10 septembre 2007
PANEM ET GUIGNOLEM
PANEM ET GUIGNOLEM
Virulente diatribe sur France Culture, ce lundi 10 septembre 2007, contre Bernard Laporte, grand V.R.P. du rugby professionnel et futur Secrétaire d'Etat, diatribe dans laquelle il est accusé, le Laporte, de gérer de façon plutôt autoritariste, à la n'importe-quoi, c'est-moi-le-chef, le XV de France de rugby, - vous savez, ces mecs qui posent à poil pour des calendriers.
A une époque où on se suicide un peu partout dans les entreprises, il est toujours réjouissant de voir se planter les petits chefs.
C'est pour ça, - car à vrai dire, moi, du rugby, je m'en fous -, que j'écris ces lignes car j'aime bien les voir, les prétentieux, se prendre des coups de pied au derche.
En tout cas, même pas encore rentré au gouvernement SARKOZY / (Fillon) (1) qu'il est déjà, Bernard le battant, remis en cause.
Ceci dit, le fait qu'il soit le "fils d'un agent E.D.F. et d'une femme de ménage" (cf le cahier "Coupe du Monde 2007", Planète Rugby, in Le Nouvel Observateur du 6 au 12 septembre 2007, p.19) me le rendrait plutôt sympathique.
En voilà un au moins qui n'a pas été élevé au "prout-prout ma chère" en attendant les prochaines vacances aux Baléares ou en Hassanie. C'est pas du Villepin, ça, Madame !, c'est de la vraie France d'en bas, du vilain d'appellation contrôlée, du pur populo, de la chair à gouvernement, à "gouvernance" comme disent les cuistres et Ségolène Royal, de l'ouverture sur la société civile, du vrai de vrai copain à Sarkozy (2).
La diatribe radiodiffusée que j'évoquai tantôt nous apprend aussi que Bernard Laporte serait actuellement "le mieux payé des consultants en entreprise" (spécialité : "gestion du personnel"). Le Nouvel Obervateur, plus haut cité, nous révèle les surnoms, - que l'on peut supposer affectueux - attribués à l'entraîneur : "le Kaiser", et aussi "Bernie le dingue". Fichtre ! Un "Bernie le dingue" conseillant nos grands patrons, un "Kaiser" au gouvernement ! C'est que cela en devient fascinant comme du Jean-Pierre Melville, la politique selon Nicolas Sarkozy...
Tout cela tendrait donc à prouver les penchants autoritaristes du personnage. Avec Rachida Dati, - qui fait je ne sais quoi à la justice, et surtout le vide autour d'elle -, cela fera une "grande bouche" de plus dans les ministères.
Vous me direz, - et vous aurez raison (3), que ce n'est pas nouveau : Souvenons-nous de Charasse, le socialiste à bretelles et de la mâchoire carrée à Bernard Tapie, l'homme qui regardait Mitterrand dans les yeux en pensant très fort : "Aboule le fric, Tonton !".
C'est que l'on en aura bouffé, du rugby, en cette rentrée 2007.
C'est bien simple, à 20 heures, l'heure du Journal Télévisé, alors que Al Qaïda multiplie menaces, tentatives d'attentats et attentats un peu partout où il y a des êtres humains, alors que la crise immobilière continue de manger la grenouille boursière, alors que les échecs du système éducatif français sont si patents que, pour la première fois depuis longtemps, à l'instar du Président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, qui s'en prend à l'actuelle illusion du baccalauréat (cf Stop à l'Arnaque du Bac !, Oh ! Editions, 2007), des professionnels de l'éducation prennent la parole pour dénoncer l'ineptie du "Collège unique", l'idéologie égalitariste des I.U.F.M., ainsi que le "pipeautage" des récents résultats du baccalauréat, eh bien, à l'heure où l'on cherche à s'enquérir des nouvelles du monde, il faut d'abord en passer par le XV de France et se demander s'ils ont bien tout mangé leur assiette, puis avant le gros dodo, s'ils ont bien fait popo, les petits, au moins...
C'est que, voyez-vous, - et cela, grâce à Bernard Laporte, entre autres -, le rugby est devenu une activité professionnelle à part entière (4). En conséquence, il faut en faire la promotion.
Eh oui, tant il est vrai que notre industrie ayant de fortes tendances à aller voir ailleurs si le dollar est plus vert, bientôt il ne nous restera plus guère que Johnny et l'Ovalie pour espérer faire du pognon, ou, à tout le moins, consoler les ouvriers licenciés de leur infortune (5).
Notes
(1) Fillon : l'homme qui ne sert à rien. Il attend, dit-il, le "signal" de Nicolas Sarkozy pour lancer son offensive sur les retraites. Oh ! il se prend pour Murat à la tête de la cavalerie impériale, ou quoi ?
(2) Il a trop d'amis, Nicolas Sarkozy. Il ferait bien de se méfier. Evidemment, moi, l'amitié, j'y crois pas... de vrai, on n'a jamais que des "relations", des "connaissances". Les "amis", c'est juste un truc de chanson pour rimer avec "pain de mie". Et puis, avec son sens aigu de l'amitié, Nicolas, il va finir par nous coller Barbelivien à la Culture...
(3) Je ne suis pas contrariant.
(4) Et c'est plutôt tant mieux ! Cela évitera sans doute que d'anciennes "Gloires du ballon ovale du temps de papa, et même de grand-papa" (j'adore ce style à la Roger Couderc) ne se retrouvent devant les tribunaux pour malencontreuses accointances avec le milieu toulousain.
(5) Il y a bien le foot, mais y en a qui disent que c'est tout vérolé-corrompu, le foot... Quant au vélo...
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 septembre 2007
