BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

14 avril 2008

MAUVAISE PRESSE

MAUVAISE PRESSE

Il ne se passe guère de jours sans que le personnel politique français ne soit moqué, critiqué, tourné en ridicule. On peut même penser que cette dérision du politique s'est intensifiée depuis que Nicolas Sarkozy est devenu Président.
A vrai dire, il semble que le personnel politique français se caractérise actuellement par sa grande médiocrité, son incompétence parfois, son manque de qualité d'âme souvent.
Pourtant, avec ce fameux "niveau qui monte", cette "démocratisation de l'enseignement supérieur" dont les cuistres ne cessent de nous rebattre les oreilles, on aurait pu s'attendre à une hausse du niveau de nos élites.
Hélas, ce n'est pas tant que le personnel politique d'antan ait été meilleur que l'actuel (une relecture de la presse des années 60, 70, 80 est à cet égard assez édifiante) mais le problème est que la crise économique mondiale que nous subissons depuis plus de trente ans maintenant s'accélère et s'aggrave au point de toucher maintenant les ressources alimentaires.
Face à cette situation, - la hausse des prix des matières premières alimentaires -, il apparaît que le personnel politique français est dépassé par les événements. (1)
Autrement dit, le gouvernement actuel n'a pas les épaules assez solides pour éviter que, d'ici peu, les plus faibles parmi nous commencent à souffrir de la faim. Ce qui, dans une société productiviste comme la nôtre est un paradoxe, sinon un scandale.
Pourtant, il travaille, ce gouvernement ; voyez, il ne cesse de réformer, et voilà que l'on réorganise la carte judiciaire, au point que bon nombre d'avocats se demandent si leur métier ne va pas tout simplement disparaître, ou, à tout le moins, devenir si peu rentable que, franchement, est-ce bien la peine de faire autant d'années d'études pour, en fin de compte, être à peine plus considéré qu'un simple conseiller juridique ?
Pourtant, il travaille, ce gouvernement ; voyez comme il cherche à réformer la très contestée éducation nationale. Aussitôt, il provoque la colère des lycéens, lesquels se montrent d'ailleurs très conservateurs dans leurs revendications, demandant l'arrêt des suppressions de postes d'enseignants, ainsi que l'abandon de la réforme du Bac Professionnel et le maintien du BEP. On aurait pu s'attendre à ce qu'ils demandent une plus grande professionnalisation du contenu de l'enseignement secondaire, un allongement de la durée des stages en entreprise par exemple, - ce qui pourrait justifier la nécessaire rémunération des stagiaires -, mais non, Ils restent attachés à leur tableau noir et à la bonne parole du maître, les élèves. C'est désespérant de voir la moutonnerie s'emparer à ce point-là des esprits !
Là où il semble le plus fort, ce gouvernement, c'est en politique étrangère. On mange du pain sec chez soi, mais on porte beau à l'extérieur ! Il est vrai aussi que Nicolas Sarkozy a bien l'air de ne pas savoir quoi faire pour complaire aux Américains. Et hop, on envoie un régiment de plus en Afghanistan ! Pour quoi donc, on se le demande : un régiment, ce n'est pas assez pour espérer la victoire, bien sûr ! A moins que ce régiment soit en mesure d'apporter un soutien spécifique à une opération en cours. Sinon, c'est quoi ? de l'entraînement ? de l'observation ? de la sécurisation ? un peu tout ça ! oui, probablement...

(1) Ce matin, lundi 14 avril 2008, nous entendons partout parler des "émeutes de la faim" qui éclatent d'un bout à l'autre de la planète. Bon nombre d'analystes fustigent les biocarburants grands dévoreurs d'espaces agricoles alimentaires ; d'autres s'en prennent à la spéculation qui, après le fiasco de l'immobilier, se serait transférée au secteur des matières premières alimentaires (via les fonds d'investissement, cette escroquerie légale). "Le blé vaut de l'or" ai-je entendu il y a quelques minutes à peine sur France Inter. Si tel est le cas, la crise financière n'est pas près de s'arrêter car un éclatement de la bulle spéculative alimentaire sera d'autant plus nécessaire que les enjeux ne se limitent plus seulement à la situation du logement dans les grands pays industrialisés, mais relève de la sécurité des Etats puisque nous savons tous que les émeutes des ventres creux ne peut aboutir qu'à des situations de conflit entre Etats pauvres, ne peut nourrir que le ressentiment à l'égard de l'Occident, ne peut donc que servir la cause des terroristes anti-occidentaux, voire provoquer des mouvements d'envergure (émeutes, pillages, assassinats, etc...). Aussi, il ne fait pas de doute que les décideurs politiques mettront bientôt tout en oeuvre pour faire éclater cette bulle spéculative ; les petits malins qui organisent la pénurie risquent donc de chuter de très haut. Je suis même à peu près certain qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils risquent réellement. "Le loup au ventre vide n'est pas l'ami du loup au ventre plein" dit un proverbe. Qu'ils le méditent au lieu de faire des probabilités à la con.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 avril 2008

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ALORS LE DRAGON

ALORS LE DRAGON
(Eclat de conte)

Alors dans un ciel tourmenté comme un visage
Le serpent ailé dont les yeux brûlaient la nuit le
Dragon aux ailes vastes et déployées comme la nuit
S’élança à la vitesse d’un avion de chasse américain
Dans la tourmente du ciel - Dieu y perdait des poils –
Les forêts s’agitèrent beaucoup les chevaux aussi dans les
Airs déguerpirent tous les volatiles
Au-dessus des villes fiévreuses des hallucinées campagnes
Des gens qui racontent des histoires et
Des armées épouvantées en déroute paniquées
Défaites absolument tout à fait.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 avril 2008

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13 avril 2008

BOUCHE FLEURIE DES LEGENDES

BOUCHE FLEURIE DES LEGENDES
Notes sur le poème Rosemonde de Guillaume Apollinaire (in Alcools)

"Longtemps au pied du perron de
  La maison où entra la dame
  Que j'avais suivie pendant deux
  Bonnes heures à Amsterdam
  Mes doigts jetèrent des baisers"
  (Apollinaire, Rosemonde, 1ère strophe)

"Longtemps" : Les longtemps nous font ce passé étale, marais d'où surgissent les figures, lande à s'y perdre, forêt qui constitue la nuit des êtres ; à la parcourir, cette forêt, on finirait peut-être par y trouver le trésor des contes, l'aube de la vérité, l'outre-temps des légendes.

"Longtemps au pied du perron de
  La maison" : C'est dire que l'on attend. Les maisons, ces territoires de l'Autre. Des pièges mortels, sans aucun doute. Y poussent des yeux étranges.

"La maison où entra la dame" : Vous voyez bien que c'est un piège mortel.

"Que j'avais suivie pendant deux
  Bonnes heures à Amsterdam" : La rime "dame / Amsterdam" fait ritournelle, laquelle est soulignée par les enjambements :

"Longtemps au pied du perron de
  La maison où entra la dame
  Que j'avais suivie pendant deux
  Bonnes heures à Amsterdam"

A part ça, on peut juger du peu de sérieux du narrateur apollinairien qui fait rien qu'à suivre des dames dans la rue au lieu de travailler à produire des automobiles, ou des frites surgelées, ou des canons de 20, ou des stylos à bille, ou des diplômés de l'enseignement supérieur, ou des brice hortefeux, des nicolas sarkozy, des rachida dati, des roselyne bachelot, des bernard laporte (sourire carnassier fourni sur toutes les séries) et autres personnages publics de la République en l'état actuel (lequel n'est pas bien brillant), tout ça pour en arriver à la principale :

"Mes doigts jetèrent des baisers" : C'est qu'il se comporte comme un quelconque latin lover, le guillaumesque narrateur.

"Mais le canal était désert
  Le quai aussi et nul ne vit
  Comment mes baisers retrouvèrent
  Celle à qui j'ai donné ma vie
  Un jour pendant plus de deux heures"
  (Apollinaire, Rosemonde, 2ème strophe)

"Mais" : Les longtemps, étales comme des nappes de synthétiseur dans un morceau de rock progressif, sont souvent suivis du bref coup de ciseaux de la conjonction "mais". Quant à lui, il était aussi teigneux que le peigne d'un chauve. Cette dernière phrase est pur parasite.

"Mais le canal était désert" :Y a que de l'eau que de l'eau que de l'eau que de l'eau qu'il-y-a-qu'-qu'il-y-a-qu'-qu'il-y-a-qu' (à dire au galop avec accompagnement de violon du Québec pour faire danser)

"Le quai aussi et nul ne vit " : La rime interne "aussi / vit" souligne la cadence de ces deux octosyllabes :
"Mais le canal / était désert /
  Le quai aussi / et nul ne vit / "

"Comment mes baisers retrouvèrent
  Celle à qui j'ai donné ma vie
  Un jour pendant plus de deux heures" : Prise de distance, auto-ironie. Le narrateur se moque gentiment de sa propension à tomber facile amoureux.

"Celle à qui j'ai donné ma vie" : Ritournelle encore, romantique en plus, comme dans une chanson à la mode de jadis, un lied aux paroles un peu ridicules.

"Un jour pendant plus de deux heures" : Gradation décroissante : "vie", "jour", "deux heures".

"Je la surnommai Rosemonde
  Voulant pouvoir me rappeler
  Sa bouche fleurie en Hollande
  Puis lentement je m'en allai
  Pour quêter la Rose du Monde"
  (Apollinaire, Rosemonde, 3ème strophe)

"Je la surnommai Rosemonde" : Le pouvoir de surnommer relève de la création poétique. Le surnom est une invention verbale, l'irruption du sujet dans l'objectivité de la langue. Cette surnomination a pour but de marquer l'étale mémoire d'un signe de reconnaissance ; ici, le nom "Rosemonde" est basé sur le néerlandais de mond, qui signifie "la bouche" et suscite donc l'image de la "bouche fleurie en Hollande".

Bon, une fois que le poète a bien poétiser, que lui reste-t-il à faire sinon, comme Luky Luke dans le soleil couchant, s'en aller pour d'autres aventures, d'autres quêtes :

"Puis lentement je m'en allai
  Pour quêter la Rose du Monde"

Là encore, la rime "Rosemonde / Rose du Monde" souligne la ritournelle cependant que le réel se charge de sens. De l'association aimable "Rosemonde" / "bouche fleurie", on en vient à l'énigme, cette "quête de la Rose du Monde" qui prend racine dans la langue elle-même.
une bouche fleurie de légendes : c'est dans une chanson du groupe Ange que, me semble-t-il, j'ai jadis entendu cela.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 avril 2008

 

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ET DES TAMBOURS

ET DES TAMBOURS

Et tandis que la pluie tombait
Des mains longues des arbres des
Tambours grands batteurs de batailles
Jaillirent fruits fleurs feuilles branches
Des jets de lances végétales
Fleurs superbes et carnassières.

Patrice Houzeau
Honghem, le 13 avril 2008

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11 avril 2008

DEUX SQUELETTES

DEUX SQUELETTES

Ces temps-ci, on dit facilement qu’un nouveau Mai 68 est rendu impossible par la croissante précarisation de l’emploi et, plus généralement, la persistance de la crise économique.
C’est que, probablement, les prochains troubles de masse que connaîtront l’Europe n’auront rien à voir avec Mai 68. Ils seront bien plus graves, bien plus violents, bien plus désespérés.

Couverture_de_LA_BALADE_DU_GRAND_MACABRE_de_Michel_de_Ghelderode_d_apr_s_une_gravure_de_Michel_Wohlgemuth_tir_e_de_Liber_Chronicarum_par_Hartmann_Schedel_Folio_Th__tre_2002

Deux squelettes qui dansent macabre
En s’esclaffant des bon tours joués
Aux vivants c’est là le sujet de la
Couverture de cette pièce La Balade
du Grand Macabre de Ghelderode dans
La collection folio théâtre épatant
Que c’est la couverture d’après une
gravure de Michael Wohlgemuth tirée
de Liber Chronicarum XVème siècle &
par Hartmann Schedel
cette vignette
A la page 99 c’est au deuxième acte
Le personnage de Goulave en signant
Un nouvel impôt il dévore un boudin
C’est pourtant vrai que Goulave est
Un patronyme proche de goulafe donc
Il s’en met plein les fouilles donc
Il s’en met plein la panse car donc
Pour que les puissants puissent car
Les puissants c’est fait pour notre
Argent doit s’évaporer mais le noir
Boudin je l’aime aussi avec compote
De pommes pour l’accompagner et des
Frites aussi je les aime boudin mon
Blanc boudin je t’aime tel quel tel
Que tu es nature je t’engouffre tel
Que tu sors de chez le boucher tout
Frais Deux squelettes gigueurs avec
Ces mots de Guy Goffette en préface

« Alarme ! Il arrive, il est arrivé ! Qui ? Le fantasmagorant, le coupe-ficelles, le croque-vivants, le désossé, l’histrion des derniers jours, le montreur de cataclysmes, l’ordonnateur du Grand Raffût, le maître des asticots, le dégonfleur de panses, l’équarisseur fatidique, l’étouffeur, le carbonisateur, le pulvérisateur, l’échaudeur, l’écorcheur, l’émusculateur, le broyeur… Il vient celui que nul n’attend. » (Guy Goffette, premières lignes de sa préface à La Balade du Grand Macabre, Folio Théâtre, 2002).

Epoustouflant lexique à grand guignol
Qu’ça les accumule les inventeries et
Autres jongleries allez fantasmagorer
On veut bien ces ficelles aux pantins
Qu’on leur coupe qu’on les croque les
Vivants pour voir si c’est pas mourus
En fait qu’ils sont les grimaciers et
Désossons les miroirs il paraît qu’il
Y a des princesses planquées dedans i
Faut bien qu’ça histrionne vu qu’elle
Est un peu mortelle c’te blague qu’on
Soye vivant avec un cœur qui bat cœur
Qui bat cœur qui bat même qu’il tombe
Amoureux ce con d’un autre cœur enfin
Il finit par s’arrêter de battre puis
C’est tout cependant qu’ils perdurent
Les autres à se démener avec le monde
Les cataclysmes les raffuts à traquer
Les seigneurs des asticots les malins
Car avec tout ça qu’on est de + en +

Nombreux à se le partager le monde il
Faut bien qu’on s’entretue un peu que
L’on s’arrange avec les chiffres pour
La freiner tout de même l’inéluctable
Bérézina démographique mais c’est que
L’on n’est pas franc nous autres donc
Nous sommes pleins de discours moraux
De principes et d’égalités pendant ce
Temps-là que les gens de plus en plus
De mal à s’en sortir qu’ils ont c’est
Normal c’est la mondialisation normal
C’est la grande mutualisation de tout
On s’enrichit en Chine on s’appauvrit
En Europe le tout c’est de ne pas les
Décourager les électeurs faudrait pas
Qu’ils oublient d’aller voter ou même
Qu’ils se mettent à manifester contre
Les stages non rémunérés la précarité
Organisée du travail par exemple donc
Faudrait pas qu’ils se mettent à lire
Du Ghelderode trop ironique que c’est
Trop radical trop flanqueur de gifles
Aux grands moralisateurs du coup faut
Le lire moi je dis Ghelderode le lire
Le jouer le monter contre les pantins
Contre les écrivains niais contre les
Subventionnés de la culture c’est que
Je te dis merde moi ministre mais bon

Revenons à « celui que nul n’attend »
Vu que c’est aussi comme ça qu’arrive
Le fantastique ombre sur fond bleu de
Prusse l’inquiétant dans nos vies car
Il n’est qu’une créature de papier il
N’en est que plus intéressant sinon i
Faudrait sans doute le couper en deux
Ou lui planter un pieu en plein cœur.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 avril 2008

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EXTRAIT D'UN ANCIEN DESSIN

EXTRAIT D'UN ANCIEN DESSIN

EXTRAIT_D_UN_ANCIEN_DESSIN_encre_sur_papier_auteur_Patrice_Houzeau_fait___Lens_fin_des_ann_es_70

Des yeux des yeux partout
Je voulais des encres des
Très vivement hantées des
Yeux aux étranges figures
Fluides aussi fluides que
Je les voulais souples et
Aussi rythmiques que tous
Ces disques électriques à
Hendrix aux Stones à Pink
Floyd Genesis et tous ces
Formidables écoutés alors

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 avril 2008

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DE QUOI CLAQUER DES DENTS

DE QUOI CLAQUER DES DENTS
Notes sur les deux premières strophes de La Maison des Morts de Guillaume Apollinaire (in Alcools).

Bien sûr, les morts sont nos familiers. Nous vivons dans leur être. Qu’ils soient encore visibles ou rangés dans l’ordre des cimetières, ils sont la preuve de l’humain. Il n’y a que les brutes sans doute qui ne respectent pas les morts, et qui ne sait vivre avec ses morts ne sait vivre avec les vivants. Ou alors, il fait semblant. Ce qui est probablement le mode d’être le plus partagé au monde.

« S’étendant sur les côtés du cimetière
   La maison des morts l’encadrait comme un cloître »
   
(Apollinaire, La Maison des Morts)

La maison des morts n’est donc pas seulement le cimetière. Elle est aussi autre chose. D’ailleurs, on peut y voir à travers ses vitrines :

« A l’intérieur de ses vitrines
   Pareilles à celles des boutiques de modes
   Au lieu de sourire debout
   Les mannequins grimaçaient pour l’éternité »

La poésie se nourrit d’yeux, - c’est qu’elle en gobe des regards ! Elle versifie la reluque, voyures et revoyures. Du coup, on voit ce qui passe les « modes », ce mode d’être distrait des vivants, cette nécessité du superflu à laquelle les humains travaillent avec le plus grand sérieux, car on a beau faire, les morts restent égaux à eux-mêmes (c’est là leur plus grande qualité) et au lieu de « sourire debout », leurs figures « grimaçaient pour l’éternité ».

De la nécessité du voyage chez les vivants, pour voir, pour voir encore, voir ce que l’on n’a pas encore vu, voir ce qui est à voir :

« Arrivé à Munich depuis quinze ou vingt jours
   J’étais entré pour la première fois… »

Encore que, pour le narrateur des poèmes d’Apollinaire, le hasard est aussi un guide :

« J’étais entré pour la première fois et par hasard
  Dans ce cimetière presque désert »

La poésie, quelle gourmande de sensations ! La voilà qui se met à « claquer des dents » comme dans un conte fantastique, - à moins que ce ne fût le froid qui lui agite la mâchoire, au pèlerin :

« Et je claquais des dents
   Devant toute cette bourgeoisie
   Exposée et vêtue le mieux possible
   En attendant la sépulture »

Est-elle morte, est-elle vivante, cette « bourgeoisie » ? On la dirait bien apprêtée pour la cérémonie funèbre, « vêtue le mieux possible ». Nécessité d’être présentable dans la mort, d’être à son avantage ; c’est que nous sommes polis, nous les humains, les plus polis de la Création. Notre politesse valut autrefois superbe, seigneurie, élégance, parfois même chevalerie. Mais depuis que nous sommes devenus aussi les plus démocratiques, nous nous laissons aller à la plus commune des vulgarités et nous dépêchons d’envoyer, le plus démocratiquement du monde, le maximum de nos congénères à la sépulture. On appelle cela la guerre, laquelle est pratiquée sous deux formes, la militaire qui enrichit les marchands d’armes et dépeuple l’Afrique, et l’économique qui enrichit les plus malins et désespère les plus honnêtes. Et vrai, il y a de quoi « claquer des dents ».

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 avril 2008

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09 avril 2008

DONC TOUJOURS PLUS DE MORTS

DONC TOUJOURS PLUS DE MORTS

« Il sortit d’un grand étui de cuir plusieurs grandes feuilles de papier couvertes de dessins atroces. » (Orlando de Rudder, Le Traité des traités, p.71)

Il pour les montrer aux gens
Sortit d’un grand étui c’est
Là qu’il les rangeait toutes
Ses feuilles de papier plein
De dessins atroces portraits
De gueules cassées portraits
De faces fendues de cadavres
Et de blessés même qu’il dit
« les batailles elles ont un
visage » Albrecht l’ombre ce
Graveur des horreurs qu’il a
Pour nom dans le roman assez
Epatant de Orlando de Rudder
Le Traité des traités et que
Ces précisions on les trouve
A la page 71 du roman Lattès
JC le publia en 1995 est dit
Aussi que Albrecht l’ombre i
Regrette qu’on lui prend ses
Modèles souvent avant que le
Dessin soit terminé pour les
Soigner ses modèles pour les
Enterrer même aussi pour les
Brûler enfin vu que sinon il
Se pourrait que se déclarent
Des épidémies fulgurantes et
Donc toujours plus de morts.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 avril 2008

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LA FLAMME ! QUELLE FLAMME ?

LA FLAMME ! QUELLE FLAMME ?

Qui, à part Céline et Jean Yanne, auraient pu prédire que l'on verrait un jour des fonctionnaires de la police française obéir, en plein Paris, à des ordres donnés par des policiers en civil de la République Populaire de Chine ?
Cela s'est vu pourtant, il y a deux jours, lundi 7 avril 2008, à Paris, au passage de la flamme olympique (rituel par ailleurs vidé de sens, et qui doit bien faire se gondoler, là où ils sont, les Grecs antiques). Enfin bref, les policiers français ont démontré qu'ils étaient :
- 1) assez dociles pour dire amen à des ordres donnés par des voyous officiels venus d'extrême-orient (Et même qu'ils seraient communistes, m'a-t-on dit !)
- 2) assez brutaux pour flanquer des coups à des journalistes et d'autres pékins de passage (hi ! hi! je pouvais pas la manquer celle-là !) de telle manière que même dans l'émission de William Leymergie (le matin sur France 2) ladite brutalité fut évoquée.
- 3) assez désorganisés pour que la flamme soit plus ou moins éteinte (n'est-ce point de mauvais augure ?) et que la France se couvre de ridicule.

Il paraît que Bernard Laporte n'a pas démissionné. C'est là, en fin de compte, le plus étrange. Il faut dire qu'en matière d'étrangeté, la France sarkozienne risque bien de battre quelques records.
Il se murmure même, ça et là, que bientôt notre pays referait son "come back" au sein de l'OTAN. Incroyable !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 avril 2008

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HISTOIRE DU GARS QUI PISSA DANS DES CHIOTTES EN OR

HISTOIRE DU GARS QUI PISSA DANS DES CHIOTTES EN OR

Ah ! C’est qu’il était fin bourré ! Bleu criminel, le Marcel !
Bin c’est qu’il en tenait une bonne !
Tiens, même qu’il a juré ses grands dieux que dans des chiottes en or,
- Léon, tiens toi bien ! dans des gogues en or qu’il avait pissé !
Le cochon ! Pas gêné qu’il est !
Voilà qu’il affabule ! Qu’il mythonne ! Qu’il hallucine !
Le boit-sans-soif ! Le boit-sans-fin ! Le
Gusse qui traîne sa femme incrédule dans tous les rades oùsqu’il a picolé !
Qui ne comprend pas ! Qui fait rire de lui ! Qui de partout qu’il se fait jeter !
A-t-il été victime d’une berlue incommensurable ?
Pissé oui qu’il a pissé dans du brillant, le Marcel ! Vu que
Dans un bistrot voilà qu’il entre effaré penaud et que dans
Ton,- oui, c’est bien lui, le salopard, sti lal qui a pissé dans ton
Saxophone !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 avril 2008

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