11 novembre 2007
GOTHIQUES CROQUIS
GOTHIQUES CROQUIS
D’après la case 1 de la page 15 de Noces de brume de Sokal (Casterman, 1985) et la case 8 de la page 27 de la même splendide et sombre fantaisie.
Elle se complainte, la brune, les yeux bavants de larmes, qu’elle a peur de ne pas avoir assez de sang à donner…
Au ciel glacé ricane la chauve souris (hi ! hi !) : « saigner les hommes…saigner les hommes…saigner les hommes… » qu’elle n’arrête pas de couiner, ivre de son vol fou.
Bon, le canard en imperméable se radine chez Raspoutine. C’est tout bleu chez Raspoutine, et tout froid aussi. Le canard, -on voit ses yeux luire dans l’ombre qu’il fait de lui-même à la porte où commence à s’engouffrer un vent genre sibérien-, terrible, le justicier palmé, il le dit d’ailleurs qu’il fait pas chaud. Confirmation du maléfique lynx, satanic majesty himself : on s’les caille because qu’le feu est mort.
C’est tout bordel chez Raspou : coffre et revenant, tête de mort animal, des araignées jouent de la mandoline pour passer le temps, - c’est pas dans la bédé, ça, mais on s’en fout ! -, des pendus swinguent à la fenêtre illunée, c’est-à-dire que la lune leur fait l’éclairage, aux brothers branchés, - ça non plus, c’est pas dans la bédé, mais on s’en balance ! -, Raspou fume le cigare, énorme et clairvoyant :
- « Je t’attendais, Canardo… »
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 novembre 2007
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