05 novembre 2008
LES MOUILLETTES DU DESTIN
LES MOUILLETTES DU DESTIN
Par la fenêtre je les vois qui
Les perspectives des toits qui
S’entrecroisent Le ciel est du
Bleu que l’on raffine que l’on
Roule entre ses doigts je vois
Qu’il remue son accordéon lent
Etincelant et sa valse jadis à
Distiller de la nostalgie Donc
Je m’attends à ce que sorte de
Ces tentures quelque main très
Habile à déployer les cartes à
Faire apparaître soudains jeux
D’optique coquetiers aux lunes
Cuites à point à la lave jaune
Où plein d’un souvenir de pain
Perdu dans un temps d’il n’y a
Plus lave jaune où les tremper
Les mouillettes d’or du destin
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 novembre 2008
19 octobre 2008
A LA LUNE (C'est justifié!)
A LA LUNE (C'est justifié!)
Je dis des choses à la lune
Qui est la marraine commune
De ceux quand tombe le soir
Qui les mettent leurs noirs
Regards loin de ces humains
Mobiles bavards et si vains
C'est que la sourde oreille
D'une bouille sans cervelle
La lune Y a rien à en tirer
Que songe creux ou couplets
A comptines ou ces cailloux
Pour physiciens Moi dessous
La lune m'en fous c'est pas
La lune qui fait mes repas.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2008
08 octobre 2008
LA VOILA, LA GRANDE MORTE
LA VOILA, LA GRANDE MORTE
« La voilà, la grande morte, couchée dans la claire et pâle lueur là-bas dans un pré bourbeux tout contre un bosquet de roseaux. » (Katarina Frostenson traduit par Christofer Bjurström, Position in Canal, Maison de la Poésie Nord/Pas-de-Calais, édition bilingue, 1998, p.39)
La voilà, la grande morte,
C’est que ça cause aussi à
N’en plus finir des brefs,
Du chien d’arrêt des morts
La voilà, la grande morte,
La prévue pour le pré tout
Boueux bourbeux à y rester
Planté mélancolique dedans
Couchée dans la claire qui
Attend sans attente contre
Toute attente la morte car
Il y a l’autre avant après
Il y a l’autre aussi alors
Entre temps nous résidons.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 octobre 2008
03 octobre 2008
DANS LES RIDEAUX LES VISAGES
DANS LES RIDEAUX LES VISAGES Dans les rideaux les visages Patrice Houzeau
Mouvants comme le vent comme
Le sable aux lignes qui font
Ces imperceptiblement gestes
Sans main on dirait Fantômas
Aux corridors suburbains s’y
Dissimulent miroirs pendules
Tigres amazones dans un vent
Arrêté puzzle des fictions à
Hanter l’ombre dans le sable
Des rideaux les visages d’un
Récit sans cesse repris sans
Cesse laissé épisodes à saga
Spectrale une autre demeure.
Hondeghem, le 3 octobre 2008
08 septembre 2008
DE LA POETIQUE DEGUISEE
DE LA POETIQUE DEGUISEE
« Ne se pourrait-il pas qu’elle fût, comme chez Joyce ou T.S. Eliot, une poétique déguisée ? » (Lucien Dällenbach, Claude Simon, Les Contemporains, Seuil, 1988, p.138)
« De là à inférer que le roman tend à réaliser sa thématique au niveau proprement esthétique et à se présenter comme un cosmos où la mise en œuvre de l’analogie, tout admirable qu’elle est, ne constitue qu’une pièce parmi d’autres, fût-elle la pièce maîtresse, il n’y a qu’un pas qu’une relecture du livre dans cette optique nous invite bientôt à franchir. »
(Lucien Dällenbach, opus cité, p.138)
Toute littérature se fonde-t-elle sur
Une poétique déguisée peut-être c’est
Qu’il y en a de l’arrière-monde c’est
Que ça grouille derrière les mots les
Phrases les nominatives injonctives &
Les autres péremptoires c’est qu’il y
En a qui battent des palpitants aussi
Des figures des nausées des sueurs et
Tout un tas de gens variés avec leurs
Histoires de cœur d’argent les soucis
Des sous avec cette sainte ardeur des
Reproductions goût des propagations &
Des salives à y cogiter cosmique dans
Le roman qu’on est rendu d’où longues
Phrases périodes ruptures séquences &
Glissements rythmiques sémantiques on
En fait du tintouin et le greffier il
En devient animal pas croyable rempli
De magie le matou spatial le matou et
Sidéral le matou et itou le toutou de
N’être que clebs il n’en est pas rien
Pour autant formidable l’animal ô ami
Du genre humain le carnivore le chien
Que l’on rabaisse alors au niveau des
Plus consensuels humanistes et que du
Coup quand il grogne quand il mord et
Qu’il blesse et qu’il égorge le chien
On comprend plus on s’étonne c’est si
Féroce alors la nature si inhumain si
Violent c’est faut dire c’qui est que
L’on ne dit plus c’qui est on ment et
Avec de fort beaux mensonges encore !
-
Note : C'est ce qu'il a pigé absolu &
Démontré Claude Simon que éberlués on
En était des histoires à en perdre la
Vie & tomber de son cheval tout droit
dans la boue celle que les chiens ont
mangé dans la nuit à nous autres.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 septembre 2008
11 août 2008
GOTHIQUERIE
GOTHIQUERIE
« Tous étaient là, autour de la table inondée de lumière.
Mais Jane me tirait une langue d’un pied et pendait à côté du lustre. Elfrida, tassée dans un fauteuil de velours, ricanait à ma vue et plongeait ses deux mains dans son ventre débridé d’où s’échappait une fumante tripaille.
Au milieu de la table, baignant dans une sauce sanglante, la tête de Barnaby hurlait et me lançait d’effroyables injures. »
(Jean Ray, M. Gallagher went home in Les derniers contes de Canterbury, Le Masque fantastique, p.66)
Tous là autour de la table inondée
De lumière baignée de lumière donc
Très lumineuse à en étinceler donc
Comme robe d’ange ou une épée donc
Eblouissante aveuglante c’est donc
Dans cette hyperlumière qu’apparut
Au narrateur la langue d’un pied à
Jane qui pendait en la tirant donc
Sa langue d’un pied ce qui curieux
Qu’ça sonne ça langue d’un pied et
Il en vit aussi une autre qu’était
Tassée dans un fauteuil de velours
Et qui ricanait pendant qu’elle se
Tirait fumante tripaille du ventre
Voilà assez dans le genre Suspiria
Chef d’œuvre de Dario Argento avec
La jeune fille morte sanglante qui
Soudain s’avance couteau à la main
Levée et ricanante follement morte
Qu’anime la sorcière antique venue
Du temps autre de l’outre-mort bon
Au milieu de la table il y a aussi
Une tête celle de Barnaby bien sûr
Pas celle de l’inspecteur que l’on
Voit élucider des meurtres tout ce
Qu’il y a de plus improbables type
Meurtre dans un jardin anglais qui
Est un titre qui m’a toujours fait
Rêver bien que couic que dalle que
J’ai pigé au film un film d’auteur
Je crois bien un truc ennuyeux que
L’on s’endort devant mais revenons
A notre tête qui baignant dans une
Sauce sanglante hurlait lançait de
Fort effroyables injures au témoin
De l’horrifique scène vu que c’est
Généralement très incivil une tête
Tranchée qui remue d’ailleurs vous
Savez quoi les morts-vivants c’est
Rien que des sales gosses voyous &
Compagnie des furieux féroces yeux
De loup sur des corps écorchés qui
S’élancent vers nous invisibles et
Imprévisibles comme mort subite...
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 août 2008
10 août 2008
TOUT A TRAC
TOUT A TRAC
Nous voués souvent au temps imposé
De la musique aux rythmiques à ces
Séquences de l’ordre tout le temps
Le son partout répand ses sections
Rythmiques monotones électroniques
Voués à l’implacable rythmique que
L’on entend partout semblable tout
Le temps semblable imposée & qu’on
Ne peut guère éviter rythmique qui
Tape dans le sempiternel afin sans
Doute de conditionner nos gestes à
La synchronisation mondialisée des
Rythmes de travail des cadences de
Production contraintes horaires et
Temps de cerveau disponibles voilà
A quoi ça peut servir la musique à
Nous distraire à nous empêcher d’y
Penser à l’universelle foutaise et
Aussi à tout ça qui nous mine nous
Truque nous traque & nous patraque
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 août 2008
06 août 2008
NEBULEUSE DE LA COULEUVRE
NEBULEUSE DE LA COULEUVRE
« J’appelle la blanche couleuvre nébuleuse, moi magicien. »
(Max Jacob, Ballade du perpétuel miracle in Derniers poèmes, Poésie/Gallimard, p.59)
Sur le chemin il arrive que l’on croise
La couleuvre la couleuvre blanche qu’on
Croise aussi dans les vers de Max Jacob
Et qui devient nébuleuse dès lors c’est
Pas tant que tout soye tout plein d’âme
Tout grouillant comme dans les poèmes à
Victor Hugo c’est que tout voyez-vous à
Métaphores donne lieu à métamorphoses à
Images nouvelles toujours épatantes qui
Circulent les merveilles dans le cosmos
Des syllabes sans cesse suscitées comme
Si c’était la seule façon de décrire la
Matière où nous nous mouvons éblouis de
L’infini à facettes éblouis aveuglés...
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 août 2008
TROIS CHEVAUX NOIRS
TROIS CHEVAUX NOIRS
« Trois chevaux noirs
Chevaux brillants, métal froid
Noirs comme le soir
Portaient la tête comme un évêque ou comme un roi. »
(Max Jacob, La Mariée in Derniers poèmes, Poésie/Gallimard, p.69)
Il y a cette alliance du noir
Des chevaux et du métal froid
Métal métal métal du choc des
Fers sur le pavé qui luit car
Le pavé de langue française à
Luire qu’il sert souvent sous
La lune qu’il luit la nuit et
Sous une vieille pluie encore
Que l’on voit dans le jaune à
Filer affiliée aux réverbères
Noirs donc les dadas que l’on
Dirait les coursiers funèbres
D’un assassin mystérieux tout
Noirs les dadas et portant le
Chef fallait voir comme elles
Furent portées superbes leurs
Têtes un port épiscopal noble
Et tout absolu un port royal.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 août 2008
28 juillet 2008
HAUTE-CONTRE
HAUTE-CONTRE
On loue souvent la pureté des voix
De haute-contre elles qui ô hautes
Et pures se détachent dans le ciel
Des harmonies comme du monde cette
Pureté ce cristal sur la nappe des
Voix de haute-contre ô on l'écoute
Aussi cette froideur d'angélique ô
Ravi envolé détaché complétement ô
Si haut l'être ange l'inaccessible
Témoin l'invisible parrain du ciel
haut pur et si parfaitement froid.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juillet 2008
