Quelques autres brefs de l'étonnant Dulaurens Jihache : Le premier rappelle que muss es sein, es muss sein comme disait Beethoven avant d'être sourd pis mort. Le second se passe dans la tête du narrateur qui, semble-t-il, a un peu secoué le cocotier hiérarchique et gratouillé la dose de sado-masochisme qu'il faut pour exercer le pouvoir (je me demande si Foucault en a causé quelque part, et si Deleuze, lors d'un de ses cours, a improvisé sur ce thème là du SM directorial...). Le troisième est bêtement masculin : c'est à cause des autres que j'me sens tout chose ; mais, bien sûr, le narrateur n'est pas l'auteur. Le narrateur, lui, c'est un zôtre, un syllabaire ; le narrateur, lui, des fois, il boit de la bière (de la Vivat Triple voyez), et puis comme beaucoup de ceux qui pensent beaucoup, des fois, il perd son peigne, d'où le titre :

PEIGNE PERDU

1.
Taper un mot au clavier en fermant les yeux n'est pas bon.
J'ai tout effacé...
Quelle connerie.
Alors je me dis que ne croyant pas au destin cela devait être et cela est.

2.
Je tente de me rappeler de mes mots. Le métro oui, le bus, oui, les gens et les larmes.
Quelques citations de chansons... Oui cela me revient à la manière d'un orgasme passé.
Chez moi tout est passé je sens quoi le lapin mort et la semence chez moi tout est passé vaut mieux passé que cassé vous me direz la mort et le foutre bon marché c'est quoi ça comme pensées des pensées de tapineuse j'exagère quand même 
Rien qu - pendant que je pense -  aujourd - dans la rue, des femmes passent - hui, j'ai envoyé balader deux de mes supérieurs sans aucun état d'âme. C'est drôle ça "deux de mes supérieurs sans état d'âme", c'est moi qui ? ou eux, les sans état d'âme ? Penser les révèle, les fautes de syntaxe. Ils aiment cela les rapports de force.
Et là j'en reviens à mon 1er mot effacé, que vous ne pourrez jamais lire.

3.
J'y parlais de ma mère et de la bêtise qu'on a de sortir de son ventre et de le quitter le calme liquide, le temps suspendu.
Placenta percé... voilà qu'on braille (c'est l'origine du monde) sa peur et sa hantise du monde.
Ouin, ouin, ça fait 30 ans que cela dure.
Un jour faudra tout balancer sur la place publique, leur dire que non, ils exagèrent tous, sans distinction.
Que l'on est humain, que non il ne faut pas exiger cela de nous, peine perdue... perdue... perdue... du coup, je pense que peigne perdu, on reste décoiffé.

Dulaurens Jihache, Patrice Houzeau
Dunkerque - Hondeghem, le 24 novembre 2012