BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

22 décembre 2008

A BON ENTENDEUR

A BON ENTENDEUR

C'est que pour celui qui a versé le sang de ses frères humains et qui s'imagine que, bien après que le sable aura mangé son corps, la communauté des vivants se souviendra de lui, il est qu'il se met le doigt dans l'oeil jusqu'à l'os, tant il est vrai que, peu à peu, les noms des tyrans et des brutes s'estompent, s'évanouissent, disparaissent dans la poussière des universités, cependant que les noms des gens de raison ne cessent de nous revenir à la mémoire. Georges Bush et Ben Laden seront bien vite oubliés alors que l'on lira encore Marcel Proust et Claude Simon, et que l'on chantera aussi du Brel et du Brassens.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 décembre 2008

Posté par patricehouzeau à 23:03 - brefs, chansons idiotes, amuse-gueules - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


NOUS, LA GARDE VIEILLISSANTE

NOUS, LA GARDE VIEILLISSANTE

Nous, la garde vieillissante, - rheu... rheu... rheu... Houzeau, tu fumes trop ! - nous ne consolons pas de la désindustrialisation de notre vieille France. Où sont nos entreprises, où sont nos patrons, dont nous moquions le paternalisme, mais que nous préférons tout de même à ces conseils d’administration si polis, si anonymes et si corrompus ? Où sont les chèques que nous pouvions échanger contre des espèces sonnantes et trébuchantes au comptoir de nos banques, lesquelles, après nous avoir tant fait la morale, se retrouvent dans des situations telles que tous nous pensons, messieurs les banquiers, que vous êtes vraiment « tous pourris ». Ce qui ne nous empêche pas d’être fort civils et dociles quand nous sommes bien obligés de vous rencontrer (c’est que, nous, les pauvres, nous savons « faire semblant » et que, n’est-ce-pas, il n’y a « pas d’avance »). Non, nous ne nous consolons pas de la perte de nos ouvriers, de nos ingénieurs, de nos « maisons de maître », de nos chantiers, de notre France qui relevait la tête face à l’Amérique toute puissante, de notre France si fière ; nous ne consolons pas de la tertiarisation de notre économie (laquelle tertiarisation a bien du mal à décoller), de l’écologisation de nos esprits, de la bonne-pensance de nos élus, de l’opportunisme des Kouchner (je l’ai jamais trop aimé, lui) ; nous ne nous consolons pas de la perte de notre mode de vie : alors quoi, fini le vin, finie, la moquerie des ronds-de-cuir et des curés, fini le foie gras, la bière, l’insolence de Molière et la verve de Rabelais ? Nous souhaitons, en dernier ressort, que Nicolas Sarkozy (nous le préférons tout de même aux tièdes du parti socialiste) réussisse à limiter les dégâts, à sauver ce qui reste de France en France ; et tant pis pour ceux qui pensent que chez Houzeau, y a comme un arrière-goût de Poujade, rheu !.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 décembre 2008

Posté par patricehouzeau à 11:59 - actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

DES CORPS

DES CORPS

Ce sont des lignes énigmatiques, familières et étrangement magnétiques, que les corps qui parcourent les lignes du monde (pays, villes, trottoirs, demeures), se nourrissent, communiquent et produisent tant, qu’il n’est pas douteux qu’un géant intersidéral qui jetterait un œil sur notre planète y verrait grouiller des milliards de petites herbes folles s’agitant et bruissant et s’ingéniant à entretenir entre elles de complexes relations - si complexes que ces herbes sont capables de brûler de désir, de se sacrifier même, comme de se consumer dans des haines atroces - ce qui ne pourrait jamais intéresser notre géant que s’il est entomologiste, ou physicien peut-être.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 décembre 2008

Posté par patricehouzeau à 08:16 - brefs, chansons idiotes, amuse-gueules - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'HEURE QUANTIQUE

L’HEURE QUANTIQUE

Rêverie.

« Refoulée par la science, l’inclination à la magie subsiste et attend son heure. » (Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, 1932)

« Refoulée par la science », celle que les bricoleux de l’inénarrable occulte appellent « science officielle », « l’inclination à la magie », le désir des territoires étranges, cette volonté de voir ce qui, justement, n’est pas visible, - c’est que, le chat à la fois mort et vivant de la physique quantique est dans une boîte opaque –, et tout l’effort de la physique n’est pas tant de « voir » que la matière est paradoxale, mais de mettre au point outils théoriques et instruments qui permettent de s’approcher au plus près de la « vision », des superpositions d’états contraires (la simultanéité des positions et des mutations, la réduction du temps à un espace (1) , la synchronie du divergent), au plus près de la « vision » de ce « couteau sans manche auquel il manque la lame », eh bien, il se trouve que « l’inclination à la magie » attend son heure, son heure quantique, son heure de toutes les heures, si, comme moi, l’on croit à la synchronie des textes ; son heure du loup, si, comme je le crains, on persiste à croire à la toute puissance de la diachronie des symboles.

(1)   L’espace serait-il discontinu comme un mille-feuilles, et les superpositions d’états correspondraient-elles à la « vision » translucide des couches du mille-feuilles ? L’espace serait-il comme un livre sans reliure dont toutes les pages s’ordonneraient au fur et à mesure de la lecture ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 décembre 2008

Posté par patricehouzeau à 04:59 - Fantaisies II - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1