UNE AUTRE NUIT

 

« Une autre nuit, Kuranes grimpa un interminable escalier en spirale, aux degrés humides, et parvint à la fenêtre d’une tour qui dominait une vaste plaine et une rivière éclairée par la lune. »

(Lovecraft, « Celephais », in « « Récits fantastiques, » anthologie de Raymond Rogé, Larousse, collection « Textes pour aujourd’hui »)

 

S’il y a « une autre nuit » c’est que donc d’autres nuits furent donc ça me semble du genre nocturne cette histoire dont la phrase que je.

 

Des fois, il y a des phrases on y entend sonner les cloches de la logique (qui font donc, donc, donc).

 

Le personnage i s’appelle « Kuranes » que c’est pas commun comme nom que donc c’est une histoire plutôt nocturne à nom rare.

 

Cette histoire j’la sens pas réaliste, passque rencontrer dans « une autre nuit » un zigue du blaze de Kuranes, faut aller loin pour.

 

Ensuite on rentre dans « l’interminable escalier en spirale » genre dessin à l’autre géométrique fantômé là, Escher qu’il s’appelle.

 

Quand je vois ses dessins à Escher, tout labyrinthé d’trompe-l’oeil escaliers spirales qu’c’est qu’ça a dû être tuant éreintant à faire.

 

Ses dessins à Escher, des escaliers spiralant vers des miroirs reflétant d'autres escaliers dans des miroirs avec la lune au bout d'là-bas.

 

« l’interminable escalier en spirale » qu’on finit par tomber dessus dans une phrase de Lovecraft, y a pas, ça vous figure l’infini.

 

Et puis alors tout frek l’escadrin, « aux degrés humides » qu’on pourrait chuter d’dans tout cet « interminable escalier en spirale là

 

dégringoler les marches mouillées de « l’interminable escalier en spirale » de la phrase et chuter dans la page, s’artrouver note en bas de.

 

On peut se demander ce qu’il fichait là Kuranes à grimper dans l’interminable que pour ça faudrait lire les autres phrases, ça m’saoule.

 

(Des fois je me demande bien pourquoi je continue à acheter des livres dont je ne lis au plus que quelques dizaines de phrases).

 

En tout cas, Kuranes, tant i grimpe qu’il finit par « parvenir à la fenêtre d’une tour » l’est dans un genre château attention aux fantômes.

 

C’est pour ça j’aurais jamais d’château vu que j’aurais trop peur de m’y rencontraverser un fantôme (et puis c’est cher).

 

Quand on a un château, des fois on paye l’ISF (l’Impôt Sur les Fantômes). Y en a même qui disent que l’ISF ne sert à rien parce que les fantômes, ça n’existe pas.

 

Bon Kuranes i doit être fatigué après tout cet interminable là, mais comme il y a une fenêtre en haut d’l’escadrin il peut regarder dehors.

 

Donc Kuranes jette un œil, voit la « plaine et une rivière éclairée par la lune » (la phrase, et c’est son droit, commence par la nuit et finit par la lune).

 

A mon avis, Kuranes i s’a baladé dans un tableau – genre scène de nuit à effet lunaire de spirale - dont il serait le personnage.

 

Qu'il est pas décrit Kuranes que moi je le vois bien en forme de paupière longiligne à pattes et chapeau melon pikigrimpe pikigrimpe.

 

Si ça s'trouve, s'il regardait plus longtemps que le bout d'sa phrase, Kuranes i verrait une autre tour dans l'autre nuit et des yeux dedans

 

et des yeux dedans qui le regarderaient de l'autre bout d'la phrase regarder l'autre tour de l'autre nuit et la plaine rivière lune.

 

Ceci dit, comme il va être midi, je vas pas commencer à lire d’autres phrases passque j’ai faim que j’vas m’faire frire un œuf.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 juin 2017.