15 février 2007

L'INSOLENCE SPECTACLE

L'INSOLENCE SPECTACLE Il arrive qu'il y ait "rumeur joyeuse dans la foule qui a l'impression d'être au théâtre." (Jean-Claude Brisville, Beaumarchais, l'insolent, folio, p.51).L'insolence plaît au peuple lorsqu'elle s'en prend aux puissants, ici le conseiller Goëzman et le comte de La Blache, à qui Beaumarchais reproche de "se soucier moins de la vérité que de la protection de leurs privilèges".Le spectacle de l'insolence est ainsi fort plaisant lorsqu'il est supposé être une des occupations de la "France... [Lire la suite]
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03 février 2007

"OUBLIE-MOI !"

"OUBLIE-MOI !" Peut-on raisonnablement dire à quelqu'un : "Oublie-moi !" ?"On n'oublie rien, on s'habitue, c'est tout" chantait Jacques Brel.C'est bien plutôt : "Ne t'occupe plus de moi !" que, sans doute, il faudrait dire alors.Ce que nous appelons "oubli" se tient dans la non-préoccupation.On a beaucoup parlé de la faculté d'oubli de Dom Juan qui, passant d'une femme à l'autre, "oublie" tout ce qui pourrait entraver sa sempiternelle nouvelle conquête.Cependant, Dieu,... [Lire la suite]
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31 janvier 2007

VERS UNE REPUBLIQUE D'INSTITUTEURS ?

VERS UNE REPUBLIQUE D'INSTITUTEURS ? Chacun de nos actes procède d'une généalogie. Et donc d'une temporalité. Et c'est dans cette temporalité, cette somme, que se tient le fantôme de notre liberté.D'où la tendance que j'ai à répugner à toute contrainte.D'où le fait que tout acte libre abolit cette généalogie en même temps qu'il la regénère.D'où l'indifférence de plus en plus patente à la politique qui n'est jamais qu'une manière d'organiser les contraintes (les nécessaires restrictions des libertés individuelles) au profit de... [Lire la suite]
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23 janvier 2007

L'ECOLOGIE, MOI, J'Y CROIS PAS !

L'ECOLOGIE, MOI, J'Y CROIS PAS ! L'écologie, c'est comme la religion : beaucoup de croyants et fort peu de pratiquants.Moi, l'écologie, j'y crois pas. Je sais bien que tout fout le camp, les glaciers fondent, le climat a l'air de se réchauffer (ceci dit, la consultation des éphémérides médiévaux nous révèle que les hivers trop doux ne sont pas nouveaux) et il se pourrait bien que les bipèdes humains finissent grillés comme de vulgaires saucisses (ou noyés comme de petits chats).Et alors ?Je voudrais bien savoir quelle est cette... [Lire la suite]
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28 décembre 2006

FANTAISIE SUR L'ÂME ET LA SOUL

FANTAISIE SUR L'ÂME ET LA SOUL J'aime bien le mot "âme". C'est un mot tout bleu, horizontal, linéaire. Il évoque le calme plat de la contemplation, du songe éveillé, des moments consacrés à la réflexion.Subjectivement, je place le mot "âme" dans le même champ lexical que "ami", "amante", "amour", et, lorsque je songe aux autres sans hostilité, ni jalousie, ni regret, j'aime à les voir comme des porteurs d'âmes et m'étonne alors qu'ils soient si pressés de se déchirer les uns les... [Lire la suite]
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31 août 2006

FIDELITE DU RECIT

FIDELITE DU RECIT « Mon récit sera fidèle à la réalité ou, du moins, au souvenir que je garde de cette réalité, ce qui revient au même. » Cette première phrase de la nouvelle Ulrica de Jorge Luis Borges (Le livre de sable, traduit de l’espagnol par Françoise Rosset, Folio, p.20) rappelle que la mémoire n’est pas plus la réalité que les pommes de Cézanne sont comestibles. La mémoire, c’est du cirque, du cinoche que l’on se fait. C’est sans doute la grande leçon de Louis-Ferdinand Céline : la... [Lire la suite]
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21 août 2006

A PROPOS DU MONDE DE CHRISTINA.

A PROPOS DU MONDE DE CHRISTINA. C'est une petite fille ou une  jeune fille, ou une jeune femme, dans une herbe couleur d'automne.On la voit de dos. Elle est d'ailleurs allongée, prête, semble-t-il, à se lever d'un bond.Ses cheveux sont noirs et la robe qu'elle porte est d'un rose décoloré par la lumière, d'une couleur proche de la chair. Nulle ambiguïté cependant, ses bras sont osseux et évoquent la chair jaune des poulets.Au milieu du nulle part de l'herbe, elle regarde une maison grise, une ferme sans doute, qui se... [Lire la suite]
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08 juillet 2006

NOCTURNE

NOCTURNE On dit que l'on n'a pas pu fermer les yeux de Marcel Schwob quand il fut mort.Marcel Schwob s'est longtemps occupé d'une prostituée qui lui inspira Monelle.Monelle, celle qui est seule.Monelle, celle qui est rentrée dans sa nuit.Marcel Schwob a révélé l'activité criminelle de François Villon, ce double coeur.Villon, lui aussi, est rentré dans sa nuit.Marcel Schwob a influencé Borges.L'homme des Fictions était aveugle. Patrice HouzeauHondeghem, le 8 juillet 2006
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06 juillet 2006

EN ATTENDANT LES VERS

EN ATTENDANT LES VERSJe me suis installépour y mourirdans une image.    (Jean Tardieu, L'accent grave et l'accent aigu, Poésie/Gallimard, p.75) Le point de vue finit par se dissoudre dans son origine.L'oeil finit par se dissoudre dans le sol d'où il est sorti.Nous finissons toujours par ce retour à l'horreur de la matière.La bonne nouvelle, c'est que l'horreur n'existe pas sans conscience.Le paradis promis, ce n'est jamais que la véritable mort, celle de la conscience.Les prêtres parlent par litotes et antiphrases.Le... [Lire la suite]
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30 juin 2006

LES FLÂNEURS

LES FLÂNEURS     Monsieur de Sainte-Colombe : "Avec la vie passionnée que je mène !"    Sa fille aînée : "Vous menez une vie passionnée, père ?"    Sa fille cadette : "Père, vous menez une vie passionnée ?"        (D'après Pascal Quignard, Tous les Matins du Monde)Rimbaud, dit-on, composait ses poèmes en marchant, les mâchant et les remâchant entre ses lèvres puis soudain, il s'arrêtait, sortait de ses poches crevées quelque bout de papier et... [Lire la suite]
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