SEUL LE VIF VOIT LE VIF

1.
« La sottise ne plaît qu'alors qu'elle est nouvelle »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 3 [Géronte])

Étrange lucarne et nouvelles sottises... épatance... joyeuse consternation… et nostalgie à la r'venance des vieilles lunes chantantes.

2.
« Cadédiou ! ce coquin a marché dans mon ombre »
(Corneille, « L'illusion comique » III, 9 [Matamore])

On y marche galope dans l'ombre d'un quelqu'un, que nous  ignorons autant que le fin mot de l'énigme… Qu'il se retourne, et il nous dévore.

3.
« Par des spectres pareils à des corps animés :
Il ne leur manquera ni geste ni parole. »
(Corneille, « L'illusion comique » I, 2 [Alcandre])

Seul le vif voit le vif. Voyons-nous des spectres, alors, c'est que peut-être...

Ce que nous nommons spectre, une modalité de la fascination peut-être, une distraction fatale.

4.
« Un peu plus de repos avec moins de beauté ! »
(Corneille, « L'illusion comique » II, 5 [Matamore])

La beauté nous épuise, de même que la justice. Pour être tranquille, il faut bien souvent s'accommoder de l'humaine relativité.

5.
« En un mot, faites reine une autre qu'Isabelle. »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 3 [Géronte])

S'il y a roi, c'est qu'il y a un autre roi, et dans chaque reine, une infinité d'autres reines.

6.
Le Prince n'y voit goutte ; c'est le moment d'ouvrir l’œil.

7.
Fouillis de feuilles, de frissons (brrr) Le vent fait sa chanson (hulule monotone) nous passons (tiens, moi, je vais au pain).

8.
« Voyez ce que pour vous ce grand guerrier refuse »
(Corneille, « L'illusion comique » II, 5 [Clindor])

Faire reculer l'conquérant… faire hésiter l'napoléon et douter l'radical éradiquant… Point si guerrier alors ? Si, mais avec un cerveau.

9.
Voyez nous sommes si pleins de visions
Nous voyons tant de choses dans les choses
Sommes visionnaires et politiques et
Si os et si langue et si longue patience
Pleins d'yeux et cousus d'paupières et pleins
De regards en-dessous ah ça les
Visions ça nous fait bien toute une vie et même après qu'on croit.
 
10.
Cercle : dedans dehors un point dans un rond et des infinis d'autres ronds d'autres points écailles de dragon cosmos.

11.
Serpent : ne rampe pas mais ondule ondoie zigzague dévale des dunes froisse les herbes foudroie comme le destin brutal et stupide.

12.
Quoi donc qu'il carabistouille encore, ce clown que nous nourrissons de chimères et de politique ?

13.
Je me souviens, rameute le fantôme, me hante de jadis, me visite du soir, me floue la toquante, divague dans le vague passé.

14.
« Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 3 [Géronte])

« Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois »
Moi non plus, j'ai l'chien qui gronde et les crocs qui grincent.

15.
« Pour un si bon ami je n'ai point de secrets. »
(Corneille, « L'illusion comique », I, 2 [Pridamant])

« Pour un si bon ami je n'ai point de secrets. »
Par contre, s'il veut m'emprunter du blé, l'apôtre, il peut toujours se brosser.

16.
« Ce mage, qui d'un mot renverse la nature »
(Corneille, « L'illusion comique », I, 1 [Dorante])

Alchimie, épiphanie du verbe, zavez qu'à dire, tout est golem ! C'est le miracle phraseur, d'la langue de bois, on fait des ministres !

17.
« Insolente, est-ce ainsi que l'on se justifie »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 1 [Géronte])

C'est par le nom d'insolente que bien des jactants des universités répondent à la réalité, laquelle se prépare à leur botter les fesses.

18.
"Je ne vous aime pas" dit Zut. "Je ne sais pas à qui je m'adresse au juste, mais, à mon avis, vous avez raison de vous sentir visé".

19.
« En montant l'escalier je l'en ai vu descendre. »
(Corneille, « L'illusion comique », IV, 4 [Isabelle])

Ah ça quand on monte on en voit descendre qu'on croit qu'on monte qu'en fait on est juste sur la balançoire à sottises.

20.
Fiscal ou pas, c'est dangereux de vouloir supprimer un paradis, et l'on sait bien que « l'enfer est pavé de bonnes intentions ».

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 avril 2016.