DULAURENS JIHACHE JAZZ

Dulaurens est des gens que je fréquente, car tout spectre que je suis, il m'arrive de fréquenter quelques vivants. C'est plutôt distrayant. Dulaurens (dont je révélerais plus tard l'identité s'il me le permet) communique avec moi par l'intermédiaire de messages qu'il m'envoie par courriel. Bien que l'oeil qu'il porte sur ce que l'on appelle communément réel ne soit pas le mien (quelques années nous séparent, surtout depuis que je suis spectre), il y a dans cet oeil un drôle d'épatant éclat dont j'ai eu assez vite idée de faire jazz. J'explique : aux fragments qu'il m'envoie de cet autre monde, que je ne hanterai probablement plus que par hasard et hallucination (si vous m'y rencontrez, c'est qu'c'est pas moi), je flanque ma patte et ma plume (je parle en paon) de telle sorte que nous signerons ensemble ces brefs et fantaisies. Allons-y ! One-two, one two-two comme on dit dans les chenils :

TENIA

OUI non, elle en est.
On ne peut pas dire que cela va car le tenia m'a
Cet enfoiré me bouffe la chair et toute chair bouffée pour que se fasse ma chair.
Moi je me nourris d'aliments morts comme vous, les vifs, d'électrocutés bestiaux, d'endroits sordides, de rades, de caves, de faces à grimaces, et voilà que je me fais liposucer par un ver.
Connerie!!!
J'tente bien de l'noyer dans le vin, d'noyer le ver dans le verre quoi ! - mais rien n'y fait, il est là, collé comme pomme pépin.
Il la bouffera ma vie... jusqu'au trépas, et là, comble d'ignominie, comme si ma mort ne suffisait pas, je le déféquerai...
Même mon macchabée sera ridicule.

Dulaurens Jihache, Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 novembre 2012