BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

20 janvier 2008

POUSSIERE DU SOLILOQUE

POUSSIERE DU SOLILOQUE

"Les routes ça soliloque, sauf quand y'a des passants."
  (Marie Rennard, A vue de nez, in l'excellent blog Melting pot et vin blanc doux - http://rennard.canalblog.com/ à la date du vendredi 18 janvier 2008)

Les - sous la mort bleue des anges -
Routes s'y animent les harengs saurs de la poussière
ça passe la pluie le vent l'été et ça
Soliloque un vrai one wind show
Sauf si dans le grand hasard des humains
Quand sonnent les cloches ou que juillet
Y fait passer ses Hollandais elle
A alors de ces silences effrayants la route
Des silences à chuter dedans entre les
Passants bruyants vivants claque-sonnants et trébuchants.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 janvier 2008

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13 janvier 2008

CONTREVERS A LA DEMOISELLE

CONTREVERS A LA DEMOISELLE

La demoiselle coupe le pain.

La blonde (ou brune ou rousse) songeuse au visage rond
Demoiselle des vengeances
Coupe - dans son oeil quelque éclat froid aiguise sa lame -
Le pain à la croix invisible
Pain aussi frais aussi blanc que la chemise de la demoiselle.

La demoiselle caresse son chat.

La grèle castagne les carreaux La
Demoiselle est bien au chaud songeuse elle
Caresse en méditant le roman de ses vengeances
Son animal favori et mystérieux le
Chat noir aux prunelles de sable.

La demoiselle dans le feuillage.

La lumière brise du verre à la rivière La
Demoiselle est dans le chemin sans nom
Dans la patience verte
Le poignard à la main éclair au
Feuillage elle guette l'ordinaire passant.

La demoiselle fume une cigarette.

La gorge est tranchée ça fait du sang beaucoup de sang La
Demoiselle ayant saigné son passant
Fume sous l'oeil rond des oiseaux
Une rivière fait la rime (c'est de l'eau !)
Cigarette qui s'éloigne dans le chemin il fait beau.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 janvier 2008

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12 janvier 2008

JAILLIE

JAILLIE

Une voix jaillie de fontaine batterie

Une féerie dans la nuit
Voix dans les ombres    jaillie    elle
Jaillie comme flèche de chair
De l'eau des songes et des rythmes
Fontaine    s'y affole quelque
Batterie fontaine à coeur de foudre.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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SAXOPHONE DAUPHIN

SAXOPHONE DAUPHIN

"Saxophone dauphin des profondes marées
  Saxophone sorcier d'étoiles éphémères"
  (Jacques Duron)

Saxophone, comme le son f te va bien !
Dauphin des royautés féeriques du jazz
Des grandes cités rythmiques et des rivières
Profondes de la voix, voici tes élans de
Marées et le bleu, cheval haché des syncopes ;
Saxophone, lorsque l'on évoque ton souffle
Sorcier, l'on y flanque le son f des fontaines
D'étoiles d'où jaillissent les chansons des ombres
Ephémères et vives comme des vies d'hommes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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TOUPIE

TOUPIE

Tout tourne sur les toits
Tourne et fait toupie et tourbillonne
Sur la ville d'oùsque les gens s'envolent
Les vents brusques y cavalent sur les
Toits y ramassant oiseaux et passants.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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VIEILLE LUNE

VIEILLE LUNE

"et la lune se ferme comme une bouche morte"
  (Jean Cayrol)

Et dans le bleu qu'on voudrait y dessiner
La très vérolée
Lune vieille et neuve comme une pièce de monnaie
Se tourne les pouces et regarde la terre
Ferme les yeux des fatigués les néons les télés
Comme clignote tout un ballet de petites danseuses
Une envie de roupiller lui tord la
Bouche et la voilà qui flotte et dérive comme
Morte allongée reposant aux nuages.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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BESTIOLES

BESTIOLES

"et dans les prés mille regards soulevaient les paupières de l'herbe" (Luc Decaunes)

Et pendant que les vaches regardent passer
Dans l'ordre républicain préfets et sous-fifres
Les verdures palpitent frétillent les
Prés spongieux détrempés
Mille minuscules bestioles
Regards des souterraines multitudes
Soulevaient leurs cuirasses crochets mandibules
Les miettes des Anciens pour trésor de guerre
Paupières décousues princes désassemblés
De tout un tas de monde ils se sont tant goinfrés
L'herbe quand même sacré cellier pour bêtes à Bon Dieu !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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SUFFOQUE

SUFFOQUE

"Dans le ciel suffoqué de cloches inarrêtables"
  (Jean-Claude Diamant-Berger)

Dans le cosmos où grincent les ultra-mouettes
Le vaste bleu où les étoiles se les gèlent
Ciel immense où Dieu joue avec les allumettes
Suffoqué ! Cuit ! le ciel plein de trucs fumigènes
De saloperies insidieuses basses lourdes
Cloches qui sonnent sonnent et qui retentissent
Inarrêtables tandis qu'on enterre un corps.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 janvier 2008

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05 janvier 2008

MEMENTO MORI

MEMENTO MORI

La pluie tout un tas de spectres dégringolants.

La nuit finit toujours par nous manger les yeux
Pluie de terre la dernière pelletée Crâne
Tout ça le bide et le coeur tout finit en crâne
Un condamné que l'on renvoie au trou - Rompez !
Tas de misérables secrets dispersez-vous
De vous ne restent que de vagues souvenirs
Spectres très ridicules de pécheurs sans fautes
Dégringolants dans la grande paix de la boue.

Le toujours très amusant Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 janvier 2008

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SANS RIRE

SANS RIRE

"Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon"
  (Baudelaire, La Destruction)

Sans rire je ne cesse pas ne
Cesse pas de déconner
A pleins tubes que je déconne
Mes phrases, urticantes je les veux, et mes
Côtés douloureux à force quand dedans
S'agite le parasite satirique, le ver rigolard,
Le sarcastique bitonniau, ce
Démon si exclusif, jaloux, possessif de la moquerie.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 janvier 2008

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