14 mai 2007
QUELQUES NOTES SUR L'EUROPE
QUELQUES NOTES SUR L'EUROPE
Bien entendu, ces quelques notes sont destinées à un public scolaire (en l'occurrence des BEP) et sont donc nécessairement schématiques et relativement pauvres en informations.
Source : Histoire-Géographie Première et Terminale BEP, Nathan Technique, 2006, p.61.
Quelle est la situation de l'Europe en 1945 ?
L'Europe, dans la première moitié du XXème siècle, a subi deux guerres mondiales qui l'ont ruinée. En 1945, elle a donc perdu sa suprématie au profit des Etats-Unis et de l'URSS. C'est dans un monde divisé qu'elle doit tenter de se relever. Elle est elle-même scindée en deux (Europe de l'Ouest, libérale et pro-américaine ; Europe de l'Est, communiste et pro-soviétique) et deviendra rapidement un des enjeux majeurs de la "guerre froide".
Le projet européen.
Dès 1950, les Français vont proposer la nécessaire (re)construction de l'Europe par la mise en commun d'un certain nombre de ressources. Le 18 avril 1951, la France, l'Allemagne de l'Ouest (RFA), l'Italie et le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) signent le Traité de Paris qui institue la CECA.
Qu'est-ce que la CECA ?
Ce sigle désigne la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. Il a pour objectif la mise en commun par les états signataires de leurs ressources en charbon et en acier. De fait, il s'agit d'une entente visant à éviter toute concurrence déloyale entre pays producteurs. Le Traité de Paris peut être considéré comme le premier acte de la construction européenne.
Le Traité de Rome
Dans le même temps, le monde anglo-saxon, dans le but de faciliter le plus possible le commerce international, affiche sa volonté d'arriver rapidement à la mise en place de zones de libre-échange. C'est par le Traité de Rome que l'Europe des Six, le 25 mars 1957, va transformer la simple entente commerciale de la CECA en "Communauté Economique Européenne".
La CEE
Cette Communauté Economique Européenne (CEE) va, elle aussi, avoir pour but la facilitation des échanges et, dès 1968, crèe une "union douanière", première tentative d'harmonisation des réglements en vigueur dans les différents Etats membres.
Renforcée par l'adhésion de nouveaux membres (Royaume-Uni, Irlande, Danemark en 1973), légitimée par la chute de l'Empire soviétique et la réunification de l'Allemagne, la CEE va rapidement élargir ses domaines d'intervention : monnaie (mise en place de l'Euro, agriculture (la PAC, Politique Agricole Commune), santé publique, justice, sécurité intérieure et extérieure, éducation, réglement des litiges entres Etats membres (par exemple, le problème récurrent des zones de pêche),...
Cette montée en puissance de l'Europe lui donne une dimension politique. Le 1er novembre 1993, la CEE devient l'Union Européenne. Vous noterez que l'adjectif "économique" a disparu au profit de l'affirmation d'une existence politique.
L'Union n'est pourtant pas une copie de l'ONU (Organisation des Nations Unies). En effet, parce qu'elle a, dès ses débuts, mis l'accent sur la dimension économique de son projet, l'Europe a pu se bâtir grâce à l'abandon volontaire par les Etats signataires d'une partie de certaines de leurs compétences. Les médias se font souvent l'écho des "directives européennes" et des "décisions de Bruxelles", qui, en théorie, sont supranationales, c'est-à-dire doivent être appliquées sans être remises en cause par les différents gouvernements nationaux.
L'élargissement de l'Europe
La mise en place d'une monnaie unique, d'institutions stables et pérennes, l'adhésion de la quasi-totalité des pays de l'Europe de l'Ouest, une réussite économique incontestable, l'échec du système communiste, autant d'éléments qui ont rendu l'Union Européenne attractive, en particulier pour les pays de l'ex-Europe de l'Est, jadis ennemis, et maintenant acteurs d'une redistribution des cartes à l'échelle mondiale.
Mais si l'adhésion des anciens pays "satellites" de l'URSS semble, somme toute, légitime, la question se pose tout de même des limites de l'espace européen. C'est le cas de la Turquie. Ses liens étroits et anciens avec l'Allemagne, ainsi que sa tradition de laïcité, plaident en faveur de son entrée dans l'Union, mais n'est-elle pas géographiquement excentrée ? Ne ferait-elle pas plutôt un bon chef de file d'une future "Union des Pays de la Méditerranée" ? En tout cas, le débat est ouvert et témoigne de la crise de croissance d'une Europe qui, avec plus de 450 millions d'habitants, se doit de relever ce défi d'être "unie dans la diversité".
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 mai 2007
22 janvier 2007
DEUX PETITS EXERCICES SUR LE THEATRE
DEUX PETITS EXERCICES SUR LE THEATRE
(D'après Français Première Terminale Bac Pro, collectif, Foucher, 2004, p. 199 et 219)
I) Lisez cet extrait et répondez à la question posée.
BODAEV (à Boulanov)
Qui est cet homme ? Hein ?
BOULANOV
Un acteur !
BODAEV
Acteur ? Ah, diable ! Bravo, bravo ! (s'approchant du Manchanceux) Votre main ! Je me demandais aussi qui était cet homme qui parlait si bien, avec tant de noblesse. C'est bien rare chez nous. (Désignant le vieillard) Et lui ? Il est acteur, lui aussi ?
(Alexandre Ostrovski, La Forêt, Acte V, Scène 9)
1) Quels sont les pronoms personnels et les temps employés ?
II) Lisez cet extrait et répondez aux questions posées :
TITUS (seul)
Hé bien, Titus, que viens-tu faire ?
Bérénice t'attend. Où viens-tu, téméraire ?
Tes adieux sont-ils prêts ? T'es-tu bien consulté ?
Ton coeur te promet-il assez de cruauté ?
Car enfin au combat qui pour toi se prépare
C'est peu d'être constant, il faut être barbare.
Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueur
Sait si bien découvrir les chemins de mon coeur ?
Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes,
Attachés sur les miens, m'accabler de leurs larmes,
Me souviendrai-je alors de mon triste devoir ?
Pourrai-je dire enfin : "Je ne veux plus vous voir" ?
(Racine, Bérénice, Acte IV, Scène 4)
1) Quelle est la nature de ce document ?
2) A qui s'adressent les pronoms "je", "tu", "vous" ?
- pronom "je" :
- pronom "tu" :
- pronom "vous :
3) A qui s'adressent les interrogatives ? Que traduisent-elles ?
18 janvier 2007
A L'USAGE DES CAP
A L'USAGE DES CAP
On pourra utiliser le questionnaire suivant dans une classe de CAP dont le niveau peut être considéré comme faible.
Objectif : Lire un dessin de presse
Document à propos des opérations militaires russes en Tchétchénie :
I) Questionnaire. Rayez, au besoin, la ou les mentions inutiles :
1) Quelle est la nature de ce document ?
- une photographie.
- une dessin de presse (=publié dans un journal).
- une affiche.
2) Décrivez ce dessin. On y voit un...................... rentrant dans une ville en......................... L'un des tankistes dit : .................................................................................................................................................
3) Le char progresse dans les décombres d'une ville. Cela signifie :
- que la ville est en ruines.
- que la ville est déserte.
4) L'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen précise que "tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits." Pensez-vous qu'en détruisant des villes, l'armée russe respecte les droits de l'Homme ? .....................
Justifiez votre réponse : ........................................................................................................................
5) Quelle est la crainte des soldats russes ? :
- qu'il puisse rester des survivants dans les décombres qui pourraient témoigner de ce qu'ils onr vu.
- de se faire rappeler à l'ordre par leurs chefs.
- de se faire tuer.
II) Texte à compléter. Ajoutez les mots manquants à l'aide de la liste ci-jointe :
Liste : réfléchir - bombardée - droits de l'Homme - victimes - dénoncer - atteintes aux droits de l'Homme.
Le dessin de presse a pour but de .................... en faisant ............... le lecteur sur l'actualité.
Dans le cas présent, ce dessin dénonce les............................................. en Tchétchénie en rappelant que lorsque les divisions blindées de l'armée russe rentrent dans une ville considérée comme hostile, la ville est d'abord........................................... et que ces bombardements font beaucoup de ................................... dans la population civile (non seulement les combattants tchétchènes mais aussi les femmes, les enfants, les personnes âgées,...).
On peut donc dire qu'en Tchétchénie, l'armée russe ne respecte pas les ...................................................
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 janvier 2007
04 mai 2006
Note sur la justification de la poésie
NOTE SUR LA JUSTIFICATION DE LA POESIE
Il est d'usage dans bon nombre de sujets sur la poésie donnés en BEP de poser comme première question, - question préliminaire si l'on veut -, : "Quelle est la nature de ce document ?"
Si le document est un poème, il est d'usage aussi de demander aux élèves trois éléments de justification.
Généralement, les élèves placent dans ces trois élèments des caractéristiques telles que : "présence de rimes, vers réguliers, strophes, majuscules en début de vers".
Et il est très rare de lire une copie dans laquelle on pourrait trouver ceci qui prouverait par ailleurs que ces élèves ont appris quelque chose depuis leurs années de collège :
Il s'agit d'un poème puisque la poésie consiste à découper des phrases en séquences rythmiques que l'on appelle vers.
C'est pourtant le cas.
Par exemple :
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
(Baudelaire, L'Albatros, première strophe)
Une seule phrase découpée en quatre alexandrins.
En cela, la poésie est comparable à la musique qui découpe son discours en mesures.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mai 2006
15 avril 2006
SUJET DE BEP BLANC SUR LA POESIE
SUJET (inédit s'il vous plaît !) DE BEP BLANC SUR LA POÉSIE
Tandis que d'illustres et très palmées Cornes d'Aurochs administratives perdent leur temps et l'argent des contribuables à pondre des rapports aussi inutiles que prétentieux, je mets à la disposition de mes collègues un sujet de BEP blanc, par mes soins concocté, et qui peut rendre service à l'occasion.
ÉPREUVE DE BEP FRANÇAIS
THÈME : LA POÉSIE
Document 1 : Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps (Les Contemplations)
VIEILLE CHANSON DU JEUNE TEMPS
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son oeil semblait dire : Après ?
La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
Moi, seize ans, et l'air morose.
Elle vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.
Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches ;
Je ne vis pas son bras blanc.
Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.
Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure ;
Je ne vis pas son pied nu.
Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
- Soit ; n'y pensons plus ! dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.
Autrefois. Paris, juin 1831.
Document 2 : Verlaine, Colloque sentimental
COLLOQUE SENTIMENTAL
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.
- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
- Pourquoi voulez-vous qu'il m'en souvienne ?
- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? - Non.
- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.
- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.
(Paul Verlaine, Fêtes galantes)
Document 3 : Apollinaire, L'Adieu
L'ADIEU
J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t-en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends
(Guillaume Apollinaire, Alcools)
COMPÉTENCES DE LECTURE (10 points)
1) Quelle est la nature de ces trois documents ? Trois caractéristiques différentes sont nécessaires pour répondre à cette question. (1,5 point)
2) Quelles remarques pouvez-vous faire au sujet des systèmes de rimes employés dans ces trois documents ? (1,5 point)
3) Quel vous semble être le thème commun à ces trois documents ? Vous justifierez votre réponse en évoquant chacun des textes et en en citant au besoin quelques vers qui vous serviront d'exemples. (2 points)
4) Dans le texte de Victor Hugo (cf doc 1), en quoi les deux derniers vers ("Soit ; n'y pensons plus ! dit-elle. / Depuis, j'y pense toujours") peuvent-ils être considérés comme étant à la fois amusants et mélancoliques ? (2 points)
5) Comment pourriez-vous caractériser la tonalité de chacun de ces trois textes ? Vous répondrez en justifiant votre réponse par des citations que vous commenterez. (2 points)
6) Comment expliquez-vous l'absence de ponctuation dans le poème d'Apollinaire (cf doc 3) ? (1 point)
COMPÉTENCES D'ÉCRITURE (8 points)
Comme le narrateur du poème de Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps, vous avez sans doute déjà éprouvé - ou éprouvez-vous encore - des regrets.
En une trentaine de lignes (25 minimum), pourriez-vous rappeler les circonstances qui vous ont amené à avoir des regrets puis vous évoquerez les différentes manières dont vous avez éprouvé ces regrets (inquiétude, remords, sentiment de culpabilité, nostalgie, mélancolie,...) et éventuellement la manière dont ces regrets ont perdu de leur intensité ou même disparu.
Si vous n'avez jamais de regrets, il ne vous est évidemment pas interdit d'inventer.
Toutes les tonalités sont possibles, de la comique et désinvolte à la plus grave si vous désirez évoquer, par exemple, quelqu'un que vous aimiez beaucoup et qui a disparu.
Bien entendu, les correcteurs seront attentifs à la présentation du devoir, ainsi qu'à la lisibilité des réponses qui devront être présentées sous forme de phrases complètes. Deux points seront accordés à cet effort de votre part.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 avril 2006
06 mars 2006
COMPARAISON, METAPHORE, METONYMIE (définitions + exercices)
COMPARAISON, MÉTAPHORE, MÉTONYMIE (Définitions + Exercices)
1) LA COMPARAISON
Figure de style qui consiste à rapprocher deux mots grâce à un mot comparatif (un mot-outil de comparaison : comme, tel, pareil à, semblable à).
Exemple : Elle est belle comme un soleil.
2) LA MÉTAPHORE
La signification d'un mot est connotée par association d'idées.
Exemple : Elle rayonne de beauté. (La forme "rayonne" renvoie aux "rayons" du soleil).
La langue est pleine de ces métaphores auxquelles nous ne prêtons plus attention : "les bras d'un fauteuil, les dents d'une scie, le dos d'un livre, tuer le temps...")
3) LA MÉTONYMIE
Figure de style qui consiste à désigner un objet ou un être par un nom qui lui est lié de manière logique ou habituelle.
Exemple: Il a récité tout le livre puis il nous a raconté tout le film.
Là encore, la langue utilise bon nombre de métonymies : "boire un verre, une voile à l'horizon, une fine lame..."
EXERCICES
I) Classez ces expressions en trois catégories, selon qu'il s'agit d'une comparaison, d'une métaphore ou d'une métonymie :
1) Jean-Pierre est bête comme ses pieds. 2) C'est une table à six pieds. 3) Cinq personnes vivent sous son toit. 4) Balayez les moutons sous le lit. 5) Les flammes bondirent puis dévorèrent quelques arbustes. 6) Ils eurent peur devant la ceinture noire. 7) Dans cette affaire, qui tire les ficelles ? 8) Ce Jean, quelle mauvaise langue alors ! 9) Il s'escrimait à composer des vers ennuyeux comme la pluie. 10) Cet homme est un nez !
II) Complétez chaque expression par le nom d'un oiseau :
a) Manger très peu, comme un...
b) Bavard comme une...
c) Bête comme une...
d) Tout répéter comme un...
Remarque : Je dois la plupart des phrases de ces deux exercices à je ne sais plus quel manuel. Je demande pardon à leurs auteurs de leur avoir piqué ces quelques mots, oh et puis zut ! c'est pas du Victor Hugo non plus !
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2006
LES TRENTE GLORIEUSES
LES TRENTE GLORIEUSES
On appelle Trente Glorieuses les trente années de prospérité économique qui ont succédé à la seconde guerre mondiale. Nous devons cette expression désormais célèbre à l'économiste Jean Fourastié (1907-1990, auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, 1979).
Cette période commence donc dans l'après-guerre, concerne toute l'économie mondiale et se termine dans les années 70 avec les chocs pétroliers de 1973 et de 1979.
Si cette période fut favorable à l'ensemble des économies, elle fut initiée (commencée) par les pays industrialisés et libéraux (=non communistes) et profita surtout à :
- l'Europe de l'Ouest
- l'Amérique du Nord
- l'Asie du Sud-Est.
Il est à remarquer que l'ensemble de ces pays forme ce que l'on appelle actuellement "la Triade", c'est-à-dire l'ensemble des trois plus puissantes zones économiques organisatrices du commerce mondial.
Les Trente Glorieuses furent marquées par "le plein emploi" (peu de chômage), une augmentation générale du niveau de vie (des salaires en constante augmentation), une croissance continue (augmentation constante et soutenue de la production).
Cette période est remarquable par la concrétisation d'un type de société qui s'est imposé comme étant actuellement le modèle dominant : la société de consommation.
La société de consommation : Le principe est simple. Pour continuer à produire et donc à capitaliser de l'argent (à s'enrichir), il faut soutenir la consommation des ménages. Tout est donc fait pour favoriser cette consommation :
- développement de la publicité : il s'agit de pousser les clients à consommer toujours plus en leur proposant de nouveaux produits dans des gammes de plus en plus larges. Dans cette perspective, l'innovation est donc un facteur important et la publicité ne peut réellement s'appuyer que sur la qualité des innovations proposées.
- développement du crédit à la consommation : la mise en place de la "carte bleue" permet aux consommateurs de dépenser plus facilement. Pour cela, des "autorisations de découvert" sont généralisées dans l'ensemble des banques privées.
- de plus, les commerçants mettent à la disposition des clients des "offres de crédit" qui permettent d'étaler le paiement des achats.
L'augmentation de la consommation entraîne une augmentation de la production.
L'augmentation de la production entraîne l'augmentation du nombre d'heures supplémentaires d'où des salaires qui furent en nette augmentation, en particulier dans les années 70.
Bien entendu, en période de hausse de la consommation, les prix des produits augmentent car ils sont très demandés : c'est ce que l'on appelle l'inflation.
inflation = hausse générale des prix.
Pour pallier (= limiter) les effets de l'inflation, les salaires des Trente Glorieuses étaient indexés sur l'augmentation du prix des produits. En clair, plus l'inflation était élevée, plus les salaires augmentaient.
Cette indexation s'est montrée efficace jusque dans les années 70 où elle fut arrêtée suite aux débuts de la crise économique.
Cette augmentation continue des salaires entraîne à son tour une augmentation de la production, et ainsi de suite...
C'est ce que l'on appelle le "cercle vertueux de la croissance."
Cette période est surtout marquée par le faible coût de la matière première moteur de la croissance économique : le pétrole.
Que reste-t-il des Trente Glorieuses ?
- D'abord, des profits colossaux qui ont enrichi le monde comme jamais il ne l'avait été auparavant.
- Des avancées technologiques considérables. Le but du libéralisme économique étant la création de richesses, il est clair que ce libéralisme tant décrié a été le moteur de l'innovation qui nous permet, nous les héritiers, de publier via internet des textes au moment même de leur conception et ainsi d'assurer la libre circulation des idées à peu près partout dans le monde. Dans tous les secteurs de la vie des hommes, les investissements en argent, en temps et en matière grise furent tels que nous bénéficions aujourd'hui d'équipements qui nous permettent de mieux nous soigner, mieux apprendre, se former, s'informer, mieux travailler, mieux nous protéger. L'espérance de vie des pays industrialisés ne cesse d'augmenter prouvant ainsi le bien-fondé de ces investissements.
- Un état d'esprit. La société de consommation et l'innovation constante ont fait de nous des clients exigeants. La nécessité d'être mobile, disponible et entreprenant, puisque Les Trente Glorieuses ont appris à nos parents à aller chercher mieux ailleurs s'il le fallait, ont fait de nous des individualistes et le fait de gagner de l'argent est actuellement considéré comme une valeur en soi. La démocratisation des institutions, la libre circulation des idées ainsi que la multiplication des supports de l'information ont fait de nous des points de vue critiques et il n'est guère actuellement d'institution qui échappe aux attaques de tout type, qu'elles soient liées à l'exercice de la démocratie par le droit d'expression ou qu'elles procèdent de la remise en cause radicale, informelle et parfois violente.
- Une amertume. Nés "trop tard", pourrait-on penser, dans un monde où le travail se raréfie et où il semble que la Vieille Europe doive bientôt céder sa place de leader à l'ensemble des pays asiatiques (60% de la population mondiale !), il nous apparaît de plus en plus clairement que ce que nos parents ont pris pour un mode de vie pérenne, une mondialisation de "l'american way of life" avec ses variantes locales ne fut en fait qu'une période exceptionnelle dans l'histoire des hommes. Le conflit actuel entre une partie du monde musulman et nos démocraties occidentales est sans doute un effet certain de cette frustration devant ce que l'on peut appeler un échec : les Trente Glorieuses si brillantes et innovantes n'ont pas réussi à faire en sorte que la création continue des richesses profite à tous.
C'est à cet échec que nous devons certainement bon nombre de nos déboires actuels, à commencer par cette crise pétrolière qui n'en finit plus de menacer l'équilibre de nos économies.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2006
10 février 2006
Questionnaire à l'usage des LEP sur "Ma Bohème" de Rimbaud
MA BOHEME
(Fantaisie)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Arthur Rimbaud
notes :
idéal : le paletot du narrateur est si usé qu'il n'en reste plus que "l'idée", le fantôme d'un manteau.
féal : celui qui est fidèle à la foi jurée, le chevalier fidèle à son souverain par exemple, ou le chevalier servant d'une dame.
Questions sur Ma bohème de Rimbaud
1) Quel est le type de vers employé dans ce poème ?
2) Quel en est le schéma des rimes ?
3) Cette poésie est composée de deux quatrains et de deux tercets. Comment appelle-t-on ce type de texte ?
4) Relevez six mots à la rime où l'on retrouve le même son vocalique (les mêmes voyelles).
5) Comment, dans un texte, appelle-t-on la répétition volontaire d'un même son vocalique ?
Réponses :
1) Les vers employés dans ce poème sont des alexandrins (vers de douze syllabes).
2) Le schéma des rimes de ce poème est, pour les deux quatrains, le modèle ABBA (rimes embrassées) puis, deux rimes suivies pour le premier tercet et enfin les quatre dernières rimes du texte sont embrassées.
3) Une poésie composée de deux quatrains et de deux tercets s'appelle un sonnet. Un sonnet comporte donc 14 vers.
4) Nous pouvons relever à la rime les six mots suivants : "trou", "course", "Grande-Ourse", "frou-frou", "routes", "gouttes". Ces six mots comportent le son "ou" [u].
5) La répétition volontaire, à des fins expressives d'un son vocalique s'appelle une assonance.
Ceci fait évidemment en guise d'exercice très simple pour les classes de Lycée d'Enseignement Professionnel , et franchement, c'est pas la peine de leur infliger de la poésie à haute dose, ils ont autre chose à apprendre !
Par contre, je me souviens d'avoir fait passer, dans le cadre d'un "bac blanc", - un exercice de préparation à l'épreuve si vous voulez -, des oraux de l'épreuve de français et d'avoir été effaré de voir que certains élèves de première dite générale étaient incapables de repérer une allitération dans un texte. Que chacun apprenne ce qu'il doit apprendre pour exercer son métier et les veaux seront mieux gardés.
Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 10 février 2006
31 janvier 2006
Note sur la Blitzkrieg
HISTOIRE LA SECONDE GUERRE MONDIALE
LES PRINCIPES DE LA BLITZKRIEG
Source : HISTOIRE GEOGRAPHIE Seconde et Terminale BEP Nathan Technique (avril 2002, p.12-13).
« Seule la mobilité amène la victoire n’a-t-on pas dit… Toute la question consiste donc à entrer en mouvement plus vite que jadis et à rester ensuite en mouvement malgré le feu adverse afin que le défenseur ait peine à édifier un nouveau front et que le choc offensif soit porté dans la profondeur de son système défensif… Les chars nous permettront d’entrer plus vite en mouvement que jusqu’ici et –chose plus importante – de rester en mouvement une fois la percée réalisée…
A aucun prix, nous n’admettrons de perdre notre temps à de longs préparatifs et de laisser mettre en péril le principe de la surprise… »
Général allemand Guderian, Achtung, Panzer, 1937.
Il s’agit d’un texte rédigé par un général allemand qui fut le principal artisan d’une stratégie basée sur l’utilisation offensive des blindés, le général Heinz Guderian (1888-1953) qui définit ici ce que doit être une offensive dans le cadre d’une guerre de mouvement.
Quels doivent être, selon Guderian, les principes de base de la stratégie offensive ?
Le premier principe est celui de la « mobilité » : une offensive victorieuse est une offensive rapide ; c’est l’un des principes de ce que furent les campagnes militaires de Napoléon Bonaparte et un thème classique en polémologie (science de la guerre).
Guderian affine ce principe de « mobilité » et affirme que le mouvement doit être assez rapide et la puissance de feu assez grande pour surprendre l’ennemi, « percer » ses lignes et entrer « dans la profondeur de son système défensif », c’est-à-dire au cœur même de la défense ennemie de manière à la désorganiser.
Le second principe est donc celui de la « surprise » : mobilité et effet de surprise permettent ainsi d’effectuer des offensives rapides et brutales qui ne laissent que peu de possibilités à l’ennemi de réagir.
Mobilité et effet de surprise permettent donc de mener une guerre-éclair (Blitzkrieg, mot allemand composé de Blitz « éclair » et de Krieg « guerre ») basée sur le couple aviation-divisions blindées. C’est en menant ce types d’offensives que la Wehrmacht (armée allemande) a, dans la première partie de la Seconde Guerre Mondiale (jusqu’à la défaite de Stalingrad) remporté toute une série de victoires qui ont permis à l’Allemagne nazie d’occuper très rapidement la majeure partie de l’Europe.
Patrice Houzeau
Grande-Synthe, le 31 janvier 2006
30 janvier 2006
Quelques chiffres sur les crimes nazis
QUELQUES CHIFFRES SUR LES CRIMES DES NAZIS
Source : BEP Histoire Géographie, Nathan Technique, (Dieudonné, Fugler,...), avril 2002, p.22 pour le "bilan des crimes nazis", p. 25 pour la photographie.

A la lecture de ces chiffres, il me revient en mémoire que le chef de l'actuelle extrême-droite française, Jean-Marie Le Pen, a déclaré un jour que les camps de concentration étaient un "détail" de la Seconde Guerre Mondiale.
Un "détail"... Ah oui ? Vraiment ?
Pas d'autre commentaire sinon cette photographie dont la légende est "en avril 1945, la découverte des fosses communes fut un choc terrible pour les troupes alliées" (cf manuel source p.25) :
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 janvier 2006


