S'ARROGE

1.
« - on s'arroge ainsi le droit de demander compte à l'oiseau de proie de ce qu'il est oiseau de proie... »
(Nietzsche, « La Généalogie de la morale », traduit par Henri Albert)

On s'arroge le droit… on s'y habite, s'y habilite… se loge dedans… pis de cette citadelle on regarde de haut la pauvre et si barbare humanité.

« demander compte à l'oiseau de proie »… i nous répondra pas… il a raison…  de toute façon comprend pas la question.

On ne demande pas compte à la griffe de ce qu'elle est griffe ; pas plus qu'à l'humain, cette somme de toutes les peurs, de sa violence.

2.
« de même la morale populaire sépare aussi la force des effets de la force »
(Nietzsche, « La Généalogie de la morale »)

La « morale populaire », pas tout à fait la même que celle des tribunaux…  c'est sur leur coexistence plus ou moins pacifique que se fonde la société.

Se demander si l'on peut éviter l'usage de la force ? Bah, elle finira toujours par s'exercer et en fin de compte, l'humain écrasera l'humain.

Il n'y a peut-être que la menace d'un usage définitif et universel d'une force de destruction massive qui empêche le monde de sombrer dans le chaos.

3.
« (ces temps existent d'ailleurs de tous les temps et sont toujours de nouveaux possibles) »
(Nietzsche, « La Généalogie de la morale »)

Les temps de tous les temps… ne font que ça, revenir, que ça n'a pas de sens que de se demander si le temps est long ou court.

Ces temps, car ils sont autant que d'infinis, ces
temps bin chaipas quoi en dire ils
existent plus i reviennent du passé

d'ailleurs sont de tous les temps ces temps
de Nietzsche je tire ça c'te compression des temps De
tous les temps façon César le sculpteur compressoir

les temps on en a plein partout montres horloges emplois du
temps on est tout rythmé séquencé Administrateur fondamental le temps

et sont toujours les temps que l'être procède de la durée
sont toujours même quand ils n'existent plus
toujours i sont les temps c'est des revenants.

de nouveaux possibles les temps de
nouveaux fantômes qu'ils ramènent en revenant des
possibles que ça va pas louper qu'on va s'y

4.
« Ou bien il est si multiple qu'il vaut autant dire qu'il n'y en a pas !...»
(Nietzsche, « La Généalogie de la morale »)

La complexité du monde… bin oui, le monde est si complexe que l'humain finit toujours par le trancher le nœud gordien, toujours. C'est même essentiellement à cela que lui sert son génie de l'armement.

5.
« Et ne faudrait-il pas ajouter que ce monde n'a jamais perdu tout à fait une certaine odeur de sang et de torture »
(Nietzsche, « La Généalogie de la morale »)

L'humain adore les odeurs de sainteté. Il croit qu'elles couvrent celle du sang et de la torture qui toujours le désignent comme prédateur.

6.
« car l'homme est plus malade, plus incertain, plus changeant, plus inconsistant qu'aucun autre animal »
(Nietzsche, « La généalogie de la morale »)

car je dis car car c'est une cause
l'homme c'est une cause donc on dit car il
est une cause l'homme que donc on dit c'est à cause de l'homme

plus l'homme y songe plus il se dit qu'il doit être
malade L'homme i trouve une à une toutes les maladies et
plus il en trouve, plus il en guérit qu'il croit.

incertain l'homme ça veut dire qu'il est jamais certain de rien et
plus il est incertain plus il en est sûr d'être incertain (c'est marrant)

changeant l'homme qu'il change tout le temps et
plus il change plus on dit qu'il est ceci-cela (c'est marrant)

inconsistant l'homme que l'invisible lui rentre dedans comme dans du beurre Ah ça lui fait bien du mystère !

qu'aucun n'entre ici s'il n'est insoumis, que si vous êtes pas insoumis, pouvez pas rentrer, ou alors hein faut la forcer la porte.

autre, l'homme c'est stilal qui fait attention à l'autre des fois comme s'il était un
animal qu'on aime bien (chien, chat, cheval, chauffe-eau, charcuterie).

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 mai 2017.