QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM CACHEZ VOS BOEUFS DIT L'OGRE

 

1.

QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM

 

« quand le matin aurait secoué ses bouquets de givre sur mes vitres gelées »

(Aloysius Bertrand, « Ma chaumière »)

 

Quand je me lève j'ai faim car

Le matin j'ai faim chaque

Matin j'ai faim que le matin il

Aurait beau dire (mais le matin c'est rare qu'il cause) mais quand j'ai

Secoué le colosse faut qu'je mange un truc avec un os dedans ah il a

Ses crocs l'ogre de mon stomac qu'il croquerait bien

Bouquets ô crevettes pâté poulet patates sautées et pain frais

De quoi se remettre sur soi surtout qu'c'est plein de

Givre sur les fruits et les tuiles les lys et les liserons oh

Sur les murs les poules sont gelées et le pain dur aussi aussi

Mes lèvres et mes livres mes rivières mes sourires aussi mes

Vitres striées de fifres arrêtés et si

Gelées sont toutes les maisons qu'on dirait de gros glaçons.

 

Notes :

a) Sur trois vers, l'auteur dit trois fois qu'il a faim ; c'est intolérable ! Qu'on lui jette une banane ! Un biscuit ! Une tartine !

 

b) L'auteur note que le matin n'est guère causant ; c'est que pour lui faire dire quelque chose au matin, c'est même pas la peine de se lever de bonne heure.

 

c) L'auteur révèle ici sa nature ogresse qui lui fait secouer quelque colosse et dès potron-minet ronger des os.

 

d) « Bouquets ô crevettes pâté poulet » qu'il se gouleye dans l'évocation le narrateur : vilain, vilain carnivore !

 

e) « Bouquets ô crevettes pâté poulet patates sautées » et rantanplan et rantanplan et passe-moi l'flan.

 

f) « Sur les murs les poules sont gelées et le pain dur aussi » écrit l'auteur multipliant ainsi la ritournelle car on connaît la chanson.

 

g) Ah ça si lèvres et livres sont si gelés qu'on peut plus les ouvrir alors la messe est dite retournez vous coucher.

 

h) L'auteur écrit qu'il a ses « vitres striées de fifres « arrêtés ». Plus d'fanfare donc, et plus d'fanfaron ! Ah !

 

i) L'auteur, en comparant les maisons à de « gros glaçons », i nous peinture le paysage genre cubisme époque glaciaire.

 

2.

LES OISEAUX LES ZOLIS ZOZIAUX DU ZÉZAIEMENT

 

Les oiseaux les zolis zoziaux du zézaiement ô

Oiseaux zêtes zaussi du jadis du jadis chantant du

Jadis au jardin où vous me rappelez les chansons qui

Jactaient de la pie Margot et des rossignolets jolis c'est du

Latin qui jaillissait de vos becs en fontaine de

Dans le temps ah vous siffliez un latin plus joyeux que celui que

Les curés administraient à leurs ouailles vous siffliez dans les

Poésies c'était tout de même plus joli qu'un prêtre austère.

 

Notes

a) « Les oiseaux les zolis zoziaux du zézaiement » : est-ce Zut, mon cher Houzeau, qui zézaie ainsi tout sur son passage ?

 

b) Dans « Les oiseaux les zolis zoziaux du zézaiement » les oiseaux, pour l'auteur, c'est du jadis chantant genre passé r'venant aux oreilles.

 

c) Dans « Les oiseaux les zolis zoziaux du zézaiement » les oiseaux rappellent à l'auteur des chansons genre que les oiseaux c'est du juke-box.

 

d) Si quelque jour sur sa branche quelque zoziau vous siffle « Miss You », c'est que l'zoziau, vous l'miragez Mick Jagger.

 

e) Le chant des oiseaux rappelle à l'auteur « la pie Margot et les rossignolets jolis », comme quoi les zoziaux i causent d'autres zoziaux.

 

f) L'auteur évoque « le latin qui jaillissait [des] becs en fontaine de dans le temps » qu'les oiseaux jadis sifflaient des carmina fontana.

 

g) Pour l'auteur, le latin des oiseaux du jadis était plus « joyeux » que celui des « prêtres austères » - certes et tous mangeaient du poisson.

 

3.

L'éléphant l'éléphant toujours recommencé

Qui picorait tromptement les euilles du parquet.

 

Notes :

a) Un « éléphant toujours recommencé » ne peut se comprendre que si la mer est constituée d'une suite à l'infini d'éléphants.

 

b) Un « éléphant » ne picore pas les euilles du parquet, car, parquet ou pas, il les trompe, il les trompe son monde.

 

c) La preuve que l'éléphant trompe son monde est dans l'adverbe « tromptement » qui signifie à la manière dont picoraspirent trompe et ventouse.

 

d) Quand au parquet, bien sûr qu'il n'a pas d'euilles, sinon les jeunes femmes ne porteraient point de jupe (et les Écossais de kilt).

 

4.

Comme je palpitais des fleuves impassibles

Je me suis retrouvé à galurer terrible.

 

Notes :

a) « palpiter des fleuves impassibles » : l'auteur veut-il dire que tout palpitant on ne voyait rien pourtant des fleuves qui n'r'muaient guère.

 

b) « palpiter des fleuves impassibles » genre j'ai l'fleuve en moi / en moi le fleuve / qui gronde comme un sourd et sourd comme un groin.

 

c) Quand on galure terrible, c'est que l'on navigue en chapeau, ce qui n'est pas facile, mais, si Mandrake le veut, on peut en sortir.

 

d) Quand on galure terrible, c'est qu'c'est en galurin qu'on navigue et que l'on travaille aussi un peu du chapeau non.

 

e) Si vous vous retrouvez au milieu d'un fleuve dans un chapeau, c'est que le vent l'a emporté, vot' galure, et qu'vous l'avez suivi.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 février 2017.