DIMANCHE MATIN LE 12 MARS 2017.

 

1.

Les critiques sont parfois payés pour lire et parler de livres que de toute façon personne d'autre ne lira.

 

Le passé est plein d'écrivains dont les livres ne sont plus lus par personne ; le présent aussi d'ailleurs.

 

2.

Jadis, les élèves composaient ; maintenant, les apprenants répondent à des compétences.

 

3.

Les politiques n'écrivent plus leurs livres, et plus leurs discours ; d'ailleurs, ils ne gouvernent plus non plus: demandez à leurs banquiers.

 

4.

Ah toutes ces histoires d'amour écrites par des gens qui n'aiment qu'eux-mêmes.

 

5.

Cet homme-là a trop l'habitude d'utiliser l'argent des autres pour ne pas, une fois élu, augmenter les impôts.

 

6.

Chacun sait que c'est un voleur ; cependant, il continue à faire campagne en se présentant comme l'honnêteté incarnée : on ne voit ça qu'en politique.

 

7.

Mitterrand aurait dit quelque chose comme « Après moi, il n'y aura plus que des comptables ». D'ailleurs, on en vient à penser que l'un ou l'autre finira par partir avec la caisse.

 

8.

Mon chien me craint si peu que si quelque malfaisant m'agressait, je pense assez que le brave toutou me sauterait à la gorge.

 

9.

Il y eut de la musique sacrée ; il y a aussi maintenant de la musique pour exorcismes : une légion de sons y discordent.

 

10.

Elle avait le cou mince, une tresse brune lui coulant sur la nuque, et le col blanc. Cette année-là, mes résultats scolaires chutèrent.

 

11.

Parfois j'oublie les noms de gens dont pourtant n'est-ce pas… oui, je suis bien d'accord, ils sont bien utiles, mais quelles andouilles !

 

12.

Je me souviens de l'étonnante musique de Popol Vuh pour le film « Aguirre », nappes de sons brumeux se répondant.

 

Cette étrange musique a longtemps servi de générique aux « Nuits magnétiques » de France Culture. Je ne les écoutais parfois que pour cela.

 

Les critiques ont donné le nom de krautrock à ces longues plages de musique électronique que les Allemands produisirent dans les années 70.

 

Les premières années du krautrock, avec Kraftwerk et Tangerine Dream, furent assez intéressantes, après ça s'est mis vraiment à choucrouter.

 

13.

Des fois, je suis tellement tout mélangé dans ma tête que j'ai l'impression que je vais me sortir par les yeux.

 

14.

Lorsque je quittai Hénin-Beaumont pour Lens, j'ai pleuré. Alors, vous pensez, moi, les voyages…

 

15.

Le problème du pédagogisme, c'est que les enseignants n'en pensent pas moins.

 

On dit qu'il y a des « pédagogistes » opposés aux « républicains » ; heureusement, il y a aussi des enseignants.

 

Parfois, les échanges de tweets entre « pédagogistes » et « républicains » ressemblent à des querelles de cour d'école.

 

Il m'est arrivé de penser à écrire « prédagogiste », mais je considère que c'est tout de même douteux comme jeu de mot.

 

16.

Certains politiques, à force d'être écoutés, finissent par croire à leurs mensonges. La crédulité de leurs électeurs les rend sincères.

 

17.

On finit par se demander si, à l'instar du docteur Knock, certains psychiatres n'inventent pas des troubles mentaux pour gonfler leur clientèle.

 

18.

Jadis, « croissance négative »  signifiait en fait « recul absolu » ; de même, les « faits alternatifs » et la « post-vérité » d'aujourd'hui ne sont que mensonges purs et simples.

 

19.

Certains politiques me semblent si riches et déconnectés du réel qu'élire de telles personnes reviendrait à cracher sur les pauvres.

 

20.

Entendu cette nuit des extraits du « Journal » de Jules Renard lus par Jean Poiret et Michel Serrault : l'art poétique du trait d'esprit.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 12 mars 2017.