04 mai 2008
ET PUIS MERDE
ET PUIS MERDE
“Close your eyes,
There are suns behind your lids”
(Louis MacNeice, Perseus)
« Ferme les yeux,
Il y a des soleils sous tes paupières »
(Louis MacNeice, Persée)
Ferme la porte le chien du vent arrive dis-tu
Les visages on y lit des
Yeux inquiets quand vient le soir
Il y a des gens dont on ne parle pas il
Y a des noms que l’on ne prononce pas il y
A des jours que l’on tait
Des corps sans sépulture on sait qu’il y en a les
Soleils filent les ponts on les reconstruit
Sous tes paupières que vois-tu ?
Tes autres ennemis ? Tes amis revenus ? Sous tes
Paupières peut-être quelque chose qui brûle ?
Ferme la porte le chien du vent arrive dis-tu
Les corps passent devant tes
Yeux secs et fatigués
Il y a des gens que l’on ne connaît plus il
Y des voisins qui ne sont pas revenus il y
A des villes où l’on n’ira plus
Des chiens aboient lancinant longuement quelque part les
Soleils passent à travers
Sous tes paupières
Tes jambes te portent-elles encore par-delà le fleuve où les
Paupières mauves des jeunes filles patientent ?
Ferme les yeux le chien du vent en effet arrive
Les êtres sans plus ni jambes ni
Yeux défilent devant toi
Il y a plus d’enfants que d’hommes Il
Y a plus de mères que de maris Il y
A maintenant la misère
Des hommes sous des
Soleils promis qui ne sont pas venus
Sous tes paupières combattant sous
Tes paupières que vois-tu sous tes
Paupières qu’un drapeau taché de sang.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mai 2008
