BREF BILLET D'HUMEUR MELANCOLIQUE

 

Je n'étais pas fan de George Michael mais je me souviens de « Cowboys and angels », cette balade tendue illustra ma déprime de s't'été là.

 

C'est la noblesse des pop songs : elles accompagnent nos heures, appellent et rappellent, signes à nous adressés par de parfaits inconnus.

 

David Bowie, Prince, George Michael, morts la même année et dans mon esprit assez cousins : stars de la variété et pourtant si innovants.

 

Savez, dans le froid et la nuit, la politique, primaires de droite, primaires de gauche, les gens i s'en foutent.

 

A force de se gourer, les instituts de sondage semblent la mettre en veilleuse, pourvu que ça dure…

 

Rigolez pas, c'est qu'ils se font payer un max pour leurs expertises à la noix, les bons apôtres...

 

Je ne sais pas comment ils font les Stones pour toujours coller à nos humeurs… Ça doit être pour ça qu'ils sont les meilleurs.

 

CHANSON DU MIROIR

 

Je suis plein d'yeux

dans la salle de bain

jamais je ne me plains

 

Quand tu mets tes bas

tu te vois

en moi

mais moi

tu ne me vois pas

 

Je suis plein d'yeux

je mire toute la journée

des beaux et des laids

des choses et des objets

 

Je mire toute la journée

tout ce que vous ne voyez pas

car voyez-vous

moi j'vois tout

je n'dis rien

 

Je suis plein d'yeux

avec ça le cœur

invisible et révélateur

 

Quand tu ôtes tes hauts

tu te vois

en moi

mais moi

tu ne me vois pas

 

Accroché au mur

jamais un murmure

ne sort de mes lèvres

de glace et de verre

 

Au-delà de moi-même

je me récite du Jabberwocky

je discute avec miss

Alice

je suis plein d'yeux et aussi

plein de poèmes

 

Je suis l'alibi de la Reine

je suis le témoin muet des peines

et des adolescences

je suis la patience

de l'acteur

 

Parfois je brise les cœurs

alors on me casse le coup

d’œil

et c'est assez bête

car moi j'vois tout

je n'dis rien

 

HIER DANS UNE RUE DE CALAIS

 

Hier dans une rue de Calais

la jeune fille sourit au bras de sa mamie

 

elle ressemblait à mon amour

d'il y a cent ans

d'il y a mille ans

 

Hier dans une rue de Calais

Il y a toujours tant de vent à Calais

la jeune fille sourit au bras de sa mamie

 

la maligne au visage rond au clair sourire

se promenait-elle gentiment

ou l'entraînait-elle à je ne sais quel achat

 

a-t-elle un chien a-t-elle un chat

a-t-elle un ami lit-elle des romans

la jeune fille au visage rond au clair sourire 

 

il y a toujours tant de vent à Calais

elle ressemblait à mon amour

d'il y a cent ans

d'il y a mille ans

 

la jeune fille au bras de sa mamie

hier dans une rue de Calais.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 7 janvier 2017.