BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

10 décembre 2005

LES BLAIREAUX et leurs "pas si bêtes" chansons !

LES BLAIREAUX ET LEURS "PAS SI BÊTES" CHANSONS !*

J'avais promis il y a quelques temps déjà de chroniquer un album d'un des groupes les plus toniques du moment : Les Blaireaux.
Ceux-ci seront bientôt en concert en mon fief de la Dunkerquerie (- Houzeau, vous êtes outrecuidant ! - Certes, mais ce n'est pas tout l'temps !) ; ils seront donc, les Blaireaux, en concert aux "4 ECLUSES" de DUNKERQUE le 17 décembre de cette relativement bonne année 2005 (bonne pour Les Blaireaux j'espère ; relative pour les gens dont la voiture a brûlé par la grâce des analyses sociologiques); en tout cas, ce concert, c'est juste avant les vacances des lycéens et des étudiants et, bien sûr, des étudiantes que l'on supposera nombreuses à venir voir et écouter les artistes et leurs jolis minois que je vous laisse admirer ci-après :

les_blaireaux

Il s'agit de la pochette de leur dernier album et, à ce propos, je vous propose un  jeu :
Essayez de rendre son identité à chacun, ce qui ne peut que vous amuser, j'en suis sûr :

Julien Dubois : saxos, piano, basse, xylophone, choeurs
Jull Leborgne : basse, guitare, banjo, choeurs
Alexandre Lenoir : chant, guitare
Pierre Marescaux : trombone, xylophone, bruitage, choeurs
François Velliet : piano, guitare, chant, choeurs
Stanislas Velliet : batterie, choeurs

Cela vous a détendu l'esprit et réjoui le coeur ? C'est fort bien ; passons à la suite :

Donc, l'album "Pas si bêtes", enregistré en public au Splendid de Lille, au Ninkasi Kao de Lyon et au Divan du Monde de Paris, édité par les Editions Les Blaireaux et les Editions Scipion, produit par Le Terrier Productions et Les Blaireaux l'Asso, millésimé 2005 ; c'est donc d'actualité.
Donc, l'album "Pas si bêtes" commence par une chanson gaie et entraînante, avec un piano qui berzingue et qui nous dit : "Je suis un lâche" ; elle est rigolote, la chanson, mais vous a un de ces petits goûts d'amertume vu que beaucoup d'entre nous, - c'est l'humaine condition -, peuvent aisément se reconnaître dans certaines situations qui y sont décrites ; nous baisserons donc la tête et nous rirons jaune en buvant un coup pour faire passer.
Aussi la pièce suivante "Toutes ces beautés qu'on croise l'été" paraît d'une grande légéreté et d'une réjouissante vivacité soutenue par des cuivres alertes et bien sonnants :

"Car si toutes les filles sont jolies
A la lueur d'une bougie
- "C'est pas d'toi, c'est d'Sacha Guitry"
qu'ils font alors les choeurs et même que l'on pense alors à l'orchestre du Splendide (vous vous souvenez, "La Salsa du Démon"!) ou mieux encore à certaines des chansons des plus surréalistes de Charles Trénet car tout le rappelle : le goût des jeux de mots, le style music hall des arrangements (connaissez-vous "Une Vache sur un Mur" ?) mais revenons à nos citations :
carsitouteslesfillessontjolies/àlalueurd'unebougie/
c'estpasd'toic'estd'SachaGuitry/
Quand le soleil les révèle
Elles sont encore plus belles
          (Alexandre Lenoir, Toutes ces beautés qu'on croise l'été)

Vous y apprendrez itou dans ce morceau le secret de la disparition des mammouths et de l'influence des allitérations sur ladite disparition...

Le morceau numéro trois est consacré à Berlin ; il y en a-t-il eu un, parmi ces musiciens, pour faire le goret volant au "Mur de la honte" à l'époque du 46ème Régiment d'Infanterie (- "La Tour d'Auvergne est mort au champ d'honneur !" - "Ah ! Quel malheur !") et du non moins mirlitaire 11ème Chasseur ? Vielleicht , peut-être, perhaps.
La chanson est mélancolique quoique assez cocasse et évoque les petits appartements du Berlin d'après réunification avec une allemande dedans et un froid à pas mettre un Polonais ou un Turc dehors ( - Houzeau, vous êtes allusif ! - Certes, mais ce n'est jamais que pour mon pif, alors...).

Suit une blague de 1 minute 01 qui prouve que Les Blaireaux ont le sens de l'autodérision puis nous voilà au titre 5 : "La Caissière du Franprix de Chaource" et l'évocation des coeurs d'artichaut dont nous, les mâles, avons le secret ; mais comment faisons-nous pour tomber amoureux si souvent et éprouver autant de désirs pour des filles si diverses. Ma compagne Elise m'a affirmé qu'un homme pensait au sexe en moyenne une centaine de fois par jour ; cela me semble exagéré mais il est vrai que nous oublions aussi vite qu'un claquement de doigt l'essentiel de nos préoccupations quotidiennes, happés que nous sommes toujours par notre nombril, les obligations que nous nous donnons et l'importance que nous nous croyons.
Les deux chansons suivantes sont deux petits bijoux d'insolence : "Grand Reporter" qui narre avec renfort de cuivre, trombone barrissant et percussions endiablées d'une Afrique de Paris Match ou de Canal +, les heurs et malheurs d'un grand reporter de profession ou la carrière fantasmée d'un Hemingway de salon : insolent, ironique, comique et avant-goût du terrible "Natalia Poutine", celle qui :

"De son sac à main brodé en peau de Tchétchène,
  ressortit la vieille carte jaunie de l'Ukraine".

Aussi ironique, insolent et comique que les chansons les plus vachardes de Jacques Brel ("Les Toros", "La Chanson de Jacky"), lequel Brel fait d'ailleurs une apparition fantômale et notable dans la bouche d'un de ces apparatchiks (aïe, aïe, aïe !) bedonnants et médaillés qui firent longtemps les beaux soirs des ambassades et des consulats du temps pas si lointain de l'URSS et de leurs "pays frères" (on ne lésinait pas sur la litote et sur l'ironie involontaire dans les bureaux du Kremlin).
Enfin la chanson est épatante comme un épisode de la série des James Bond qu'aurait revisité Frédéric Dard et San-Antonio, mais en plus condensé, ce qui est tant mieux !

Une autre petite ironie suit ces deux poèmes épiques (1 minute 51) ; ça s'appelle "Confetti" et ça fait rire les filles !

Puis vient La Chanson, la bien écrite, la très juste, la belle, la bonne chanson : les lumières se tamisent, les musiciens jouent en mineur et le texte évoque avec pudeur la tragédie yougoslave : le morceau s'appelle PAKRAC (prononcez "Pakrètz") et il est très beau :

"La route cernée de collines
Aux arbres fraîchement arrachés
On la trouve en suivant les ruines
Sans chercher
On la trouve en suivant la ligne
Là où le front s'est arrêté
Creusant autour des lèvres dignes
De tranchées"
         (François Velliet, Pakrac)

Bien des régiments de par le monde seraient bien inspirés d'adopter ce chant pour défiler devant présidents et têtes couronnées plutôt que de beugler des hymnes guerriers qui, de toute façon, ne servent pas à grand chose devant l'ennemi invisible, suicidaire et porteur de bombe.

Le chant serait fort utile aussi dans un manuel de français à l'usage des écoles, des collèges et des lycées...

(Ce qui, entre nous soi-dit, serait tout de même plus intéressant que de se demander si l'énoncé est "ancré" ou pas, ce dont franchement nous nous tamponnons le coquillard avec la patte d'un inspecteur d'académie !).

La chanson PAKRAC se trouve quasi au centre du disque.
L'atmosphère est-elle plombée ? Que nenni, Messire, car après un petit instrumental, une intro à la Zappa Franck ou à la Dury Ian (talent un peu oublié, injustement oublié, à mon avis ; souvenez vous : "Sex, Drugs and Rock n' Roll", c'était lui !), nous voici dans l'atmosphère disons...euh...particulière de "L'Auberge du chat qui pète" ; c'est le morceau qui va, n'en doutez pas, époustoufler toute la famille et qui va vous réconcilier avec votre cousine Lydie qui s'est parfois plaint à la tante Yvette de l'inanité des cadeaux que vous lui faisiez : faites lui écouter "L'Auberge du chat qui pète", offrez lui le CD, et, pour sûr, en retournant à Nantes ou à Charleville, elle aura ainsi l'occasion de se faire gondoler toute la gendarm...euh...tout le bureau et vous en sera longtemps reconnaissante !

Une fois sortis de "l'Auberge" (je ne pouvais pas ne pas la faire, celle-là !), une intro de piano façon Paolo Conte, avec sa nonchalante élégance de style jazzy, vous rappelle que vous avez souvent pensé que les Italiennes, lorsqu'elles sont ces jeunes femmes au regard de velours noir, sont les plus belles femmes du monde et, du coup, nous semblent souvent aussi inaccessibles que les 6 bons numéros du loto...Mais au moins leur gracieuse existence nous permet de rêver.
La chanson ici se fait donc balade estivale avant l'ouverture du "Cinéma", avant-dernier titre de l'album où l'on voit l'incroyable influence des "Frères Lumière" sur la libido des jeunes gens (par le miracle du music hall, les Frères Lumière apparaissent même sur la scène car les voilà annoncés par le chanteur revigorant, exultant, très tonique du groupe).
D'ailleurs, si vous allez les voir en concert, attendez-vous à des surprises, car franchement, leur "tour de chant" (ah ! j'aime cette expression qui fleure bon "Discorama" et Denise Glaser, Les Frères Jacques et le "Petit Conservatoire de la Chanson" de Mireille !), leur "tour de chant" donc est bien rodé, avec intermédes parlés, interventions diverses et variées des choeurs, ruptures adéquates de rythme, amuseries, appels cocasses à la participation du public qui, d'après ce que j'ai vu à Hazebrouck, est généralement tellement emballé par le concert qu'il ne se fait pas prier pour faire le zouave avec les artistes.

Le disque finit par les hourras de la foule.
Puis par l'intimisme d'une chanson, une chanson à souvenirs, une chanson à se souvenir que, parmi les gens du Nord, il y en a grammint qui ont laissé un amour, ou une amourette, dans cette rue de Lille dont le nom est "Boulevard de la Liberté", ou ailleurs, peu importe, l'émotion est la même.

Allez, mes gîns! Au samedi 17 décembre 2005, aux 4 ECLUSES ! A Dunkerque ! Sans déconner, j'y serai !

Début du concert : 21 h. 30
réservations : 03 28 63 82 40 du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h (réservations garanties jusqu'à 22 h).
Pour les abonnés et adhérents : 5 euros.
Pour les étudiants, demandeurs d'emploi, Rmistes : 6 euros
et le tarif plein est de 8 euros.

Franchement, c'est pas cher !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 décembre 2005

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29 septembre 2005

Les Blaireaux sont sympas

LES BLAIREAUX SONT SYMPAS

Vu ce soir, avec ma copine Elise, Les Blaireaux à l'Espace Flandre d'Hazebrouck.
Jen n'connaissau nin. Eh bin, c'est très bien.
Pour vous les présenter en quelques mots : pensez à l'orchestre du Splendid avec moins de filles, - ils sont six gars - mais plus d'humour insolent vipérin dans le couplet souligné par un emploi plutôt spectaculaire des cuivres (trombone et saxophone).
Car ils sont insolents, ces gens du Nord. Ecoutez voir un peu "Grand reporter" sur leur nouvel album si vous voulez vérifier !
Ils me font penser itou à Frank  Zappa pour leur goût de la parodie, l'histoire déjantée contée en strophes précises, riches en trouvailles menée basse-batterie très sonnante vers des ruptures de rythme où les musiciens font les choristes ironiques d'une tonique comédie - tiens, ce serait un bon nom de groupe, ça "Tonique Comédie" ! - chantée entraînante par un chanteur bondissant comme s'il faisait la pub d'un café du matin. L'exemple même de ce type de performance est leur morceau "L'Auberge du chat qui pète" que vous retrouverez aussi sur leur nouvel album et dont nous avons appris ici qu'elle était basée sur des événements authentiques et incroyables, mais vrais !
Insolence, humour déjanté ( façon "Fluide Glacial" mis en chansons ) mais aussi illustrations de nos plus ou moins riches heures : les petites lâchetés quotidiennes dont nous sommes souvent les acteurs, nous, les mecs, rouleurs de mécaniques et de cigarettes mais grand dérouleur de plates excuses quand un peu de notre sécurité pourrait éventuellement être remis en question ("Je suis un lâche"), nos coeurs d'artichauts devant "La Caissière du Franprix de Chaource", nos fantasmes de puissance, surtout si elle est sexuelle ("Natalia Poutine")...
Et puis, entre les folles chansons et les théâtrales transitions, les interventions plaisantes et les appels à la participation du public, quelquefois un ton autre, plus intimiste, plus "vrai", et le groupe évoque alors la tragédie yougoslave et l'espoir d'une "vie qui renaît"...
Bref, moi, ce que j'en dis, c'est plutôt pour votre bien : Si Les Blaireaux passent par chez vous, eh bien, allez les voir, vous allez pas le regretter !

Pour info : leur nouvel album s'intitule Pas si bêtes... et pour ce qui est du Nord, paraîtrait qu'ils joueront à Dunkerque le 17/12/2005 aux "4 Ecluses".

                Patrice Houzeau
                Hondeghem, le 29 septembre 2005


   

Posté par patricehouzeau à 23:21 - LES BLAIREAUX, GROUPE VIF - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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