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Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

03 décembre 2007

"ET ILS FONT QUOI CEUX QUI N'ONT PAS LEUR BAC PRO ?"

"ET ILS FONT QUOI CEUX QUI N'ONT PAS LEUR BAC PRO?"

Suite à mes différentes prises de position en faveur de la mise en place du Bac Professionnel en 3 ans, et donc à l'abandon du système des BEP, un contradicteur, qui par ailleurs se permet de me tutoyer (aurions-nous, cher Monsieur, joué les Gorets Volants ensemble du temps où il y avait un Mur à Berlin?), un contradicteur donc  me pose cette intéressante question : "Et ils font quoi ceux qui n'ont pas leur Bac Pro?"

Ce qui m'amène à mon tour à lui demander : Au nom de quelle transcendance, de quelle providence, faudrait-il que tous ceux qui entrent à l'école obtiennent un diplôme ?
Est-ce qu'ils obtiennent tous leur Bac Général, les élèves des Lycées Généraux?
Est-ce qu'ils sortent tous de l'Université avec un diplôme, les étudiants des Universités?
Alors quoi? Pour ma part, s'il suffisait de s'inscrire quelque part pour obtenir un diplôme, je m'inscrirais à l'Ecole des Rentiers, c'est moi qui vous l'dit!

Cependant, je vois bien où mon contradicteur veut en venir : "S'il n'y a plus de BEP, s'il n'y a plus que le Bac Pro, alors il est clair que certains élèves sortiront du système scolaire sans autre diplôme que le Brevet des Collèges (et encore, tous ne l'ont pas)."
Ce à quoi je fais remarquer que la plupart des BEP industriels ne sont, à ce jour, toujours pas reconnus par le monde de l'industrie qui leur préfère soit un Bac Professionnel (justement) ou une formation par apprentissage.
Cet échec des BEP a beaucoup nui à la fréquentation des Lycées Professionnels qui, mon interlocuteur le sait-il (?), ne cesse de baisser, bon nombre d'élèves votant avec leurs pieds en allant s'inscrire dans des CFA (Centres de Formation des Apprentis) ou même en abandonnant leurs études, tout simplement et avant même de passer le moindre examen.
Il sera certainement donc plus profitable à un élève d'avoir un niveau Bac Pro (ce sera à lui, s'il n'a pas l'examen, de faire ses preuves) qu'un BEP qui ne garantit en rien le réel savoir-faire des élèves (trop de reçus, trop de notes remontées en commission d'harmonisation, trop de surnotage en CCF, les fameux Contrôles en Cours de Formation notés par les professeurs des sections concernées eux-mêmes!).
Bien sûr, c'est parce que, manque de candidats et nécessité de maintenir des postes obligent, l'entrée en Bac Pro est devenue dans bien des cas quasi automatique (1) qu'actuellement certains Bacs Professionnels sont à leur tour remis en question par le marché de l'emploi ! Nous le savons tous et regrettons que l'orientation en classe de Seconde Générale soit trop souvent la règle, les sections professionnelles étant souvent choisies par défaut (quelquefois c'est tout simplement parce que le LP n'est pas trop loin du domicile familial que certains s'y inscrivent rapport à ce que, n'est-ce pas, pour les allocations familiales ou les impôts, il faut que le gamin i soye bien quelque part).
Il n'empêche : mon contradicteur juge-t-il si sérieux que, aujourd'hui, pour devenir agent spécialisé dans l'hygiène des locaux  (femme de ménage) il est apparemment nécessaire de passer un BEP (maniement du balai et autres accessoires niveau 1 et 2, fort utile si l'on veut apprendre à bien nettoyer chez soi et chez d'autres personnes aussi) puis un Bac Professionnel (2 ans d'initiation à l'utilisation des divers produits nécessaires à l'hygiène de tout type de locaux, des couloirs des institutions aux entrepôts, hôpitaux et autres locaux quelque peu spécifiques?) (2) Ne serait-il pas préférable de créer un bon CAP de femme de ménage (2 ans) parallèlement à un Bac Professionnel en trois ans qui formerait les agents spécialisés (et bien sûr qu'il en faut!)

Mon interlocuteur ajoute que chacun sait que ce Bac Pro en 3 ans n'est en fait qu'une manière de faire des économies. Peut-être bien. Et alors? Mon interlocuteur considérerait-il, par hasard, que les sommes jusqu'ici consacrées aux BEP ont été si utiles qu'elles n'ont pu empêcher ce taux de chômage à près de 20% qui concerne les jeunes gens entre 18 et 25 ans, qu'elles n'ont pu empêcher sur le marché du travail le décalage criant entre offre et demande (emplois non pourvus dans un tas de secteurs, c'est même pour cela, -le manque de main d'oeuvre-, que l'on relance l'immigration en France sous l'appellation "immigration choisie"), qu'elles n'ont pu empêcher la multiplication des emplois déqualifiés (renseignez-vous, dans les centres d'appel, des Bac + 2, Bac + 3 font un travail de chargé de clientèle et occupent des emplois pour lesquels un simple BEP Vente Action Marchande ou un Bac Pro Commerce devraient pourtant suffire) (3).

Notes :
(1) alors qu'il était prévu au départ, lors de la création des dits Bac Pro, que le conseil de classe pouvait refuser l'entrée du Bac Pro à un élève jugé peu fiable, même si celui-ci obtenait son BEP. Et encore, je puis vous assurer, car je l'ai vu de mes yeux, que, dans certains établissements, l'on trouve inscrits en première année de Bac Pro des élèves qui n'ont même pas reçu la formation BEP préalable au Bac Pro préparé, genre titulaire d'un BEP Secrétariat qui se retrouve en 1ère année de Bac Pro Commerce!
(2) Et je ne vous ai pas tout dit ! Une fois obtenu leur BEP, les filles (allez savoir pourquoi, ce sont souvent des filles que l'on retrouve en BEP Maintenance et Hygiène des Locaux) les filles donc sont pressenties pour s'inscrire en Bac Pro afin de s'y spécialiser. Bien ! Sauf que ces spécialisations les amène à postuler à des emplois dans l'industrie, laquelle industrie, pour ce genre de travail de désinfection, préfère embaucher des hommes!
(3) Je connais personnellement des employés parfaitement bilingues et d'un bon niveau d'études (certains ont même enseigné comme vacataires dans l'éducation nationale!) qui actuellement gagnent un peu plus que le SMIC en vendant par téléphone et 35 heures par semaine des voitures Tintin et des tasses à thé illustrées de charmants petits toutous ; d'autres ont fait de la comptabilité, d'autres de la filmologie (Bac + 3), et si c'est du riz, tu le saleras...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 décembre 2007

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02 décembre 2007

ENFIN LE VOILA LE BAC PRO EN TROIS ANS !

ENFIN LE VOILA LE BAC PRO EN TROIS ANS !

J'ai appris récemment que le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, souhaitait multiplier le nombre de sections Bac Pro (Baccalauréat Professionnel) en trois ans, lesquelles se substitueraient donc aux actuels BEP en deux ans suivis des deux classes de 1ère et de Terminale Bac Pro (quatre ans ! eh oui ! c'est long !)
Enfin ! dis-je en applaudissant de tous mes bras (ils sont beaucoup moins longs que ceux de la plupart des gens qui dissertent de pédagogie, mais ils sont plus teigneux car je vous l'ai déjà dit que j'étais méchant ; d'ailleurs, si vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à demander à ma mère !).
Enfin, ils vont passer à la trappe, les BEP et leurs cortèges d'heures tout justes bonnes à justifier le maintien des postes : Education Civique Juridique et Sociale (ou comment les vilains petits canards sont censés raisonner en citoyens responsables), Projets Pluridisciplinaires à Caractère Professionnel (Qui c'est qui va encore rester le mercredi après-midi au Lycée pour finir ce que les élèves n'ont même pas commencé ?), heures de vie de classe (Ah bon, il vous a dit ça, le prof de français ?) et toutes ces biduleries  généralistes, ces référentiels délirants et séquentiels qui, au fil du temps, des années, des ministres et des bouquins à Meirieu (Philippe), entamaient de plus en plus le volume horaire de l'enseignement professionnel proprement dit au profit des professeurs d'enseignement général dont certains commençaient d'ailleurs à se sentir pousser des ailes et à s'y croire un peu dans le genre "correcteur de destins" (poil aux seins) et "dispensateur de culture pour tous" (poil aux j'nousses).
Ceci dit, et puisqu'il y aura maintenant trois ans entre la classe de 3ème et la Terminale Professionnelle, que va-t-on faire de tous ces professeurs que les successifs gouvernements des années 90 ont cru bon d'embaucher par lots entiers ? (Cette politique qui fut surtout mise en oeuvre par la gauche ne lui a d'ailleurs guère servi, comme on le voit actuellement où, à vrai dire, eh bien la gauche, la gauche, mon vieux, elle semble ne même plus se rappeler ni de son nom ni d'où elle vient, la gauche).
Ah ! c'est qu'il y en aura des grincements de dents pour cause de mutation, de reclassement et autres tracasseries administratives (peut-être même des licenciements, si ça se trouve !).
C'est le moment, Monsieur le Ministre, de sortir le porte-monnaie, pour les étrennes, pardi ! Et si c'est pas assez, on vous le fera savoir !
Et puis, que va-t-on faire de tous ces étudiants qui, pour l'heure, manifestent contre l'autonomie de leurs chères universités et qui s'y voient déjà peut-être à "corriger les destins" et promouvoir la sacro-sainte culture pour tous et par tous ? Ils vont en faire une bobine quand ils se rendront compte de la baisse du nombre de postes ouverts aux concours ! (1)
Sûr qu'ils vont aller voir dans le privé si par hasard, les patrons, ils embaucheraient pas. C'est à ce moment-là qu'ils changeront peut-être d'avis sur l'autonomie des facs, les grévistes du savoir.
Bon, en espérant que l'on ne refera pas avec le Bac Pro nouvelle mouture les mêmes erreurs qu'avec le bien trop généraliste BEP, c'est donc une bonne nouvelle pour l'enseignement professionnel que ce Bac Pro-là.
Ceci dit, j'espère que l'on maintiendra aussi les CAP avec toutes leurs spécificités (en particulier les CAP coiffure-esthétique, fleuriste et autres spécialités fort utiles à l'agrément de la société, CAP dits de services où, fort heureusement, les professionnels tiennent encore la barre) car de drôles de choses me sont arrivées aux oreilles. Pour l'instant je n'en dirai rien, faute d'informations assez précises.

Note:
(1) A cet égard, c'est-y-vrai, comme me l'a affirmé un collègue, qu'il y a actuellement dans les universités françaises plus d'étudiants inscrits en psychologie qu'il y a de psychologues dans toute la Communauté Européenne ? Si cela est vrai, eh bien, nous pouvons-nous poser la question de la finalité réelle de tant d'inscriptions (ce serait-y pas pour justifier des crédits dans l'enseignement supérieur, par hasard ?) et nous ajouterons, car nous ne sommes pas très bienveillants, qu'il nous semble avoir ouï souvent à la radio, à la télé, et partout où on donne des infos que les Français étaient champions d'Europe en matière de consommation de tranquillisants et autres pilules à ébahir. Je réïtère donc ma question : sont-ils bien utiles, tous ces aspirants-psychologues ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 décembre 2007

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26 novembre 2007

QUE NUL N'ENTRE ICI

QUE NUL N'ENTRE ICI

Entendu hier, dimanche 25 novembre 2007, sur France 2  (Journal Télévisé) que dans certains des Lycées de notre si libérale France des arts et des lois, quelques élèves, intégristes chrétiens ou fondamentalistes musulmans,  manifestaient leur mécontentement en claquant la porte des cours où étaient abordés le darwinisme et la question de l'évolution des espèces.
Evidemment, claquer la porte est une manière de clore le débat.
Du reste, rares sont les intégristes et autres fanatisés du créationnisme, pour lesquels Dieu a tout fait d'un coup : la Femme, l'Homme, la Pomme, le PMU, les émeutes en banlieue et Philippe Meirieu, rares sont-ils, parmi ces zélès serviteurs de la foi, ceux qui acceptent de débattre.
D'ailleurs, en ce qui concerne l'histoire de la science, au niveau du Lycée, franchement, y a-t-il lieu de débattre ?
J'ai entendu dans le même Journal Télévisé une très bonne âme, un pressenti du ministère pour prêcher la bonne parole, affirmer que l'on pouvait s'en tirer en faisant remarquer en introduction au cours que, - je cite de mémoire - : "Si pour Darwin, l'Homme vient de la Nature, le même Darwin ne se prononce pas sur l'origine de cette Nature."
Jésuitisme ! fallaciosité abominable ! Salsifiesque proposition que celle qui donne à penser qu'un simple artifice oratoire suffirait à enrayer la promotion de la pure opinion comme vérité en-soi.
On ne négocie pas avec le Diable, surtout s'il porte la petite moustache ou la barbe.
On ne négocie pas avec le Diable ! S'il veut sortir de la boîte, qu'il sorte et n'y revienne que montrant patte blanche !
Du coup, je pense que, dès qu'ils ont claqué la porte, ces jeunes gens si sûrs de leur bon droit, eh bien, cette porte claquée doit leur rester fermée tant qu'ils ne se sont pas excusés de leur conduite et accepté de mettre leurs croyances et autres superstitions entre parenthèses (tout au moins le temps du cours).
Vous savez quoi ? je pense qu'il faudrait inscrire au fronton de nos Lycées cette formidable maxime qui fit les beaux jours de nos cours du temps où les Lycées n'étaient pas encore devenus des garderies de luxe :"QUE NUL N'ENTRE ICI S'IL N'EST GEOMETRE".
Personne n'y perdra, je vous l'assure, sauf les incurables.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 novembre 2007
 

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23 novembre 2007

LA FÊTE AUX NEUNEUS 2007

LA FÊTE AUX NEUNEUS 2007

Je l'ai vu, vendredi 23 novembre, allez c'est la grève ! Lycées bloqués ! Allez ! pétards et bricoles à étincelles ! c'est qu'on peut les secouer, les grilles ! Allez ! On conteste ! "A bas la loi Fillon !" que je lis sur une pancarte ! Ah il est en avance, le gazier ! Allez ! Faut les perturber, les cours, faut passer les grilles, courir dans les couloirs, brom-brom-brom, beuglant comme des veaux ! apeurant la minette ! Allez ! Qu'ça s'ameute ! Qu'ça perturbe ! C'est nous qu'on est qu'on est les Lycéens, les "étudiants" comme on dit maintenant qu'on a quitté les jupes du collège unique ! Allez ! c'est nous qu'on est les rois ! C'est le règne de l'enfant-roi ! Ils l'ont assez dit, assez dénoncé, les psychos d'la télé avec leurs bouquins pour gondoles de grandes surfaces et nunucheries de France Inter ! L'enfant tyran est là, revendicatif, agressif, frustré ! Il veut sa ration de lutte ! Peu importe la cause ! Trop mous, les profs, trop gonzesses ! Il nous faut du contestable ! Qu'on puisse s'affirmer un peu ! Allez ! On va aller en ville ! faut la gêner, la circulation des contribuables ! Faut qu'on nous voye ! On n'est pas que des statistiques en hausse dans le délire des 80% au niveau du bac ! Allez ! On est d'la chair aussi, d'la gueulance, d'l'envie de boire un coup, de s'peloter, de finquer la camel ou la marlboro tranquillou sans qu'ils nous viennent chercher des poux, les hygiénistes à plus un poil sur le caillou ! Allez ! C'est mort ! V'là les flics ! grilles fermées... Il en tire une gueule, le proviseur ! J'l'ai vu, ça moi, pas l'inspecteur des profs sans doute, occupé du niveau qui monte qu'il est trop, des comptes à rendre, des citations à faire, c'est qu'il n'est pas n'importe qui, lui, vu qu'il est inspecteur ! Pas grave, il le lira dans le Nouvel Obs ou Libé avec un commentaire de BHL, de Finkielkraut ou de Meirieu (Philippe) ! Allez ! C'est mort ! on s'arrache ! Au bahut suivant! Ou dans le centre ! Faut pas louper le bus quand même ! Sinon on est mort - c'est clair !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 novembre 2007 

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19 novembre 2007

DE LA CONDITION DES ETUDIANTS STAGIAIRES

DE LA CONDITION DES ETUDIANTS STAGIAIRES

On sait que bon nombre d'étudiants stagiaires, -je parle ici de l'enseignement supérieur-, se plaignent, à raison, d'être fort mal payés, -et même parfois pas payés du tout-, lors des stages qu'ils effectuent en entreprise. Il est vrai que les grandes entreprises traitent trop souvent avec condescendance les universités incapables de négocier avec elles des conditions décentes de stages.
A cet égard, la loi sur l'autonomie des universités pourrait améliorer, je pense, le sort de nos jeunes chercheurs.
En effet, il se pourrait bien que, lors de la mise en place des différents partenariats induits par la nécessaire autonomie des universités, ces dernières ne soient plus obligées de se comporter en quêteuses de quelques subsides, mais soient en position de négocier avec le secteur privé de véritables contrats de partenariat, et non plus de simples conventions.
La donne s'en trouverait ainsi bouleversée. Les entreprises qui voudraient ainsi accueillir en stage de jeunes chercheurs aux compétences reconnues par l'université devraient donc se décider à les payer décemment.
On me dira que mon discours induit que les universités seraient dès lors mises en concurrence. Mais, ne soyons pas hypocrites, c'est déjà le cas ! Par contre, soyons sûrs que si les universités ne développent pas dès maintenant des partenariats solides avec le secteur privé, il leur arrivera ce qui arrive actuellement aux Lycées Professionnels : elles se videront de leurs étudiants partis chercher ailleurs (à l'étranger par exemple, ou dans des formations privées) des formations plus concrètement professionnalisantes, perdront postes, crédits et crédibilité, seront alors obligées de gérer une image dégradée et obsolète et connaîtront cette honte de plaider des causes perdues auprès de ministères et d'entreprises dont elles deviendront les plaisantes marionnettes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 novembre 2007

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TELS QU'ILS SONT

TELS QU'ILS SONT

On a dit de Corneille qu'il peignait les hommes tels qu'ils "devraient être" et que Racine les peignait "tels qu'ils sont." Il en est de même sans doute dans nos lycées où beaucoup prennent les élèves "tels qu'ils devraient être" quitte à projeter sur eux un fantasme de "citoyen idéal", qui n'existe guère que dans la langue de bois des politiques, et qui en outre, masque un mépris certain pour tous ceux qui ne suivraient pas la voie royale de la "culture pour tous", de l'humanisme le plus niais, et, en fin de compte, du "politiquement correct". Il semblerait plus juste de les prendre "tels qu'ils sont", ces élèves bien plus divers que le disent les statistiques ; c'est ce que font d'ailleurs, sans le dire, la plupart des enseignants, les prendre "tels qu'ils sont", c'est-à-dire comme des êtres libres puisque sociabilisés, et sociabilisés non dans le carcan d'une communauté fermée mais dans la modernité d'une société ouverte .

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 novembre 2007

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14 novembre 2007

HIER DANS MON LYCEE

HIER DANS MON LYCEE

Hier, dans mon Lycée, ça piquait un peu les yeux à l'étage : gaz lacrymo (effet pervers de la rénovation des BEP et de l'illusion du niveau de culture générale qui monte).
Mais, ce qui est vraiment intéressant, c'est la réaction d'un de mes élèves étrangers :
- "Pourquoi ils font ça, Monsieur ?"
Eh oui, il ne comprend pas, lui qui vient d'un pays sans avenir, un pays où l'on détourne l'aide humanitaire, où les marchands d'armes sont reçus comme des rois et les journalistes emprisonnés, il ne comprend pas pourquoi dans cette France où il est venu parce que la France, n'est-ce pas, est un pays riche, il ne comprend pas, lui qui veut apprendre, pourquoi il y a des gamins qui balancent du gaz lacrymogène dans les couloirs.
Que lui répondre ?
Que lui répondriez-vous, Meirieu, vous qui avez toujours réponse à tout ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 novembre 2007

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12 novembre 2007

DES NEO-STALINIENS

DES NEO-STALINIENS 

Il y a des choses qui ont le don de me mettre en colère, et le fait d'empêcher un étudiant de travailler en lui bloquant l'accès aux bâtiments relève pour moi d'un pur stalinisme, d'un pur déni de la liberté des autres.
Les petits coqs rouges qui actuellement bloquent les entrées des universités pour protester contre une loi par ailleurs votée et qui ne les concerne finalement que très peu
(1), même s'ils sont majoritaires (2), n'ont aucune légitimité à empêcher quiconque veut accéder à l'Université de le faire. Ces imbéciles semblent avoir oublié que les traditionnels piquets de grève des conflits sociaux de l'industrie ont pour but d'empêcher le déménagement de l'outil  de travail par la Direction ou encore que les postes soient pourvus par des travailleurs intérimaires qui, cela s'est vu, pourraient même prendre leur place et donc être la cause du licenciement des personnels grévistes (3).
Que je sache, personne ne voudrait subrepticement (les étudiants de l'UNEF vérifieront le sens de ce mot dans le dictionnaire) déménager la B.U (Bibliothèque Universitaire) ou les ordinateurs des secrétariats.
Que je sache, nul ne songe à rayer des listes des étudiants absents pour les remplacer par d'autres étudiants, venus de l'étranger par exemple ; par contre, je suis sûr que bien des jeunes gens d'Afrique ou d'Amérique du Sud aimeraient bien venir étudier en France, à l’Université, que celle-ci soit autonome ou pas !
Etudiant
(4)
, moi aussi, je l'ai été, et j'ai connu à Lille III, dans les années 80, des manifestations et des grèves ; pour protester contre la réforme Devaquet par exemple (je ne sais même plus en quoi elle consistait, c'est vous dire !) ; et pourtant, je puis vous assurer qu'à l'époque, il ne venait à l'idée de personne d'empêcher qui que ce soit de suivre un cours. Les grévistes manifestaient ("DEVAQUET AU PIQUET !"), les non-grévistes suivaient les cours ("... et c'est alors que, piqué au vif, Bonaparte répondit..."), et moi, j'allais au bistrot.
Il est vrai que nous étions plus soucieux sans doute de la liberté individuelle, et que, pour beaucoup d'entre nous, nous ne prenions pas la politique si au sérieux et encore moins au tragique
(5), que la grande démocratisation de l'Université voulue par les Chevénement et les Meirieu n'avait pas encore produit ses effets et qu'en conséquence, la racaille ne s'y était pas encore installée, à l'Université.

Notes :
(1)
La loi sur l'autonomie des universités étant avant tout un ensemble de mesures techniques visant à assurer un partenariat plus important entre secteur public, - l'Etat - qui, à ce que je sache, n'a pas rompu ses engagements, et le secteur privé, lequel, de toutes façons, subventionne depuis longtemps certains travaux de recherche universitaires.
(2)
Devant des heurts à répétition, le mécontentement des étudiants opposés au blocage, des Assemblées Générales de trois ou quatre cents aux décisions votées à main levée (!!!???), certains Présidents d'Université ont eu l'intelligence, aujourd'hui, lundi 13 novembre 2007, à Rennes ainsi qu'à Lille, d'organiser un vote à bulletin secret. Il semble en effet qu'à Lille III (Sciences Humaines) ainsi qu'à Lille I (Sciences et Techniques), la reconduction du blocage des entrées ait été décidée par une majorité d'étudiants.
A Rennes, certains grévistes, néo-staliniens jusqu'au bout, ne reconnaissent pas la légitimité d'un vote qui, pourtant, offre toute garantie de démocratie (engagement de l'administration, présence d'observateurs appartenant aux différentes composantes, installation d'isoloirs,...)
(3)
A Lille III, certains gros malins, abonnés au redoublement et au changement d'orientation multidirectionnel,  joueraient de leurs muscles pour impressionner des étudiantes de première année. Un jeune chargé de cours, n'ayant aucune carte prouvant qu'il est bien enseignant, n'a même pas pu entrer dans le hall. Eh Oh ! ça va bien, oui, il bosse, lui ! Il gagne sa vie, cet enseignant, et les impôts qu'il paie servent aussi à vous permettre d'étudier, bande de rigolos !
(4)
Poil aux dents ! Fallait qu'j'le fasse ! Fallait qu'ça sorte !
(5) S'ils décident de bloquer les Universités à cause d'une loi de financement, que feraient-ils si, soudainement, on mettait en place un numerus clausus à l'entrée de certaines filières ? : s'immoleraient-ils ?
 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 novembre 2007
 

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NOTE SUR UNE DEDICACE DE VALLES

NOTE SUR UNE DEDICACE DE VALLES

Pour surenchérir sur la dangerosité de l'alibi culturel qui sert à justifier les émoluments, droits d'auteurs et traitements divers des pédagogistes et autres universitaires bien intentionnés, je rappelle cette citation de Jules Vallès, que l'on ne peut guère suspecter d'avoir été un "facho" : « à tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim ». (Jules Vallès, dédicace de Jacques Vingtras).
Je n'ai rien contre le latin ni le grec, bien au contraire et j'estime que latin et grec devraient être l'axe fort des classes de Lycée Général d'une filière de Lettres Classiques qui prépareraient légitimement à des études de lettres supérieures dignes de ce nom, mais ce que je veux dire par là, c'est qu'avec les difficultés économiques plus ou moins franchement annoncées, bien des élèves des générations actuelles auront plus besoin de fondamentaux solides (lire, écrire, compter) et d'une formation professionnelle en partenariat avec les entreprises plutôt que d'être bercés dans l'illusion du niveau de culture générale qui monte grâce à l'éventuelle introduction de la "philo" au collège, - certains doux rêveurs y songent, figurez-vous ! -, la sensibilisation à l'opéra ou la lecture suivie de La Route des Flandres, authentique chef d'oeuvre ravalé au rang de sujet de séquence à l'usage d'une classe de Vente Action Marchande (1).

(1) Ah bah ! Si ça se trouve, elle est très bien cette séquence sur La Route des Flandres. Pourquoi pas, après tout ? Là, je reconnais, je suis de mauvaise foi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 novembre 2007

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DE L'ASCENSEUR SOCIAL

DE L'ASCENSEUR SOCIAL

Lorsque l'on évoque la promotion sociale des générations, on en vient rapidement à évoquer l'hypothèse de la "panne de l'ascenseur social" dont notre pays serait victime.
Ainsi, ce soir encore, dimanche 11 novembre 2007, dans l'émission de Christine Ockrent, Duel sur la 3, les désormais incontournables médiatiques de la question scolaire (Philippe Meirieu et Alain Finkielkraut) ont débattu sur la question des "échecs de l'école" en en venant rapidement à la question de comment promouvoir ce que Finkielkraut appelle "l'amour des belles choses" et ce que Philippe Meirieu définit, me semble-t-il, comme relevant d'un niveau culturel suffisant et nécessaire pour pouvoir accéder à un degré de citoyenneté acceptable, en tout cas pour un professeur des "Sciences de l'Education" (1). Tous deux en vinrent ainsi à regretter qu'il était de plus en plus difficile de transmettre un savoir reposant sur des valeurs universelles et objectivement positives. Du coup, ils en vinrent vite à parler de ceux pour qui l'école fonctionne mal : les démotivés, les non-diplômés, en bref ceux qui, selon leurs critères, seraient non-éduqués, et donc quelque peu barbares, je suppose. A l'inverse, ils ont abondamment posé la question du comment faire pour faire redémarrer cet ascenseur social et faire en sorte que beaucoup plus d'élèves issus des milieux défavorisés accèdent à l'Université.
Quelle drôle de vision de l'ascenseur social ils ont, ces deux-là, pour qui l'Université et les Grandes Ecoles constitueraient à elles seules l'essentiel de la promotion sociale acceptable dans un pays moderne ?
Donc, selon eux, un jeune homme issu d'une banlieue, ou pas d'ailleurs (2), qui, après être passé par une formation  professionnelle (L.P, CFA, CAP, BTS), rentre à EDF ou devient plombier, ou encore est embauché dans une grande entreprise de Travaux Publics, ou même crèe sa propre entreprise, ou devient artisan d'art (etc...), ne reléverait pas de la promotion sociale...(?)
Il est quand même étonnant qu'à chaque fois que je les entends, Meirieu et Finkielkraut, ils ne parlent pratiquement jamais des formations professionnelles et il semble même que, pour eux, l'expression "ascenseur social" soit l'exacte synonyme "d'entrée dans une Grande Ecole".
Ce faisant, ils ne se rendent pas compte qu'ils entretiennent l'illusion qu'ils dénoncent pourtant eux-mêmes si souvent lorsqu'ils parlent des dérives du modèle Starac' par exemple, car, de même qu'il est exceptionnel que quelqu'un devienne vedette de la chanson à 20 ans, il est exceptionnel que quelqu'un qui vienne de la banlieue fasse un parcours de haut commis de l'Etat. On peut le regretter. Mais, à mon avis, c'est mentir aux gens, ne serait-ce que par omission, que de leur faire croire que le but de l'école serait de "renverser la pyramide sociale", "combattre la reproduction des élites" ou même "corriger les destins" (c'est joliment bien dit mais assez naïf!).
Philippe Meirieu et Alain Finkielkraut seraient plus inspirés, lors de leurs interventions télévisuelles, de rappeler que la promotion de la formation professionnelle (Lycées Professionnels, Centres de Formation des Apprentis, Formation continue) est, à mon sens, très insuffisante et que pourtant, c'est par l'accès aux professions les plus "bêtement" utiles : plombier, maçon, cuisinier, garçon de café, vendeur, coiffeur, chauffeur-livreur, agent de maintenance, électronicien, chaudronnier, etc..., que l'on assurera, par le savoir-faire, et l'avenir de nos emplois et la promotion sociale des générations. Là, en effet, on en "corrigerait des destins" et l'on verrait sans doute moins souvent ce spectacle désolant du diplômé à bac+4 occuper un emploi de manutentionnaire, ou de caissière, en attendant une éventuelle reprise réelle de la croissance économique.
Christine Ockrent, qui a les pieds sur terre, a, durant l'émission, rappelé plusieurs fois qu'il y avait près de 20% des jeunes gens entre 18 et 25 ans au chômage : nos deux têtes pensantes n'ont pas relevé et ont continué sans rire de débattre de la question de savoir si l'école avait pour but l'adaptation des masses au monde actuel ou si, au contraire, il fallait former des citoyens capables d'exercer leur esprit critique et ( ô voeu secret du grand Meirieu !) peut-être même de changer la société ! (3)
Ah ! C'est que sur ce point là, au moins, les deux ne sont pas d'accord ! Même que Philippe Meirieu, évoquant la grogne des étudiants a évoqué l'éventuelle main-mise de l'économie sur l'école, comme si l'école se devait d'être "pure" de tout commerce, de toute compromission avec l'intérêt privé qui, pourtant, par le biais des impôts, la fait vivre, cette école (4). Fort heureusement, Alain Finkielkraut a alors rappelé que les universités américaines disposaient pour beaucoup d'entre elles d'une autonomie quasi totale, ce qui ne les empêchait pas d'avoir des départements de philosophie, d'histoire, de littérature (etc...) tout à fait performants.
Ceci dit, tout le monde a quand même mis l'accent sur l'inévitable et nécessaire reprise en main de l'apprentissage de la maîtrise de la langue. On en a même profité pour rappeler la très grande sottise que fut la mise en place du travail en séquences (5) (pourtant présentée il n'y a pas si longtemps comme étant un outil formidable par un tas d'inspecteurs, de formateurs et autres faiseurs de rapports, donneurs de coups de tampon, avec parfois même une citation de Bourdieu à la bouche; ça fait bien !).

Le ministre était là. Il lui fut posée la question de la suppression du "Collège unique" (6) . Il a répondu que tous les collégiens avaient le droit d'accéder à la nouvelle lubie de l'éducation nationale, "le socle commun des connaissances", mais que le public du collège étant, par définition, hétérogène, des pédagogies différentes seraient mises en place. Si j'ai bien compris, tout dépend donc de ce que l'on y met dans ce fameux "socle commun des connaissances". S'il s'agit des fondamentaux (lire, écrire, compter), pas de problèmes. Au-delà, je crains le pire.

Notes :
(1) Les thèses dites "pédagogistes" étant de plus en plus souvent, - et de toutes parts -, attaquées, j'ai remarqué que, lorsqu'il passe à la télé, Philippe Meirieu est de moins en moins clair sur les objectifs de son "Ecole". J'ai eu ainsi ce soir du mal à comprendre ce que Meirieu définissait comme étant la finalité réelle de la maîtrise de la langue. Du reste, dans un premier temps, il a accusé la "crétinerie" des programmes télévisés d'être responsable de la montée de l'échec scolaire : C'est pas moi, m'sieur, c'est les autres !

(2) Il n'y a pas que dans les banlieues qu'il y a des gens en difficulté. Avec un salaire moyen qui pour beaucoup de Français ne dépasse pas les 1200 euros, croyez-moi, même dans les centre-villes on ne fait pas de miracles !
(3) C'est le sous-titre de l'inénarrable revue Les Cahiers Pédagogiques : "Changer la société pour changer l'école, changer l'école pour changer la société !" Philippe Meirieu y est souvent convié à s'exprimer.
(4) Je me demande même si la "mutualisation" des moyens, - "mutualisation" étant le mot à la mode pour remplacer les par trop connotés "restructuration" et "concentration" - ordonnée par Rachida Dati, la Ministre de la Justice, n'aurait pas pour but de faire un maximum d'économies pour filer des sous à la Ministre des Universités qui en a promis, elle, des moyens : 1 milliard par an pendant 5 ans ! Une paille !
(5) "le travail en séquences" : mis au point à la fin des années 80, il a été promu "panacée formidable" au début des années 90 dans les Collèges, et toutes sortes d'établissements. Le principe en est simple : au lieu d'un cours magistral, on transmet, par le biais d'une suite de documents et d'exercices, quelques notions que les élèves pourront réutiliser par la suite. Du coup, évidemment, le cours magistral étant mis de côté, voir honni par certains inspecteurs avec lesquels on ne plaisante pas avec les décisions de la hiérarchie, l'enseignement de la grammaire française s'effondra presqu'entiérement en une petite dizaine d'années ! C'est pas que ça marchait tellement bien avant, mais enfin, au moins, elle existait, la leçon de grammaire, et les "bons élèves" en connaissaient bien quelques règles, de ce mode d'emploi  de la langue.
(6) "le Collège unique". Valéry Giscard d'Estaing, qui est un grand naïf, a cru que, pour assurer à tous l'égalité des chances, il fallait que tous les collégiens suivent absolument le même cursus. Le Ministre René Haby a donc, en 1975, supprimé la plupart des réorientations de fin de 5ème afin que tous les mômes aient tous la grande chance de s'ennuyer ferme au cours d'histoire de Madame Dupond ainsi qu'au cours de physique de Monsieur Durand. Résultat trente après : certains collèges envoient dans les Lycées Généraux des élèves insuffisamment formés, les filières professionnelles se vident et, par souci d'égalité des chances, on a largement nivelé par le bas. A mon avis, la tension certaine qui existe dans certains établissements entre familles, élèves et enseignants doit beaucoup à l'échec du "Collège unique".

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 novembre 2007

   

Posté par patricehouzeau à 02:29 - CONTRE LES PEDAGOGISTES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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