16 juillet 2007
PRESAGE
PRESAGE
Ma femme à la chevelure de feu de bois (1)
Fume trop Elle va finir par s'enflammer.
(1) Amis poètes, si vous avez quelque message à l'intention du fantôme d'André Breton qui, après cette irrévérence, ne manquera pas de venir me tirer les pieds la nuit, n'hésitez pas à m'en faire part, en commentaire par exemple ; je transmettrai.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 juillet 2007
09 février 2007
DEUX DISTIQUES ET UNE CITATION
DEUX DISTIQUES ET UNE CITATION
Léger le vent, pain et café, avril venu ;
Le mort est vif, voilà qu'il siffle au coin d'la rue.
L'humain, machin complexe et très bavard bipède,
Quand il bande, au moins, c'est que celle-là est raide...
"Des boxeurs et des jeunes filles en tricot se tiennent par
la taille dans les terrains vagues
Ils lancent des fumées qui font tomber les étoiles
Et s'en vont"
(Jacques Baron, L'Allure poétique, Gallimard, 1924)
Quelle épatance dans l'imagerie ! ça clignote, pages tournées d'un vieux magazine aux illustrations en noir et blanc. On pense à Apollinaire, plus encore à Cendrars avec sa poésie d'homme des villes.
Où est le besoin d'acheter plutôt cher des pavés de 400 pages écrits par des ghost writers (des "nègres" en français de maison d'édition) ou des littérateurs multi-fonctions quand on peut trouver son bonheur dans une poignée de vers d'une livraison ancienne de la revue Poésie 1 (en l'occurrence, celle de mars 1972 consacrée aux poètes surréalistes Jacques Baron, Pierre de Massot, Philippe Soupault) ?
Il est vrai qu'il faut bien que les éditeurs vivent. Ne sont-ils pas la preuve vivante de l'efficacité du libéralisme économique ?
Car, en effet, pas de liberté d'expression sans livres, pas de livres sans maison d'édition, pas de maison d'édition sans délit de cavalerie (on honore une dette par un nouvel emprunt), pas de délit de cavalerie sans nouvelle publication (afin d'éponger les pertes de la précédente), pas de nouvelle publication sans publicité (les écrivains que l'on voit à la télé sont de plus en plus jeunes et jolies; fini, basta des "gueules" à la Cendrars, à la Céline ! il faut des femmes jeunes aux grand yeux noirs, que l'on ait au moins envie de les regarder), pas de publicité sans recettes publicitaires et retombées éditoriales, et ce qui fait, Madame la Marquise, que tout va très bien et qu'on publie à tour de bras des livres que personne ne lit.
Ceci dit, et après tout, je m'en fiche si ça permet aux gens d'avoir du boulot.
C'est bien ce que je disais : les éditeurs prouvent que le libéralisme économique, ça fonctionne.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 février 2007
22 juillet 2006
COMMENT POUCET DEVINT UN CHAMPION DU FLÛTIAU
COMMENT POUCET DEVINT UN CHAMPION DU FLÛTIAU
Conte tout en distiques de Patrice Houzeau
Sous la paix bleue d'un ciel intermezzo
Les arbres causent en latin d'oiseau.
Ce que dit ce latin, voici en quelques mots
Une étrange affaire à vous conter illico :
Tout en faisant ricocher des cailloux dans l'eau,
L'ogre, ayant bu, opéra un magistral rot.
Quand l'homme-estomac plongea dans un gros dodo,
Il ne put voir Poucet armé d'un grand couteau.
Le Petit Poucet le mit dans son sac à dos,
L'ogre qu'il découpa en tout petits morceaux.
Il fit don des boyaux aux poissons, aux oiseaux,
A becqueter puisque l'ogre était vraiment gros.
De ce pays pédophage il fila presto,
Poucet passant des ponts et des monts et des vaux.
Pour se payer du lard avec des haricots,
Poucet fit des reliques de quelques morceaux.
A des théologiens obscurs et monacaux
Il vendit des saints en kit, - la langue en cadeau ! -
Ce fut grand joie des pélerins et badauds
Que d'admirer ces restes phénoménaux.
Arrivé ainsi au bord de toutes autres eaux,
Poucet se dit Allons vidons not' sac à dos !
Ne gardons que le portefeuille en peau de veau
Et les dents en or que nous revendrons tantôt.
Petit Poucet jeta tous les morceaux dans l'eau,
Non sans en avoir d'abord ôté quelques os.
Perçant ces os de trous, il en fit des pipeaux
Sur lesquels il jouait des refrains rigolos.
Poucet joua tant pour les vaches et leurs veaux
Qu'au flûtiau il devint rapido très costaud.
Virtuose, il attrapa un impresario
Et bientôt sa photo dans de nombreux journaux.
Il fut accompagné par de drôles d'oiseaux
Qui jouaient du saxo, du banjo, du piano.
En multipliant les trilles dans ses solos
Poucet fut vite le roi d'un jazz plutôt chaud.
Attendez un peu avant de crier bravo
La moralité de ce conte à la Houzeau :
MORALITÉ
N'oubliez pas de découper l'ogre en morceaux,
Si vous voulez devenir un as du pipeau.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 juillet 2006
