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Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

15 mars 2007

"TOUTE MA VOIX"

"TOUTE MA VOIX"
Notes sur Poursuite d'Ulysse d'André Doms (Maison de la Poésie Nord/Pas-de-Calais, 1999)
Le texte du poème d'André Doms figure ici en caractères gras.

Page 7 :

Toute ma voix      toujours
en ta maison
mais      d'où ?

Ce sont les premiers mots du poème. S'y affirme la voix du narrateur.
Et ce lien qui va de moi à toi, de ma voix à ta maison.
Pas de verbe. Pas d'action. Mais la pérennité de l'adverbe de temps toujours. Et une interrogation, celle qui donne son titre à la première partie du livre.

Un constat :

J'ai perdu ma foi de maçon

Ce qui semblait le plus fort : quoi de plus inébranlable, quoi de plus ancré dans l'évidence qu'une foi de maçon ?
Et c'est cela justement qui vient de céder.
Que faire alors puisque l'on est maçon ? gâcher.
Ici, le mot est livré à l'interprétation.
Son intransitivité étonne. Cependant, pas d'énigme :

Je gâche
dans le vent
grave et fou

Métaphore du travail en vain, ou du travail désiré, appelé, rappelé peut-être, mais qui ne sert jamais qu'à l'oeuvre du vent puisque chacun de nos gestes, chacun de nos actes sont, à la fin de cette histoire que l'on appelle "humanité", voués au vent.
Voués à ce vent du désert qui avale nos paroles, qui résoud le noeud de nos ombres dans l'aveuglement de la lumière, qui de nos livres fait des poignées de sable filant entre les doigts.

Et nos corps s'effacent et retournent à la terre.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 mars 2007

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09 mars 2007

NOTES SUR POURSUITE D'ULYSSE 1

NOTES SUR POURSUITE D'ULYSSE D'ANDRE DOMS (Maison de la Poésie Nord/Pas-de-Calais, 1999)

LE LIEU DE LA VOIX

1. Liminaires

La première partie du recueil a pour titre Maison    d'où.

Dès cette page s'affirme une singularité, cet espace entre les mots et cette interrogation encore, ou ce point de départ.
Dès cette page est donc réaffirmée cette complicité de l'énigme, territoire commun à l'auteur et au lecteur de poésie.

Maison    d'où : Ce lieu où l'on vit, d'où l'on projette sa vie.
Idéalement : où l'on naît, où l'on meurt.
Nous avons tous connu des maisons de toutes sortes et, pour beaucoup d'entre nous, nous traversons les jours avec en tête une maison idéale, cette "grande maison blanche", ailleurs, au bord de la mer, à la montagne, dans une campagne rêvée, cette "grande maison blanche" qu'on aura peut-être jamais.

A noter donc dans ces deux mots, "Maison    d'où", l'interrogation implicite.
Plus nette sans doute cette impression que le poème qui s'ouvre à nous à l'instant où nous commençons à le lire, a un rapport avec ce que nous appelons la vie privée.
La maison est le lieu où l'on mène sa vie privée.

Autre inscription avant l'entame du texte : Mémoire de Mira.

Nous savons que nous sommes ici dans le domaine réservé de l'auteur.
Nous n'interrogeons pas. Nous constatons.
Dédicaces, citations, inscriptions hors texte, préliminaires du poème, quelques mots sur la page, autant d'annonces, souvent laconiques, de l'authenticité du discours.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 mars 2007

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28 mai 2005

Lu dans Ecrit(s) du Nord n°8 :André Doms

D'un ou d'autre pays gris
bleu aux ruelles frileuses,
plis de roche, prés de bruine,
à chacun son lieu probable.
                  
(cf Fleuve in Ecrit(s) du Nord n°8, p.35, octobre 2002)

Pas de verbe pour évoquer le paysage. Paysage nominal donc.
Vingt-huit syllabes où le pays s'insinue : gris, pluie, bruine.
Souvent, chez André Doms, le pays indique l'homme :

                              pays gris
bleu aux ruelles frileuses,

Non l'homme d'un seul versant, mais l'homme d'un ou d'autre pays, des Flandres à la Wallonie, de Belgique à toute l'Europe, cet homme-chacun, cet homme certain puisque voué à un lieu probable, cet homme en vue du havre, entre plis de roche et prés de bruine.

Jean le Boël (fondateur et responsable de publication de la revue Ecrit(s) du Nord) ainsi que son comité de lecture (Isabelle Clement, Jean-Christophe Macquet, Christophe Maerten) font vraiment de l'excellent travail. Je vous conseille la lecture de cette revue poétique. Elle est de tout premier ordre.

                                                                 Patrice HOUZEAU
                                                                 Hondeghem, le 28 mai 2005

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