J'AVOUE JE ME VOUE A CE VOEU N'EST-CE POINT VEAU

 

1.

« Si j'étais la feuille que roule

L'aile tournoyante du vent »

(Victor Hugo, « Vœu »)

 

Des fois y en a i disent « si j'étais la feuille que roule » qu'à mon avis i doivent se prendre pour une clope les zigotos

 

Mais pas pour Victor Hugo qui a tant écrit des fois même ça finit par faire rire tout ça qu'il alignait totor qu'il se prenait pour Hugo non.

 

Non pour Hugo c'te feuille c'est la feuille que l'automne décroche de l'arbre qu'c'est ainsi qu'il tourne le calendrier l'aut' frimas là.

 

Hugo évoque « l'aile tournoyante du vent » même que quand il bat son aile le vent ça peut vous faire un d'ces binious à décorner les bœufs.

 

Le vent à décorner les bœufs, c'est vieux comme Hérode ça, qu'avant y a longtemps les mômes à Roland (çui-là de Roncevaux) i ramassot les cornes tombées des bœufs pis i soufflot d'dins comme si c'étot des cors.

 

2.

« Qui flotte sur l'eau qui s'écoule,

Et qu'on suit de l’œil en rêvant »

(Victor Hugo)

 

Et la feuille « flotte sur l'eau qui s'écoule » que ça vous mélancolise le pensator genre ce qui s'écoule là, ô temps, égout fatal !

 

Toujours qu'on passe par l'horloge qu'c'est là la porte invisible qu'on met sa vie à la passer que des fois ça finit par faire longuet.

 

L'eau « qui s'écoule et qu'on suit de l’œil en rêvant » ça peut vous amener loin là qu'elle a passé des ponts dont on sait même pas les noms.

 

3.

« Je me livrerais, fraîche encore,

De la branche me détachant »

(Victor Hugo)

 

C'est joli ce son [ch] qu'ça fait douce « chute » de la feuille dans le vent mais que la feuille elle ne chouine ni chuinte discrète elle la boucle.

 

Mais quand elle fait tapis avec toutes ses copines ça bruisse quand vous passez d'ssus qu'vous vous dites qu'il y a quelqu'un derrière.

 

4.

« Au zéphyr qui souffle à l'aurore,

Au ruisseau qui vient du couchant »

(Victor Hugo)

 

Ah dans la poésie on trouve des mots bien utiles pour le scrabble ! Le « zéphyr » je vous demande un peu qui c'est qui dit ça encore ?

 

Tant qu'à faire, le « ruisseau » n'a qu'à venir du « couchant » qu'on imagine un gros œuf tout rouge qui refroidit lentement dans la mer.

 

5.

« Plus loin que le fleuve qui gronde,

Plus loin que les vastes forêts »

(Victor Hugo)

 

Des fois faut gaffer que le fleuve qui gronde, s'il sort de son lit ah il peut vous attraper les osses et vous bouffer d'sa gueule baveuse.

 

Et alors dans son poème à Hugo, on est « plus loin que les vastes forêts » que faut dire c'qui est, on s'est carrément paumé.

 

6.

« Plus loin que la gorge profonde,

Je fuirais, je courrais, j'irais ! »

(Victor Hugo)

 

On est aussi « plus loin que la gorge profonde » que c'est vrai qu'on finit parfois par en avoir marre de toutes ces cochoncetés.

 

Le narrateur i dit « je fuirais, je courrais, j'irais » qu'il emploie le conditionnel que c'est juste pour la frime alors.

 

Remarquez, s'il est poursuivi par un « fleuve qui gronde », des « vastes forêts » et une « gorge profonde » c'est sûr qu'il a intérêt à filer.

 

7.

« Plus loin que l'antre de la louve,

Plus loin que le bois des ramiers »

(Victor Hugo)

 

D'autant qu'il y a itou « l'antre de la louve » qu'ça peut vous faire glisser c'féroce-là du monde des courants à celui des plus là du tout.

 

Vous en profiterez tout de même pour vous promener dans « le bois des ramiers » qu'c'est joli comme tout qu'on trouve de tout dans Hugo.

 

8.

« Plus loin que la plaine où l'on trouve

Une fontaine et trois palmiers »

(Victor Hugo)

 

Après il y a la plaine mais rassurez-vous ça fait longtemps qu'on n'y a pas vu ces « féroces soldats » là qu'vous aurez bien faim là (mettez vos dents).

 

Là zavez « L'auberge de la Fontaine et des Trois Palmiers » vous verrez ; c'est qu'elle est gouleyante la salade de syllabes à la Totor.

 

9.

« Par delà ces rocs qui répandent

L'orage en torrent dans les blés »

(Victor Hugo)

 

Zavez intérêt à r'prendre des forces car après c'est tout « rocs », « orage » et « torrent » qu'la poème en devient sauvache faut dire.

 

Je dis la poème pour ne pas dire le poème il ne faut rien exagérer.

 

10.

« Par delà ce lac morne, où pendent

Tant de buissons échevelés »

(Victor Hugo)

 

Et quand je dis sauvache qu'après vous avez le « lac morne » qu'on dit qu'il est « morne » passque y en a ça les déprime qui s'y jettent.

 

Ah là y a d'la légende, voyez, qu'les « buissons » tout « échevelés » qui s'y pendent comme ciel dans un canal, on dit que ce s'rait les âmes des morts de là dans l'eau qui y r'gardent pour voir si des fois ils ne s'y voient pas passer ; enfin c'est ce que disent les vieux dentiers...

 

11.

« Plus loin que les terres arides

Du chef maure au large ataghan »

(Victor Hugo)

 

Après c'est un autre monde oh la oui c'est tout aride par là la terre qu'ça appartient à un drôle de gus, « le chef maure » qu'on l'appelle.

 

12.

« chef maure au large ataghan,

Dont le front pâle a plus de rides

Que la mer un jour d'ouragan. »

(Victor Hugo)

 

Le mot « ataghan » au scrabble c'est bon ça non que c'est un poignard ça l'ataghan même qu'on dit aussi yatagan et c'est oriental.

 

Là y a un vieux, vrai il est tout pâle et tout ridé qu'on dirait quand il a bu un coup d'trop « la mer un jour d'ouragan » tellement qu'il est ridé.

 

Pis qu'est-ce qui peut beugler quand il a bu, c't'homme, qu'on l'entend d'l'aut' bout d'son champ qu'personne n'y va jamais.

 

13.

« Je franchirais comme la flèche

L'étang d'Arta, mouvant miroir »

(Victor Hugo)

 

Des fois y en a i disent ah oui que « je franchirais comme la flèche » qu'ils se prennent pour des coureurs cyclistes, pour Eddy Merckx dis.

 

Surtout qu'il faut contourner « L'étang d'Arta » qu'c'est bien tartant c't'étang là tout marécaches pis mouvants miroirs à tomber d'dans.

 

Arta c't'une tante à Totor qu'elle vous fait des tartes à gros bords.

 

14.

« Et le mont dont la cime empêche

Corinthe et Mykos de se voir. »

(Victor Hugo)

 

Après zavez intérêt à êt' fort en côte car y a « le mont » - gong - l'est si haut qu'les gens d'Corinte et d'Micoche i n'se voient ni.

 

C't'un mont – gong - ça il est si haut que ce serait pas étonnant d'y rencontrer des dieux ou des tombés des étoiles voyez.

 

J'entends par gong le truc tout rond qu'on frappe dessus qu'ça vous fait un grondement mystérieux de sphinx au palais.

 

15.

« Comme par un charme attirée,

Je m'arrêterais au matin »

(Victor Hugo)

 

Ah pour aller par là-bas faut être bien charmé qu'on vous a p't'êt' bin ensorcela, mon bon monsieur ?

 

16.

« Sur Mykos, la ville carrée,

La ville aux coupoles d'étain. »

(Victor Hugo)

 

Moi j'vous dis vous allez y passer la nuit que le mieux c'est d'vous arrêter avant à l'auberge Micoche pour vous y recomposer la pensante.

 

A l'auberge de Micoche ah c'est joli qu'il y a une grande table carrée et d'la vaisselle en étain plein là sur les meubles qu'ça fait comme chez soi qu'c'est tout en syllabes mesurées comme dans sa bibliothèque.

 

17.

« J'irais chez la fille du prêtre,

Chez la blanche fille à l’œil noir »

(Victor Hugo)

 

C'est-y pas chez la « fille du prêtre » qu'vous allez non des fois, hein, « la fille blanche à l'oeil noir » comme i dit mon pote Totor…

 

18.

« Chez la blanche fille à l’œil noir,

Qui le jour chante à sa fenêtre,

Et joue à sa porte le soir. »

(Victor Hugo)

 

Bah c't'une folle (loup blanc) passe ses journées à chanter à sa fenêtre le soir joue à sa porte pis à des jeux à elle, des jeux de folle…

 

Je dis « loup blanc » je pourrais tout aussi bien dire chien noir, chat bleu, haricot vert, tagada tsoin tsoin ou les politiques sont des.

 

19.

« Enfin, pauvre feuille envolée,

Je viendrais, au gré de mes vœux »

(Victor Hugo)

 

Elle a l'âme, c'te fille, comment vous dire, qu'c'est comme une « pauvre feuille envolée » voyez…

 

Enfin j'vous dis ça (grouik grouik) mais vous faites comme vous voulez hein m'sieur qu'c'est au gré d'vos vœux comme on dit hein

 

Oui des fois au détour d'une phrase il se métamorphose en goret plus ou moins volant (ça dépend du vent).

 

20.

« Me poser sur son front, mêlée

Aux boucles de ses blonds cheveux »

(Victor Hugo) 

 

Enfin, vous la verrez peut-être (mettez vos yeux) qu'elle a les cheveux blonds tout bouclés et un albatros à s'maijon.

 

Oui, un albatros ! Trouvez ça hyperbolant ? Et la licence poétique, qu'est-ce que vous en faites, mon petit monsieur (mettez vos yeux)

 

21.

« Comme une perruche au pied leste

Dans le blé jaune, ou bien encor

Comme, dans un jardin céleste »

(Victor Hugo)

 

C'te drôlesse a chante a chante a chante qu'ça cause de blé jaune et de cocasses oiseaux qui s'y baladent jusque dedans vos oreilles.

 

Même qu'ces cocasses à bec y fichent leur pied leste et long en raillant les épouvantails (mettez vos yeux et allez-y voir de par vos pas)

 

22.

« Comme, dans un jardin céleste,

Un fruit vert sur un arbre d'or. »

(Victor Hugo)

 

De drôles de chansons qui sont qu'à elle qu'ça cause de jardin céleste avec du fruit vert d'la prune p't'êt' bin et d'arbre d'or que chaipas.

 

Ça doit cor être traduit de l'anglais à cheveux longs c't'affaire...

 

23.

« Et là, sur sa tête qui penche,

Je serais, fût-ce peu d'instants,

Plus fière que l'aigrette blanche »

(Victor Hugo)

 

Bon là j'ai la tête qui penche faut m'excuser c'est passque comme dit Charles « j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans ».

 

24.

« Plus fière que l'aigrette blanche

Au front étoilé des sultans. »

(Victor Hugo)

 

Mais faut que j'rentre qu'j'ai promis à l'Elise une aigrette blanche du front étoilé d'un sultan cherchez pas vous pouvez pas comprendre.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 octobre 2016.