CORNEILLERIES EN FEUILLETANT MÉDÉE

 

1.

« Et de si longue main je connais ta prudence »

(Corneille, « Médée », v.753 [Jason])

 

En français classique, l'expression « de si longue main » signifie « depuis longtemps » ah tiens il ne neige plus.

 

De si longue main ça veut dire depuis longtemps qu'on a l'impression d'une longue longue main glissant le long du temps.

 

Quand je lis l'expression « de si longue main » je songe une longue main se glissant dans les gants du temps.

 

La longue main de si longue main à un moment on la serrerait cette main du temps et que ce moment s'appelle maintenant.

 

2.

« Mon courroux lui fait grâce, et ma première ardeur

Soutient son intérêt au milieu de mon cœur. »

(Corneille, « Médée », v.359-60 [Médée])

 

J'aime bien l'expression « au milieu de mon cœur » que ça vous fait un cœur gros, ou grand, du spongieux à sentiments.

 

3.

« Il faut donc que je vive, et vous m'êtes ravie !

 Justes dieux ! quel forfait me condamne à la vie ? »

(Corneille, « Médée », v.1481-82 [Jason])

 

L'humain ne peut pas se passer de l'autre ; l'autre non plus ne peut se passer de l'humain.

 

4.

Marrant ça, y en a un qui dit que la catastrophe écologique, on est en train de commencer à la vivre ; y en a un autre qui dit mais heureusement il y a des solutions c'est ce qu'on va voir dans quelques instants l'autre c'est un animateur ah la la on a beau dire c'est quand même bien qu'il y ait France Inter pour nous rassurer.

 

5.

« Ah ! ne me tiens donc plus l'âme en perplexité ! »

(Corneille, « Médée », v.956 [Médée])

 

Quand on tient l'âme de l'autre en perplexité, ça veut dire qu'elle est comme entre nos mains son âme pis qu'on la pique de points d'interrogation.

 

6.

« Oui, tu vois en moi seule et le fer et la flamme,

Et la terre, et la mer, et l'enfer, et les cieux,

et le sceptre des rois, et le foudre des dieux.»

(Corneille, « Médée », v.322-24 [Médée])

 

On se demande bien où elle met tout ça.

 

Genre Médée elle est « fer, flamme, terre, mer, enfer, cieux, sceptre des rois, foudre des dieux » ; Médée, c'est la femme énumérative.

 

Médée elle est pleine de trucs et d'machins, une vraie femme à choses du genre à jaillir en fontaine dans un spectacle de magie.

 

Médée elle est tellement pleine de choses qu'elle a dû jouer la boîte de Pandore dans un spectacle de fin d'année au lycée.

 

Médée elle est polymorphe dedans elle on dirait l'infini qu'on lui aurait fait avaler en chapelets d'alexandrins.

 

7.

« Que je sens à la fois de surprise et de joie !

Se peut-il qu'en ces lieux enfin je vous revoie,

Que Pollux dans Corinthe ait rencontré Jason ? »

(Corneille, « Médée », v. 1-3 [Pollux])

 

Pollux est tout contan il voit Jason qu'il est plein de « surprise et de joie » chouete alor v'là Jason il se dit que j'en sais des choses.

 

Pollux trouve épatan que dans Corinthe (c'est en Grèce) il rencontre come par hasard les dieux (c'est une expression) son vieux pote Jason.

 

8.

« Vous n'y pouviez venir en meilleure saison ;

Et pour vous rendre encor l'âme plus étonnée,

Préparez-vous à voir mon second hyménée. »

(Corneille, « Médée », v. 4-6 [Jason])

 

Pollux fait part de son contentement que Jason il lui répond que c'est la « meilleure saison » pour venir se promener à Corinthe (fait bo).

 

Pollux il est bien contant surtout que Jason il lui annonce que bientôt il va de nouveau s'hyméner (qu'il s'a déjà hyméné jadis).

 

Pollux ça me fait penser à un toutou à l'accent anglais et à tournicoti-tournicota que dans mes enfances je l'ai vu ça à la télé.

 

A l'époque la télé était encore une « étrange lucarne » et souvent en noir et blanc maintenant c'est une terrible boîte à zoziaux polychromes.

 

9.

« POLLUX

Quoi ! Médée est donc morte, ami ?

 

JASON

Non, elle vit ;

Mais un objet plus beau la chasse de mon lit. »

(Corneille, « Médée », v.7-8)

 

Pollux il est quan même surpris que Jason s'armarida vu qu'il étot hyméné à Médée serait-elle morte qu'il lui demande que Jason lui dit non.

 

Sa femme à Jason c'est Médée et elle est pas morte mais Jason il a trouvé un « objet plus beau » pour la chasser de son lit ah le coquin !

 

Si on connaît pas le frança classique on lit ça, on se dit ah oui « un objet plus beau » i préfère les poupées gonflables maintenant Jason.

 

10.

« POLLUX

Dieux ! Et que fera-t-elle ?

 

JASON

Et que fit Hypsipyle,

Que pousser les éclats d'un courroux inutile ? »

(Corneille, « Médée », v.9-10)

 

Pollux i s'exclame de tous ses dieux (c'est une expression) qu'il se demande ce qu'elle fera Médée qu'elle doit pas être contente du tout.

 

Jason alors ossa les épaules et répondit que déjà Hypsipyle sa première épouse l'avait bien insulté pis gueulé pleuré imprécaté.

 

11.

« Elle jeta des cris, elle versa des pleurs,

Elle me souhaita mille et mille malheurs ;

Dit que j'étais sans foi, sans cœur, sans conscience,

Et lasse de le dire, elle prit patience. »

(Corneille, « Médée », v. 11-14 [Jason])

 

Jason avait laissé pisser le mérinos et râler sa first lady; et Médée aura beau gueuler ça n'y fera rien tant il aime Créuse (sa future).

 

12.

« Jason ne fit jamais de communes maîtresses ;

Il est né seulement pour charmer les princesses »

(Corneille, « Médée », v. 21-22 [Pollux])

 

Pollux félicite son ami Jason d'hyméner Créuse car c'est un morceau de choix cause que la belle est la fille de Créon roi de Corinthe.

 

Jason c'est un malin c'est toujours pour arranger ses affaires qu'il choisit ses compagnes ah c'est pas lui qui irait marida une vanupatte.

 

Jason dit qu'il « accommode [sa] flamme au bien de [ses] affaires » qu'on dirait quand il cause sentiments qu'il fait cuire des saucisses.

 

13.

« Nous voulant à Lemnos rafraîchir dans la ville,

Qu'eussions-nous fait, Pollux, sans l'amour d'Hypsipyle ? »

(Corneille, « Médée », v. 33-34 [Jason])

 

Ainsi Hypsipyle Jason l'avait prise pour pouvoir se rafraîchir – car il fait chaud en Grèce - à Lemnos dont elle était reine.

 

14.

« Et depuis à Colchos, que fit votre Jason,

Que cajoler Médée et gagner la toison ?

Alors, sans mon amour, qu'eût fait votre vaillance ?

Eût-elle du dragon trompé la vigilance ?

(Corneille, « Médée », v. 35-38 [Jason])

 

Jason câlina-cajola Médée si bien qu'elle accepta d'aller berluer le dragon et autres expressions qu'c'est commsa qu'il chopa la toison d'or.

 

15.

Quand j'étais môme, j'aimais bien la neige qui voulait dire « pas d'école » que maintenant que je suis prof j'aime toujours bien la neige.

 

16.

« Je devine la fin, mon traître l'a sauvée. »

(Corneille, « Médée », v.1022 [Médée])

 

J'aime bien l'expression « mon traître » qu'on en porte un tous en soi de traître même que des fois on tombe dessus dans sa vie.

 

On ne cesse de se trahir soi-même et il court bien loin notre chevalier blanc qu'on le reverra pas de sitôt qu'on se dit félonie et fatalité.

 

17.

« Pour votre sûreté conservez cet anneau ;

Sa secrète vertu, qui vous fait invisible,

Rendra votre départ de tous côtés paisible. »

(Corneille, « Médée », v.1280-82 [Médée])

 

Des fois nos vertus elles sont si secrètes que c'est comme si elles avaient trouvé un anneau d'invisibilité dans une pochette surprise.

 

18.

« Un fantôme pareil et de taille et de face,

Tandis que vous fuirez, remplira votre place. »

(Corneille, « Médée », v. 1285-86 [Médée])

 

Y en a j'suis sûr j'leur parle qu'en fait c't'un fantôme pareil taheux qui a pris leur place tandis qu'ils sont partis manger des frites.

 

Les fantômes taheux c'est des fantômes que quand tu les vois tu te dis j'ai déjà vu cette tête là quelque part et parfois keskejfélà moi ?

 

19.

« Si Créuse eut jamais sur toi quelque pouvoir,

Ne t'abandonne point aux coups du désespoir.

Vis pour sauver ton nom de cette ignominie

Que Créuse soit morte, et Médée impunie »

(Corneille, « Médée », v. 1491-94 [Créuse])

 

Créuse dit qu'il faut pas s'laisser taper d'ssus commsa par le désespoir qu'il faut lui rendre coup pour coup et le friter lui casser sa gueule.

 

Le désespoir c'est un grand tout noir qui vous tape dessus et vous rentre dedans qu'alors on dit qu'on est tout désespéré.

 

Le désespoir i finit par vous prendre votre nom que votre fiancée elle en meurt et la magiciene jalousse elle rigole bien.

 

20.

« Et je ne suivrai pas son âme qui s'envole ! »

(Corneille, « Médée », v. 1502 [Jason])

 

Parfois dans le ciel y a des envols d'âmes ; on les voit pas mais elles migrent mais faut surtout pas les suivre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 janvier 2017.