danseurs et danseuses qui semblent si fiers, qui sont si souples, et les rouges et les noirs que l'on associe fatal à cette musique de gens qui n'ont pas l'air de plaisanter...
Bon, trêve de lyrisme. L'ensemble STANKO qui, ce soir, ranima quelques flammes du "Temps du Tango" (titre d'une chanson de Léo Ferré ainsi que celui d'un CD du groupe) fut créé en 1999, est mené par Richard GOLEBIEWSKI, qui bandonéonne le corazon et l'ilusion depuis qu'il a, en 1977, rencontré le grand Astor Piazzola, et mérite le plaisir d'une écoute attentive. C'est que, nom d'un café noir, ça peut vous prendre aux tripes, cette cadence là, ou au coeur, ça dépend de l'état de votre âme.
Et le concert se termina par un "Nocturna" qui prouve, une fois encore, que c'est dans les formes apparemment les plus contraignantes que l'on réussit à évoquer des ailleurs envoûtants.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 janvier 2007
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