BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

16 octobre 2006

ACCIDENT

ACCIDENT

Je soufflais hoquetais me bloquant heuk heuk l'air fatal
C'est sûr que la boucherie me degoûta manifeste
Avec l'envie de déguerpir mais fallait bien que j'reste ;
Les cadavres demain feront la une du journal.

Au ciel bâché de bleu s'envolaient des pylônes ;
Les réverbères bavaient leurs ronds de lumière ;
Sur la route oùs'que le sang coulait des femmes pleurèrent ;
Il avait pas fait dans le détail, le trente tonnes.

Pâle, le chauffeur, peut-être bien un slovaque,
Tout choqué, prostré, pâle comme un drap de lit,
Groggy puis plié, il se vida l'estomaque
Et sur l'asphalte gerba de la viande et du riz.

Moi, je crus bien que j'allais chuter dans les pommes...
Quand j'y r'pense, je me dis que c'est très infernal,
Tout ce trafic de choses et d'autres, et tous ces hommes
Qui s'en vont mourir écrabouillés par le transport international.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 octobre 2006

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24 avril 2006

ELOGE DE LA MAYONNAISE

ÉLOGE DE LA MAYONNAISE

L'une des choses que je comprends le moins, c'est l'achat par des personnes qui ont pourtant l'air parfaitement humaines de mayonnaises industrielles, bourrées d'additifs plus ou moins avouables et d'une pâleur de triste week-end.
Je conçois que, par souci d'économie ou gain de temps, on puisse acheter de la viande sous cellophane et du pain en supermarché, mais en ce qui concerne la mayonnaise, je ne m'explique pas ce phénomène sociologique tant la confection de cette sauce miraculeuse ne prend que peu de temps dans cette vie que l'on prétend moderne et qui ressemble de moins en moins à une existence.
Je rappelle aux étudiants qui se veulent détachés des contingences matérielles et qui se nourrissent de polycopiés et de tickets de restaurants universitaires (restau-U) que la préparation de la mayonnaise ne prend que quelques minutes.
Comment réaliser la chose ?
Tout d'abord, il est impératif que l'oeuf, l'huile et la moutarde dont vous avez besoin aient été conservés une petite heure à la même température. Tout ça donc, - oeuf, moutarde, huile - dans le frigo une heure avant l'exercice.
On y est ? Donc, allons-y : d'abord le jaune d'oeuf (vous cassez l'oeuf en le heurtant sur le rebord du bol dont vous aurez d'ailleurs besoin tantôt ; vous avez donc deux moitiés d'oeuf ; dans l'une se trouve le jaune et le blanc, dans l'autre le blanc ; vous transvasez, - sans laisser bêtement dégouliner partout -, le jaune et le blanc d'une demi-coquille à l'autre jusqu'à ce que le jaune soit nettement séparé du blanc ; pour ma part, j'avale le blanc illico en l'aspirant goulûment du bol où je le fis choir, - ce qui n'est peut-être bien pas si bon que ça pour le foie -, puis, dans le bol ainsi libéré, vous déposez le jaune d'oeuf, ce qui est d'ailleurs assez esthétique.
Vous ajoutez à l'oeuf un peu de moutarde (pas trop ! sinon votre mayonnaise aura quelque piquant dans le goût, ce qui n'est pas le but recherché !).
Vous vous saisissez fermement d'une fourchette (d'une main) et d'une bouteille d'huile (moi, je me sers d'huile d'arachide) de l'autre main puis vous battez la moutarde et l'oeuf, de façon assez implacable pour que les deux ingrédients se mêlent ; tout en effectuant cette opération, de la bouteille d'huile dont vous n'aurez pas oublié d'ôter le bouchon (ah ! ah ! on les connaît les étudiants ! tout dans la tête ! rien dans l'citron !), vous laisserez filer un filet (c'est logique !) d'huile ininterrompu quoique mince.
Observez : sous l'action de la fourchette battante et de l'huile s'insinuant, vous obtenez d'abord une mélasse marronâtre (c'est la moutarde à l'oeuf mêlée) puis l'huile émulsionne, -c'est comme ça qu'on dit ? - le contenu du bol en l'éclaircissant et, miracle du présent de vérité générale, la mayonnaise prend (comme on dit chez Ségolène Royal) et monte, monte même, produisant sous vos yeux brillants de joie une espèce de crème (qui est une sauce) onctueuse et jaune.
Vous remarquerez que je n'ai utilisé ni poivre ni sel : il est vrai que la mayonnaise, dans mon mode de vie, sert surtout au repas traditionnel du samedi midi (surtout chez le lecteur des aventures de San-Antonio) : le steak frites, avec salade éventuelle. Le steak est salé-poivré, les frites sont salées dès leur sortie du bain, et cela après quelques instants d'agitation, du coup, je ne vois pas l'intérêt de saler-poivrer la mayonnaise qui se défend très bien toute seule.
Afin de bénéficier des avantages certains de cette préparation (qui prouve que les cuisinières et les cuisiniers sont de grands alchimistes), il ne vous reste donc plus qu'à vous faire inviter par l'érudit Orlando de Rudder qui, en vous servant obligeamment et généreusement en steak, en frites et en anecdotes épatantes, vous fera un point complet sur l'histoire de la mayonnaise dont vous aurez amené un exemple vivant, sans oublier la bouteille de bordeaux puisque, tout de même, nous ne sommes pas des sauvages.

Je profite de ce billet passionnant n'est-il-pas, pour me faire l'écho d'une nouvelle aberrante entendue samedi dernier (le 22 avril donc) dans l'excellente émission de Jean-Pierre Coffe, Ça s'bouffe pas, ça s'mange !  (France Inter), aberrante donc cette nouvelle selon laquelle dans le cadre des réformes du CAP Hôtellerie-Restauration, on diminuerait le temps dévolu aux périodes de stages en entreprise, les faisant passer de plus de deux mois à six semaines ! On continue donc à massacrer l'enseignement professionnel public français !
Je ne doute pas que cette diminution de la durée des stages en entreprise n'ait quelque raison : je suppose que l'on va en profiter pour ajouter quelques heures d'anglais, inutiles car trop abstraites, de français plus ou moins littéraire et de bricolage maison...
Quant aux problèmes d'emploi et de formation dans le secteur de l'Hôtellerie-Restauration, apparemment, ils s'en moquent, à l'Education Nationale.
A moins qu'il ne soit déjà décidé de laisser au secteur privé le soin de former ses futurs employés...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 avril 2006

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13 avril 2006

A PROPOS DE CORNE D'AUROCH

A PROPOS DE CORNE D'AUROCH

Les gens véritablement stupides sont comme les gens véritablement méchants, assez rares et en général vivant dans des réserves que la société leur octroie plus ou moins gracieusement. Aussi lorsque les hasards de la vie nous mettent en présence de quelqu'un qui, pourvu d'une situation sociale lui donnant quelques responsabilités, met à profit cette position dominante pour exercer toute l'étendue de sa sottise, nous ne pouvons faire autrement que de nous en réjouir tant il est plaisant, le spectacle d'un homme dont le principal argument à ses pauvres réflexions consiste en une menace de rapport qu'il compte bien faire figurer dans votre dossier. Ce dont tout le monde se fiche, bien entendu étant donné qu'un homme qui passe, sans que nulle autre autorité supérieure que sa grande vanité le lui demande, une partie de ses journées de travail à rédiger des rapports sur ses subordonnés (ou supposés tels) ne saurait être réellement efficace. Lorsque ce petit chef est un fonctionnaire, notre plaisir ne peut être que sans limites puisqu'il justifie le peu de cas que nous faisons d'une partie des cadres de nos belles administrations qui, grâce aux efforts multiples des grands penseurs de la pédagogie moderne, sont arrivés à placer la France à un haut niveau de compétence dans la fabrication en série de jeunes demandeurs d'emplois. Je rappelle le chiffre car il m'étonne chaque jour : 23 % des jeunes de moins de 26 ans sont à la recherche d'un travail, et il paraît même qu'il y en a parmi eux qui sont pleins de diplômes, si! si !.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 avril 2006

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01 mars 2006

AVEC MA MAUVAISE FOI HABITUELLE, EVIDEMMENT !

AVEC MA MAUVAISE FOI HABITUELLE, ÉVIDEMMENT

De l'anthologie Les Etoiles de la Faim (Orphée La Différence) la première page de la préface de Nils Gascuel donne le ton du malheur de Christine Lavant : "Une surdité partielle, la dépression l'accompagneront sa vie durant, ainsi que la pauvreté et une certaine laideur, dont elle restera honteuse".
Il est tant d'assassins et tant de cupides, rapaces de la finance et autres spéculateurs, que les destins douloureux des humbles, - et surtout s'il s'agit de ces princes méconnus que l'on appelle "poètes" -, nous apparaissent plus choquants à mesure que nous prenons conscience, jour après jour, événement après événement, de la grande injustice du monde : il m'arrive, tant la racaille prend maintenant droit de cité, de ne plus même en vouloir à tous ces fonctionnaires inutiles - tous évidemment ne le sont pas, inutiles et certains constituent la véritable élite de la nation mais je ne me lasse pas de m'étonner que le corps des pompiers et plus généralement les professions de santé soient, en proportion, sous-représentés par rapport au nombre de Saint Jean Bouche d'Or qui fabriquent des chômeurs par dizaines de milliers dans nos collèges et lycées - fonctionnaires donc, petits chefs sûrs de leur bon droit et qui ruinent la collectivité avec la bonne conscience du devoir accompli et les mains propres d'un juge romain ; je me dis :" Ah bah, eux au moins n'assassineront pas leur voisin, ne séquestreront pas quelqu'un pendant trois semaines à le torturer pour le laisser agoniser sur le bas-côté de la route comme on l'a vu récemment dans cette sordide affaire du "Gang des Barbares" de Bagneux.
Mais bien sûr, comme j'aime à analyser, je me dis qu'il existe un rapport entre les embrouilleux qui officient dans nos établissements scolaires ou qui pondent des programmes ineptes du style "et maintenant nous allons faire faire de l'anglais aux CAP Industriels ; cela ne sert à rien mais nous ne savons plus que faire des anglicistes que les universités fabriquent à la chaîne, alors hein bon !", un rapport donc entre les grosses têtes pensantes des administrations et les voyous qui peuplent nos villes ; je mets donc tout le monde dans le même sac et rêve de faire fortune pour pouvoir envoyer voyous privés et charlatans titulaires se faire voir par les socialistes et autres hypocrites.
Ceci dit, les entrepreneurs, ceux qui font bouillir la marmite, ne sont pas tous, loin s'en faut, exempts de reproches, et j'ai appris, pas plus tard que ce lundi 27 février 2006 que des chauffeurs routiers étaient, tout à fait légalement, sur le point d'être licenciés pour raison économique tandis que leur employeur, la très bien vue par la bourse et les analystes financiers Société Norbert Dentressangle s'apprêtait à embaucher des chauffeurs polonais.
Un naïf (ou feignant de l'être), dont j'ai d'ailleurs oublié le nom, a déclaré l'an dernier, en 2005 donc, devant une assemblée de doctes professeurs et autres administratifs, qu'il ne fallait pas croire qu'il viendrait prendre le boulot de nos élèves, l'hypothétique "plombier polonais avec le tournevis entre les dents" (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a certes raison car s'il n'est pas polonais, il sera chinois ou indien.
Vous me direz :" Chacun a le droit de vivre et de trouver les moyens de sa subsistance là où il peut il se rendre utile" et vous aurez raison ; encore faut-il que nos élèves le sachent et qu'on arrête de leur raconter que "la prospérité est au coin de la rue" et que "la fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt" car, franchement, je crois bien que, depuis quelques années, les étudiants en troisième année de Lettres ou d'Histoire, - sans compter les apprentis sociologues, psychologues, filmologues, musicologues, philologues, sinologues, géologues, zoologues, archéologues, bricologues et, bien entendu, les déclinologues chers à Dominique de Villepin, notre actuel Premier Ministre -,  ont cessé de croire au Père Noël.
Ceci dit, je ne veux pas la mort du petit cheval républicain ; je ne suis pas non plus Laurent Tailhade ou Henri Rochefort, et même l'excellent Orlando de Rudder, que j'admire tant, n'est pas mon cousin. D'ailleurs, il croit encore à la gauche, ce grand poète ; moi, ça m'a passé avec Mitterrand, Bernard Tapie, l'affaire des Irlandais de Vincennes et celle du Rainbow Warrior, la limitation des heures supplémentaires qui seules permettaient aux ouvriers de pouvoir s'en sortir et autres malveillances et inconséquences d'autant plus choquantes qu'elles venaient de la part de gens qui juraient, la main sur le coeur, que jamais ils ne se comporteraient comme les vulgaires marchands de canons qui avaient assuré la fortune de France durant les années 60 et 70.

Avec ma mauvaise foi habituelle, évidemment !
Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 1er mars 2006

Post-Scriptum : Le nombre de connections au Blog Littéraire augmentant très vite, je vais finir par m'attirer des ennuis avec ce genre de brûlot. Ah bah tant pis ! si jamais quelque anonyme et très aux ordres fonctionnaire venait me causer souci, j'en ferai un personnage de comédie fort propre à faire rire dans toute l'Europe puisque, et c'est là la grande gloire des blogs, ils sont maintenant l'outil littéraire le plus démocratique qui soit, nos textes passant les frontières européennes et francophones avant même que les fonctionnaires (encore eux !) affectés à l'analyse de l'opinion publique ait fini leur tasse de café.

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21 février 2006

Pourquoi je n'aime pas la "Starac" ?

POURQUOI JE N'AIME PAS LA STARAC ?

Bin oui, au fait, pourquoi que je l'aime pas, la Star Académie qui est cependant et apparemment l'une des émissions les plus populaires du Paysage Audiovisuel Français (PAF) ?
Après tout, c'est une émission dynamique, jeune, qui fait travailler beaucoup de gens, de techniciens, de professionnels du spectacle dont beaucoup sont des intermittents.
C'est une émission qui rapporte de l'argent (via la taxation des SMS et autres appels téléphoniques, via la promotion et la vente des disques). Le libéral que je suis devrait en être ravi ; il y a tant d'argent fichu en l'air par ailleurs et par les hublots du Clemenceau par exemple ou les formations bidons de certains organismes en contrat avec l'Etat (vous voulez devenir tuyauteur, c'est bien, mon petit, mais n'oubliez pas d'aller au cours de français, vous allez voir, Monsieur Houzeau va vous apprendre la différence entre métaphore et comparaison !).
C'est une émission de variétés et je dois bien avouer que j'ai toujours eu un faible pour les émissions de variétés, pour les chansons faciles et stupidement agréables, les décors en kit, les paillettes dans les cheveux, les yeux, les robes de Dalida ou les rouflaquettes à Johnny.
J'aimais bien ça car ce ne prêtait pas à conséquence ; c'était nul et sans prétention.

Avec la Starac, c'est autre chose. On se prend au sérieux. Les professeurs ressemblent à ces  professeurs rêvés des midinettes et midinets : à la fois fermes comme des gens sûrs d'eux et affectifs comme des mamies Nova, sobres et élégants comme des acteurs et potaches comme des étudiants, sérieux et techniques comme les membres d'un jury  d'examen et sentencieux comme des militants écologistes ; bref, ils jouent leur rôle.
Du coup, les artistes semi-professionnels en contrat avec TF1 se doivent aussi de jouer leur rôle : à mon avis, ils travaillent comme des "nègres" pour mériter leur cachet.
Et quel est leur rôle ? Ressembler le plus possible à des jeunes gens plus ou moins talentueux au départ et qui vont sous les yeux extasiés de millions de téléspectateurs évoluer, progresser, en suer des litres, accepter d'avoir l'air stupide et ridicule, pontifiants et niais, et, en contraste, réussir parfois à chanter "presque comme un pro" à côté d'une vedette américaine qui dit les mots gentils que son contrat impose :" You're so wonderful ! You're great ! I love you" puis qui file dans les coulisses en pensant qu'il puait quand même bien du bec, le ou la frenchie...

Mais ce que je reproche le plus à la Starac, c'est qu'elle réussit à nous anesthésier.
Les émissions des Carpentier, dans les années 70, n'étaient que rarement intéressantes mais elles ne duraient qu'une heure et, aux yeux de tous, n'étaient qu'une émission de divertissement promotionnel : on montrait la tronche des artistes, on les faisait chanter leur scie en play-back et hop, on passait à autre chose (Arsène Lupin avec Georges Descrières ou Les Brigades du Tigre avec de vieilles voitures ; ça durait une heure itou et après, on allait se coucher en pensant que la démocratie représentative, c'était quand même bien !).
Mais tout ça ne prêtait pas à conséquence : régulièrement, il y avait des concerts de musique classique aux heures de grande écoute ; tous les ans était diffusée "La Grande Parade du Jazz" et nous faisions encore la distinction entre bonne, - la "Grande Musique" disait-on ! - et mauvaise musique - la musique dite de variétés -.
Avec la Starac, - fatalitas ! -, tout est brouillé : on se prend au jeu, on suit pas à pas, samedi après samedi, - et même jour après jour ! - les progrès de nos chouchoux et, le soir, le toutou à ses pieds et le matou sur les genoux, digérant le repas du soir dans la douceur du foyer, on se laisser doucement bercer par l'illusion du talent qui naît.
Heureusement, en se couchant, fort tard, - car c'est que ça dure longtemps, les feintes affectivités de Nikos Aliagas, le présentateur et le suspense de qui c'est qu'on-va-faire-semblant-de-virer-ce-soir-et-qui-de-toute-façon-s'en-va-puisque-c'est-prévu-dans-son-contrat -, heureusement, en se couchant, on allume la radio et on entend Claude Nougaro ou Jacques Higelin, Willie Dixon ou Jimmy Page et on se dit que non, vraiment, aucun des pantins exténués de la Starac ne peut espérer rivaliser un jour avec Page, Dixon, Higelin ou Nougaro.

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 21 février 2006

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19 février 2006

LIBERTE VERSUS EGALITE

LIBERTÉ VERSUS ÉGALITÉ

Entendu récemment, le 16 janvier me semble-t-il, Patrick Devedjan sur France-Culture se prononcer contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. La raison invoquée est que la Turquie n'est pas une démocratie.
Je ne me prononcerai pas sur ce point mais s'il est exact que la Turquie n'est pas une démocratie, alors, effectivement, il faut refuser son adhésion.
A le remarque qui lui était faite que peut-être l'entrée de la Turquie dans l'Europe faciliterait un éventuel processus démocratique, Pätrick Devedjan a employé le terme de "sophisme".
Là aussi, je suis d'accord avec lui, s'il suffit de ne pas être un pays démocratique pour devenir un Etat membre, alors pourquoi exigerait-on de chacun des garanties démocratiques de plus en plus grandes ?
Les Etats-Unis d'Amérique constituent la première démocratie du monde car chacun des états américains qui la constituent est, en lui-même, une démocratie.
Et, si d'aventure, les Français devaient porter au pouvoir un parti anti-démocratique (qu'il soit d'extrême-droite ou d'extrême-gauche ; je n'ai pas plus confiance en Le Pen qu'aux tenants de l'Etat seul maître à bord et égalitariste), il me semble évident que de facto la France aurait alors quitté les Etats-Unis d'Europe.
Un autre point qui a attiré mon attention dans ce qu'a dit Patrick Devedjan, c'est la différence de point de vue entre la gauche et la droite.
Selon lui, dans une décision à prendre, l'homme de gauche favorisera plutôt le sentiment d'égalité de traitement des citoyens devant la loi alors que l'homme de droite aura plus tendance à favoriser les valeurs liées à la liberté individuelle.
On pourrait donc reprocher à l'homme de droite de préférer parfois l'intérêt particulier à l'intérêt général, ce qui serait vrai si la décision prise ne concernait pas ce qui fait réellement progresser l'humanité : le talent de certains et la médiocrité de beaucoup.
Lorsque le Général De Gaulle est revenu au pouvoir en 1958, chacun sait que c'est à la demande de l'Armée et qu'il a obtenu la confiance des très bavards et intrigueurs députés de la Quatrième République en leur faisant ce marché : "Ou vous me laissez gouverner, ou vous vous débrouillez avec les parachutistes !"
La Quatrième a laissé De Gaulle gouverner.
Elle a bien fait.

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 19 février 2006

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14 février 2006

ROBOT, GO HOME !

ROBOT, GO HOME !

Je ne sais pas si vous connaissez Bender, le robot du dessin animé Futurama de l'épatant Matt Groening (à qui l'on doit aussi les urbaines aventures de la famille Simpson), Bender, assemblage de tôles et de boîtes de conserves recyclées, qui a de l'humain tous les défauts et du robot une voix de synthèse à faire frissonner d'aise les Dépêche Mode et autres faiseurs de tubes en boîtes à rythmes de la galaxie des eighties, eh bien, il semble que Bender ait lui aussi été délocalisé et qu'il ait trouvé du travail sur le réseau de nos encore françaises autoroutes où, sur 107.7 FM, il intervient au beau milieu d'une chanson de Police ("High spirit in a material world") ou de Niagara ("Je crois que je vais perdre la boule") pour nous annoncer de sa mâle voix métallique que des nappes de brouillard perturbent le paysage. C'est le service ELIOTT d'info-trafic automatique par voix de synthèse que l'on doit à la société SANEF et c'est aussi la preuve que Steven Spielberg a raison : ils sont parmi nous...
De plus, la nuit, cette voix d'outre-espace vous donne à la route un de ces airs de générique des "Envahisseurs", la série à David Vincent, au petit doigt en l'air et aux effets spéciaux à deux dollars trois euros que l'on ne serait pas autrement étonné de voir soudainement surgir Mulder et Scully dans un de ces engins prototypiques que les Américains expérimentent de temps à autre sous l'appellation générique de "soucoupes volantes".
Et d'où qu'ils sont, les speakers humains ?
Auraient-ils été enlevés et nous le cacherait-on ?
Comme disait Sheila : "C'est la vérité qu'on nous ment"...

Patrice Houzeau
Nandy, le 14 février 2006

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11 février 2006

Note sur "Wake me up when september ends" de Green Day

NOTE SUR "WAKE ME UP WHEN SEPTEMBER ENDS" DU GROUPE GREEN DAY

Elle commence de façon anodine la chanson de Green Day qui s'appelle "Wake me up when september ends". Elle commence de façon anodine, genre chanson d'amourette à la guitare, l'oeil ébloui sous la mèche savamment rebelle, et les images du clip vidéo nous donnent à penser que rien ne ressemble plus à un morceau de pop/rock standard qu'un autre morceau de pop/rock standard : un jeune homme et une grande endive à cheveux lisses s'amusent comme des fous dans l'été qu'est passé si vite, on rit, on s'embrasse et se papouille, on joue aux jeux vidéos et puis, - patatras ! -, le garçon se retrouve à l'armée à se faire aboyer dessus par un formateur de guerriers, la jeune fille hésite à enlever l'anneau des fiançailles de l'été passé, et puis te voilà, soldat ricain, à patrouiller, voltiger, crapahuter dans un Bagdad de fumées noires et d'anonymes islamikazes. Du coup, on pige le titre : "réveillez-moi quand septembre sera fini" : depuis le 11 septembre 2001, l'Amérique est plongée dans un latent cauchemar qui mène beaucoup de ses kids à se faire trouer la peau très loin de chez eux et de leurs  amusantes petites copines. La chanson, quoique bien faite, n'en est pas plus originale pour autant mais on comprend son succès.

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 11 février 2006

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22 janvier 2006

"LE BEURRE DE SARDINE"

"LE BEURRE DE SARDINE"

Un truc que j'aime bien faire de temps en temps à l'apéritif, c'est ce que ma mère appelle du "beurre de sardine". Je suppose que l'appellation "beurre" vient du fait que cela se sert sur des toasts ou des canapés ou des demi ou même quart de tranches de pain.
C'est simplissime et très bon.
Vous prenez des sardines en boîte, si possible des filets de manière à éviter les arêtes. A l'aide d'une fourchette, vous les écrasez, écrabouillez, réduisez en miettes de sardines.
A ce moment-là, vous gueulez un coup parce que le chat, estomac sur pattes par l'odeur alléché, a sauté sur la table.
Une fois le chat sauvé, vous prenez du Saint-Moret que vous mélangez à la sardine pilée. Le mélange doit être onctueux, donc vous continuez à écraser et mêler et malaxer et machiner sardine et Saint-Moret auquel vous rajoutez du beurre doux.
Après avoir flanqué un coup de torchon à cette saloperie de bon sang de bonsoir de sale bête de chat, vous rajoutez au mélange bien touillé onctueux un peu de moutarde. N'oubliez pas à chaque phase de l'opération de goûter de manière à ce que votre préparation ait du goût sans être agressive, ce qui serait dommage vu le prix du beurre !
Enfin, vous tartinez ce mélange sur des toasts, canapés, ou des tartines coupées en deux ou en quatre, c'est vous qui voyez...
Vous mettez tout ça sur un plat et vous servez avec un truc qui se boit.
Prévoyez tout de même un ou deux paquets de chips et/ou des biscuits apéritifs, ou encore de la saucisse de Rosendaël (Dunkerque) que vous trouverez au Faisan doré, très bonne boucherie-charcuterie.

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 22 janvier 2006

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13 janvier 2006

Vive Chronicae Bruxellensis !

VIVE CHRONICAE BRUXELLENSIS !

Je suis tombé sur le site par hasard ! C'est sur Canalblog (décidément, Canalblog se positionne dans le talent !) : le blog s'intitule "CHRONICAE BRUXELLENSIS" et il est épatant !
C'est de la chronique, de l'ironique, un peu fielleuse parfois,  comme on aime et comme son nom l'indique, et pour vous donner le ton, le titre de l'article de cette après-midi est : "Nocivité de la mort".
Allez, je le mets en lien : http://debxl.canalblog.com/

Patrice Houzeau
Hondeghem contre l'A24
le 13 janvier 2006

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