NOTE SUR NOTRE PROVISOIRE PRESIDENT

Il y a quelques semaines, sur LCI, le chroniqueur Olivier Duhamel, devant le spectacle de l'ostentatoire agitation du Président Sarkozy, - celui qui préside avec ses pieds -, pronostiqua qu'à ce rythme-là, il ne tiendrait pas six mois, le Nicolas...
L'actuelle dégringolade du Président dans les sondages semble donner raison à Duhamel.
Bah ! du moment que la Bourse ne dégringole pas plus vite que lui, ça peut toujours s'arranger !

Plus sérieusement, il est à noter que Nicolas Sarkozy n'en finit pas de se rendre intéressant, à multiplier les propositions, les éventualités, les réparties et donc les contradictions.
Moi, je le crois sincère, le Tartuffe.
C'est que, tout simplement, il a hâte d'essayer de nouvelles choses pour voir, on sait jamais, quelquefois que ça marcherait.
Il brûle d'impatience, semble-t-il, d'épater la galerie par des initiatives qu'il voudrait être le seul à pouvoir revendiquer.
Le problème, quand on travaille avec une pareille tactique, c'est que, souvent, l'on parle avant même d'avoir bien réfléchi à ce que l'on a à dire...
Du coup, malentendus, moqueries, grincements de dents et toboggan dans l'opinion.
De fait, il est vrai que Nicolas Sarkozy, par son affectivité affichée (à l'américaine, genre je fais massacrer des milliers de gens en Irak, j'expose mes soldats à la violence la plus brute, mais je pleure comme un veau sur la Bible), par sa spontanéïté désarmante, par son pragmatisme, son très sincère goût pour la trahison et des amitiés un peu trop vite affirmées, a tout de l'apprenti despote éclairé ou du candidat au poste de premier ministre d'une république bananière. Fort heureusement, nos institutions sont solides, et l'obligeront sans doute bientôt à s'effacer devant une autre majorité, un peu moins à ses bottes que l'actuelle.

Lu dans Le Monde (lequel a la bonne idée chaque week-end de proposer à ses clients un CD sorti tout droit du catalogue de Deutsch Grammophon ; de la musique classique donc, et du meilleur choix ; j'attends avec impatience celui sur Camille Saint-Saëns ; celui que l'on présente si souvent comme une vieille barbe de la composition classique me ravit dans presque tout ce qu'il a fait ; je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, vu que mes goûts me portent plus vers les rives heureuses du baroque ou les élégances du jazz que vers les un peu trop longues landes de la musique du XIXème...), lu dans Le Monde donc daté du 16 février 2008, sous la plume de Christian Salmon, ceci :

"Tout ce que le pays compte d'éditorialistes, de chroniqueurs, d'analystes politiques, de sociologues et de sondeurs se consacre à cette passion bien française : commenter les faits et gestes de Nicolas Sarkozy. A tel point que l'on dirait qu'en mai dernier la France n'a pas élu un président, mais un sujet de conversation." (Thierry Salmon, Nicolas Sarkozy et les sarkologues, Le Monde du samedi 16 février 2008, p. 34).

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 février 2008