MAGIQUES MIRANCES DES DIEUX

 

« - Pour s'en convaincre il suffit heureusement de jeter les yeux sur les dieux de la Grèce, sur ces reflets d'hommes plus nobles et plus orgueilleux chez qui l'animal dans l'homme se sentait divinisé et ne se déchirait pas soi-même plein de fureur ! »

(Nietzsche traduit par Henri Albert, « La Généalogie de la morale », deuxième dissertation, 23).

 

« jeter les yeux sur les dieux de la Grèce » dit Nietzsche qu'on peut ça, jeter des yeux aux dieux, et pourquoi ? - qu'ils nous voient mieux ?

 

Si on jette les yeux sur les dieux de la Grèce, s'y collent-ils dessus que ça leur fait de beaux manteaux de regard ?

 

Pis n'y-a-t-il point des démons pour les attraper au vol, ces yeux aux dieux qu'on leur jette, pis les croquer comme mômes des bonbecs ?

 

Lors les démons se goinfrèrent des yeux que les humains avaient jeté aux dieux, et s'en régalèrent (slurp slurp) comme nous des huîtres.

 

Si on jette « les yeux sur les dieux de la Grèce », ça montre qu'ils ont besoin de nos regards, sinon ils s'évanouissent dans l'invisible.

 

Les dieux, de la Grèce ou pas, se nourrissent autant de nos yeux que de nos syllabes : les dieux sont syllabiques autant qu'exhibitionnistes.

 

Les dieux de la Grèce, Nietzsche il en dit qu'ils reflètent les hommes, ce sont comme des miroirs dans le partout. On les traverse.

 

Mais les dieux de la Grèce sont des miroirs magiques ; nous font plus beaux, plus « nobles », plus « orgueilleux » - s'y reconnaît-on ?

 

Est-ce bien nous, ces superbes, tout brillants magnifiques, foisonnants, foudroyants, ces dieux aux noms de livres ?

 

Magiques mirances, les dieux de la Grèce, qui happent la bête du bipède pis le divinisent, dis Nietzsche, ct'animal grouillant d'humain.

 

Dès qu'ils les ont happe-mirés, les zanimots (j'l'écris comme ça passque l'humain, quesse-qu'il est bavard, st'animal!)

 

dès que les dieux les ont happe-mirés, les zanimots ne se déchireraient plus eux-mêmes, n'se laisseraient plus glisser dans l'hybris !

 

Note : l'hybris, c'est quand on se laisse bouffer par nos passions, nos désirs, qu'on perd son sang-froid et qu'on s'met à déconner sec !

 

L'hybris qu'on écrit aussi hubris, c'est quand les humains s'croivent des dieux et qu'ils jettent du trouble dans l'ordre des autres.

 

Les dieux de la Grèce, i peuvent être bien furieux foudroyants, mais ils ne tombent jamais dans l'hybris, sinon ils disparaîtraient.

 

Les dieux de la Grèce, s'ils tombaient dans l'hybris, i r'tomberaient au niveau des bêtes bipèdes, ils briseraient le miroir.

 

Bon, en théorie, les dieux, comme les diamants, sont éternels, et donc à quoi bon se quereller avec quelqu'un dont on partage l'éternité ?

 

Les humains, peut-être qu'ils s'en veulent de n'être pas des dieux, et donc ils passent leur vie à se chercher querelle à eux-mêmes.

 

Bon après, dans mes souvenirs, les dieux, i se cherchent aussi des poux dans leurs têtes, non, que c'est même ça qui tisse les mythes.

 

Il me semble même que les dieux de la Grèce, en fait, ils passent l'éternité à se disputer les humains, pis à s'arracher leurs yeux.

 

Le fait que certains députés magouilleurs, méprisants et incompétents vont perdre leur siège aux prochaines législatives, me ravit.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juin 2017.