30 mai 2007
JE
JE
"Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis." (1)
(Racine, Phèdre, IV,1)
Je parmi les mots, une seule clé et tant de portes...
Ne tente pas le Diable, il est trop rancunier.
Sais-tu de quoi tu es fait ? Sais-tu
Où tu vas exactement, où ce
Je te mène avec ses gros sabots ? Je
Vais ; tu vas ; il, elle, on va au désassemble.
Je parmi les morts, nous qui nous croyons vivants.
Ne te moque de Dieu que la bouche fermée.
Sais-tu bien ce que tu dis ? Sais-tu exactement
Où se trouve maintenant l'homme à tête de taureau ?
Je ne crois que ce que je vois dis-tu ? Je
suis ; tu es ; il, elle, on est assez paumé, finalement.
(1) Ce vers pourrait exprimer cette énigme de ce fameux projet existentiel que nous menons sans que ce projet ne soit clairement explicité, que nous menons, pour ainsi dire, "à l'insu de notre plein gré". Le pronom personnel "je" y est insistant (4 occurrences sur 12 syllabes) comme si ce "je" qui nous exprime était aussi une planche de salut, une manière personnelle d'être au monde, si fragile et incertaine soit-elle.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 mai 2007
