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Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

14 mai 2007

QUELQUES NOTES SUR L'EUROPE

QUELQUES NOTES SUR L'EUROPE

Bien entendu, ces quelques notes sont destinées à un public scolaire (en l'occurrence des BEP) et sont donc nécessairement schématiques et relativement pauvres en informations.
Source : Histoire-Géographie Première et Terminale BEP, Nathan Technique, 2006, p.61.

Quelle est la situation de l'Europe en 1945 ?
L'Europe, dans la première moitié du XXème siècle, a subi deux guerres mondiales qui l'ont ruinée. En 1945, elle a donc perdu sa suprématie au profit des Etats-Unis et de l'URSS. C'est dans un monde divisé qu'elle doit tenter de se relever. Elle est elle-même scindée en deux (Europe de l'Ouest, libérale et pro-américaine ; Europe de l'Est, communiste et pro-soviétique) et deviendra rapidement un des enjeux majeurs de la "guerre froide".

Le projet européen.
Dès 1950, les Français vont proposer la nécessaire (re)construction de l'Europe par la mise en commun d'un certain nombre de ressources. Le 18 avril 1951, la France, l'Allemagne de l'Ouest (RFA), l'Italie et le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) signent le Traité de Paris qui institue la CECA.

Qu'est-ce que la CECA ?
Ce sigle désigne la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. Il a pour objectif la mise en commun par les états signataires de leurs ressources en charbon et en acier. De fait, il s'agit d'une entente visant à éviter toute concurrence déloyale entre pays producteurs. Le Traité de Paris peut être considéré comme le premier acte de la construction européenne.

Le Traité de Rome
Dans le même temps, le monde anglo-saxon, dans le but  de faciliter le plus possible le commerce international, affiche sa volonté d'arriver rapidement à la mise en place de zones de libre-échange.  C'est par le Traité de Rome que l'Europe des Six, le 25 mars 1957, va transformer la simple entente commerciale de la CECA en "Communauté Economique Européenne".

La CEE
Cette Communauté Economique Européenne (CEE) va, elle aussi, avoir pour but la facilitation des échanges et, dès 1968, crèe une "union douanière", première tentative d'harmonisation des réglements en vigueur dans les différents Etats membres.
Renforcée par l'adhésion de nouveaux membres (Royaume-Uni, Irlande, Danemark en 1973), légitimée par la chute de l'Empire soviétique et la réunification de l'Allemagne, la CEE va rapidement élargir ses domaines d'intervention : monnaie (mise en place de l'Euro, agriculture (la PAC, Politique Agricole Commune), santé publique, justice, sécurité intérieure et extérieure, éducation, réglement des litiges entres Etats membres (par exemple, le problème récurrent des zones de pêche),...
Cette montée en puissance de l'Europe lui donne une dimension politique. Le 1er novembre 1993, la CEE devient l'Union Européenne. Vous noterez que l'adjectif "économique" a disparu au profit de l'affirmation
d'une existence politique.
L'Union n'est pourtant pas une copie de l'ONU (Organisation des Nations Unies). En effet, parce qu'elle a, dès ses débuts, mis l'accent sur la dimension économique de son projet, l'Europe a pu se bâtir grâce à l'abandon volontaire par les Etats signataires d'une partie de certaines de leurs compétences. Les médias se font souvent l'écho des "directives européennes" et des "décisions de Bruxelles", qui, en théorie, sont supranationales, c'est-à-dire doivent être appliquées sans être remises en cause par les différents gouvernements nationaux.

L'élargissement de l'Europe
La mise en place d'une monnaie unique, d'institutions stables et pérennes, l'adhésion de la quasi-totalité des pays de l'Europe de l'Ouest, une réussite économique incontestable, l'échec du système communiste, autant d'éléments qui ont rendu l'Union Européenne attractive, en particulier pour les pays de l'ex-Europe de l'Est, jadis ennemis, et maintenant acteurs d'une redistribution des cartes à l'échelle mondiale.
Mais si l'adhésion des anciens pays "satellites" de l'URSS semble, somme toute, légitime, la question se pose tout de même des limites de l'espace européen. C'est le cas de la Turquie. Ses liens étroits et anciens avec l'Allemagne, ainsi que sa tradition de laïcité, plaident en faveur de son entrée dans l'Union, mais n'est-elle pas géographiquement excentrée ? Ne ferait-elle pas plutôt un bon chef de file d'une future "Union des Pays de la Méditerranée" ? En tout cas, le débat est ouvert et témoigne de la crise de croissance d'une Europe qui, avec plus de 450 millions d'habitants, se doit de relever ce défi d'être "unie dans la diversité".

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 mai 2007

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22 janvier 2007

DEUX PETITS EXERCICES SUR LE THEATRE

DEUX PETITS EXERCICES SUR LE THEATRE
(D'après Français Première Terminale Bac Pro, collectif, Foucher, 2004, p. 199 et 219)

I) Lisez cet extrait et répondez à la question posée.

BODAEV (à Boulanov)
Qui est cet homme ? Hein ?

BOULANOV
Un acteur !

BODAEV
Acteur ? Ah, diable ! Bravo, bravo ! (s'approchant du Manchanceux) Votre main ! Je me demandais aussi qui était cet homme qui parlait si bien, avec tant de noblesse. C'est bien rare chez nous. (Désignant le vieillard) Et lui ? Il est acteur, lui aussi ?
    (Alexandre Ostrovski, La Forêt, Acte V, Scène 9)

1) Quels sont les pronoms personnels et les temps employés ?


II) Lisez cet extrait et répondez aux questions posées :

TITUS (seul)
                  Hé bien, Titus, que viens-tu faire ?
Bérénice t'attend. Où viens-tu, téméraire ?
Tes adieux sont-ils prêts ? T'es-tu bien consulté ?
Ton coeur te promet-il assez de cruauté ?
Car enfin au combat qui pour toi se prépare
C'est peu d'être constant, il faut être barbare.
Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueur
Sait si bien découvrir les chemins de mon coeur ?
Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes,
Attachés sur les miens, m'accabler de leurs larmes,
Me souviendrai-je alors de mon triste devoir ?
Pourrai-je dire enfin : "Je ne veux plus vous voir" ?
    (Racine, Bérénice, Acte IV, Scène 4)

1) Quelle est la nature de ce document ?

2) A qui s'adressent les pronoms "je", "tu", "vous" ?
- pronom "je" :
- pronom "tu" :
- pronom "vous :

3) A qui s'adressent les interrogatives ? Que traduisent-elles ?

                                 

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04 mai 2006

Note sur la justification de la poésie

NOTE SUR LA JUSTIFICATION DE LA POESIE

Il est d'usage dans bon nombre de sujets sur la poésie donnés en BEP de poser comme première question, - question préliminaire si l'on veut -, : "Quelle est la nature de ce document ?"
Si le document est un poème, il est d'usage aussi de demander aux élèves trois éléments de justification.
Généralement, les élèves placent dans ces trois élèments des caractéristiques telles que : "présence de rimes, vers réguliers, strophes, majuscules en début de vers".
Et il est très rare de lire une copie dans laquelle on pourrait trouver ceci qui prouverait par ailleurs que ces élèves ont appris quelque chose depuis leurs années de collège :
Il s'agit d'un poème puisque la poésie consiste à découper des phrases en séquences rythmiques que l'on appelle vers.
C'est pourtant le cas.
Par exemple :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
    (Baudelaire, L'Albatros, première strophe)

Une seule phrase découpée en quatre alexandrins.
En cela, la poésie est comparable à la musique qui découpe son discours en mesures.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mai 2006

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15 avril 2006

SUJET DE BEP BLANC SUR LA POESIE

SUJET (inédit s'il vous plaît !) DE BEP BLANC SUR LA POÉSIE

Tandis que d'illustres et très palmées Cornes d'Aurochs administratives perdent leur temps et l'argent des contribuables à pondre des rapports aussi inutiles que prétentieux, je mets à la disposition de mes collègues un sujet de BEP blanc, par mes soins concocté, et qui peut rendre service à l'occasion.

ÉPREUVE DE BEP    FRANÇAIS

THÈME : LA POÉSIE

Document 1 : Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps (Les Contemplations)

VIEILLE CHANSON DU JEUNE TEMPS

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son oeil semblait dire : Après ?

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose.
Elle vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches ;
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure ;
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
- Soit ; n'y pensons plus ! dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

                                                   Autrefois. Paris, juin 1831.

Document 2 : Verlaine, Colloque sentimental

COLLOQUE SENTIMENTAL

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
- Pourquoi voulez-vous qu'il m'en souvienne ?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.

- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

    (Paul Verlaine, Fêtes galantes)

Document 3 : Apollinaire, L'Adieu

L'ADIEU

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t-en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends

    (Guillaume Apollinaire, Alcools)

COMPÉTENCES DE LECTURE (10 points)

1) Quelle est la nature de ces trois documents ? Trois caractéristiques différentes sont nécessaires pour répondre à cette question. (1,5 point)
2) Quelles remarques pouvez-vous faire au sujet des systèmes de rimes employés dans ces trois documents ? (1,5 point)
3) Quel vous semble être le thème commun à ces trois documents ? Vous justifierez votre réponse en évoquant chacun des textes et en en citant au besoin quelques vers qui vous serviront d'exemples. (2 points)
4) Dans le texte de Victor Hugo (cf doc 1), en quoi les deux derniers vers ("Soit ; n'y pensons plus ! dit-elle. / Depuis, j'y pense toujours") peuvent-ils être considérés comme étant à la fois amusants et mélancoliques ? (2 points)
5) Comment pourriez-vous caractériser la tonalité de chacun de ces trois textes ? Vous répondrez en justifiant votre réponse par des citations que vous commenterez. (2 points)
6) Comment expliquez-vous l'absence de ponctuation dans le poème d'Apollinaire (cf doc 3) ? (1 point)

COMPÉTENCES D'ÉCRITURE (8 points)

Comme le narrateur du poème de Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps, vous avez sans doute déjà éprouvé - ou éprouvez-vous encore - des regrets.
En une trentaine de lignes (25 minimum), pourriez-vous rappeler les circonstances qui vous ont amené à avoir des regrets puis vous évoquerez les différentes manières dont vous avez éprouvé ces regrets (inquiétude, remords, sentiment de culpabilité, nostalgie, mélancolie,...) et éventuellement la manière dont ces regrets ont perdu de leur intensité ou même disparu.
Si vous n'avez jamais de regrets, il ne vous est évidemment pas interdit d'inventer.
Toutes les tonalités sont possibles, de la comique et désinvolte à la plus grave si vous désirez évoquer, par exemple, quelqu'un que vous aimiez beaucoup et qui a disparu.

Bien entendu, les correcteurs seront attentifs à la présentation du devoir, ainsi qu'à la lisibilité des réponses qui devront être présentées sous forme de phrases complètes. Deux points seront accordés à cet effort de votre part.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 avril 2006


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06 mars 2006

LES TRENTE GLORIEUSES

LES TRENTE GLORIEUSES

On appelle Trente Glorieuses les trente années de prospérité économique qui ont succédé à la seconde guerre mondiale. Nous devons cette expression désormais célèbre à l'économiste Jean Fourastié (1907-1990, auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, 1979).

Cette période commence donc dans l'après-guerre, concerne toute l'économie mondiale et se termine dans les années 70 avec les chocs pétroliers de 1973 et de 1979.
Si cette période fut favorable à l'ensemble des économies, elle fut initiée (commencée) par les pays industrialisés et libéraux (=non communistes) et profita surtout à :
    - l'Europe de l'Ouest
    - l'Amérique du Nord
    - l'Asie du Sud-Est.

Il est à remarquer que l'ensemble de ces pays forme ce que l'on appelle actuellement "la Triade", c'est-à-dire l'ensemble des trois plus puissantes zones économiques organisatrices du commerce mondial.

Les Trente Glorieuses furent marquées par "le plein emploi" (peu de chômage), une augmentation générale du niveau de vie (des salaires en constante augmentation), une croissance continue (augmentation constante et soutenue de la production).

Cette période est remarquable par la concrétisation d'un type de société qui s'est imposé comme étant actuellement le modèle dominant : la société de consommation.

La société de consommation : Le principe est simple. Pour continuer à produire et donc à capitaliser de l'argent (à s'enrichir), il faut soutenir la consommation des ménages. Tout est donc fait pour favoriser cette consommation :
          - développement de la publicité : il s'agit de pousser les clients à consommer toujours plus en leur proposant de nouveaux produits dans des gammes de plus en plus larges. Dans cette perspective, l'innovation est donc un facteur important et la publicité ne peut réellement s'appuyer que sur la qualité des innovations proposées.
          - développement du crédit à la consommation : la mise en place de la "carte bleue" permet aux consommateurs de dépenser plus facilement. Pour cela, des "autorisations de découvert" sont généralisées dans l'ensemble des banques privées.
          - de plus, les commerçants mettent à la disposition des clients des "offres de crédit" qui permettent d'étaler le paiement des achats.

L'augmentation de la consommation entraîne une augmentation de la production.

L'augmentation de la production entraîne l'augmentation du nombre d'heures supplémentaires d'où des salaires qui furent en nette augmentation, en particulier dans les années 70.
Bien entendu, en période de hausse de la consommation, les prix des produits augmentent car ils sont très demandés : c'est ce que l'on appelle l'inflation.

inflation = hausse générale des prix.

Pour pallier (= limiter) les effets de l'inflation, les salaires des Trente Glorieuses étaient indexés sur l'augmentation du prix des produits. En clair, plus l'inflation était élevée, plus les salaires augmentaient.
Cette indexation s'est montrée efficace jusque dans les années 70 où elle fut arrêtée suite aux débuts de la crise économique.

Cette augmentation continue des salaires entraîne à son tour une augmentation de la production, et ainsi de suite...

C'est ce que l'on appelle le "cercle vertueux de la croissance."

Cette période est surtout marquée par le faible coût de la matière première moteur de la croissance économique : le pétrole.

Que reste-t-il des Trente Glorieuses ?

- D'abord, des profits colossaux qui ont enrichi le monde comme jamais il ne l'avait été auparavant.
- Des avancées technologiques considérables.
Le but du libéralisme économique étant la création de richesses, il est clair que ce libéralisme tant décrié a été le moteur de l'innovation qui nous permet, nous les héritiers, de publier via internet des textes au moment même de leur conception et ainsi d'assurer la libre circulation des idées à peu près partout dans le monde. Dans tous les secteurs de la vie des hommes, les investissements en argent, en temps et en matière grise furent tels que nous bénéficions aujourd'hui d'équipements qui nous permettent de mieux nous soigner, mieux apprendre, se former, s'informer, mieux travailler, mieux nous protéger. L'espérance de vie des pays industrialisés ne cesse d'augmenter prouvant ainsi le bien-fondé de ces investissements.
- Un état d'esprit. La société de consommation et l'innovation constante ont fait de nous des clients exigeants. La nécessité d'être mobile, disponible et entreprenant, puisque Les Trente Glorieuses ont appris à nos parents à aller chercher mieux ailleurs s'il le fallait, ont fait de nous des individualistes et le fait de gagner de l'argent est actuellement considéré comme une valeur en soi. La démocratisation des institutions, la libre circulation des idées ainsi que la multiplication des supports de l'information ont fait de nous des points de vue critiques et il n'est guère actuellement d'institution qui échappe aux attaques de tout type, qu'elles soient liées à l'exercice de la démocratie par le droit d'expression ou qu'elles procèdent de la remise en cause radicale, informelle et parfois violente.
- Une amertume. Nés "trop tard", pourrait-on penser, dans un monde où le travail se raréfie et où il semble que la Vieille Europe doive bientôt céder sa place de leader à l'ensemble des pays asiatiques (60% de la population mondiale !), il nous apparaît de plus en plus clairement que ce que nos parents ont pris pour un mode de vie pérenne, une mondialisation de "l'american way of life" avec ses variantes locales ne fut en fait qu'une période exceptionnelle dans l'histoire des hommes. Le conflit actuel entre une partie du monde musulman et nos démocraties occidentales est sans doute un effet certain de cette frustration devant ce que l'on peut appeler un échec : les Trente Glorieuses si brillantes et innovantes n'ont pas réussi à faire en sorte que la création continue des richesses profite à tous.
C'est à cet échec que nous devons certainement bon nombre de nos déboires actuels, à commencer par cette crise pétrolière qui n'en finit plus de menacer l'équilibre de nos économies.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2006

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10 février 2006

Questionnaire à l'usage des LEP sur "Ma Bohème" de Rimbaud

                 MA BOHEME

                  (Fantaisie)

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud

notes :
idéal
: le paletot du narrateur est si usé qu'il n'en reste plus que "l'idée", le fantôme d'un manteau.
féal : celui qui est fidèle à la foi jurée, le chevalier fidèle à son souverain par exemple, ou le chevalier servant d'une dame.

Questions sur Ma bohème de Rimbaud

1) Quel est le type de vers employé dans ce poème ?
2) Quel en est le schéma des rimes ?

3) Cette poésie est composée de deux quatrains et de deux tercets. Comment appelle-t-on ce type de texte ?
4) Relevez six mots à la rime où l'on retrouve le même son vocalique (les mêmes voyelles).
5) Comment, dans un texte, appelle-t-on la répétition volontaire d'un même son vocalique ?

                                                                                                                                                                                        
Réponses :
                                                                                                                                                                                    

1) Les vers employés dans ce poème sont des alexandrins (vers de douze syllabes).
2) Le schéma des rimes de ce poème est, pour les deux quatrains, le modèle ABBA (rimes embrassées) puis, deux rimes suivies pour le premier tercet et enfin les quatre dernières rimes du texte sont embrassées.
3) Une poésie composée de deux quatrains et de deux tercets s'appelle un sonnet. Un sonnet comporte donc 14 vers.
4) Nous pouvons relever à la rime les six mots suivants : "trou", "course", "Grande-Ourse", "frou-frou", "routes", "gouttes". Ces six mots comportent le son "ou" [u].
5) La répétition volontaire, à des fins expressives d'un son vocalique s'appelle une assonance.

                                                                                                                                                                                       

Ceci fait évidemment en guise d'exercice très simple pour les classes de Lycée d'Enseignement Professionnel , et franchement, c'est pas la peine de leur infliger de la poésie à haute dose, ils ont autre chose à apprendre !
Par contre, je me souviens d'avoir fait passer, dans le cadre d'un "bac blanc", - un exercice de préparation à l'épreuve si vous voulez -, des oraux de l'épreuve de français et d'avoir été effaré de voir que certains élèves de première dite générale étaient incapables de repérer une allitération dans un texte. Que chacun apprenne ce qu'il doit apprendre pour exercer son métier et les veaux seront mieux gardés.

                                                                                                                                                                                        

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24

le 10 février 2006

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30 janvier 2006

Quelques chiffres sur les crimes nazis

QUELQUES CHIFFRES SUR LES CRIMES DES NAZIS

Source : BEP Histoire Géographie, Nathan Technique, (Dieudonné, Fugler,...), avril 2002, p.22 pour le "bilan des crimes nazis", p. 25 pour la photographie.

2_ww_bilan_des_crimes_nazis2

A la lecture de ces chiffres, il me revient en mémoire que le chef de l'actuelle extrême-droite française, Jean-Marie Le Pen, a déclaré un jour que les camps de concentration étaient un "détail" de la Seconde Guerre Mondiale.

Un "détail"... Ah oui ? Vraiment ?

Pas d'autre commentaire sinon cette photographie dont la légende est "en avril 1945, la découverte des fosses communes fut un choc terrible pour les troupes alliées" (cf manuel source p.25)  :

2_ww_fosse_commune

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 janvier 2006

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Carte des camps de concentration et d'extermination (Seconde Guerre Mondiale)

LA CARTE DES CAMPS

2_ww_cartes_des_camps

Source : BEP Histoire Géographie, Nathan Technique, (Dieudonné, Fugler,...), avril 2002, p.20.

Le manuel d'Histoire précise que cette carte "montre les principaux camps ; en réalité, plus d'un millier de sites constituent l'univers concentrationnaire".

L'univers concentrationnaire de cette carte des camps en 1942 définit le Grand Reich comme un vaste territoire englobant l'Allemagne, la Pologne, la Bohême-Moravie, l'Autriche et l'Est de la France.
Les camps de concentration se situent essentiellement en Allemagne et c'est en Pologne que se situent les camps d'extermination. L'univers concentrationnaire obéit à une gestion très stricte dont témoigne cette répartition géographique.
La date de 1942 est intéressante puisque c'est justement en 1942 que va se mettre en place la politique de la "Solution Finale" c'est-à-dire "l'organisation industrielle de la mise à mort des Juifs et des Tziganes d'Europe dans les camps de la mort". (cf manuel source p.23).
La Deuxième Guerre Mondiale est à ce titre le premier conflit de l'époque moderne où un Etat met en pratique une politique planifiée de génocide. Tout se passe comme si au lieu de produire industriellement (objectif que se sont donné les états modernes), il fallait utiliser les méthodes et les moyens de l'industrie pour anéantir.

Vocabulaire :
Génocide : extermination totale et méthodique d'un peuple, le but étant d'empêcher toute possibilité de renouvellement des générations.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 janvier 2006

 

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L'Allemagne nazie et le racisme

L'ALLEMAGNE NAZIE ET LE RACISME

Source : Annales Brevet 2002, Vuibert. p.33.

Document 1 : L'état nazi selon Hitler

"L'état devra faire de la race le centre de la vie de la communauté. Il devra prendre soin que seul l'individu sain procrée des enfants [...].
Tout le système d'éducation et de culture doit viser à donner aux enfants de notre peuple la conviction qu'ils sont absolument supérieurs aux autres peuples. [...]"
A. Hitler, Mein Kampf traduction par Gaudefroy Demonbynes et A. Calmette, Nouvelles éditions latines, 1934.

Ce qui est intéressant dans ce document, c'est la date de sa publication en français : 1934. Ce qui signifie que, dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir, l'opinion publique française "sait" de quelle nature est l'idéologie nationale-socialiste. A partir de cette publication en français, il n'y aurait dû plus avoir aucun doute sur les intentions expansionnistes de cette nouvelle Allemagne : quand toute une nation se persuade qu'elle est, par nature, supérieure à toutes les autres, elle finit toujours par vouloir mettre en esclavage toutes ces autres nations, si inférieures.

2_ww_nuit_de_cristal

De fait, si certains considéraient que les écrits d'Adolf Hitler étaient avant tout des outils politiques, ils purent se rendre compte en 1938, lors de la nuit dite "Nuit de cristal", que le régime hitlérien appliquait un programme exposé dans Mein Kampf : la transformation de l'Allemagne en machine de guerre pan-germaniste et antisémite (cf doc 2).
De plus, pour s'assurer de "la pureté de la race supérieure", la machine nazie va mettre en place les conditions d'élimination de tous ceux qui, à ses yeux, pourraient "souiller" cette pureté. Le document 3 nous rappelle qu'à côté des juifs, il  y eut dans les camps de concentration des Tziganes et des homosexuels.

Remarque : En bonne logique, je ne devrais pas avoir à rappeler tout cela, mais dans le cadre des mes cours d'histoire en Lycée Professionnel, il n'est pas si rare que certains élèves, - y compris en Bac Professionnel -, me demandent si réellement il y a eu des camps de concentration et d'extermination et comment je puis en être sûr et si tout ça n'était pas une invention des Américains, j'en passe et des plus écoeurantes...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 janvier 2006

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Discours d'Hitler sur la jeunesse (1938)

EXTRAIT D'UN DISCOURS DE HITLER SUR L'ENCADREMENT DE LA JEUNESSE (1938)

discours_d_hitler_sur_le_jeunesse

Source : annales brevet 2002 vuibert p.30, sujet histoire Antilles-Guyane, série technologique, septembre 2000.

Remarque : il est regrettable que ce discours porte la mention "d'après A. HITLER". Cela pourrait donner à penser aux révisionnistes que le texte a été tronqué de manière à lui donner un sens non conforme à la version originale.

Le discours date de 1938 donc avant le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Il a été prononcé dans la région des Sudètes (région montagneuse de ce qui était alors la Tchécoslovaquie) dont l'opinion publique est acquise aux idées pan-germanistes de Hitler.
La première phrase de cet extrait donne une tonalité nationaliste au contenu : "Cette jeunesse n'apprend rien d'autre qu'à penser allemand, qu'à agir allemand".
Que les habitants d'une nation pensent et agissent en fonction des structures de leur langue nationale n'est pas étonnant mais c'est dans le "rien d'autre" que se tient le danger : il ne s'agissait pas seulement de "penser et d'agir allemand", il s'agissait aussi de refuser les influences extérieures : c'est là le premier pas vers la xénophobie.

La dernière phrase de cet extrait est particuliérement éclairante : "Et ils ne seront plus jamais libres tout au long de leur vie".
Autrement dit, le très populaire chancelier d'un Reich qui n'avait alors que 5 ans d'existence (Hitler gagne les élections en 1933) annonce à une partie de sa population qu'il faut, par un encadrement de type militaire, garantir l'absence de liberté de la jeunesse allemande, qu'il faut aliéner la jeunesse allemande à une nation qui s'est donnée pour but d'annihiler toute "conscience de classe" et ainsi tout sentiment de ses intérêts personnels.

Remarque
: On a souvent reproché à Nietzsche d'avoir préfiguré le nazisme ; il me semble ici que cet "embrigadement de la jeunesse" illustre assez la définition nietzschéenne de "monstre froid" s'appliquant à l'intervention de l'Etat en matière de morale et d'éducation (je n'ai pas dit "instruction").

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 30 janvier 2006


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