22 décembre 2008
NOUS, LA GARDE VIEILLISSANTE
NOUS, LA GARDE VIEILLISSANTE
Nous, la garde vieillissante, - rheu... rheu... rheu... Houzeau, tu fumes trop ! - nous ne consolons pas de la désindustrialisation de notre vieille France. Où sont nos entreprises, où sont nos patrons, dont nous moquions le paternalisme, mais que nous préférons tout de même à ces conseils d’administration si polis, si anonymes et si corrompus ? Où sont les chèques que nous pouvions échanger contre des espèces sonnantes et trébuchantes au comptoir de nos banques, lesquelles, après nous avoir tant fait la morale, se retrouvent dans des situations telles que tous nous pensons, messieurs les banquiers, que vous êtes vraiment « tous pourris ». Ce qui ne nous empêche pas d’être fort civils et dociles quand nous sommes bien obligés de vous rencontrer (c’est que, nous, les pauvres, nous savons « faire semblant » et que, n’est-ce-pas, il n’y a « pas d’avance »). Non, nous ne nous consolons pas de la perte de nos ouvriers, de nos ingénieurs, de nos « maisons de maître », de nos chantiers, de notre France qui relevait la tête face à l’Amérique toute puissante, de notre France si fière ; nous ne consolons pas de la tertiarisation de notre économie (laquelle tertiarisation a bien du mal à décoller), de l’écologisation de nos esprits, de la bonne-pensance de nos élus, de l’opportunisme des Kouchner (je l’ai jamais trop aimé, lui) ; nous ne nous consolons pas de la perte de notre mode de vie : alors quoi, fini le vin, finie, la moquerie des ronds-de-cuir et des curés, fini le foie gras, la bière, l’insolence de Molière et la verve de Rabelais ? Nous souhaitons, en dernier ressort, que Nicolas Sarkozy (nous le préférons tout de même aux tièdes du parti socialiste) réussisse à limiter les dégâts, à sauver ce qui reste de France en France ; et tant pis pour ceux qui pensent que chez Houzeau, y a comme un arrière-goût de Poujade, rheu !.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 décembre 2008
14 décembre 2008
DEUX CLAQUES
DEUX CLAQUES
(14 décembre 2008)
Paraît qu'la semaine dernière je n'sais pas qui a déposé un amendement à je n'sais quelle sarkozance en cours (ou fillonnerie, mais c'est du pareil au même) en vue d'un allégement d'impôts pour les couillons qu'ont perdu beaucoup en bourse. Bin tiens, et pourquoi pas le Prix Nobel d'Economie au patron, président, manitou, mandarin (ou vice-, ou ex-) de la Société Générale, tant qu'on y est. Enfin, comme disait l'autre, "les cons, ça ose tout", vous connaissez la suite...
Une expression signifiante, c'est celle que j'ai relevée à plusieurs reprises dans la bouche des journalistes et qui concerne les petits cadeaux et les grosses enveloppes que l'UIMM, dans sa grande largesse, distribuait à un tas de Saintes Nitouches (mais j'y touche quand même) syndicales et bien pensantes, et ceci, afin de, je cite, "fluidifier le dialogue social". Mwouais... "fluidifier", "fluidifier", ce s'rait-y pas pour mieux les prendre par derrière, votre truc, là ? - Pornographique, que je vous dis, moi, qu'c'est, leurs tripatouillages !
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 décembre 2008
03 décembre 2008
S'IL S'AVERAIT QUE
S'IL S'AVERAIT QUE
S'il s'avérait que, dans une démocratie telle que notre France de 2008, des gendarmes seraient assez irresponsables pour entrer dans une salle de cours d'un Collège, y procéder, dans un but soi-disant pédagogique, à des fouilles et à des contrôles d'identité de mineurs, faire circuler entre ces mineurs un chien spécialisé dans la recherche de stupéfiants, désigner une collégienne pour procéder sur elle à des "palpations", agrémenter ces palpations de commentaires déplacés du type "avec la tête qu'elle a, on peut la fouiller, on ne sait jamais", je dis que des gendarmes aussi peu respectueux de la sérénité des classes, aussi peu respectueux des personnes, en un mot aussi incompétents, devraient être relevés de leurs fonctions sur le champ. (1)
S'il s'avérait que le Principal de ce Collège ait donné son accord pour une telle parodie de police, il me semble alors évident que ce chef d'établissement a commis une faute professionnelle dont il devrait, dans les plus brefs délais, répondre devant sa hiérarchie.
S'il s'avérait qu'un Procureur de la République ait tenté de couvrir des agissements aussi grotesques en arguant de la nécessité d'une "bonne insécurité", il n'est pas douteux qu'une telle manière de penser ne pourrait conduire qu'à s'interroger sur la déontologie du dit Procureur et, en conséquence, sur ses capacités à exercer sa fonction.
Je dis bien "s'il s'avérait que", - car il est assez difficile de penser que tant de fonctionnaires de la République se soient autant écartés du sens commun et du respect de la personne -, s'il s'avérait que de tels agissements aient eu lieu, dans ce cas, c'est que nous ne serions plus au pays de Voltaire et d'Hugo, c'est que nous ne serions plus au pays de Descartes, mais dans un monde étrange où l'on tenterait, pour des raisons d'intérêt personnel, de faire croire aux petits chefs et aux cornes d'aurochs qu'on ne sait quel intérêt supérieur de l'Etat couvrirait leur épaisse et administrative bêtise.
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(1) - "Alors, dis-moi, ma chérie, qu'est-ce que tu as fait à l'école aujourd'hui ?"
- "Je me suis fait palper par Guignol et renifler par Rantanplan !"
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Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 décembre 2008
26 novembre 2008
CONSTERNANT
CONSTERNANT
Aujourd'hui, 26 novembre 2008, je viens de voir dans le Grand Journal de Canal + une amuserie dans laquelle on voit Christine Lagarde, notre actuelle ministre de la désindustrialisation, déclarer que : "La france rentre dans la crise avec un bon élan" !
Je n'invente rien. Formidable donc d'entendre que c'est avec allégresse, enthousiasme, joie de vivre, plaisir d'offrir, et une bonne volonté aussi inébranlable que les convictions de Dame Lagarde, que la France prend son élan, - que dis-je "son élan", son envol, oui ! - pour se ratatiner, se choucrouter d'envergure, se gameller dans les grandes largeurs, s'agonir, se paumer, se viander, se fracasser, se béchameliser dans les fonds souverains, s'engouffrer, s'engloutir, se vider de sa moelle et tomber dans le recul absolu des croissances négatives, et ce jusqu'à ce que les mots n'aient plus de sens.
Comme nous disait l'autre : "Nous étions au bord du gouffre, mais heureusement, nous avons fait un grand pas en avant !"
Et puisque nous causons littérature, citons donc un autre grand auteur : notre éclairé Président de la République, le fringant Nicolas Sarkozy, qui en visite à Valenciennes, a apporté une primordiale précision linguistique en affirmant haut et clair qu'il n'est pas d'accord avec l'expression "chômage partiel", non, car c'est plutôt "d'activité partielle" qu'il s'agit, qu'il dit, le phare de l'Europe, le pourfendeur de calamités, le grand affirmateur de grandes vérités.
Ô miracle de l'Euphémisme, et de Sainte Litote (celle qui n'a pas de petites tototes), qui transmutent la bouteille à moitié vide en bouteille à moitié pleine, la morue en cabillaud, la femme de ménage en technicienne de surface, et qui, une fois encore, réussit à nous faire passer la baisse d'activité pour un sursaut salutaire, la crise économique pour un assainissement du marché, l'incompétence pour de la démocratie, l'inconséquence pour la démocratisation de l'enseignement supérieur, et 0,1 point de croissance pour quelque chose de possible.
Savent-ils seulement ce qu'ils disent, on finit par se le demander.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 novembre 2008
12 novembre 2008
EST-IL VRAI QUE...
EST-IL VRAI QUE...
Est-il vrai que, en France, comme je l'ai entendu dans les médias (nous sommes en novembre 2008 et la banque NATIXIS annonce une perte de 250 millions d'euros pour le mois d'octobre, démentant ainsi les informations parues dans la presse et faisant état de pertes se montant à 975 millions, ce qui fait que l'on peut ainsi juger que les gestionnaires de NATIXIS sont moins nuls qu'on le dit, ou alors très très menteurs!) est-il vrai donc que le Ministère de l'Education Nationale s'apprêterait à lancer un appel d'offres (ah tiens, je croyais qu'ils étaient fauchés) afin qu'une entreprise puisse leur rendre le très grand service d'assurer une veille informatique dans le but de définir qui sont, dans l'opinion, les "leaders d'influence" et ceci, disent-ils, de manière à ce que le Ministère puisse se faire l'idée la plus fine possible de ce que pense l'opinion publique en général et son personnel en particulier ?
Ouiche ! Ce serait pas plutôt afin d'établir des fichiers fort utiles à la censure, la mise au placard, et/ou la mise en oeuvre des pressions nécessaires afin que chacun n'oublie pas de rester à sa place, de la boucler et d'être bien poli avec la hiérarchie (laquelle n'est jamais qu'une longue suite de fonctionnaires plus ou moins efficaces, plus ou moins bornés, - ou nonchalants -, payés avec les impôts des gens et sûrs d'avoir raison, - ben tiens ! puisqu'ils ont eu le concours !) ?
En tout cas, pour ma part, on sait ce que je pense. Et d'ailleurs, je persiste et je signe :
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 novembre 2008
16 octobre 2008
CANCER DES SPECULATIONS
CANCER DES SPECULATIONS
1) Diagnostic.
Le capitalisme est double. Il se donne pour but la satisfaction des besoins par la production des richesses. Il est aussi une gestion des capitaux ; ce qui suppose, les besoins vitaux étant loin d’être partout satisfaits, une gestion de l’horreur du monde. La gestion de la richesse est donc aussi une gestion de la pauvreté.
Cette gestion particulière des capitaux que l’on appelle « spéculation » ne peut être rentable que par une organisation de la pénurie puisqu’il s’agit d’anticiper sur les besoins des populations et éviter tout risque de surproduction en équilibrant savamment satisfaction et frustration, et ceci afin de faire « grimper les cours ». Lorsque la frustration l’emporte sur la satisfaction et menace de désorganiser le système, on s’empresse alors de vendre des armes aux gestionnaires de la misère, et tout rentre dans l’ordre du plus endetté des mondes possibles.
La spéculation tend d’ailleurs à se substituer à la production, c’est-à-dire à l’investissement, afin que l’argent puisse servir à l’argent et que le signe multiplie le signe.
C’est comme cela que l’on en arrive à l’illusion de la richesse.
Mais, l’argent ne se mangeant pas en salade, les spéculateurs, en ce début de XXIème siècle, semblent enfin comprendre qu’ils ont eux-mêmes dégoupillé la grenade qui leur déchiquettera les mains.
D’où malaise et patatras, chute des cours et prises de tête.
2) Thérapie.
L’Etat, en garantissant les crédits inter-bancaires, devient donc l’assureur des banques. Comme tout bon assureur, l’Etat a donc l’obligation de veiller à ce que ses clients ne courent pas de risques inutiles.
Les risques encourus par les banquiers sont tout entier dans la tentation spéculative, ce péché d’orgueil de la finance.
C’est donc un retour à l’investissement dans le travail des hommes et la production de biens matériels qui doit caractériser le libéralisme garanti par l’Etat, c’est-à-dire le contrat social.
D’ailleurs, la mauvaise habitude des « bulles spéculatives » ne peut résister à la mondialisation des marchés. Considérant que la faiblesse des revenus des salariés américains et l’abus spéculatif furent à l’origine de la dépression de 1929, on peut penser que la faiblesse des salaires dans les pays émergents et les nouvelles puissances financières, ainsi que la croyance naïve en la multiplication magique des dividendes, sont à l’origine de la crise économico-financière que nous traversons actuellement.
Il est à espérer que cette crise ne se réglera pas cette fois par une guerre mondiale de plus. Je crois pourtant que nous ne tarderons guère à entendre un peu partout des bruits de bottes, et le verbe haut des orateurs populistes et militaro-industriels.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 octobre 2008
15 octobre 2008
360 MILLIARDS D'EUROS
360 MILLIARDS D'EUROS.
(Note sur la propagation mondiale de la crise dite des "prêts hypothécaires américains" d'octobre 2008)
360 milliards d'euros ! La somme en fait bondir beaucoup qui demandent pourquoi l'Etat français pourrait débloquer une telle somme pour recapitaliser et aider les banques défaillantes alors même que le gouvernement n'a cessé jusqu'ici de rappeler qu'il était nécessaire, dans bien des secteurs, de diminuer les dépenses de fonctionnement (santé, défense, éducation nationale,etc...).
C'est que ces 360 milliards d'euros, - somme colossale en effet -, n'existent que sur le papier. Il s'agit de l'ouverture d'une ligne de crédit, rien de plus. Au cas, où effectivement, certains établissements financiers demanderaient à être aidés par une partie de ces fonds, l'Etat, pour faire face à ses engagements, devrait emprunter, et donc accroître la dette publique (ce qui pourrait impliquer un futur "plan de rigueur" et de nouveaux désengagements en matière de dépenses publiques, sinon des hausses d'impôts). A qui emprunterait-il ? Aux banques saines, bien entendu (et il en est beaucoup plus qu'il n'y a de banques en délicatesse) et aux Français bien sûr (sous forme d'emprunts d'Etat, par exemple).
La morale de l'affaire est donc que l'Etat français s'est porté garant de la solidarité nationale (banques saines et épargnants) afin d'empêcher que les naïfs et les complaisants qui ont cru à la probabilisation de la rentabilité des produits financiers à risque ne paralysent pour longtemps le système financier et ne découragent l'investissement privé.
Il est vrai qu'une fois la crise passée (et ça peut prendre du temps), l'économie réelle retournera à ses problèmes (notamment en matière de formation professionnelle, laquelle fut, jusqu'à maintenant, dans un bien triste état, les dépenses de fonctionnement y ayant depuis longtemps dépassé les dépenses d'investissement, en matière de santé, d'emploi, etc...).
Je me félicite pour ma part que Gordon Brown, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, et derrière eux toute l'Europe, aient pris les choses en main et apportent une réponse intelligente à cet état d'urgence économique auquel sont arrivés les marchés.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 octobre 2008
07 octobre 2008
QUELQUES NOTES SUR LA CRISE EN COURS
QUELQUES NOTES SUR LA CRISE EN COURS
1) Les dettes des banques ne peuvent être comparées aux dettes des particuliers en cela que les dettes des banques représentent une valeur inter-bancaire aisément récupérable en cas de retour de la croissance, cependant que l’Etat a justement pour fonction de garantir la pérennité de cette croissance.
En cela, l’Etat est comparable à un assureur auquel les banques payent une prime (sous forme d’impôts et de prêts) et qui, en cas de crise, intervient pour garantir le redémarrage du système.
2) Le concept d’«économie stable» est une fumisterie. Le monde économique est soumis en permanence à des mouvements complexes, à des tensions, des tentations, des rédemptions, des changements stratégiques et des revirements tactiques. En cela, le monde économique est effectivement comparable aux grandes manœuvres des champs de bataille, lesquelles ne peuvent se faire sans prévisions de pertes et, une fois la crise enclenchée, sans pertes effectives.
3) La crise actuelle n’est comparable qu’en apparence à celle de 1929. En effet, au début des années 30, les Etats n’ont pu éviter la faillite d’une partie du système bancaire international et n’ont pu maîtriser l’hyperinflation allemande, laquelle amena les nazis au pouvoir et fut probablement l’élément déclencheur de la Seconde Guerre Mondiale. Actuellement, les Etats interviennent les uns après les autres pour soutenir les banques défaillantes et il est fort heureux que Jean-Claude Trichet reste fidèle à la mission principale de la Banque Centrale Européenne : éviter tout risque inflationniste en Europe.
Cependant, il conviendra de prêter la plus grande attention aux Nouveaux Pays Libéraux (Russie et ex-Europe de l'Est) où le manque de transparence de certains circuits d'investissement pourrait jouer de fort vilains tours aux épargnants ainsi qu'aux investisseurs de "bonne foi". La Russie sera-t-elle au début du XXIème siècle ce que fut l'Allemagne au début du XXème ? Espérons que non.
4) Toute croissance est à la fois continue et discontinue. Elle procède par ruptures successives et réussites spectaculaires, lesquelles ne peuvent se faire sans la critique (la mise en évidence de toute crise dont tout système est constitué) que ses acteurs mettent en œuvre à chacun de leurs choix. L’économie est autant une affaire de gestes techniques (la continuité) que d’actes.
5) Il est assez vain de croire à une réponse européenne à la crise sur le modèle de l’intervention de l’Etat américain (les fameux 700 milliards de dollars injectés dans le système et qui devraient servir au rachat par l'Etat fédéral des produits financiers "toxiques"). En effet, les Etats-Unis constituent une puissance fédérale capable, en cas de nécessité absolue, d’apporter une réponse claire et sans équivoque alors que l’Europe reste, pour l’heure, un club chic d’Etats-Nations aux intérêts divergents.
6) Et puis, alors que dans un même pays, les banques ne se font guère confiance entre elles, comment voulez-vous instaurer ne serait-ce qu’une apparence de confiance entre des banques étrangères, de culture et de tradition différentes ? C’est d’ailleurs pour avoir été trop confiantes dans les systèmes de notation américains (et peut-être aussi dans l’illusion probabiliste) que certaines banques européennes ont perdu beaucoup d’argent dans la crise dite des « subprimes ».
7) Je ne sais pas si les banques françaises sont aussi menacées que leurs homologues anglo-saxonnes, beneluxembourgeoises et allemandes, mais s’il s’avère que la France, comme on le dit, s’en sorte plutôt mieux que les autres en ce qui concerne la crise financière proprement dite (ne dit-on pas aujourd’hui, mardi 7 octobre 2008, que la BNP est devenue, à la faveur de la crise justement, la plus importante banque de dépôt européenne ?), je crains que, par la faute d’un système de formation hypertrophié et prétentieux, la crise de l’emploi qui, inévitablement, suivra la crise financière, ne soit en France plus grave qu’ailleurs.
8) Ceux qui s’imaginent que la crise actuelle des liquidités sonnerait le glas du capitalisme n’ont probablement aucune idée de l’incroyable richesse du monde : parce que l’on ne peut concevoir le libéralisme économique sans libéralisme politique, il ne se peut que les Etats les plus puissants abandonnent un système qui leur permet de garantir les libertés individuelles tout en gagnant de l’argent sur l’acharnement que mettent les humains à faire du mieux qu’ils peuvent dans le meilleur comme dans le pire.
9) Il n’est pas douteux non plus que cette crise financière ne soit la première d’une série qui marquera non pas la mort du libéralisme économique, mais la passation des pouvoirs de ce monde de l’Occident à l’Extrême-Orient, du vieux monde à l’Asie toute neuve. La France deviendra peut-être alors une puissance de second rang ; enfin débarrassés de toutes nos obligations de grandeur, nous vivrons mieux sans doute, dans un système social-démocrate à la suédoise, payant beaucoup d’impôts, mais pris en charge, tout au long de notre vie, par un Etat (une Europe peut-être) bienveillant et satisfait.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 7 octobre 2008
14 septembre 2008
HONDEGHEM ET SES MENTEURS
HONDEGHEM ET SES MENTEURS
Revoici bientôt le temps de la chasse et de ses abrutis en treillis.
Moi, vous me connaissez, je suis d'un naturel tranquille. Seulement, voilà, quoique tranquille, je n'en suis pas moins haineux. Et, en l'occurrence, en tant que riverain, je n'apprécie guère qu'un dimanche matin, sur le coup de 8 heures 40, deux rigolos qui, par leur apparence, tentent de se faire passer pour des gardes forestiers, et qui ne sont, je cite que : "Le Président du Comité de Chasse du Secteur" (1) et son "garde" m'accostent dans une voiture noire genre land rover du pauvre pour me reprocher que mon chien ne soit pas tenu en laisse sur le chemin (où il n'y a que des champs, de la gadoue, des pesticides et de la vague terre avec herbe) et que, je cite encore : "je dérangeais tout". Les zèbres en kaki avec bande blanche du style "c'est nous qu'on est des gendarmes" ont cru m'impressionner. Je leur ai demandé s'ils travaillaient pour l'administration, le plus avec l'accent belge des deux (il a d'ailleurs évoqué les "gardes fédéraux") m'a répondu qu'il était assermenté. Je lui ai donc demandé par qui ?
- "Par moi-même !" qu'il m'a répondu, le zélé du dimanche, et "par Monsieur le Préfet !" et ce monsieur-là m'a-t-il dit en me montrant le muet (2) à côté de lui est "mon garde personnel" (tu parles !).
J'ai pensé que c'était pour ce genre de crapules démocratiques que je payais des impôts et que, jadis, j'avais patrouillé dans les marais du Lübars, et je me suis dit en regardant s'éloigner dans la paix du village endormi le véhicule assermenté lui aussi sans doute que j'allais me fendre d'un billet vengeur et, éventuellement, d'une missive administrative.
(1) Lequel ?
(2) Un Flamand peut-être ?
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 septembre 2008
25 août 2008
DU PRINCE BELLIGERANT
DU PRINCE BELLIGERANT
Le Prince qui laisserait ses commandants envoyer au devant d'un ennemi aguerri et déterminé de jeunes soldats à peine sortis des classes (quand bien même elles auraient duré cinq ou six mois) ne se montrerait guère plus avisé que ces commandants inconséquents.
Le Prince qui, tirant la leçon des dix hommes qu'il a dû mettre en terre, comprendrait que, face à un ennemi aguerri et déterminé, ce qui importe, si on tient vraiment à le vaincre, c'est d'isoler les groupes mobiles constituant la guerilla de cet ennemi ; c'est, pour cela, de faire appel à des forces spéciales, et, si besoin est, à des mercenaires ; c'est de tarir la source d'approvisionnement en armes et en argent de cette guerilla, c'est enfin de comprendre que, aussi bien armé soit-on, on ne peut gagner une guerre sur un terrain qui n'est pas le nôtre en multipliant des démonstrations de force aussi inutiles que coûteuses.
La guerilla est patiente. Elle sait que, si elle réussit à perdurer, viendra le temps où elle verra passer le corps de son ennemi. Elle sait aussi qu'un ennemi surpuissant ne peut pourtant qu'occuper des places fortes tandis qu'elle, la guerrilla, se donne pour objectif de rendre des plus périlleuses les voies de communications entre ces places fortes, de s'infiltrer le plus souvent possible aux abords de ces places fortes, de mener une guerre d'usure sans attaquer de front mais en blessant de manière à démoraliser l'ennemi, à le convaincre que rien n'est acquis et que ce qu'il croit gagné n'est que l'apparence de la victoire.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2008
