BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

13 octobre 2007

FLE CEKOISSA ?

FLE CEKOISSA ?

Cette histoire se passe au tout début des années 2000 dans un Collège de Lille.
Fuyant les massacres perpétrés par les intégristes musulmans, un jeune Algérien de quatorze ans arrive en France avec sa famille. Scolarisé à Lille, et ne parlant pas le français, il se retrouve dans une sorte de classe spéciale (genre 6ème d'adaptation, ou d'intégration, ou n'importe quel nom que l'inventive administration trouve pour masquer les réalités).
En tant que non-francophone, il aurait dû, je crois - mais je suis naïf -, bénéficier d'un soutien particulier de manière à l'apprendre, cette langue qui lui permettrait de suivre une scolarité normale. Il aurait dû, je crois - mais je suis naïf - bénéficier de l'enseignement de, je ne sais pas moi, un (ou même deux, soyons larges !) professeur(s) spécialisés dans l'enseignement du Français Langue Etrangère (FLE, l'une des gloires de nos universités.)
Eh bien, figurez-vous, qu'en plus, le gamin, il voulait l'apprendre, le français, et dès que l'administration du Collège se décida à mettre quelque chose en place, il se porta volontaire pour suivre des cours dans le cadre des opérations "Collège Ouvert" (des heures de cours plus ou  moins occupationnelles sont données à des élèves volontaires en dehors des jours de travail obligatoires).
Pensez-vous qu'à Lille, ville universitaire par excellence, ville rectorale, académique, avec des formateurs en tous genres plein les boulevards et un taux de bonnes âmes si important que la gauche y a encore pignon sur rue, on allait pousser l'audace jusqu'à demander à un formateur en FLE de l'Université de Lille III ou même à un étudiant de ladite filière de bien vouloir prendre le métro de Villeneuve d'Ascq (fief de ladite Lille III) jusqu'à Lille pour accorder quelques heures par semaine de son précieux temps à quelqu'un qui en avait vraiment besoin ?

Eh bien, si vous croyez celle là, le Recteur peut vous en raconter bien d'autres !
C'est à des emplois-jeunes que l'on demanda de s'acquitter de cette tâche ! Vous me direz "Et s'ils avaient les diplômes requis ?" Eh bien non, justement. On demanda à ces deux personnes de bien vouloir alphabétiser un non-francophone alors que leurs formations respectives n'avaient qu'un très vague rapport avec l'enseignement du français à des élèves étrangers (filmologie pour l'une, espagnol pour l'autre).
Que l'on n'ait pas jugé bon, dans les hautes sphères de l'administration académique, de mettre en place un Bloc de Moyens Provisoires (BMP)  afin de pourvoir à des heures d'enseignement pour le moins plus qu'utiles est une chose. Mais que ces deux emplois-jeunes n'aient absolument pas bénéficié de l'aide des professeurs titulaires du Collège en question en est une autre ! Et autrement plus choquante de la part de gens qui, pour certains, connaissent leur petit Meirieu par coeur et dont d'autres ne cessaient d'intriguer pour se faire bien voir qui de l'Inspecteur, qui de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Malappris). Ah les bonnes âmes ! Ah les braves gens ! D'autant plus choquant que le principal de ce Collège faisait de la politique, - à gauche, évidemment (à Lille, pensez donc !) (1) . Il a même été palmé académiquement, le principal, et même Conseiller Général du Nord ! Les emplois-jeunes en question s'en souviennent de ce jour de gloire des Palmes. Elles avaient bien reçu une invitation, mais pas pour aller fêter l'événement en question, ce que naïvement elles avaient d'abord cru, mais pour être de service (barmaids d'occasion), le principal en question n'ayant pas jugé bon d'embaucher quelques extras pour faire le travail mais d'employer gratis les aide-éducateurs de son établissement pour servir le champagne aux invités titulaires et autres légumes (qui se croient grosses parce qu'on leur dit mais qui ne sont rien du tout ! du vent, de l'administratif, de la chair à paperasse. (2))
Résultat de l'opération alphabéta : Les deux jeunes filles firent ce qu'elles purent. L'enfant était pourtant en demande. Ce fut, en fin de compte, un échec et l'élève devint assez rapidement infect dans certains cours...

Pourquoi nous racontez-vous cette vieille histoire, Monsieur Houzeau, alors que les Chinois sont à nos portes et que les syndicats sont en train (c'est le cas de le dire) de préparer des grèves qui s'annoncent longues et dures (3) (4) ?
Eh bien, parce que rien n'a changé, figurez-vous. Il y a dans les Collèges et Lycées Professionnels de plus en plus d'élèves non-francophones (ou si peu francophones qu'il n'y a que l'administration pour croire qu'ils sont en mesure de suivre des cours en les comprenant réellement) et rien, à ma connaissance, n'est mis en place : on continue à attendre que des volontaires se fassent entendre (dont votre serviteur qui juge que dépenser de l'argent pour des projets à alibi plus ou moins culturel devrait passer après l'alphabétisation des élèves étrangers) tandis que l'on disserte à n'en plus finir sur l'avenir des Universités et sur leur utilité. Eh bien, que l'on mette les filières Français Langue Etrangère en situation de prouver leur efficacité sur le terrain, et on discutera après !

Notes :
(1) Il avait donc, je suppose, le bras un peu plus long que la moyenne de nous autres, quand même !
(2) Il est vrai que certains excellent dans la rédaction des rapports administratifs. Un professeur quitte sa salle de cours alors qu'y traîne une maheureuse cartouche d'encre balancée par un de ses apprenants habituels sur la tête d'un de ses condisciples pour lui rappeler que c'est en 1632 que Henri de Montmorency fut exécuté et non en 1637, qui est, - tu sais pas ça, toi !-, la date de la publication du Cid de Corneille - Wah ! le bouffon ! - et zou, Prosper-yop-la-boum !, n'écoutant que son stylo plume et son tampon encreur, voilà le proviseur qui  rédige un rapport à l'attention de Monsieur l'Inspecteur d'Académie, qui, comme chacun sait, n'a que ça à faire. Vous n'oubliez pas, - en tant que Chef d'Etablissement, vous pensez à tout -, de faire corriger vos éventuelles fautes d'orthographe par votre adjoint ou votre secrétaire, et par la suite, récoltant ce que vous avez semé, vous vous faites appeler Corne d'Aurochs sur le blog de Patrice Houzeau.
(3) Ah ça, c'est sûr qu'à mon avis, il y en a certains qui risquent de les sentir passer.
(4) Mais si ça se trouve, je me trompe (d'éléphant), et au moment même où j'écris ces lignes, un dispositif est fin prêt pour permettre aux élèves étrangers non-francophones de suivre, au sein même de leur Collège ou de leur LP, des cours dispensés par des personnes compétentes dans ce type d'enseignement. Je sais aussi que certains chefs d'établissement ont depuis longtemps attiré l'attention des services du Rectorat sur cette situation et ne souhaitent pas mieux, qu'en effet, ces élèves bénéficient d'un suivi spécifique. Qu'ils en soient remerciés !

Patrice Houzeau
13 octobre 2007

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09 octobre 2007

DE LA FIN DES LP

DE LA FIN DES LP

L'une des plus graves erreurs des discoureurs culturels de l'éducation nationale est d'avoir cru que, par sa seule puissance, la culture pourrait transcender les alibis.
De cette erreur, les Lycées Professionnels, si rien n'est fait, mourront.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 octobre 2007

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08 septembre 2007

C'EST-Y-VRAI QU'C'EST BIDON ?

C'EST-Y-VRAI QU'C'EST BIDON ?

Dans un débat récent sur la chaîne L.C.I. (jeudi 6 septembre 2007), entendu le philosophe Alain Finkelkraut déclarer qu'il n'était pas sans savoir que, pour certains sujets de l'épreuve de philosophie du baccalauréat, on recourait de plus en plus souvent à des textes d'auteurs étrangers puisqu'en les traduisant, on pouvait les adapter au niveau des candidats et donc les rendre plus accessibles à des élèves de moins en moins rompus à la finesse du discours.
Est-ce vrai ?
L'épreuve de philosophie du baccalauréat ne serait donc plus qu'un outil au service d'une administration dont les résultats affichés, ce nombre croissant de reçus aux examens, s'apparentent de plus en plus aux chiffres de production qu'affichaient jadis les pays communistes.
Tout bidon donc.
Ce qui me rappelle ce sujet classique d'entre les classiques : "La démocratie, tyrannie de l'incompétence ?"
Quand cette démocratie est disputée à la fois par les hauts fonctionnaires et les idéologues, cela ne fait plus aucun doute.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 septembre 2007 

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DE L'ENTONNOIR A LUC FERRY

DE L'ENTONNOIR A LUC FERRY

Entendu, en cette rentrée scolaire 2007, le philoglotte et ex-ministre Luc Ferry (Vu à la Télé !) déclarer qu'abandonner le "Collège unique", et donc le "socle commun des connaissances", au profit d'une orientation type pré-apprentissage en 4ème reviendrait à condamner une partie de la population à "l'entonnoir" (sic) d'un conditionnement social dont ils ne pourraient plus - ô fatalitas ! - s'extraire.
Il est gentil, Luc Ferry...
Et l'on voit dans quelle estime il tient ceux qui, comme lui, n'ont pas eu l'heur de faire de fort  longues et belles études comme on se doit d'en faire si on veut un jour pouvoir pérorer tout son saoûl sur LCI et poser pour les magazines que l'on trouve chez le dentiste.
Aurait-il, par hasard, essayé, comme sont obligés de le faire tant de professeurs, d'enseigner les rudiments du théâtre (ah ! la double énonciation !) ou du texte narratif (quel bel art que l'art de la description !) à une vraie fausse classe de 3ème générale : des élèves sans niveau qui, sans guère de doutes, préféreraient de loin travailler de leurs mains plutôt que de s'enquiquiner toute la sainte journée à écouter un fonctionnaire labelisé I.U.F.M., - très savant, très ennuyeux, et payé avec l'argent des contribuables -, s'échiner à leur expliquer ce que, paraît-il, - au nom de quoi ? -, doit savoir tout citoyen, cette fameuse "intelligence du monde" dont se gargarisent les cuistres et Philippe Meirieu et qui fait rire tout ensemble mon boucher, ma boulangère, et même le plombier, quand j'en trouve un.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 septembre 2007

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DE L'ECOLE EN PROIE AUX EXPERTS

DE L'ECOLE EN PROIE AUX EXPERTS

Entendu récemment dans un reportage de la télé un jeune professeur commentant l'objectif ambitieux, - et quelque peu démagogique -, affiché par certains professionnels de l'éducation d'arriver à ce qu'aucun élève ne puisse sortir du système scolaire sans un savoir minimum, - le fameux "socle commun des connaissances" -, un jeune professeur donc affirmer, sans rire apparemment, que pour arriver à cela, il faudrait multiplier les moyens, non seulement en enseignants, mais aussi en médecins, en psychologues scolaires, en assistants sociaux, en médiateurs aussi, sans doute, et toutes ces sortes de conseillers experts certifiés par les Sciences de l'Education et garantis conformes par Philippe Meirieu.
Halte à la psychose ! Car une telle école s'apparenterait dès lors à une vaste entreprise de fichage des individus et de normalisation des masses.
Que l'on y ajoute la tarte à la crème de l'éducation à la citoyenneté, - se sentent-ils citoyens, ces grands patrons qui délocalisent à tour de bras ? Avec parfois des résultats contestables, remarquez, comme on l'a vu avec l'américain fabricant de jouets MATTEL obligé à plusieurs reprises, en ces mois d'août et septembre 2007, de retirer de la vente plusieurs centaines de milliers de joujoux fabriqués en Chine et apparemment rendus dangereux pour cause de non-respect des cahiers des charges par l'asiatique sous-traitance aux ouvriers sous-payés (1) - que l'on y ajoute donc la tarte à la crème de l'éducation à la citoyenneté, et on y sera absolument arrivé à l'école égalitariste, normative, hypocrite, républicaine jusqu'à l'absurde.
Alors, c'est sûr, la démocratie sera promulguée en tyrannie de la médiocrité, du consensus social le plus mou, et l'on fabriquera à la chaîne des citoyens au service non d'eux-mêmes mais d'un monstre froid, omniscient et collecteur d'impôts.

(1) Et si cette sous-traitance, décidément très négligente, avait été payée par la concurrence ? Ou si elle se livrait au chantage : "hono'ables ét'angers, donnez-nous plus de sous, sinon, vot'e camelote, vous en fe'ez des gui'landes de Noël !" ? A en faire frémir plus d'un actionnaire, non ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 septembre 2007

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21 juin 2007

FESTIVAL DE SOTTISES

FESTIVAL DE SOTTISES

Aujourd'hui, c'est le 21 juin, jour de la Fête de la Musique. Je n'ai rien contre. Je n'ai rien pour. A vrai dire, je m'en fous. Et je ne peux m'empêcher de me demander si tous les groupes professionnels et semi-professionnels invités par les communes à se produire çà et là seront bien payés en temps et en heure...
Mais là n'est pas mon propos. Ce matin, sur France Inter, festival de quelques sottises à propos de la nécessité de l'éducation musicale.
Ainsi, certains intervenants proposent que l'enseignement musical et plus généralement artistique, au lieu d'être facultatif au baccalauréat, devienne "obligatoire", via "un système d'options" précisent-ils pour se donner l'air autorisé à donner leur avis.

1) Si cet enseignement "artistique" est optionnel, il ne serait être obligatoire. C'est qu'il l'est déjà, optionnel, - et donc facultatif -. Rendez-le obligatoire et vous en ferez une matière comme les autres, avec ses bons et ses mauvais élèves, et surtout un prix à payer en termes de recrutement de professeurs, d'investissements en matériel, etc... En outre, quid de l'élève qui n'aime pas la musique car, après tout, il n'est pas nécessaire d'aimer la musique pour faire quelque chose de sa vie, non ?

2) Que l'on crée, dans les Lycées Professionnels comme dans les Lycées Généraux, des sections professionnalisantes de préparation aux métiers dits "artistiques", je suis pour à 100%. Ces sections manquent cruellement à l'ensemble de nos formations initiales et les élèves doivent attendre trop longtemps (la plupart des formations sérieuses sont post-baccalauréat) avant de pouvoir suivre un enseignement répondant à leurs aspirations. Mais que l'on rende obligatoire cet enseignement artistique à tous, - y compris dans les Lycées professionnels, disent les bonnes âmes -, et l'on fera perdre encore plus de temps aux élèves des LP qui, d'ailleurs, lassés de tant de généralisme et de pédagogisme au sein des Lycées traditionnels, votent en masse avec leurs pieds en quittant les LP pour les CFA (Centres de Formation des Apprentis).

3) Tarte à la crème : "La musique adoucit les moeurs" (comme vous le diront tous les militaires et les "gangsta rap" (1)) et contribue à améliorer les résultats des élèves dans l'ensemble des matières. Ah ouais ? Je demande à voir car  en matière d'évolution positive des résultats, les pédagogistes en ont fait des miracles ! Et il est absolument prodigieux de voir combien d'étudiants à Bac + 3,4,5 finissent manutentionnaires ou caissières ou vendeurs de petites voitures de collection made in China dans des centres d'appel.

4) Evidemment, toutes ces bonnes âmes à oreille absolue prônent un décloisonnement des enseignements ! Méfiance, de là à supprimer le Ministère de la Culture pour en subordonner les instances au Ministère de l'Education Nationale, il n'y aurait dès lors qu'un pas ! La politique culturelle de notre pays serait ainsi asujettie à des impératifs éducatifs qui risqueraient fort de l'entraîner là où elle n'a que faire ("éducation à la citoyenneté", "morale publique" et autres considérations sociales).

On voit, par ces quelques remarques, que le danger est grand de voir, pour les meilleures raisons du monde (accés le plus démocratique possible à la musique classique et à une éducation musicale digne de ce nom), l'éducation nationale se lancer dans une nouvelle aventure aussi coûteuse qu'inutile et faire, une foi de plus, des grandes oeuvres du patrimoine de simples et vulgaires outils au service d'une politique d'aseptisation des idées et des manières d'être.
C'est que tous ces grands généreux de l'argent des contribuables oublient, ou feignent d'oublier, comme d'habitude, que la fonction de l'école n'est pas d'élever le niveau général (foutaises ! et d'ailleurs pour quoi faire ?) mais de préparer chacun, et selon ses dispositions et capacités, à exercer un métier. Que l'on intégre les professions artistiques aux formations dispensées dans nos lycées (musicien, comédien, plasticien, etc...), je ne demande pas mieux ! Mais, par pitié, sans angélisme mais avec lucidité sur les débouchés réels, sans niaise morale mais avec sérieux et subtilité. La société, cette communauté de gens si divers qu'il est toujours miraculeux qu'ils ne s'entretuent pas plus qu'ils ne le font ordinairement, ne s'en portera que mieux !

Notes :
(1) Si les clans écossais tiennent tant à leur cornemuse, c'est que, dans des temps fort anciens, cet instrument eut son utilité dans les batailles à mener. L'ennemi s'approchant (de très ignares saxons sans doute... (2)) et ne voyant que dalle, - because le fog et le mist -, entendait cependant hennir au-delà des brouillards septentrionaux, hennir à n'en plus finir de fort monstrueux animaux, c'étaient les cornemuses. Il arriva que, pris de panique à ces cris terribles, l'ennemi batte en retraite sans demander son reste...
Je me demande d'ailleurs si les dragons des drakkars vikings n'exercaient pas la même fonction de dissuasion. Comme quoi, l'art et la stratégie peuvent faire bon ménage...
D'ailleurs, les Pictes ont perpétué cette tradition : outre la persistance de la tenace cornemuse et des jambes velues sous les kilts,  ils ont inventé les monstres dans leurs lacs, les fantômes dans leurs châteaux,  - plus efficace encore : une cuisine d'un autre monde ainsi que l'usage d'une phonétique improbable ! -, et toutes ces merveilles pour repousser, bien sûr, l'envahisseur continental !
(2) Les Saxons et autres Germains furent très ignares en effet. Plus civilisés, ils n'auraient pas détruit Rome mais, à l'instar des Gallo-Romains, s'en seraient fait un allié ainsi qu'un partenaire commercial. On parlerait ainsi aujourd'hui encore italien dans toute l'Europe.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2007

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13 mai 2007

DU CHAR DE L'ETAT

DU CHAR DE L'ETAT

L'une des raisons structurelles de la crise larvée de l'éducation nationale à la française relève sans doute du zèle des administrations à obéir aux consignes ministérielles, zèle contre lequel on ne peut rien, puisqu'il constitue la raison d'être du bon fonctionnaire et le défaut rédhibitoire du mauvais.
Quel est en effet le ministre qui acceptera de faire appliquer une réforme, - surtout s'il l'a lui-même initiée -, sans faire montre de mauvaise humeur, sans se mettre éventuellement en colère, sans exercer de représailles à l'encontre des défaillants et des récalcitrants ?
S'il ne le fait pas, il passe aussitôt pour un faible, le "Canard Enchaîné" en fait une Corne d'Aurochs de première, les éditorialistes ironisent sur son incapacité à se faire entendre, et ses services eux-mêmes, dès qu'il a le dos tourné, n'en font qu'à leur tête...
Moi-même, je le sais bien, si un jour, par je ne sais quel hasard miraculeux, je devenais Ministre, - certains, comme l'excellente Mauricette Beaussart, par ironie amicale, n'hésitent pas à dire qu'un tel poste, eu égard, sans doute, à ma vive intelligence et à mon intransigeante lucidité, devrait quelque jour m'échoir, et ce ne serait là que justice, nom d'un parachute ! (1) - il me faudrait exiger, après accord préalable du Président ou du Premier Ministre, que, - et ce n'est là qu'un exemple -, l'on ouvre le plus rapidement possible des filières de préparation aux métiers de l'audiovisuel dans les Lycées Professionnels, que ces filières soient remplies - allons, soyons bon prince -, dès la rentrée scolaire 2008 -, et, bien entendu, je me réserverais le droit de manifester mon plus vif et plus persistant mécontentement si mes consignes n'étaient pas ou mal appliquées...
Pourquoi agirais-je ainsi ?
Eh bé, pardi, parce que, de par ma chandelle verte et les pouvoirs qui me seraient conférés, j'y crois à mes réformes à moi !
C'est ainsi qu'ont raisonné, pour le meilleur comme pour le pire, presque tous les Ministres qui, depuis Mai 68, se sont succédés au Ministère de l'Education Nationale.
C'est ainsi que des cohortes de fonctionnaires se sont empressées, - parce que c'est leur métier -, de faire appliquer des réformes et des directives qui, selon le sens du vent, l'âge du capitaine ou les statistiques du chômage, se contredisaient l'une l'autre.
C'est ainsi qu'avance le char de l'Etat, mais il est loin, c'est visible, d'aller tout droit.

Note (1) : Il est évident que Patrice Houzeau a toutes les qualités requises pour être Ministre : Il sait écrire, lire et compter, a effectué son service militaire, ne boit qu'un verre à la fois et connaît au moins un couplet de la Marseillaise. N'en doutons pas, c'est avec obstination que Patrice Houzeau saura s'appliquer à faire rentrer le cercle parfait de la raison dans le cadre prometteur et rationnel des quatre coins de l'hexagone !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 mai 2007 

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09 mai 2007

DE L'INEVITABLE CRISE DES UNIVERSITES

DE L'INEVITABLE CRISE DES UNIVERSITES

9 Mai 2007, France : avant même que le Président Sarkozy ne soit rentré en fonction, les étudiants de certaines universités organisent des assemblées générales et votent des grèves.
Que l'élection de Nicolas Sarkozy puisse servir de détonateur à la crise attendue des universités ne m'étonne guère.
Un coup d'épée dans l'eau, probablement, un simple avertissement, et je ne doute pas que tous les partis et formations de gauche n'appellent très vite les étudiants à renoncer à toute action qui risquerait de les desservir en braquant contre eux une opinion publique qui, rappelons-le, a voté massivement en faveur de Nicolas Sarkozy.

Ceci dit, il se dit un peu partout que l'un des projets de la nouvelle majorité serait de procéder à l'accélération de la professionnalisation des universités en sacrifiant, si besoin est, certaines filières considérées comme peu utiles (philologie, langues anciennes, histoire de l'art,...).
Il me paraît donc nécessaire de rappeler que ce qui fait la valeur d'une université n'est pas sa rentabilité financière, mais la richesse de sa bibliothèque, le renom de ses enseignants et de ses chercheurs ainsi que la qualité de ses étudiants.
En outre, transformer l'Université en outil au service du marché de l'emploi entraînera une dévalorisation de la tradition universitaire française : deviendrons-nous aussi une puissance secondaire sur le plan intellectuel ?

Mais je suis tranquille : Qui voudrait réformer actuellement l'Université mettrait le feu aux poudres.
Dangereux, beaucoup trop dangereux ; chasse gardée d'une gauche plurielle présente à tous les échelons, variable d'ajustement des statistiques du chômage, source de revenus directs ou indirects pour quelques dizaines de milliers de personnes, l'Université, que l'on a rempli à craquer d'ex-lycéens qui n'ont rien à y faire, s'enflammera si, quel que soit l'objectif, on tente de la ramener à des dimensions plus rationnelles.

Que faire alors ?
Eh bien, agir en amont ! En reprofessionnalisant les Lycées Professionnels et en élargissant considérablement le cadre de leurs missions (et pourquoi pas des filières semi-professionnalisantes dans le secteur de l'audio-visuel ? dans les métiers du spectacle ? et ce n'est là qu'un exemple...).
Pour cela, il faut dès maintenant inciter les étudiants à s'inscrire dans des filières professionnelles. Cela est possible en multipliant les partenariats avec les entreprises, les chambres de commerce et d'industrie, les corps constitués, les Centres de Formation des Apprentis (etc...), en augmentant considérablement la durée des stages et en rénumérant les élèves stagiaires, en raccourcissant la durée des études dans certaines filières (4 ans pour former une femme de ménage, c'est lui faire perdre son temps ainsi que gaspiller l'argent du contribuable), en allongeant au contraire la durée de certaines formations par la création dans le cadre des Lycées Professionnels de sections de Brevet de Technicien Supérieur et de formations répondant aux nouveaux besoins économiques et sociaux (tourisme, éco-emplois, etc...).
Bref, en faisant des Lycées Professionnels non plus une succession de formations "par défaut", mais un véritable outil d'intelligence et d'efficacité au service du marché, on finira bien par les voir se vider les amphithéâtres surpeuplés de plus ou moins dilettantes : ne resteront que les happy few et les missions traditionnelles des universités (recherche fondamentale et appliquée, transmission des savoirs les plus spécialisés). On verra alors que le financement de l'Université ne posera plus guère de problèmes.

Bon, de toute façon, je prêche dans le désert, je pisse dans un violon, je cause, je cause et c'est tout c'que j'sais faire because, en la matière, notre Président tout neuf va s'empresser d'adopter les solutions miracles de n'importe quel totor à diplômes de son futur gouvernement, et va décider, soit de réformer la boîte à blablas pluridisciplinaires et mettre illico-presto-tout-de-go étudiants et lycéens dans la rue (ça rappellera des souvenirs à François Fillon), soit d'attendre, et alors, elles n'ont pas fini de pédaler dans la choucroute, nos facultés et dans cinq ans, on en sera au même point qu'aujourd'hui ; et c'est pas brillant...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2007   

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18 avril 2007

AH ! TENSION...

AH ! TENSION...

Relevé sur le bloc-notes mensuel de Philippe Meirieu cette phrase intéressante à propos de l'actualité de l'éducation nationale :

"Et le malaise est là : moins dans le niveau qui baisse que dans la tension qui monte." (Philippe Meirieu, Education : contre le caprice mondialisé).

Certes, je suis assez d'accord avec le diagnostic, et il me semble à moi aussi que "la tension monte." Soyons clair : cette tension est si palpable que les pouvoirs publics font tout pour favoriser l'apprentissage et le développement des C.F.A (Centres de Formation des Apprentis) de manière à vider peu à peu les Lycées Professionnels d'une population d'élèves qui, dans les prochaines années, risque d'entrer en conflit ouvert avec l'institution puisque celle-ci ne remplit plus tout à fait son rôle initial : préparer les élèves à l'exercice d'un métier. (1)

En cela, je suis donc d'accord avec Meirieu sur cette montée des périls. D'autre part, cette histoire de "niveau qui baisse" me laisse souvent rêveur. En effet, de quoi parle-t-on quand on parle de "niveau qui baisse" ? Il y a dans cette formule un air de nostalgie qui me semble trompeur quant à l'appréciation du niveau dit de "culture générale". Maintenant, comme il y a trente ans, et je soupçonne que cela ne date pas d'hier mais aussi d'avant-hier, l'étude de Racine, de Corneille, des règles de la grammaire latine, et tutti quanti, barbe toujours autant les gamins des Collèges et des Lycées, et si l'on s'imagine que c'est avec plaisir que les mômes, cinq jours par semaine, se tirent de leur lit douillet pour faire parfois jusqu'à trois quarts d'heure de bus et s'aller poser le derrière sur une chaise afin d'écouter toute la sainte journée la bonne parole d'un fonctionnaire plus ou moins convaincu, plus ou moins efficace, ce qu'on se goure...

Donc, quant au niveau dit de "culture générale", je ne pense pas qu'il baisse, puisque, à mon avis, il n'a jamais été tellement élevé (au regard des critères actuels et de la naïveté des théoriciens de la pédagogie) et si nous avons l'impression que les gens font plus de fautes d'orthographe qu'avant, c'est sans doute aussi parce que beaucoup, autrefois, il n'y a pas si longtemps, - du temps où la France était encore une grande nation industrielle autant qu'agricole -, n'avaient pas tant que ça l'occasion de produire de l'écrit ; après tout, on ne leur demandait guère autre chose que d'être de simples exécutants. (2)
Maintenant, évidemment, c'est autre chose puisque, par exemple, pour exercer le métier d'agent d'entretien (femme de ménage), il faut au minimum deux ans d'études (BEP) suivi d'un Bac Professionnel (deux ans encore) : ce qui nous mène à quatre ans d'études pour prétendre savoir manier correctement brosse, balai et serpillière... Alors, du coup, c'est sûr, qu'en quatre ans, on a l'occasion de s'en rendre compte, des difficultés d'apprentissage dit "général". Il y a quelques jours encore, j'ai constaté, ayant eu à prendre une charge une classe qui n'était pas la mienne, que des élèves de deuxième année de BEP, semblaient, - à quelques semaines de l'examen -, peiner sur la simple reconnaissance d'un monologue de théâtre. Leur professeur de français est pourtant l'un des meilleurs que j'ai jamais pu croiser depuis treize ans que j'enseigne. Ce n'est pas ici le pédagogue qui est en question, mais la très grande faculté d'oubli des élèves quant au contenu des cours dits "d'enseignement général".

Mais si l'on évoque le niveau de spécialisation des élèves, alors là, je pense que, oui, effectivement, le niveau baisse. Autrement dit, si le niveau de culture générale des générations, quelle que soit la manière dont on s'y prenne, ne monte que fort peu (Cauet a remplacé Guy Lux, mais c'est toujours la même daube), par contre, l'aptitude des élèves à exercer une fonction sociale (un métier) semble dangereusement baisser en qualité. J'en veux pour preuve le nombre très élevé d'emplois non pourvus (300 000 dit-on) dans le bâtiment, l'hôtellerie, la restauration, et d'une manière plus générale, dans les emplois dits "de service"... alors que, dans le même temps, des titulaires de certains diplômes, dits universitaires, se retrouvent caissière à Carrefour, manutentionnaire à Auchan, ou chargé de clientèle dans un centre d'appel... (3)

Je donne donc, pour le coup, raison à Philippe Meirieu. Cependant, je reste sceptique quant aux responsabilités que notre grand théoricien attribue au néo-libéralisme dans lequel, il est vrai, nous pataugeons, - avec une certaine amertume d'ailleurs -, et il est à constater que si Nicolas Sarkozy finit par être élu Président de notre République, rarement un candidat aura été choisi avec tant de dépit, de rancoeur même, comme si les Français n'avaient guère d'autre choix qu'un Président par défaut.
Pour ce qui est de cette société marchande responsable de la plupart des maux de notre éducation nationale, je cite Meirieu : "Or, ce qui fait crise aujourd’hui, c’est que la machinerie sociale tout entière, loin de fournir des points d’appui à l’enfant pour se dégager de l’infantile, répercute à l’infini le principe dont l’éducation doit justement lui apprendre à se dégager : « Tes pulsions sont des ordres ». Ainsi « la pulsion d’achat » devient-elle le moteur de notre développement économique. La publicité court-circuite toute réflexion et exalte le passage à l’acte immédiat. La télévision zappe plus vite que les téléspectateurs pour les scotcher à l’écran et les empêcher de passer sur une autre chaîne. Le téléphone portable réduit les relations humaines à la gestion de l’injonction immédiate. Ce n’est pas un complot – celui de soixante-huitards qui auraient décidé de saboter l’instruction du peuple - , c’est une conspiration : tout « respire ensemble » et susurre à l’oreille des enfants et adolescents : « maintenant, tout de suite, à n’importe quel prix… » (Philippe Meirieu, Education : contre le caprice mondialisé).

Brillant certes, et assez vrai... Mais, soyons sérieux : Est-ce que tout cela est si nouveau ? Dans ce Nord-Pas-de-Calais où je suis né et que je n'ai jamais quitté, on sait bien que l'on a toujours beaucoup consommé d'alcool, et l'on en consommait jadis beaucoup plus que maintenant ; c'est que le travail à l'usine et dans les mines était âpre, les hivers froids et les perspectives d'autre chose limitées... Les gens d'hier n'étaient pas plus vertueux ou raisonnables que ceux d'aujourd'hui : on se battait parfois dans les bistrots ; il y avait aussi des rixes dans les bals de village, parfois même des morts.
Ceux dont la condition s'améliorait sacrifiaient aussi à ce "maintenant, tout de suite, à n'importe quel prix..." de la consommation : ils s'achetaient des caravanes, partaient en vacances dès qu'ils le pouvaient (ah ! les années 70 et leurs vacances en Espagne...), vivaient dans ces "choses" dont Georges Perec a, dès les années 60, tant parlé. Alors, oui, bien sûr, les tentations sont infiniment plus nombreuses aujourd'hui, l'offre plus importante, plus variée, et l'on ne cesse de créer de nouveaux besoins (téléphone portable, lecteur MP3, bidulerie technologique Made in Japan et dont le principal avantage est de donner du travail à des centaines de milliers de personnes à travers le monde...) ; alors, oui, bien sûr, les Ouvriers Spécialisés ont disparu, remplacés par des automates, et les industries se délocalisant, beaucoup de salariés se retrouvent sur le carreau ; alors, oui, bien sûr, le pouvoir d'achat des ménages tend à rétrécir comme peau de chagrin alors même que, nous dit-on à la radio, il n'y a jamais eu autant de "riches" en France et que la Bourse ne cesse de battre des records... Alors, oui, bien sûr, cela ne peut que créer des tensions, cela ne peut que faire monter cette tension que, comme vous, Philippe Meirieu, je perçois... Mais je ne pense pas que le but de l'école soit d'affronter cette société libérale que vous semblez détester ; je ne pense pas que l'école doive prendre parti et s'engager dans je ne sais quelle lutte anti-libérale ou anti-consummériste aussi illusoire qu'idéologique tant il me semble clair que le but de l'école n'est pas de "changer la société" (quelle prétention !) mais, plus humblement, - et ce n'est pourtant pas si facile -, de préparer les élèves à déjouer les pièges que la vie sociale ne manquera pas de leur tendre, de préparer les élèves à s'insérer dans un monde qui, de toute façon, n'a besoin d'eux que parce qu'ils y exerceront une fonction.

Notes : (1) Les pouvoirs publics ne se donnent plus la peine d'organiser des campagnes publicitaires en faveur des Lycées Professionnels tandis que l'on multiplie les spots vantant les mérites de l'apprentissage.
(2) Par ailleurs, on les incitait aussi à se reproduire et à élever des mômes qui, croyait-on, seraient autant de bras pour l'industrie triomphante et l'agriculture prospère...
(3) Où le niveau de culture générale est parfois plus élevé chez les salariés "de base" que chez leurs superviseurs et autres supérieurs hiérarchiques directs...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 avril 2007
 

 

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23 mars 2007

HOUZEAU SE PREND POUR SOCRATE !

HOUZEAU SE PREND POUR SOCRATE !

Ah ! mais vous verrez qu'ils finiront bien par me le faire boire, leur bol de cigüe !

J'ai quelque peu hésité à faire de ce commentaire grotesque et gnangnan le sujet d'un article, mais, après tout, j'ai trop souffert de la morgue des princes titulaires de l'Education Nationale pour ne pas les brocarder quand ils viennent me chercher, les sots auxquels je n'ai rien demandé et qui furent bien souvent bien contents de m'avoir, le remplaçant, le Maître Auxiliaire sous-payé, quand ils tombaient malades ou que ça n'allait plus, mais alors là, plus du tout !

Donc, voilà, le commentaire d'une "Enseignante" à propos de mes notes de lecture, - parfois farfelues certes mais revendiquées comme telles, assumées, et pas qu'un peu, mon neveu ! -, de la scène 4 de l'Acte I d'Andromaque de Racine :

"Encore un passage que je ne pourrai pas donner à étudier puisque les élèves se précipiteront pour recopier bêtement les éléments de réponse que propose ce blog.
Ce genre de site pourrit la vie des enseignants et le rôle pédagogique de la littérature qui consiste avant tout à réfléchir par soi-même.
Pourquoi ne pas faire cours soi-même si l'on veut tant se rendre utile ? La frustration des personnes qui tiennent ce type de blog ne devrait pas nuire à ceux qui font déjà leur maximum pour l'autonomie de nos chères têtes blondes !

Posté par Enseignante, 23 mars 2007 à 16:54"

Etonnant, n'est-il pas de la part de quelqu'un qui, sans doute, se veut démocrate ?

En tout cas, voici ma réponse à Madame :

SERIEZ-VOUS STALINIENNE ?

Madame,

je suis enseignant moi-même, figurez-vous, et elle m'a chagriné et mis en colère, votre prise de position qui me semble pour le moins corporatiste (les enseignants, surtout ceux des lycées généraux, tiennent tellement à leur statut social qu'ils se donnent facilement l'impression de jouer un rôle réellement efficace, quitte à attirer dans leurs classes certains élèves qui, dans les Lycées Professionnels, ou les CFA, apprendraient
au moins un métier).
D'autre part, Madame, Racine ne vous appartient pas et votre message - même pas signé, quel courage ! - est d'une grande prétention qui prétend soumettre l'auteur de Phèdre aux quatre murs d'une salle de classe ; Racine ne vous appartient pas, pas plus que Villon, Sartre ou Camus, cette littérature, à laquelle beaucoup de vos semblables ont cru bon d'assigner un, - comment dites-vous ?- un "rôle pédagogique" au service d'un humanisme "pastoraliste", une gauche de fonctionnaires béats et pleins d'une bonne conscience qui, parce que cette bonne conscience est tout simplement puante, ont fait de moi un homme de droite.
Enfin, vous qui croyez sans doute servir la Culture, pensez-vous
que c'est en empêchant les gens d'écrire ce qui bon leur semble que vous "servirez" réellement !
Pour en terminer avec vous, si vos élèves n'ont pas plus de sens critique que ça, interrogez-vous plutôt, Madame, sur votre pratique et, parce que, comme
vous, je suis enseignant, je vous invite à ne pas tant vous prendre au sérieux !
Pour ma part, je n'ai pas la prétention de détenir la Vérité sur un texte, et me permets de vous rappeler que tout cela n'est jamais que littérature, c'est-à-dire un luxe et un amusement sérieux, une distraction tragique si vous voulez, mais rien à côté des grands massacres, des grandes flaques de sang qui sont le vrai quotidien de notre planète ; mais je m'arrête là car je pense que votre compréhension n'en pourra guère supporter plus.

En omettant de vous saluer, comme il se doit à un méchant homme de ma sorte,

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 mars 2007

Posté par PATRICE HOUZEAU, 23 mars 2007 à 18:07

Posté par patricehouzeau à 18:57 - CONTRE LES PEDAGOGISTES - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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