AH CES POETES !

 

1.

« Je m'amuse fort à travers ces mots, dont mon collègue Mitschlaf pimente copieusement son cours de philosophie : En dehors du temps et de l'espace. »

(Jean Ray, « La ruelle ténébreuse » [le narrateur])

 

« Je m'amuse fort à travers ces mots » dit le narrateur à Jean Ray genre que nous sautons de phrase en phrase comme oiseau de branche en.

 

Le collègue au narrateur à Jean Ray il « pimente son cours de philosophie » que je comprends que c'est comme un plat, une salade assaisonnée.

 

Le collègue au narrateur il s'appelle « Mitschlaf » : ça sonne ironique comme si ce philosophe était sommeil, endormissement, hypnose.

 

Le temps batifolerait facile. Du coup, on le lie, ce pégase chronique, aux aiguilles des horloges, aux tables de conjugaison, aux emplois du temps.

 

Plus concret, l'espace qu'on le parcourt tandis que le temps nous parcourt et traverse qu'on s'enfonce pas dans l'espace comme dans le temps.

 

2.

Jean-Luc Mélenchon est sans doute celui qui reste le plus proche des idéaux de la jeunesse, des mots dans un discours, des pages dans un livre, des poussières dans le temps.

 

Les idéaux sont des étoiles, qu'on ne voit pas le jour et pas non plus la nuit, où nous dormons.

 

3.

Bruno Le Roux sera-t-il une victime collatérale du Fillongate ? A priori oui, sinon pourquoi Fillon aurait-il dû se désister ?

 

De telles phrases, on les aurait mises dans un roman il y a trois ans, personne n'y aurait cru.

 

4.

Je suis en faveur des débats politiques dans les médias, sinon les idées s'expriment dans la rue et d'une façon souvent fort peu civile.

 

Il faut donc que nos politiques manient le mieux possible l'art oratoire et la subtilité des argumentations.

 

5.

Un débat d'idées peut nourrir la philosophie politique aussi bien qu'une œuvre d'art nourrit la rêverie métaphysique et la tarte ma pomme.

 

6.

Curieux qu'un parlement si prompt à administrer la vie des autres n'ait pas de statut vraiment clair pour ses assistants parlementaires.

 

7.

A la politique je préfère la musique ; surtout le pipeau Fillon (dans l'air de Pénélope) et l'orgue Hamon (« De Profundis PS »).

 

8.

Désormais les jours sont fades

puisque je reste sans toi

j'vas m'préparer une salade

de tomates m'réchauffer une pizza

avec des anchois

la la la.

 

9.

La porte que tu as refermée derrière toi

Me laissant seul sans toi sans toi sans toi

Personne n'y sonne

Plus puisqu'il n'y a

Plus personne.

 

10.

« Lorsque l'enfant paraît... »

(Victor Hugo, « Pompes et circonstances »)

 

Lorsque l'enfant paraît, moi je dis poil au nez !

Et quand l'enfant parut, devinez quoi que j'dis ?

 

11.

« Cogito ergo sum » dit l'aut' ksa m'fa pensa (dit-il car frança) à opossum pis à oh pensum ! et pis la cymbale aussi fait sum sum sum.

 

12.

Ah j'ai compris « trumpette » ! passque « trumpette Marine » ih ih ih uh uh uh oh oh oh (on dirait les paroles d'une chanson des Beatles).

 

13.

C'est dommage que Frank Zappa n'a pas fait une reprise du tube de Licence IV : « Viens boire un p'tit coup... » succété goueyant j'suis sûr.

 

14.

Des fois j'me réveille dans ma tête pis alors y a ma cervelle kesskelle m'engueule.

 

15.

Des fois, j'ai honte de moi-même comme si j'étais vous.

 

16.

Y a tellement de gens que j'aime pas que si ça se savait, on m'exilerait sur une autre planète.

 

17.

Ah ces poètes qui désespèrent de l'espèce et de l'état du monde et qui vont serrer des louches à mandats dans les salons du livre.

 

18.

Des fois quand, tout seul depuis que tu ah la la !..., je regarde la tasse de café j'me dis zut j'ai oublié d'acheter du sucre.

 

19.

J'aime bien le prénom Charlotte il me fait penser aux pommes pis à la tarte qu'elle me flanque quand désolé ce tweet est indisponible.

 

20.

Le monde grouille d'insectes comme les os grouillent de chairs et les premiers de grignoter les seconds.

 

21.

A dada sur mon dada je radote « Mais qu'est-ce que t'as Doudou dis donc » de l'immortel Carlos (il est mort).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 mars 2017.