LA OU LA HOULE

"And I have asked to be
Where no storms come,
Where the green swell is in the havens dumb,
And out of the swing of the sea."
(Gerard Manley Hopkins, Heaven-Haven)

"J'ai quêté d'habiter
Où nul vent ne fait rage
Là où la houle glauque est muette dans les havres,
A l'abri du roulis des mers."
(traduction : Pierre Leyris)

J'ai aské souvent personne m'a répondu
Quêté dans des yeux profonds rien trouvé aské
D'habiter où qu'ça storme pas
Où qu'le présent soit pas tout le temps entrepris avec
Nul fâcheux pour me ficher dedans qu'le vent tout cris le
Vent me s'coue la cafetière m'énerfe m'énerfe m'énerfe
Ne noisez pus chu tout perdu
Fait aux sons qui font bisque bisque et
Rage et cassent les oreilles cassent les oreilles qu'ça jacte qu'ça jacte et jette comme ça des mots partout des noms partout qu'ça vous prend le réel qu'ça vous en fait un cinoche à tourner bourrique

Là qu'ça s'moque là
Où qu'ça querelle où
La langue elle s'est multipliée sur nos têtes en serpents qu'ça
Houle siffle et swell swell swell et yeux rouges
Glauque regard Mélusine est toute vitreuse
Est toute chiffonnée pâle la fée s'a fait bouffer
Muette toute dumb close d'la lèvre chus ses ch'veux
Dans la cité s'a barrée fantôme cause
Les fantômes ça disparaît toujours ils ont leurs
Havres ailleurs loin de nos noises et noisettes. 

A tous vos salamalecs voyez moi ma langue je préfère
L'abri d'un big band le swing
Du Duke le temps gravé le foggy day à Mingus et le
Roulis des cuivres la tangente
Des chansons car quant à vous vous pouvez dans toutes les
Mers vous éparpiller, vous acharnez, vous émietter, et descendre jusqu'au fond, chair à poisson.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 mars 2013