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Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

04 mars 2008

SOMMEIL

SOMMEIL

« Voilà que le sommeil l’a pris en traître, d’un coup sur la nuque, en assassin, avant même qu’il ait fermé les yeux. L’étroite fenêtre s’ébranle lentement, vacille, puis s’allonge démesurément, comme aspirée par en haut. La salle entière la suit, les quatre murs s’emplissent de vent, battent tout à coup comme des voiles… » (Georges Bernanos, Monsieur Ouine, presses pocket, p.39-40)

Voilà qu’il tombe de sommeil l’enfant
Et que se joue alors l’anamorphose du
Songe l’étrange comédie des choses et
Cette révélation qu’elles ne sont pas
Comme elles ont l’air les choses sont
Par convention une étroite fenêtre du
Regard qui soudain vacille tout alors
S’allonge démesurément et s’emplit de
Vent de ce vent que vous sentez quand
Vous dormez et qui fait frissonner et
Ce qui paraît solide ces 4 murs aussi
Solides qu’une vérité mathématique du
Coup s’emplissent de vent de ce grand
Vent qui souffle sur toute chose fait
Vent de toute chose fait palpiter les
Murs comme des voiles au vent dans ce
Début du roman donc il en est déjà du
Réel comme d’une illusion que le vent
Balaie comme d’un songe dont ce n’est
Qu’avec peine que l’on sort stupéfait

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2008

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MERCI POUR LA TROP BELLE

MERCI POUR LA TROP BELLE

« Coque fedouille sur la blonde tignasse
   Prairie d’étoiles sur les mirettes
           Gambettes d’ocelot
           Nombril diamanteux
  Ses bras sont un serpent au sang chaud
          Zoutépaudévafe
          Zoutépaudévafe
          Zoutépaudévafe
          Zoutépaudévafe
          Sig aligne a tu you zu
          Signe aligne a ti zaille-zi »
(Claude Gauvreau, 1er couplet et refrain de Trop belle pour mourir, texte mis en musique par Robert Charlebois)

Coque fedouille qu’tu dis qu’tu dis
Robert chantant Claude c’est ça qui
M’plaît ces mots à propos d’étrange
Ces mots à propos de l’ailleurs qui
Nous colle à la peau tee-shirt très
Mouillé collant à la peau de la qui
A blonde tignasse et pis la prairie
D’étoiles sur les mirettes comme si
J’la voyais comme si mais j’saurais
Pas quoi en faire tandis que là qui
Agite ses gambettes d’ocelot et son
Nombril diamanteux dans une chanson
C’est très bien mirifique magique &
Electrique comme un solo de guitare
Electrique comme lancée d’un violon
Electrique comme ses bras qu’tu dis
Qu’tu dis qu’ils sont un serpent au
Sang chaud qu’ça siffle fatrasie du
Verbe zoutépaudévafe zoutépaudévafe
Zoutépaudévafe zoutépaudévafe merci

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2008

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PARFOIS SOUDAIN

PARFOIS SOUDAIN

Parfois soudain entre ces deux adverbes
Je me trouve parfois je bois et soudain
J’aboie parfois je doute soudain claque
Un orage je me dis j’aime à philosopher
Quand je défèque je me dis que les gens
Sont des combinaisons de keno c’est que
Les gens sont probables dans l’absolu &
D’ailleurs ils finissent toujours quand
C’est leur tour par tomber les gens ils
Sont si soudains parfois ils viennent &
S’en vont comme les pensées et fragiles
Comme elles les gens parfois soudain on
Y pense aux gens que l’on a connus tous
Ces gens perdus du coup on se justifie.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2008

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PLUIE

PLUIE

« La sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert sans monotonie, non sans délicatesse. » (Francis Ponge, Pluie, Le parti pris des choses, Poésie/Gallimard, p.31)

J’aime à me laisser fasciner par la pluie
Horlogerie défaite qui dégringole sur mon
Petit monde celui qui dans ma fenêtre est
Tout sonore soudain je pense parfois à la
Pluie de Francis Ponge ce qu’il entendait
Dans cette sonnerie au sol ces minuscules
coups de gong multipliant la petite magie
Grise de saison dont cet hypnotique glou-
-glou des gouttières est sans doute parmi
Tous les sons qui nous tiennent compagnie
L’un des plus intenses & des plus fidèles
Puisque la pluie après tout la pluie sans
Faillir suit l’habitant du Nord illusoire
Protecteur ombre sans ombre morne plaine.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2008

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