BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

24 mai 2008

LONGUE DAME EN NOIR

LONGUE DAME EN NOIR

La dame merveilleuse demanda
Longue dame au spectre de la boîte oblongue
Dame aux cheveux bleus brillants comme la flamme
En longue robe noire au revenant
Noir comme l'ombre de laisser aux vivants un peu d'espoir

La dame est bien gentille elle ne vient que la nuit
Longue dame au visage lisse comme un dessin
Dame du souci de celui qui dort et songe
En quelques mots bien doux au revenant
Noir comme l'encre elle demanda que

La dame de la nuit d'entre les pages
Longue comme la légende la
Dame de chaque lune demande
En pitié du vivant au revenant
Noir comme le sang que nous soyons épargnés

La dame grâce à elle la
Longue étincelle de l'humain persiste
Dame ô dame que l'on dit vierge
En trois coups de dents voici que le coeur
Noir d'on ne sait quoi vous passe dans la gorge.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2008

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26 avril 2008

ET DANS CE CALME POURTANT

ET DANS CE CALME POURTANT

« Et pourtant, le crépuscule venu, un rugissement remplissait ce silence ; un corps géant se glissait le long d’un large sentier battu, à travers le fourré. »
(Julie Laguirande-Duval, Le Dragon de Wawel in Contes et Légendes de Pologne, Fernand Nathan, p.21)

Et dans ce calme où moutonnent les moutons
Pourtant quand le ciel commençait à bleuir et
Le village à s’endormir dans le
Crépuscule on voit au loin un clocher de carte postale 
Venu d’on ne sait où de la nuit des vieilles lunes
Un long mugissement lançait ses nasales pour finir en
Rugissement ce qui évidemment
Remplissait toutes les oreilles et
Ce bucolique
Silence qui sied aux campagnes des contes et légendes
Un grand froissement de feuilles accompagnait le
Corps d’un animal que l’on supposait
Géant qui
Se déplaçait le long du fleuve
Glissait sur la rive
Le long des arbres et long lui-même disait-on
Long comme le livre des péchés
D’un coup le voilà agile et
Large sur le
Sentier courant sur le sol
Battu puis
A travers les haies à
Travers toutes les clôtures
Le grand dévorant s’élance et voilà qu’il s’en est
Fourré un dans la gueule, de mouton, le dragon.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 avril 2008

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21 avril 2008

DE LA LUNE

DE LA LUNE

Et la voix dans les ténèbres raconta que
De la soie bleue où pose la pierre de lune
La toile longuement chuta chuta de la
Lune et en chutant en se défaisant c'est qu'elles
Chutèrent avec les bestioles à huit pattes
Les lourdes et noires araignées des étoiles
Araignées qui aussitôt remplirent le monde

Et la voix dans les ténèbres ajouta que
De la nuit où la lune a tout l'air d'un gros oeuf
La pluie n'arrêta pas de tomber puis de cette
Lune agrippés aux fils invisibles c'est qu'ils
Chutèrent par milliers chutèrent sur la terre
Les mystérieux habitants des autres lieux les
Dévorants qui s'installèrent dans nos cervelles.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 avril 2008

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19 avril 2008

CHAQUE NUIT

CHAQUE NUIT

Je sais le jour tu es ailleurs
Peux-tu me dire où
Te caches-tu où se cachent les ombres sans
Voir ni la lumière ni d'autres visages
Chaque nuit tu reviens pourtant chaque
Nuit brille l'éclat de tes yeux

    Je peux te voir chaque nuit
    Les miroirs n'en disent pas autant
    Passent les jours et les cercueils
    Dans les rues du village

Je sais le jour tu es fantasque
Peux-tu me justifier si peu de miroirs
Te passes-tu si aisément de déjeuner
Voir glisser ton ombre m'étonne toujours
Chaque nuit tu viens en souriant chaque
Nuit j'entends hurler les loups

    Je peux te voir chaque nuit
    Les miroirs n'en disent pas autant
    Passent les jours et les cercueils
    Dans les rues du village

Je sais tu as le coeur bien accroché
Peux-tu supporter le coup que je te porte
Te manquera-t-elle cette tête tranchée
Voir tout ce sang gicler quel effarement
Chaque nuit je me réveille chaque
Nuit il me vient comme un goût de sang.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 avril 2008

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18 avril 2008

HACHEE

HACHEE

Sur le fond gris de la fin du jour il la vit
La bête immense et noire sur la
Route elle approchait
Hachée ruisselante
De son pas tranquille sous la
Pluie dans les plis mouvants du vent
Le cheval ténèbre monté par un
Cavalier en armure il approchait le cavalier
Sans que l'on puisse voir son visage vu que sans
Tête qu'il était çui-là qui
Approchait sur la route hachée de pluie.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 avril 2008

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QUE COUIC

QUE COUIC

Des phénomènes mystérieux des
Murmures chuchotements soupirs
La voix énigmatique de la
Nuit persistait au manoir elle y
Troublait le sommeil des jeunes filles
Les autres ronflaient paisiblement
Endormis et n'entendaient que couic

Que les craquements du vieux manoir
Couic cric crac ils n'ouïrent que couic
Des furtifs frottements seules les
Souris coureuses les réveillaient
Dans la journée elles entreprirent
Les jeunes filles de fouiller les
Placards et les pièces ignorées.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 avril 2008

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16 avril 2008

HOU-HOU !

HOU-HOU !

Le spectre - il était ce
Spectre pince-sans-rire - et
Fit grand bruit au manoir
Hou lançait-il la nuit
Hou répétait-il sans cesse
Rassemblant dans les arbres d'alentour
Les chats-huants chouettes hulottes
Hiboux et tous les ducs
Qui faisant concert de hululements
Lui prêtèrent leur concours et
Firent long et multiple écho
On - nous cousins de passage -
Ne put dormir on ne
Put que se retourner sans
Fermer l'oeil de la nuit
L'oeil qui indubitablement nous cerne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 avril 2008

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15 avril 2008

DU LANCINANT

DU LANCINANT

Du lancinant
Velours bleu
Du jazz que jouait le
Saxophone élégant et sophistiqué
Sortit dans la fumée du club
L'arabesque l'éclair souple
D'un long
Serpent à la langue vibrante.

Il se glissa de la bouche dorée
Se dirigea lentement se
Dirigea - étrangement personne ne semblait le voir -
Vers l'ondulation bleue
Les mouvements lentement cadencés d'une robe aux
Hanches moulées
D'une longiligne
Danseuse perdue dans la fumée.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 avril 2008

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CHEVAL PRENANT

CHEVAL PRENANT

Le miroir s'emplit du
Cheval vaste cheval qui
Prit soufflant écumant piaffant
Les faces terribles les
Mille yeux et les
Visages d'une armée d'ombres.

Il détala illico il
S'enfuit le trop curieux
Derrière un long hennissement ;
Lui très épouvanté
Le cri du cheval
Hennissement atroce le poursuivant.

Il se retrouva dehors
Franchit les grilles ouvertes
Le ciel bleu du
Parc était piqué de
Très claires étoiles Grand
Calme dans la rue.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 avril 2008

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VISAGE PEINT

VISAGE PEINT

Le ciel était d'un bleu à jouer dehors
Visage content qu'il avait le môme soudain
Peint de marques rouges et noires
D'un coup d'oeil il le vit cet
Indien du cimetière à l'affût
Dans la hauteur verte
Les verticales serrées des
Herbes de la prairie.

Personne dans la petite ville
Ne prêta attention au gamin ne
Crut un seul mot de
Cette fable d'indien tapi dans l'herbe
Histoire suscitée bien sûr par l'ancien cimetière
Jusqu'au jour où il y eut le
Premier cadavre et le premier
Scalp d'une série bien trop longue pour être détaillée.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 avril 2008

Posté par patricehouzeau à 16:30 - CONTREVERS ECLATS DU CONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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