17 juillet 2008
COUP DE SEMONCE
COUP DE SEMONCE
Il est possible que, lors des négociations futures qui mettront face à face ministère de l'éducation nationale et syndicats de la même maison, dans l'espoir légitime de sauver quelques milliers de postes, et dans la grande nécessité où nous nous trouvons déjà d'économiser l'argent que nous devons de toute façon emprunter, il est possible que le ministère échange en effet quelques milliers de postes contre un abandon de l'examen final du baccalauréat au profit d'un contrôle continu qui, en vertu du principe du "si je ne fais pas aussi bien que mon voisin en nombre de reçus, pour qui vais-je donc passer aux yeux des collègues, du Recteur et du Ministre ?", achéverait de réformer ce qui fut jadis un diplôme prestigieux, un modèle de préparation à l'Université, en simple formulaire administratif à la valeur d'autant plus relative qu'il est faux de prétendre à l'égalité des établissements en ce qui concerne l'efficacité de leur enseignement tant il est vrai qu'il n'y a pire sourd que celui qui ne veut entendre, et qu'il est qu'on entend souvent moins bien dans l'ennui des banlieues que dans la modernité des beaux quartiers.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 juillet 2008
DU PRINCE EN TANT QUE CHEF DES ARMEES
DU PRINCE EN TANT QUE CHEF DES ARMEES
Le Prince qui, devant les menaces de ce monde, décide de renforcer les réseaux de renseignement militaires et civils de la nation, est un homme sage.
Quant à celui qui, devant les périls de ce monde, déciderait de favoriser le cabinet occulte des réseaux aux dépens du nombre de ses officiers, sous-officiers et hommes du rang, aux dépens de la nécessaire répartition de ses troupes sur l'ensemble du territoire et de la transparence de sa dissuasion, pourrait s'avérer assez désinvolte, ou manipulé, pour éloigner son pays de la démocratie.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 juillet 2008
16 juillet 2008
ET PUISQUE L'ON ECRIT DE LA POESIE
ET PUISQUE L'ON ECRIT DE LA POESIE
Et puisque l'on écrit de la poésie, on finit par rencontrer des poètes.
De quoi fournir l'alambic à combiner en images.
Pour moi, j'aime à piquer au hasard des pages.
C'est ainsi que j'ai lu le recueil Regard(s) de Bénédicte LEFEUVRE (GRRR...ART Editions, 78660 Allainville aux Bois, 2008, http://grrrart.free.fr) :
"Poser pour l'éternité,
se croire invincible."
(Bénédicte Lefeuvre)
Ce sont là les premiers mots d'une suite de poèmes dont la principale qualité est de proposer une suite de notations qui me font considérer Bénédicte Lefeuvre comme un auteur de talent dans l'art de la brève, la fugace image. Ne goûtant guère les poèmes trop longs (je ne l'admets que chez les très grands ; ils ne sont pas si nombreux), j'apprécie que les pièces du recueil de Bénédicte Lefeuvre puissent tenir chacune l'espace d'une page. Du coup, on va à l'essentiel - ce qui est tout de même, l'essentiel, le but de la poésie -, le tout étant de définir ce que l'on entend par "essentiel".
"Le phare éteint
n'est plus qu'une écharde
plantée dans le doigt du ciel."
(Bénédicte Lefeuvre)
Voici ce que, pour ma part, je tiens pour essentiel.
- Quoi ? Monsieur Houzeau, pas d'ontologie ? pas de métaphysique des moeurs, des nations et des langues ? Pas de critique acérée du fait social ?
- Non. Nulle obligation au poète d'être phénoménologue, métaphysicien, moraliste, historien, même pas linguiste, voyez-vous. Il n'est pas obligé non plus d'être un forcené de la performance, un révolté dans sa langue, un agité du bocal à rimes. Il peut, - c'est là sa prérogative -, être cet observateur des choses familières, ce preneur de notes au jour le jour, sans chercher à être autre chose que l'artisan de la phrase bien rythmée, de l'image juste, de la notation dont le lecteur aime à se souvenir.
"Blanche,
la lune ronde,
cachée dans l'oeil du chat,
veille."
(Bénédicte Lefeuvre)
Voilà, je pense, qui peut vous convaincre de la qualité du travail de Bénédicte Lefeuvre.
Pour moi, cette brève précision des vers me rappelle l'humilité de Francis Jammes et la modestie géniale de Verlaine :
"C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !"
(Verlaine, Art poétique)
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 juillet 2008
DU SYMBOLE MONSTRE
DU SYMBOLE MONSTRE
J'ai déjà dit cela que j'aimais
La littérature de l'énigme elle
Me fascine assez la légende aux
Figures malignes H.P. Lovecraft
En voilà un que je parcours qui
Me sidère J'imagine que naguère
Il y a quelques années les gens
Sérieux des universités L'appel
De Cthulhu Je suis d'ailleurs &
Tant d'autres fantasmagories et
toute cette poésie de l'étrange
C'était pour eux billevesée que
De l'avoine à psychanalyse rien
Qui méritât leur doctes notes à
Lire juste pour passer le temps
"C'était une sorte de monstre, ou de symbole de monstre, que seule une imagination morbide avait pu concevoir. Je ne trahirai certainement pas l'inspiration du sculpteur en disant que son oeuvre évoquait tout à la fois une pieuvre, un dragon et une caricature humaine." (H.P. Lovecraft, L'appel de Cthulhu in Dans l'abîme du temps, traduit par Jacques Papy, Denoël "présence du futur", p.113)
Comme si le symbole et le monstre
Pouvaient se confondre être aussi
Efficaces l'un que l'autre à être
Superposés ainsi mêlés donc d'une
Puissance décuplée comme si alors
Le symbole était la résolution du
Monstre On peut penser à l'atroce
Véritable l'horreur qu'inspire la
Croix gammée la svastika qui mena
L'Allemagne à la ruine et qui fut
Le temps des assassins ce symbole
Semblant encore porter en soi les
Prémices de millions de morts les
Chambres à gaz l'humanité niée et
Soumise à la torture les camps de
L'extermination des êtres humains
Ainsi identifiée aux meurtres que
Commirent ses porteurs reléguée à
L'underground malsain qu'elle est
La croix gammée joujou pour zozos
Obsédés de la petite culotte itou
Du minou dominant ou encore signe
De ralliement de satanistes furax
De trous du cul qui se croient je
Ne sais quoi modernes guerriers à
Brumes du Nord & gothiques idiots
A part vandaliser des tombes puis
Se déplacer en meute menaçante ne
Savent probablement rien faire de
Leurs dix doigts peut-être même à
Agiter encore des meurtriers dans
L'ombre des égorgeurs émargeant à
D'occultes organisations rêveuses
De pouvoir et d'ordre nouveau Que
De la pieuvre mafioso-fasciste ou
Du dragon sataniste ou de la face
De rat tondu la voilà votre croix
Gammée bande de sombres salauds !
Note : Etant avare de ponctuation
J'attire l'oeil du lecteur sur ce
Point d'exclamation que j'ai posé
A la fin du texte ci-dessus C'est
Que ça fait du bien parfois de la
Brandir cette épée symbolique que
J'emploie ici pour signifier tout
Le mépris que j'ai pour les têtes
Goupilleuses de meurtres amateurs
De profanations et autres crétins
Des nations.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 juillet 2008
15 juillet 2008
DU MIROIR QUI REVIENT
DU MIROIR QUI REVIENT
"Phèdre... Mais non, grands dieux ! qu'en un profond oubli
Cet horrible secret demeure enseveli !"
(Racine, Phèdre, Acte II, scène 6, vers 719-720)
Le temps est ainsi cette somme de secrets
Dont l'oubli a la garde Le spéculatif qui
Cherche à se souvenir de ce qu'il fut qui
Cherche à connaître la vérité du passé ne
Peut que réveiller les démons ces figures
De l'Enigme Pour éviter cette catastrophe
D'un passé jetant sur le présent sa meute
D'ombres véritables nous tissons la fable
Les légendes les contes et nos souvenirs.
Ainsi fait Hippolyte évoquant Thésée le père
Absent idéalisé légende vivante tissu à rêve
"Tu me contais alors l'histoire de mon père.
Tu sais combien mon âme, attentive à ta voix,
S'échauffait au récit de ses nobles exploits,
Quand tu me dépeignais ce héros intrépide
Consolidant les mortels de l'absence d'Alcide,"
Alcide c'est-à-dire Hercule très fort balèze
"Les monstres étouffés et les brigands punis,
Procuste, Cercyon, et Scirron, et Sinnis,"
Ceusses-là ce ne fut rien que de la racaille
Idem celui qui suit qui eut les os dispersés
"Et les os dispersés du géant d'Epidaure,
Et la Crète fumant du sang du Minotaure"
On le connaît sti-lal mi-homme mi-taureau et
Dévoreur de jeunes gens garçons et filles et
C'est que Thésée dit-on l'effaça de Crète et
Du dédale des mystères visibles de ce monde.
"Mais, quand tu récitais des faits moins glorieux,
Sa foi partout offerte et reçue en cent lieux,
Hélène à ses parents dans Sparte dérobée,
Salamine témoin des pleurs de Péribée,
Tant d'autres, dont les noms lui sont même échappés,
Trop crédules esprits que sa flamme a trompés ;
Ariane aux rochers contant ses injustices,
Phèdre enlevée enfin sous de meilleurs auspices ;"
C'est qu'on en apprend de belles sur Thésée:
Que comme plus tard Dom Juan il aime séduire
Et tromper et une fois rassasié quitter Donc
Il précéda Pâris dans l'enlévement d'Hélène,
Et causa les tourments de la fille du roi de
Salamine ; il abandonna Ariane à Naxos fonça
En débaucher la soeur cette Phèdre raptée et
Qu'il épousa tout de même Ah le coquin donc:
"Tu sais comme, à regret écoutant ce discours,
Je te pressais souvent d'en abréger le cours :
Heureux si j'avais pu ravir à la mémoire
Cette indigne moitié d'une si belle histoire !"
(Racine, Phèdre, Acte I, scène 1, vers 74-94)
La tragédie c'est le roman familial qui vous
Saute à la gorge c'est le miroir qui revient
Le miroir à figure maligne tout y est changé
Le meilleur comme le pire tout y est autre y
Danse un ballet légendaire un bal masqué une
Fois qu'ils tombent les masques vous chutez.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juillet 2008
DE LA CRISE ECONOMIQUE COMME CASUS BELLI
DE LA CRISE ECONOMIQUE COMME CASUS BELLI
Quand je pense à la guerre menée par les Américains en Irak, je me souviens de cet axiome que répétait parfois mon professeur d'histoire-géographie de 1ère (c'était d'ailleurs un temps où les professeurs étaient perçus comme des spécialistes d'une discipline et pas encore comme des professionnels de l'animation socio-culturelle) : "Quand un pays se met à produire des armes à outrance, il finit toujours par s'en servir."
On me dira que la course aux armements, et son corollaire, le fameux "équilibre de la terreur" atomique, a empêché pendant presqu'un demi-siècle que l'URSS et les USA ne s'annihilent l'un l'autre (et l'Europe avec), mais, à vrai dire, ils se sont quand même bien mis sur la gueule par pays interposés, les frangins... En outre, si l'économie de type socialiste n'avait pas été autre chose qu'une vaste blague, qui peut dire ce qui se serait passé entre ces deux superpuissances économiques, militaires et concurrentes dans la maîtrise de l'Histoire de ce monde ?
Ce qui m'inquiète, c'est que, réguliérement, on entend venir des Etats-Unis cette prédiction que la crise économique actuelle (déclenchée au mois d'août 2007 par l'éclatement de la bulle spéculative immobilière américaine) qui, par le jeu de montages financiers de plus en plus sophistiqués et hasardeux, gagne (si j'ose dire) actuellement (juillet 2008) un nombre non négligeable - et à ce jour non encore défini ! - de banques européennes, pourrait tourner à la bérésina façon crise de 29.
On sait ce qui s'ensuivit de la crise de 29 : un effondrement de l'économie allemande, une paupérisation des populations fragilisées par des phénomènes d'hyperinflation, un recours à l'extrémisme de droite et, pour se sortir de l'impasse, un investissement massif dans les industries d'armement : "Quand un pays se met à produire des armes...", vous connaissez la suite.
Je ne sais pas si nous sortirons bientôt de cette crise, mais avec un prix du pétrole qui bat un nouveau record à la hausse chaque semaine, une crise des matières premières alimentaires qui déstabilise une partie des Etats du Sud et qui crée un sentiment de mécontentement général dans toute l'Europe, une mondialisation qui poursuit sa route à grande vitesse, déplaçant les entreprises d'un pays à l'autre, licenciant massivement des salariés européens jugés trop coûteux pour recruter ailleurs une main d'oeuvre abondante, certes peu formée, mais peu coûteuse (et surtout non syndiquée), les mensonges habituels de nos politiques (je me souviens de ces jours de la fin d'été 2007 où notre Ministre de l'Economie, Christine Lagarde, assurait tout le monde que les banques françaises n'avaient pas, - ou alors si peu que ce n'était même pas la peine d'en parler - participé à la vaste escroquerie des subprimes américaines et je me souviens que j'ai pensé alors : "Mais oui, bien sûr, les banques de la cinquième puissance économique mondiale n'investissent pas dans les produits financiers américains, c'est parfaitement crédible, ça, rapport à ce que, sans doute, ils préfèrent placer nos sous dans le guidon de vélo, le chuchen breton et la Bêtise de Cambrai"), avec tout ça qui ne va pas, il me semble raisonnable de s'attendre au pire qui, en l'occurrence, se traduirait par une récession mondiale d'une ampleur telle que les opinions publiques en viendraient à souhaiter des solutions extrêmes (par exemple, la partition de la Belgique en deux Etats indépendants est un risque réel de déstabilisation au centre même de l'Europe, risque d'autant plus grand qu'au fur et à mesure des prises de position des uns et des autres, il semble, qu'arguant des meilleures raisons du monde, chacun en vient à se réfugier dans sa langue, à ne plus voir l'autre que par le filtre des préjugés et d'une histoire érigée en alibi) et que, suivant l'exemple des Etats-Unis (qui ressemblent de plus en plus à une démocratie confisquée par les géants du militaro-industriel), nos dirigeants, pour remplir les caisses, ou faire baisser le nombre de sans-emploi (d'autant plus que les fonctions publiques tendent à se réduire comme peau de chagrin), n'en reviennent à cette solution de la production massive d'engins à trucider.
Après, il suffira que quelqu'un allume la mèche et c'est alors que l'on regrettera d'avoir supprimé des régiments pour les remplacer par des supermarchés.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juillet 2008
IRONIE DE L'ALEXANDRIN
IRONIE DE L'ALEXANDRIN
"Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis."
(Racine, Phèdre, Acte IV, scène 1, vers 1004)
"Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis"
Voici en son palais Thésée perdu paumé dans le
Labyrinthe de ces alexandrins lui qui a vaincu
Le sortilège du dédale au Minotaure ça doit le
Perturber dans l'être ce désordre au palais Il
N'arrête pas de répéter ce "je" identitaire de
La première personne du singulier comme pour y
Retrouver la clé de sa royauté la maîtrise des
Evénements alors que le seul maître est Racine
Qui pousse l'ironie jusqu'à composer un vers à
S'en souvenir longtemps avec ses douze mots et
Autant de syllabes alors que nous sommes seuls
Nous lecteurs à avoir cette clé du sens à être
Dans la confidence de tous à nous y retrouver.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juillet 2008
EN LISANT ADELE
EN LISANT ADELE
Ouvrant l'album des "Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec" de Tardi, dont la paronomase du titre l'amuse (Adèle et la Bête / La Belle et la Bête), voilà qu'il y a ce bleu de Prusse sur Paris et sur les carcasses antédiluviennes parmi lesquelles ce gros oeuf qui, d'ici quelques cases, jettera dans la nuit un étrange volatile, "une sorte de gros oiseau rouge avec un bec plein de dents ! J'vous l'dis, chef, j'ai pas picolé" (Adèle et la Bête, page 6 de l'édition Casterman) clame le piéton de la nuit tandis qu'il se lance, le gros oiseau rouge, nuit après nuit, dans une litanie d'homicides jusqu'à alerter le Président Fallières en personne et alors, il commence à sentir la fatigue de la journée, et s'il continue à lire les phylactères, c'est pour tenter tout de même d'aller jusqu'au bout de cette histoire, - il a toujours aimé la bande dessinée, et, s'il lui semble qu'il n'a plus le même enthousiasme que lorsqu'il était enfant et qu'il dévorait l'hebdomadaire Spirou, (plus tard, étudiant, tandis que la pluie cinglait à la fenêtre, seul dans le couloir de la résidence universitaire désertée dès le vendredi, il aimait à passer des soirées à lire les albums de Hugo Pratt), il met cela sur le compte de l'inévitable usure de l'enchantement qui marque l'avancée en âge, ce vieillissement morose de nos capacités à nous émerveiller d'un film, d'un roman, d'une bande dessinée ou d'une jolie fille - ; "NON ! EDITH, TU N'IRAS PAS A PARIS !", la phrase en capitales d'imprimerie réveille soudain son intérêt, cette phrase pleine de sous-entendus qu'en ce début de récit il ne peut évidemment comprendre, phrase prononcée dans une case pleine de la nuit des lointaines maisons du passé, d'un temps d'avant les épouvantes mondiales, d'un temps de maison en hauteur, de parc et de portail, et de fenêtre allumée, ce signe de la présence, cette persistance dans la mémoire quand la nuit nous rêvons de la nuit, des demeures de la nuit, des rectangles jaunes des fenêtres, et que nous nous en approchons, cependant qu'au fur et à mesure de notre progression dans les herbes de la nuit, se dénouent de longs serpents dont nous nous rappelons qu'on les appelle "couleuvres", cependant que nous approchons, elles (les couleuvres) se dénouent comme de longues chevelures noires sous une pincée d'étoiles qui semblent émettre de brefs signaux sifflés, cependant que les rectangles jaunes, un à un, se noircissent tout à coup, - un bref sursaut de lumière, et puis le noir -, jusqu'à ce que seule reste allumée la dernière fenêtre, qui semble de plus en plus loin, de plus en plus étroite, comme si le paysage dans lequel nous nous enfonçons ne cessait de se dérouler sous nos pas, éloignant ainsi de nous cet aimant de la lumière, ce signe d'une présence indifférente à notre présence, ce rappel de notre impossibilité à être là où nous voulons aller, ce rappel que nous sommes à demeure, assignés à résidence dans ce qui n'est jamais que l'ensemble fermé des minutes de sable de notre existence.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juillet 2008
SPECTRAL
SPECTRAL
C'est une nuit bleu d'énigme sur la ville
Qui étire architectures et perspectives
Dans un lointain de pelouses et de grilles
A travers des squelettes habillés de chair.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juillet 2008
13 juillet 2008
"COMME LA FOUDRE"
"COMME LA FOUDRE"
« A dix mètres, la jument obliqua franchement vers la gauche, venant sur lui comme la foudre. » (Georges Bernanos, Monsieur Ouine, Presses Pocket, p.107)
Franchement, c’est l’adverbe dans
Cette phrase de Bernanos pour cet
Oblique ce mouvement oblique vers
la gauche que fit la jument comme
la foudre car il ne s’y attendait
Pas venant sur lui ce fut soudain
comme la foudre sans doute foudre
Des soudains menaçants du monde à
Syncoper blanc bref le paysage la
Ponctuation tonnante révélant aux
Yeux ronds la nature de la nature
Cette indifférence des choses une
Hostilité de fait sans malice une
Pure violence une puissance brute
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 juillet 2008
