12 juin 2012
CE N'EST PAS LA LUNE QUI TREMBLE
CE N'EST PAS LA LUNE QUI TREMBLE En feuilletant Fureur et mystère.
1. "Être poète, c'est avoir de l'appétit pour un malaise..." (René Char, Seuls demeurent, Partage formel, XLII) C'est que l'ogre à syllabes ne se nourrit pas d'amour joli et d'eau fraîche d'oiseau à la fontaine ; il lui faut convoquer les spectres pour les dissiper ; il lui faut convoquer ce qui est plus fort que lui pour être à son tour que fort que soi. Ceci dit, c'est bien du tintouin, tout ça, autant écrire La Négresse blonde.
2. "... et la prison mordue" (René... [Lire la suite]
11 juin 2012
CE QUE PEUT FAIRE LE POEME
CE QUE PEUT FAIRE LE POEME (en lisant Maison doyenne de René Char)
Ce que peut faire le poème évoquer le Froissement tressaillement la fenêtre Alors pleine de feuilles agitées avec Derrière ce tressaillement ce frisson Souffles dieux masques cette ancienne Langue du labyrinthe les herbes elles Le long du visage provoquent l'infini Je ne cherche pas à comprendre ce que Voudraient bien dire les beaux poèmes Ceux de René Char je songe qu'ils ont Eté composés dans la langue étrangère Qui sied aux messagers des palais une Langue très... [Lire la suite]
30 novembre 2008
"QUI N'A D'AUTRE RAISON QUE D'ÊTRE"
"QUI N'A D'AUTRE RAISON QUE D'ÊTRE"
"Qui n'a d'autre raison que d'être" - "Cette scintillation très personnelle" - "en forme de roue comme le soleil".
"Qui n'a d'autre raison que d'être" (cf "L'observation et les commentaires d'un poème peuvent être profonds, singuliers, brillants ou vraisemblables, ils ne peuvent éviter de réduire à une signification et à un projet un phénomène qui n'a d'autre raison que d'être." René Char, Préface aux oeuvres de Rimbaud, édition Louis... [Lire la suite]
23 février 2008
DE L'ACCOMPLISSEMENT
DE L’ACCOMPLISSEMENT
« Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. » (René Char, J’habite une douleur in Fureur et mystère, Poésie/Gallimard, p.172)
Tu ce tu que tu emploies te met donc à distanceComme si tu t’adressais à quelqu’un d’autre uneOmbre que tu pressens celle du lecteur attentifPeut-être ou de toi-même que tu... [Lire la suite]
29 décembre 2007
NULLE MAGIE SINON CELLE DES MOTS
NULLE MAGIE SINON CELLE DES MOTS
« J’ai été élevé parmi les feux de bois, au bord de braises qui ne finissaient pas cendres. »(René Char, Le bruit de l’allumette, La Sorgue et autres poèmes, Classiques Hachette, p.132)
Quelle magie en ces braises qui ne s’épuisent pas, sinon celle de l’enfance ? Les feux persistent, compagnons éclaireurs.
« Dans mon dos l’horizon tournant d’une vitre safranée réconciliait le plumet brun des roseaux avec le marais placide. » (ibidem)
Quel paysage se devine à travers le... [Lire la suite]
21 décembre 2007
TERREUR
TERREUR
"Terreur des trèfles mon égale compagne" (1)
Ce tremblement, cette vibration de la dentale "t" liée à la liquide "r".Deux bruits brefs soudain dans l'herbe.Le vers de René Char souvent fascine.Peu en importe le sens pour nous, aimant le verbe.Ce qui fascine, dans l'instant de la fascination, n'a pas de sens.Qui se demande quel est le sens du soleil, ou de la pure beauté?Fascination que déclenche ici le mot "terreur".Le mot est pourtant adouci par les "trèfles".La... [Lire la suite]
18 décembre 2007
ET L'ECLAIR ET LA MAISON
ET L'ECLAIR ET LA MAISON
« Rivière trop tôt partie, d’une traite, sans compagnon, Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion.
Rivière où l’éclair finit et où commence ma maison, Qui roule aux marches d’oubli la rocaille de ma raison. ». (René Char, La Sorgue, Chanson pour Yvonne)
Sans doute, il y a la « rivière trop tôt partie », celle du temps qui passe, de la jeunesse perdue. C’est-y pas que nous tenterions de la... [Lire la suite]
29 août 2007
ENDORMIR
ENDORMIR
"J'endors, moi, la foudre aux yeux tendres." (René Char, Effacement du peuplier)
Endormir les monstres, ou en révéler la présence derrière les signes ; de cette "foudre" par exemple, que l'on contemple pourtant fatale à la ligne du peuplier, composer un vers, un fragment de l'archipel privilège de la parole qui publie les masques de l'arrière-monde, géographie de poète, encrier des ombres d'où se déclare une épidémie de figures : c'est là cette "alchimie" du nom, cette fontaine du sens ;... [Lire la suite]
17 juin 2007
ELOGE DE L'HERBE
ELOGE DE L'HERBENotes sur le poème Jacquemard et Julia de René Char (Fureur et mystère, Poésie/Gallimard, pp.179-180)Les citations faites du poème figurent ici entre guillemets.
Cinq paragraphes pour ce texte ; une anaphore : "Jadis l'herbe".Le jadis pourtant n'abolit pas l'herbe. Celle-ci est d'ailleurs revenante, à quatre reprises, au début de quatre paragraphes sur cinq. Pas de virgule entre l'adverbe de temps jadis et le sujet l'herbe : l'herbe demeure, mais ce sont ses pouvoirs anciens qui ici font question :-... [Lire la suite]
30 avril 2007
FEUILLES DE SOIE
FEUILLES DE SOIE
"L'intensité est silencieuse." (René Char, Rougeur des matinaux, VII)
Dans la pièce où nous sommes seuls, il se peut que le silence fasse alors, - pourvu que nous n'ayons rien qui puisse nous distraire, nous occuper, nous encombrer -, surgir une qualité d'être que nous nommons aussi "intensité".La contemplation des huiles et des encres, des figures de la peinture, soulignent, suscitent parfois cette intensité.Nous aimons alors à parcourir les livres d'art, dans cet entre-temps de... [Lire la suite]

