23 janvier 2007
L'ECOLOGIE, MOI, J'Y CROIS PAS !
L'ECOLOGIE, MOI, J'Y CROIS PAS !
L'écologie, c'est comme la religion : beaucoup de croyants et fort peu de pratiquants.
Moi, l'écologie, j'y crois pas.
Je sais bien que tout fout le camp, les glaciers fondent, le climat a l'air de se réchauffer (ceci dit, la consultation des éphémérides médiévaux nous révèle que les hivers trop doux ne sont pas nouveaux) et il se pourrait bien que les bipèdes humains finissent grillés comme de vulgaires saucisses (ou noyés comme de petits chats).
Et alors ?
Je voudrais bien savoir quelle est cette transcendance au nom de laquelle l'espèce humaine devrait à toute fin (se) survivre à elle-même ?
Certes, nous ne pouvons faire autrement que de "persister dans l'être", et l'humanité doit ce qu'elle appelle son "Histoire" à une lutte constante contre tout ce qui lui est contraire (hostilité naturelle des choses, rareté de la nourriture, sa propre morbidité, etc...).
Et c'est d'ailleurs d'avoir trop bien réussi (les engrais épuisent les sols, la production industrielle nous asphyxie, etc...) qui va peut-être finir par causer notre perte.
Mais pourquoi l'Histoire ne serait-elle pas ironique ?
Ce qui me gêne le plus dans l'écologie, c'est qu'elle se donne des airs de téléologie. Autrement dit, comme toute politique qui se croit philosophie (marxisme-léninisme, nationalisme suprématiste,...), comme toute religion, l'écologie semble croire que la survie de l'humanité est une fin en soi. Elle refuse d'imaginer que l'espèce humaine puisse disparaître comme ont disparu une infinité d'espèces animales.
Vous me direz : mais, Monsieur Houzeau, l'être humain n'est-il pas, dans l'univers connu, le seul être vivant capable de penser la fin de sa propre espèce ainsi que celle de toute autre espèce, et donc le seul à pouvoir empêcher cette fin ?
Et j'en conviendrai.
Effectivement, si l'humanité réussit à persister, continue à progresser, s'améliore, eh bien, tant mieux !
Pourtant, on ne pourra m'empêcher de poser la question : Mais à quel prix ?
Car, je ne doute pas qu'en réduisant considérablement la production de toxines industrielles, en économisant l'eau et les énergies dites fossiles (charbon, pétrole), en utilisant plus et mieux les énergies renouvelables, en répartissant mieux les richesses entre hémisphère Nord et hémisphère Sud, en continuant à oeuvrer pour un contrôle accru de la natalité des pays en voie de développement, bref, en organisant de façon planétaire ce que l'on appelle le "développement durable", on finisse par obtenir des résultats encourageants.
Il est même à peu près certain que l'humanité réussira à persister dans l'être jusqu'à ce que le soleil s'éteigne et nous plonge à tout jamais dans l'horreur des ténèbres.
Mais quel est le Zorro, le Superman, qui fera tout ça ?
Car, honnêtement, avec un continent asiatique qui représente 60% de la population mondiale et qui commence à peine son réel développement industriel, avec cette furieuse et précieuse habitude de nous considérer nous-mêmes non comme un troupeau de moutons obéissant à un même et seul ordre, mais comme une communauté d'esprits critiques, individualistes et entreprenants, je ne nous vois pas nous mettre à devenir sobres comme des pasteurs anglicans, sages comme des images, prudents et scrupuleux comme des traducteurs de grec ancien.
Je ne nous vois pas non plus nous mettre à brouter frugalement - il faut bien qu'il y en ait pour tout le monde ! - des aliments "bio" et perdre notre fâcheuse habitude de nous déplacer tout le temps partout en transportant des tas de virus, de bactéries et d'habitudes plus ou moins avouables.
Je ne nous vois pas non plus renoncer à l'extrêmement lucratif commerce des armes qui n'est jamais qu'une défense et illustration de l'art d'échanger services et coups bas entre nations (ce que l'on appelle "la diplomatie").
Non, je ne nous vois pas renoncer à cette preuve par l'absurde de notre humaine liberté : le pouvoir de consciemment nous nuire à nous-mêmes.
A moins que quelque fascisme "vert" ne s'empare du monde et ne nous y contraigne.
Et c'est précisément ce que je refuse.
Pour le reste, on fera comme d'habitude, nous autres humains : ce qu'on pourra...
Mais librement.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 janvier 2007
28 décembre 2006
FANTAISIE SUR L'ÂME ET LA SOUL
FANTAISIE SUR L'ÂME ET LA SOUL
J'aime bien le mot "âme". C'est un mot tout bleu, horizontal, linéaire. Il évoque le calme plat de la contemplation, du songe éveillé, des moments consacrés à la réflexion.
Subjectivement, je place le mot "âme" dans le même champ lexical que "ami", "amante", "amour", et, lorsque je songe aux autres sans hostilité, ni jalousie, ni regret, j'aime à les voir comme des porteurs d'âmes et m'étonne alors qu'ils soient si pressés de se déchirer les uns les autres.
J'en déduis qu'il y a des gens sans âme. De purs mouvements animés d'instincts. Des animaux en quelque sorte. Des assassins sans autre mobile que la satisfaction de leurs désirs.
Du coup, je suis pour la peine de mort.
En anglais, le mot "âme" se dit "soul". Je l'aime bien aussi ce mot. Mais lui, c'est un mot rouge, un mot rond, circulaire. La "soul" sonne solaire.
C'est un mot qui m'évoque les Amériques, - toutes les Amériques -, des grands soleils au-dessus des cités incas jusqu'aux neiges étincelantes du Québec. Il m'évoque les Américains, ce mot. D'abord, parce que le mot "soul" désigne aussi une musique pleine de cuivres et de rythmes lancinants, prompts à imiter la machine comme à évoquer la montée du désir.
En France, on a chanté "l'âme des poètes" ; aux Etats-Unis, on a proclamé James Brown "parrain de la soul" ("the Godfather of Soul").
J'en déduis que la France à l'âme vouée au violon, au piano, à tous les instruments qui permettent le développement d'une rêverie, l'accordéon aussi, et l'orgue de barbarie !
Tandis que les Américains, c'est différent. Occupés à sans cesse rallumer les soleils qui, sous le nom de "soul", palpitent dans leurs poitrines, à sans cesse veiller à ce qu'ils restent flamboyants, ces soleils qui étoilent leur drapeau, ils semblent préférer une musique rythmique, une musique de danse, - ou de marche -, une musique circulaire, pleine de cuivres brillants, de percussions et d'accords de guitares.
Ils ont cependant leur limonaire à eux, les Américains, c'est leur harmonica.
Ils ont aussi une magnifique manière d'évoquer le mot "âme". Ils appellent cela le "blues".
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 décembre 2006
31 août 2006
FIDELITE DU RECIT
FIDELITE DU RECIT
« Mon récit sera fidèle à la réalité ou, du moins, au souvenir que je garde de cette réalité, ce qui revient au même. »
Cette première phrase de la nouvelle Ulrica de Jorge Luis Borges (Le livre de sable, traduit de l’espagnol par Françoise Rosset, Folio, p.20) rappelle que la mémoire n’est pas plus la réalité que les pommes de Cézanne sont comestibles.
La mémoire, c’est du cirque, du cinoche que l’on se fait. C’est sans doute la grande leçon de Louis-Ferdinand Céline : la mémoire, c’est le joyeux et terrible bordel de la langue, de sa langue, sa plus personnelle, sa plus subjective ; ce qui ne veut pas dire que le référent n’existe pas ; il n’en est que plus vivace, que plus féroce au contraire.
Ainsi, les gens qui sont revenus de la nuit n’ont pas inventé la nuit. L’horreur n’est jamais telle qu’on la décrit, puisque la description de l’horreur n’est pas l’horreur, mais l’horreur existe, plus incompréhensible, plus absurde encore dès que l’on comprend qu’il n’y a pas de mots pour expliquer l’horreur, pour la rendre palpable.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 août 2006
24 août 2006
LOGIQUE DES FANTÔMES
LOGIQUE DES FANTÔMES
Si le chat est en même temps que le chat n'est pas, le chat reste le chat face au miroir que le miroir soit en même temps que le miroir ne soit pas.
Si le chat se confond avec le miroir et que ce chat-miroir soit en même temps que ce chat-miroir ne soit pas, le chat-miroir reste le chat-miroir en face du miroir associé à son double que ce miroir associé à son double soit en même temps qu'il ne soit pas.
Si au chat-miroir qui est en même temps qu'il n'est pas, j'enlève un élément constitutif, ce chat-miroir moins un élément constitutif reste ce chat-miroir moins un élément constitutif face au miroir associé à son double duquel on retranche un élément comparable à l'élément ôté au chat-miroir.
Les deux éléments retranchés relèvent alors d'un apparaître différent.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 août 2006
21 août 2006
A PROPOS DU MONDE DE CHRISTINA.
A PROPOS DU MONDE DE CHRISTINA.
C'est une petite fille ou une jeune fille, ou une jeune femme, dans une herbe couleur d'automne.
On la voit de dos. Elle est d'ailleurs allongée, prête, semble-t-il, à se lever d'un bond.
Ses cheveux sont noirs et la robe qu'elle porte est d'un rose décoloré par la lumière, d'une couleur proche de la chair. Nulle ambiguïté cependant, ses bras sont osseux et évoquent la chair jaune des poulets.
Au milieu du nulle part de l'herbe, elle regarde une maison grise, une ferme sans doute, qui se situe dans le prolongement de son regard que l'on ne voit pas.
La maison semble lointaine et pourtant, l'on pressent que l'adolescente perdue dans l'herbe et cette maison sont intimement liées.
A propos de cette scène énigmatique, le peintre, Andrew Wyeth, a dit : "Dans les représentations de cette maison, les fenêtres sont presque des yeux, des facettes de l'âme. Pour moi, chaque fenêtre est une partie différente de la vie de Christina." (cf. Art Fantastique, Walter Schurian, Editions Taschen, p.66-67).
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2006.
08 juillet 2006
NOCTURNE
NOCTURNE
On dit que l'on n'a pas pu fermer les yeux de Marcel Schwob quand il fut mort.
Marcel Schwob s'est longtemps occupé d'une prostituée qui lui inspira Monelle.
Monelle, celle qui est seule.
Monelle, celle qui est rentrée dans sa nuit.
Marcel Schwob a révélé l'activité criminelle de François Villon, ce double coeur.
Villon, lui aussi, est rentré dans sa nuit.
Marcel Schwob a influencé Borges.
L'homme des Fictions était aveugle.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2006
06 juillet 2006
EN ATTENDANT LES VERS
EN ATTENDANT LES VERS
Je me suis installé
pour y mourir
dans une image.
(Jean Tardieu, L'accent grave et l'accent aigu, Poésie/Gallimard, p.75)
Le point de vue finit par se dissoudre dans son origine.
L'oeil finit par se dissoudre dans le sol d'où il est sorti.
Nous finissons toujours par ce retour à l'horreur de la matière.
La bonne nouvelle, c'est que l'horreur n'existe pas sans conscience.
Le paradis promis, ce n'est jamais que la véritable mort, celle de la conscience.
Les prêtres parlent par litotes et antiphrases.
Le reste vit, continue de vivre dans la terre qu'il engraisse.
Chair sans conscience mais agitée de parasites, c'est-à-dire de toute une vie alimentaire.
Ce que nous aimons dans l'autre, réellement, ce n'est pas sa chair, cette viande, mais la conscience qui, provisoirement, s'y est installée et semble donner au corps cette vie que nous désirons.
Nous aimons une image de l'autre, et nous tentons de donner à l'autre une image aimable de nous-même.
Nous nous installons dans une image pour y mourir.
Remarque :
Waiting for the worms ("En attendant les vers") est le titre d'un morceau de Pink Floyd sur l'album The Wall. Dans le film d'Alan Parker (The Wall, Angleterre, 1982), la chanson est liée à des images d'ordre néo-fasciste, le double de Pinky Floyd rêvant de retrouver le contrôle de lui-même en imposant son autorité de la façon la plus stricte possible. Viva la Muerte criaient aussi les franquistes de la Guerre d'Espagne : effectivement, la violence la plus radicale résoud tout puisqu'elle aboutit à la mort de la conscience. Du reste, cette phrase, - "La violence résoud tout" -, je l'ai entendue moi-même prononcer par un militaire français par ailleurs assez intelligent pour en comprendre la portée exacte.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 juillet 2006
30 juin 2006
LES FLÂNEURS
LES FLÂNEURS
Monsieur de Sainte-Colombe : "Avec la vie passionnée que je mène !"
Sa fille aînée : "Vous menez une vie passionnée, père ?"
Sa fille cadette : "Père, vous menez une vie passionnée ?"
(D'après Pascal Quignard, Tous les Matins du Monde)
Rimbaud, dit-on, composait ses poèmes en marchant, les mâchant et les remâchant entre ses lèvres puis soudain, il s'arrêtait, sortait de ses poches crevées quelque bout de papier et transcrivait.
Le film de Milos Forman sur Mozart, Amadeus, nous montre le génie composant en jouant négligemment avec une boule de billard. C'est qu'à ce moment-là, Mozart ne compose plus mais transcrit, ayant déjà en tête l'ensemble des motifs de son oeuvre.
Racine, dit-on, procédait de la même manière pour ses tragédies et les alexandrins semblaient sans doute tomber de sa plume comme les fruits mûrs d'un arbre.
La légende littéraire rapporte que le poète Horace pouvait sans hésiter dicter plusieurs centaines de vers à son secrétaire - en ce temps-là, les secrétaires étaient souvent des esclaves, c'était bien pratique ! - et que le lendemain, il pouvait de mémoire citer les vers exacts qu'il désirait corriger. Même si le fait n'est pas authentifié, l'anecdote est éclairante en ce sens qu'elle définit le génie comme un apparaître : celui de la virtuosité prodigieuse.
Pourtant, ce qui a permis à Rimbaud, à Mozart, à Racine, à Horace et à tant d'autres de composer leurs oeuvres, ce n'est pas un génie spontané, - quelle blague ! -, mais très certainement l'habitude prise d'une très grande concentration.
Cette même concentration qui d'ailleurs pouvait les faire passer aussi pour des inadaptés (Mozart) ou des caractères de cochon (Rimbaud) car essayez donc un peu d'avoir une conversation suivie avec un quidam quelconque tout en composant de tête Une Saison en Enfer ou La Flûte enchantée !
Vous me direz qu'il ne suffit pas de se concentrer pour écrire des chefs-d'oeuvre sinon nos Lycées seraient pleins de génies en herbe, - ce qui est assez peu le cas, soyons francs ! - et vous aurez raison puisqu'il faut tenir compte aussi de la formation des dits génies : si Mozart n'avait pas connu si tôt un apprentissage musical aussi intensif, nul doute qu'il ne serait pas devenu ce maître incontesté de l'opéra et ce compositeur qui, à lui seul, semble résumer l'intérêt du baroque, la perfection du classicisme et l'ébauche du romantisme.
Mais je gage que cette si intense concentration fit aussi partie de leur formation, qu'en même temps qu'ils apprenaient à maîtriser leur instrument, qu'ils apprenaient à analyser et à synthétiser, ils apprenaient aussi à se concentrer, à se couper du monde bavard qui les entourait pour se livrer au seul exercice de la pensée créatrice.
Leur exemple est ainsi riche d'enseignement : ce n'est certes pas dans le bla-bla-bla généralisé, la communication de masse, la joute verbale improvisée et le débat que se construit l'oeuvre mais dans la concentration et la maîtrise de soi.
C'est ainsi que Stendhal s'est donné toute sa vie l'allure d'un flâneur, que Mozart, malgré dettes et désillusions, a eu l'air de s'amuser beaucoup, que Simenon écrivait très rapidement des romans à succès et qu'une fois le point final mis et le manuscrit posté, il partait faire la java, c'est ainsi que tant de génies ont eu l'air de traverser la vie en flânant, comme de prodigieux danseurs de corde.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 juin 2006
29 juin 2006
OEDIPE ET LE SPHINX
OEDIPE ET LE SPHINX
Sur un tableau de Gustave Moreau
Les ailes sont droites, surprises dans la verticale de leur battement.
Je scrute les yeux de celui qui me scrute et suis à chaque fois étonnée de l'audace du guerrier.
Ma poitrine est nue puisque la beauté est fascinante comme l'énigme.
Je suis dos aux murailles et suis sans issue tandis que la chienne qui chante s'agrippe à mes vêtements.
Dans l'attente de la réponse, je m'émerveille des cheveux blonds et repliés de celle qui porte diadème à la façon d'une antique demoiselle de royauté.
Se pourrait-il que le Sphinx soit aussi princesse celte ou saxonne ?
Ou Hélène de Sparte pour qui les rois et les princes moururent ?
Je ne contemple pas ses seins nus mais l'étonnement des yeux.
Les griffes dans les secondes qui viennent vont me lacérer les chairs et le sang coulera.
C'est peu de sang pourtant puisque dans les ravins et les fossés, je peux voir, - il suffit que je baisse les yeux ou que je détourne le regard - les mains agrippées encore et les corps déchirés des hommes qui ont tenté la cruauté.
Cette boucherie, vous ne pouvez la voir, elle n'est visible que dans la nuit des mystères.
Cette boucherie, vous pouvez la voir, elle signe le passage des meutes humaines.
Ma victoire sur l'énigme me donnera le coeur d'une ville et le lit d'une reine.
Le fer de ma lance pique l'étoffe qui court le long de mon flanc.
Je n'en aurai pas besoin puisque c'est par la parole que se fera l'évidence même.
A moins que l'on ne me demande de lui percer le coeur puis de lui trancher la tête.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 juin 2006
26 juin 2006
Stabilité
STABILITÉ
Le moi est historique. Il s'inscrit dans une chronologie dont il se fait un roman, des films, du fantasme. De la rêverie.
Il ne s'agit pourtant pas de délire puisqu'il y a une origine, une maîtrise des images, un art de vivre entre le réel et le symbolique.
Que l'un avale l'autre, que le symbolique veuille à lui seul résoudre l'équation du réel, - l'existence perçue comme une suite de problèmes à résoudre -, ou que l'indifférente brutalité du réel se mette à brûler les signes et le monde devient tyrannie, qu'elle relève du social sous les formes successives des dictatures toujours nouvelles et toujours identiques ou qu'elle relève du moi dans l'auto-tyrannie de la folie.
Le tyran insensé des Romains est ainsi au centre d'un conflit entre volonté de puissance absolue sur le réel et puissance absolue de l'imaginaire.
Pour nous, nous restons en équilibre, sur la corde raide sans même réellement y songer, - sauf en période de crise justement -, dans ce modus vivendi qui nous sert de stabilité.
Patrice Houzeau
Grande-Synthe, le 26 juin 2006
