BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

27 janvier 2008

L'OISEAU QUI

L'OISEAU QUI

"L'oiseau qui s'est dépris d'être Phénix"
  (Yves Bonnefoy)

L'oiseau le saxophone le garçon la fille
Qui jetèrent leur féerie dans la nuit l'oiseau
S'est fait désosser par des mains de sable
Dépris de tout voué à l'impossibilité
D'être nous avons créé pour lui le merveilleux
Phénix qui console un peu d'être déjà si vieux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 janvier 2008

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SOUVENT, POUR S'AMUSER

SOUVENT, POUR S’AMUSER

« Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
   Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers »
   (Baudelaire, L’albatros)

Souvent, en écoutant du jazz
Pour rire je me mets à rimailler oh !
S’amuser à coller des syllabes aux sons
Les rythmes et les solos que jouèrent d’autres
Hommes laissant manies et routine
D’équipage à la mécanique des heures Je me demande :
Prennent-ils le temps prennent-ils le temps les soldats
Des jours sans fin de la foudre de penser aux
Albatros passant au-dessus des vastes des
Vastes étendues loin des ombres folles du feu
Oiseaux planant comme ces saxophones
Des ballades et des furies que les
 
Mers tissent patiemment et balancent au ciel.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 janvier 2008

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26 janvier 2008

COMBIEN ?

COMBIEN ?

En cette fin janvier 2008, nous apprenons avec assez de surprise que la Société Générale (que d'aucuns présentent comme la 3ème banque française) vient de subir une perte de 7 milliards d'euros.
Ces 7 milliards se répartissant ainsi :
- 5 milliards de perdus par un surdoué de la finance, un de leurs employés payés pour spéculer, un produit parmi tant d'autres de nos merveilleuses Ecoles Supérieures de Commerce. Ou un lampiste que la direction de la Société Générale a désigné volontaire pour porter le chapeau à larges bords de son incompétence.
- 2 milliards de paumés dans la crise des "subprimes" (ou comment les frenchies se sont fait empapaouter par les ricains).

Ce qui est frappant dans cette affaire, c'est que la direction de la Société Générale a dû publier la catastrophe car elle savait très bien qu'il était impossible de dissimuler la fraude faite par un de ses employés (puisqu'elle constitue un délit). J'en conclus donc que, sans cela, nous n'aurions sans doute rien su des 2 milliards d'euros évaporés par ailleurs.
Ce qui signifie que si la Société Générale a plus ou moins directement partie liée avec la crise américaine, elle n'est peut-être pas la seule cependant que les autres banques européennes concernées, n'étant pas dans la même nécessité judiciaire, continuent de se taire quant à leurs pertes réelles.
Alors combien ont-ils perdus, nos génies de la finance ?

En tout cas, tant que l'abcès ne sera pas vidé, la crise de confiance risque de durer. Et avec elle, la crise boursière...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 janvier 2008

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SI JE VOUS DIS

SI JE VOUS DIS

Si je vous dis que le cristal d'un jour de pluie
Je me plais à isoler ce vers de Paul Eluard
Vous pourrez toujours me le reprocher Je
Dis ce qu'il me plaît de dire
Que le monde n'est que par énigmes ou que
Le sourire souvent se fige
Cristal chantant que le doigt abandonne ou que
D'un claquement de doigt le
Jour s'éteint dans les yeux ou que
De temps en temps je prends le temps d'entendre la
Pluie qui passe les arbres les saisons les toits.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008

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25 janvier 2008

DESSIN NAÏF N°1

DESSIN NAÏF N°1

DESSIN_NA_F_N_1_encre_sur_papier_Auteur_Patrice_Houzeau_r_alis____Marpent_en_ao_t_1996

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008

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DESSIN NAÏF N°2

DESSIN NAÏF N°2

DESSIN_NA_F_N_2_encre_sur_papier_Auteur_Patrice_Houzeau_r_alis____Marpent_en_ao_t_1996

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008

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DESSIN NAÏF N°3

DESSIN NAÏF N°3

DESSIN_NA_F_encre_sur_papier_Auteur_Patrice_Houzeau_r_alis____Marpent_en_ao_t_1996

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008

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CECI-CELA

CECI-CELA

"Le "ceci" démonstratif ne peut jamais se trouver sans l'objet désigné. On pourrait dire : Tant qu'il y a un Ceci, le mot "ceci" garde sa signification, que ceci soit simple ou complexe. - Mais voilà qui ne suffit pas à faire de ce mot un nom. Au contraire : car un nom n'est pas utilisé avec le geste démonstratif, mais seulement expliqué par ce geste." (Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus suivi de Investigations philosophiques, Traduit par Pierre Klossowski, Gallimard, Collection Tel, 1997, p.136, item 45).

Il y a "ceci" qui montre un objet spécifique. Il y a donc un objet à montrer.
Il y a un "Ceci" qui montre qu'il y a quelque chose : l'étant. L'étant est ainsi montré par le langage.
Le nom de l'objet montré, le signifiant, par l'ensemble des relations qu'il entretient avec tous les autres signes de la langue, porte en lui ce démonstratif. Il lui est potentiel.
L'étant, du fait de sa persistance à être, porte en lui le "Ceci" qui le montre. Il lui est inhérent.
Autrement dit, la monstration vaut démonstration. Le "nom de l'être" indique l'être, le révèle en lui donnant ce nom ("Ceci qui est" c'est-à-dire l'étant) et, le nommant, il le met à l'épreuve de la langue, et le prouve.
Ainsi, l'étant est parce qu'il est nommé, cependant qu'il reste en dehors de toute détermination, de toute spécification, de toute entrée dans l'Encyclopédie (hormis les considérations portant sur l'histoire des idées). Il est, non seulement par la description de son mode (l'étant, participe présent tendant vers l'infini), mais parce qu'il peut être signalé, montré, démontré.

"Pourquoi l'étant plutôt que rien ?"
Parce que toujours l'étant échappe à nos investigations ; qu'il ne se trouve pas au bout d'une quête, pas plus qu'au détour du chemin, mais qu'il est cependant dans le "Ceci" - ou le "Cela"- qui nous révèle à l'être.

Que l'on remplace ici l'étant par le nom de Dieu et l'on aura matière à quelque article de théologie bien propre à ébahir le lecteur assez découragé en ceci, qu'il se demande encore à quoi ça sert, nom d'une pipe de Magritte, ce genre de tarabiscotologies ?
"A rien !"
répondrons-nous avec assurance et en mettant un point d'exclamation.
Il fallait que cela fût dit.

Post-Scriptum : On peut, si on veut s'amuser, remplacer l'étant par x. Ce qui n'est pas sans poser problème :
Que signifie, en effet, l'énoncé : "Voici x", x étant par définition indéterminé ? (1)
Grammaticalement, l'énoncé est possible. x est donc, comme Dieu et comme l'étant, soumis aux potentialités de l'énonciation. Nous pouvons donc considérer que x est, non seulement spécifiquement, - le casse-tête du lycéen nul en maths -, mais aussi parce qu'il peut être inventé, chargé de tous les x potentiels.
La condition de x est donc son invention.
La condition de Dieu est sa révélation.
La condition de l'étant est sa nomination.
Il n'en reste pas moins qu'il y a condition.
Cela aussi, il fallait que ce fût dit.

(1) Il est à noter que les énoncés de mathématiques utlisent l'expression "étant donné x", qui a le mérite de ne pas montrer un x qui n'a pas encore été trouvé, en disant cependant clairement qu'il y a x, dont l'invention permet de poser problème et donc de mettre en oeuvre cette condition de l'homme qu'est la pensée.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008

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24 janvier 2008

OMBRE. "AVEC DEGOÛT".

1. Ombre.

"L'ombre a l'air d'être venue là exprès, pour tenir ces paroles trop précieuses au creux de ses ouates grises." (Georges Bernanos, Monsieur Ouine, Presses Pocket, p.62)

La parole conservée, préservée par l'ombre dotée ainsi d'une puissance que l'atmosphère de la scène rend palpable.
Il y a donc dans "l'ombre" des paroles si précieuses que la lumière pourrait les dissiper.
Prose rythmée: la phrase commence par se découper en deux décasyllabes :

"L'ombre a l'air d'être venue là exprès,
  pour tenir ces paroles trop précieuses
  au creux de ses ouates grises."

2. "avec dégoût"

"Le village demeure tout entier visible, coiffé du haut clocher d'ardoises, et ses maisons tapies comme des bêtes. A cette distance le regard trop faible de M. Ouine ne les distingue pas les unes des autres : ce n'est qu'un tas uniforme, une seule masse que ses yeux caressent avec dégoût." (Georges Bernanos, Monsieur Ouine, Presses Pocket, p.175)

Le haut clocher "coiffe" le village fait de "maisons tapies comme des bêtes".
La comparaison "comme des bêtes" est très expressive.
En effet, il ne s'agit pas de chanter ici ni la paix des champs, ni on ne sait quelle noblesse agricole, ou cette simplicité miraculeuse que la niaiserie prête aux paysans, mais d'indiquer que c'est un village-troupeau que cette paroisse-là.
Ni mal ni bien mais un péril, une menace, une latence malsaine que le "haut clocher" a le pouvoir sans doute de conjurer.
C'est aussi un signal que ce clocher-là ; vu de loin, il indique que le pays des bêtes, le pays bestial, est bien gardé.
Il n'y aurait donc, en gardant ses distances, et à moins que le Diable monte au clocher, peu ou prou danger de se faire dévorer, de se faire, comme le dit le français d'en-bas, "bouffer".
C'est peut-être pour cela que Monsieur Ouine le regarde, ce village, "avec dégoût".

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 janvier 2008

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23 janvier 2008

DEUX AGACERIES

DEUX AGACERIES

Entendu hier soir, mardi 22 janvier 2008, sur France 3 dans l'émission de Frédéric Taddéï, Ce soir ou jamais, Michel Charasse, qui fut Ministre des Finances sous Mitterrand, faire cette déclaration (je cite de mémoire, ce qui me permet d'enjoliver la forme sans toucher au contenu) :

" La Bourse est un système qui permet aux riches de se voler entre eux avec l'argent des pauvres."

Et, l'autre jour, sur France Inter, entendu Jacques Attali énoncer ceci :

"Un économiste est un spécialiste qui analysera très finement demain ce qu'il n'a pas su prévoir hier." (J'enjolive comme pour Charasse).

Boutades ?
Pas que si l'on en croit les déconfitures boursicoteuses actuelles...
En tout cas, entre des voleurs en col blanc et des experts aveugles, nous voilà bien !
Du reste, l'argent perdu dans les investissements à haut risque n'est certainement pas perdu pour tout le monde.
Et quant aux banques concernées par ces trucmucheries pied-de-nickelesques, - banques où il doit y avoir des trous larges comme des tunnels sous la Manche -, bah ! c'est d'abord le petit porteur qui paiera, puis après ce sera le contribuable : vous pouvez compter sur le gouvernement pour trouver une nouvelle (ou mêmes plusieurs !) "cause(s) nationale(s)" prétexte(s) à de nouvelles taxes !.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 janvier 2008

Posté par patricehouzeau à 17:51 - actualités - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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