02 février 2008
SUBSTANCE
SUBSTANCE
"La substance du Tout est docile et plastique."
(Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre VI, I ; traduit par Mario Meunier, Garnier-Flammarion, 1964)
La pensée pour lui-même de Marc-Aurèle selon laquelle la
Substance serait comme une pâte à modeler
Du matériau à façonner
Tout un tas de bitonniaux
Est assez réjouissante en ce temps
Docile comme un électeur
Et assez formidable pour justifier la
Plastique pleine de possibles de ce monde.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 février 2008
DE NATURA
DE NATURA
« La Nature est un temple où de vivants piliers »
(Baudelaire, Correspondances)
La verte, qui est sans mensonge ni vérité, l’âpre
Nature, oùsque les forts bouffent les faibles,
Est bien féroce sans doute comme un banquier quelconque ;
Un de ces foutoirs que c’est la nature,
Temple du n’importe quoi très atroce,
Où les cadavres nourrissent les vivants.
De cadavres nous aussi, hommes
Vivants, nous subsistons ; ce sont là les
Piliers de nos églises, les guichets de nos administrations.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 février 2008
01 février 2008
SOCIETE GENERALE
SOCIETE GENERALE
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"Le sommeil est plein de miracles !"
(Baudelaire, Rêve parisien)
Le temps est à la crise ! Ah… Du coup, le
Sommeil des grands argentiers pourrait s’en troubler…
Est-il comique, ce temps des assassins sans poignard !
Plein de morgue, ce temps, (la fameuse « morgue des grands »),
De leçons de morale et de tentacules multinationales.
Miracles que sont les crises qui font tomber les masques.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er février 2008
DE CE TERRIBLE
DE CE TERRIBLE
« De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n’en vit »
(Baudelaire, Rêve parisien)
De ces jours que je vis, moi ! Les autres me rappellent à eux.
Ce besoin toujours qu’ils ont qu’on soit avec eux, bizarre, tout de même…
Terrible, terrible ! Les gens sont assoiffés les uns des autres ;
Paysage morbide assez que cette foule qui vous dévore
Tel quel ; temps, talent, argent, tout y passe, vos défauts en prime.
Que l’on soit bien grotesque afin que de plus grotesques encore
Jamais ne puissent douter qu’ils vous sont supérieurs !
Mortel je suis, et c’est fort heureux, car vous me gavez,
N’en déplaise à votre sacro-saint consensus social ;
Vit-il ses dernières heures que je n’en serais pas étonné.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er février 2008
J'AIME NINA HAGEN
J'AIME NINA HAGEN
J'aime quand elle sussure et vocalise deutsch dans le reggae
Nina quand elle unbehagainne, quand elle rangaihnne,
Hagen quand elle outrecuide et passe la mesure.
Patrice Houzeau
Hondegehm, le 1er février 2008
PENDULAIRE
PENDULAIRE
"Sois sage, ô ma Douleur, et tiens toi plus tranquille." (1)
(Baudelaire, Recueillement)
Sois ce que tu es (Wouah ! Wouah ! fait le chien)
Sage comme une image, comme un bon citoyen ;
Ô Images, vous bougez un peu quand même...
Ma petite âme, elle a pris un coup de froid, une
Douleur mince comme une feuille de papier,
Et même une feuille de papier à cigarette.
Tiens, prends donc un café ; la pluie grésille.
Toi, tu n'as pas envie d'aller travailler ! C'est que
Plus me plaît d'être seul que de jouer le jeu...
Tranquille, reste tranquille, il faut bien sauver ta peau.
(1) Me dis-je quand j'ai mal aux dents.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er février 2008
27 janvier 2008
L'OISEAU QUI
L'OISEAU QUI
"L'oiseau qui s'est dépris d'être Phénix"
(Yves Bonnefoy)
L'oiseau le saxophone le garçon la fille
Qui jetèrent leur féerie dans la nuit l'oiseau
S'est fait désosser par des mains de sable
Dépris de tout voué à l'impossibilité
D'être nous avons créé pour lui le merveilleux
Phénix qui console un peu d'être déjà si vieux.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 janvier 2008
SOUVENT, POUR S'AMUSER
SOUVENT, POUR S’AMUSER
« Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers »
(Baudelaire, L’albatros)
Souvent, en écoutant du jazz
Pour rire je me mets à rimailler oh !
S’amuser à coller des syllabes aux sons
Les rythmes et les solos que jouèrent d’autres
Hommes laissant manies et routine
D’équipage à la mécanique des heures Je me demande :
Prennent-ils le temps prennent-ils le temps les soldats
Des jours sans fin de la foudre de penser aux
Albatros passant au-dessus des vastes des
Vastes étendues loin des ombres folles du feu
Oiseaux planant comme ces saxophones
Des ballades et des furies que les
Mers tissent patiemment et balancent au ciel.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 janvier 2008
26 janvier 2008
SI JE VOUS DIS
SI JE VOUS DIS
Si je vous dis que le cristal d'un jour de pluie
Je me plais à isoler ce vers de Paul Eluard
Vous pourrez toujours me le reprocher Je
Dis ce qu'il me plaît de dire
Que le monde n'est que par énigmes ou que
Le sourire souvent se fige
Cristal chantant que le doigt abandonne ou que
D'un claquement de doigt le
Jour s'éteint dans les yeux ou que
De temps en temps je prends le temps d'entendre la
Pluie qui passe les arbres les saisons les toits.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 janvier 2008
22 janvier 2008
N'EXISTONS-NOUS
N'EXISTONS-NOUS
"N'existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?" (1)
(Victor Hugo, Tristesse d'Olympio)
N'existons-nous que par ces ombres qui s'agitent
Nous qui avions rêvé tant de vies à la fois
Donc sommes macchabées passés dissipés pas
Plus qu'un peu de poussière animée de lumière
?
Avons-nous assez goûté au pain des vivants
Nous que poursuivaient les aiguilles Avons-nous
Eu ce que nous voulions Nous souvenons-nous de
Notre maison hantée au bord de ce lac sans
Heure sans couleur sans autre ombre que le vent
?
(1) Rimbaud avait raison : Voyant qu'il fut aussi, Hugo! En témoigne cette strophe ultra-spectrale :
"N'existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L'air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connaît plus."
(Victor Hugo, Tristesse d'Olympio in Les Rayons et les Ombres)
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 janvier 2008
