LA CHASSE AU CANARD SUIVI DE TROIS TRUCHELLES

Le mot « truchelles » est un mot fort utile que je viens d'inventer pour l'occasion. Il se met toujours au pluriel, sauf quand il se met au singulier, et c'est alors qu'il change de genre : un trucheau (masc. sing.), des truchelles (fém. pl.).

1.
LA CHASSE AU CANARD

La chasse au canard c'est chouette mais quand la
Nuit est vraiment toute noire on ne peut pas chasser le canard
Et ça m'ennuie vraiment de ne pas pouvoir chasser le canard
Ce qu'il y a alors c'est que ma tête est pleine de canards
Que de coins-coins que de cancans que de couacs !
Je suis plein alors dedans ma tête de canards je n'en
Peux plus de tous ces volatiles qui tournent qui tournent qui tournent
En cercles de plus en plus coulants mais qu'y
Faire qu'y faire qu'y faire - quel enfer !

Notes :
a) Dans « La chasse au canard » l'auteur imagine que sa tête est pleine de canards ça à force de manger du poulet-frites le samedi...

… ça lui pendait au nez (poil aux pieds palmés).

b) Dans « La chasse au canard » en 6 vers l'auteur emploie 5 fois le mot « canard » ce qui renforce l'idée qu'il est obsédé du donald l'auteur.

c) Pour éviter une 6ème répétition du mot « canard » l'auteur met le mot « volatile » au pluriel alors ils se mirent à tourner tourner tourner.

d) On notera l'allitération du vers « Que de coins-coins que de cancans que de couacs » ; hélas, ce n'est pas un alexandrin.

e) Le vers « Faire qu'y faire qu'y faire – quel enfer ! » associe l'impossibilité de « faire » à « l'enfer » ! Quel aveu d'impuissance ! Quelle émouvante lucidité !

Notons que si l'impossibilité de faire, c'est l'enfer, le manque d'avoir produit du désespoir, ce qui finit par jeter l'être par la fenêtre.

f) Il existe une version « chanson » de la pièce « La chasse au canard ». Elle ne vaut pas un appeau (d'lapin), et c'est à titre d'annexe que nous la faisons figurer.

LA CHASSE AU CANARD (chanson couac)

La chasse au canard c'est chouette
Mais voyez voyez comm' c'est bête
Quand la nuit est vraiment tout' noire
On n'peut pas chasser l'canard
Ah c'est ennuyant de n'pas pouvoir
Aller chasser l'canard
Alors ma tête s'remplit d'canards
De canards de canards de canards.

Que de coins-coins que de cancans que de couacs !
Couacs
Couacs
Couacs
Couacs
Ah oui j'en ai vraiment ma claque
De n'êt' qu'une tête, qu'une tête à couacs !

Mais qu'y faire
Mais qu'y faire
Mais qu'y faire
Ah quel enfer...

Quand je n'peux pas chasser l'canard
J'en ai plein ma tête ed' canards
Oh j'en peux plus d'ces volatiles j'en ai la rage
Que moi j'vas finir sauvage
Canard au sang me dis-je alors canard au sang
En contemplant ces becs volants
Qu'ça fait des cercles des nœuds coulants
Là-haut dans mon tourment.

Que de coins-coins que de cancans que de couacs !
Couacs
Couacs
Couacs
Couacs
Ah oui j'en ai vraiment ma claque
De n'êt' qu'une tête, qu'une tête à couacs !

Mais qu'y faire
Mais qu'y faire
Mais qu'y faire
Ah quel enfer...

2.
DES TAMBOURS

Des tambours et tous à la
Fois qu'ils roulent roulent et tourne-roulent
J'écris à mon médecin que j'en deviens maboul
Des tambours en foule qui roulent à ma porte (à tambour) bah
Conneries me crie-t-il derrière son masque et son tambour de ville.

Notes:
a) Dans la pièce « Des tambours », en 5 vers l'auteur fait sonner 12 fois le son « ou » (dont 5 fois le son « our ») ; veut-il nous rendre sourd ?

b) Dans la pièce « Des tambours », au son « ou/our » l'auteur ajoute le son « i » (7 fois) ; ça fait tant de ou/i qu'on se demande où i court comme ça.

c) Dans la pièce « Des tambours », l'auteur dit que d'entendre tous ces tambours, il en devient maboul. Quelle émouvante lucidité !

d) Dans le vers « Des tambours en foule qui roulent à ma porte (à tambour) bah » l'auteur de « La chasse au canard » fait évidemment de l'humour.

Il mériterait qu'on lui claque sa « porte (à tambour) » au nez (poil au tabouret).

e) Dans la pièce « Des tambours », l'auteur évoque un médecin qui porte un masque et joue du tambour. A mon avis, c'est un charlatan.

f) La pièce « Des tambours » est un contrevers basé sur la phrase « Des fois j'écris des conneries ». Là encore, quelle émouvante lucidité !

3.
MESSAGE A CARACTERE INFORMATIF

« La fumée du tabac contient plus de 70 substances cancérigènes »
(lu sur un paquet de tabac)

La fumée ça fait tousser la
Fumée du diable que c'est le tabac
Du diable j'vous dis et qu'on paye qu'en plus ça r'vient cher le
Tabac et ce diable là voyez i
Contient un je suis légion tout à fait affreux que
Plus le temps passe (à tabac) plus je tousse que
De tant tousser je fais fuir tous ceux qui ne supportent pas la fumée
70 au moins i sont les démons de dans le diable fumeux ô
Substances ô Mondes volatils ô âcres
Cancérigènes qui pillez nos poumons et stoppez nos artères !

Notes :
a) Dans « Message à caractère informatif », l'auteur associe la fumée du tabac à celle du diable ! Seigneur, que va-t-il imaginer là ?

Soyons lucide, il ne s'agit jamais que de démonologie de comptoir de bar-tabac !

b) Dans son poème l'auteur emploie l'expression « je suis légion » déjà qu'il parle du diable ah ça devient affreux affreux affreux.

c) En associant l'expression « je suis légion » à la fumée du tabac, l'auteur nous donne à songer un monde envahi par quelque fumée maléfique.

Ce « je suis légion » fumigène nous semble assez relever d'un univers lovecraftien (poil au batracien).

Pensez-vous que je doive plutôt écrire « lovecraftesque » ? Mais alors ça donnerait « poil au batracienesque » !

d) Dans le vers « Plus le temps passe (à tabac) plus je tousse que », l'auteur fait preuve d'un humour fumeux de coffee and cigarettes.

Nous savons de source sûre que l'auteur est lui-même fumeur. Déjà qu'il se moque du monde avec ses « poèmes » ! Ah tous les vices !

e) Les derniers vers du poème sont marqués par l'emploi du vocatif à majuscules (« ô Substances ô Mondes volatils ô âcres Cancérigènes ») comme quoi à force de fumer, y en a i finissent par hugoler sérieusement.

4.
ZIGOMAR

« Zigomar du ciel, astucieuse duelliste, étoile »
(Robert Desnos, « Siramour »)

Zigomar qui est-ce ? Un rigolo d'l'azur ou quelque chevalier
Du lointain oh je suppose que le pain est frais et le
Ciel tout scintillant d'armure légère... Oui mais c'est vaste l'espace !
Astucieuse poésie à frimousse de beurre frais, de  
Duelliste joyeuse, ô sainte fantaisie,
Étoile, je te vois et me dis ah tiens elle est revenue la réelle.

a) L'auteur se demande qui est Zigomar et fait ainsi l'aveu de son inculture. Moi non plus je sais pas qui c'est mais je mange des frites.

b) Des chevaliers dans le lointain ? On peut toujours le croire. Ici y a qu'mon armure ; elle seule marche-grince dans la nuit du château.

c) La nuit, pour un public de spectres choisis, mon armure joue parfois son légendaire concerto pour grincements et rongeurs couinements.

d) On peut toujours rêver les étoiles en torses et armures légères, l'espace est vaste et glacé comme une pizza dans un congélateur.

e) L'auteur en écrivant « mais c'est vaste l'espace », je suis sûr qu'il a ouvert la bouche et a ahané des â tout à fait cosmiquabyssaux.

f) L'auteur écrit que la poésie est une « astucieuse », mais je sais pas si elle est aussi astucieuse que ma copine Zut qui vous tire la langue.

g) Zut, elle a tellement tiré de langues qu'à l'heure qu'il est, elle doit être polyglotte, au moins.

h) Rien de plus réel que les étoiles. Vous levez la tête, aussitôt vous vous dites ah bien là-haut elles au moins sont au rendez-vous de l’œil.

i) L'auteur confusionne les genres car Zigomar c'est du masculin mais après i cause à l'étoile qu'on croit que c'est Zigomar l'astucieuse.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 janvier 2017.