24 octobre 2012

AVANT DE N'ÊTRE PLUS DU TOUT

AVANT DE N'ÊTRE PLUS DU TOUTEn baguenaudant dans le recueil "Alcools" d'Apollinaire, en songeant que le cosmos est un compotier rempli de fruits rares, parfois uniques sans doute, à l'usage des dieux fructivores. 1."avoir long collier de sommeils affreux" (Réponse des Cosaques zaporogues au Sultan de Constantinople, "Poisson pourri de Salonique / Long collier des sommeils affreux") : C'est au cou de la diachronie que ça se passe, corps allongé avec ses pleins et ses déliés, ses fauves et ses moites, ses ombres et clartés. 2."avoir... [Lire la suite]

23 octobre 2012

EN TIRANT LA COMETE PAR LES CHEVEUX

EN TIRANT LA COMETE PAR LES CHEVEUXEn voyageant dans Une belle histoire du temps, de Stephen Hawking, traduit par Béatrice Commengé, Flammarion, 2005. 1."orbites autorisées" (p.116) : Il y a donc des orbites "autorisées" et des orbites "non autorisées". Je me demande ce qui définit l'autorisation, et si l'on peut remplacer le mot "autorisation" par les mots "possible", "règle", "loi". L'usage de ces mots suppose un en-soi de la règle, de la loi, - ce qui semble évident dès que l'on prend pour postulat que les lois de la physique sont... [Lire la suite]
23 octobre 2012

ET MÊME DU C'EST PAS SI MAL

ET MÊME DU C'EST PAS SI MALcf Alcools de Guillaume Apollinaire 1."avoir le coeur qui bat très fort à sa parole" (Salomé, "Mon coeur battait très fort à sa parole / Quand je dansais dans le fenouil") : Être amoureux. Et ici, être amoureuse puisqu'il s'agit de Salomé qui en pince et danse pour Jean-Baptiste, lequel finira tête séparée de son corps. Le fenouil m'amuse, qui paraît un peu surprenant. Peut-être pas. Je sais pas. En tout cas, on peut imaginer itou que l'on s'effeuille dans le fenouil, que l'on se papouille dans le fenouil.... [Lire la suite]
Posté par patricehouzeau à 04:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
22 octobre 2012

COMME ON RIFFE

COMME ON RIFFEcf "La marche turque", de Victor Hugo, dans le recueil Les Orientales. 1."voler d'un souffle farouche" (Marche turque, "il vole, et d'un souffle farouche / Fait jaillir la terreur du clairon qu'il embouche") : Monter à l'assaut en soufflant comme un malade dans un clairon. Peut se dire aussi d'un esprit qui traverse la maison en manifestant qu'il a pas le temps de causer. Ou d'un corbeau pas content. Ou de tout autre volatile. Ou de tout autre pas content. 2."avoir une belle esclave aux paupières arquées" (Marche... [Lire la suite]
20 octobre 2012

TOURMENTER LA TOMATE ET COURIR SUR LE HARICOT

TOURMENTER LA TOMATE ET COURIR SUR LE HARICOT 1.Tourmenter la tomate : Faire le zigomar dans un plant de tomates ; quant à tourmenter le poireau, c'est faire le zigoto dans un champ de. 2.Courir sur le haricot : Enerver quelqu'un, agacer. Traverser en courant un champ de haricots. 3.Ecouter la tête de bouc et sa soupe : Ecouter un album des Rolling Stones, lesquels eurent si souvent le talent de plonger une tête de bouc dans une soupe qui aurait été insipide. 4.Chercher l'os de la banane : Chercher midi à quatorze heures, chercher... [Lire la suite]
14 octobre 2012

LEQUEL VAUT BIEN UN FROMAGE SANS DOUTE

LEQUEL VAUT BIEN UN FROMAGE SANS DOUTE En feuilletant A l'hôtel Bertram, d'Agatha Christie, traduit par Claire Durivaux, Club des Masques n°104 ; les citations sont entre guillemets. 1."lever les yeux de son tricot" (p.135) : "La vieille demoiselle [Miss Marple] leva les yeux de son tricot." C'est qu'on vient de la reconnaître, c'est que de nouveau le réel l'interpelle, la sollicite, la demande. Autrement dit, Miss Marple est une conscience qu'une autre conscience stimule, un x avec lequel un y entre en relation. Le langage permet... [Lire la suite]

11 octobre 2012

CE QUI N'EST PAS FACILE POUR VISER JUSTE

CE QUI N'EST PAS FACILE POUR VISER JUSTE(en feuilletant La généalogie de la morale, de Nietzsche, traduit par Isabelle Hildenbrand et Jean Gratien, folio essais n°16) 1."il y a là une part de vérité, malgré la falsification littéraire qu'il a sans doute fallu commettre à cet effet." (p.53)Ce n'est pas un sans doute : la littérature est une falsification nécessaire du réel. Le langage lui-même est une interprétation qui tend à l'exactitude, c'est-à-dire qu'il invente sa propre vision exacte du réel. Ce que le langage décrit se monte... [Lire la suite]
10 octobre 2012

AINSI QU'ON COMMEMORE

AINSI QU'ON COMMEMORE En feuilletant "A la lumière d'hiver suivi de Pensées sous les nuages", de Philippe Jaccottet (Poésie/Gallimard). 1."afin qu'encore il soit possible d'aimer la lumièreou seulement de la comprendre" (p.72)Ceci dit, ça dépend la langue qu'elle jacte, la lumière. Je me demande d'ailleurs si le verbe jaillir ne serait pas ici plus pertinent. 2."les hauts arbres tranquilles" (p.105)Pour une fois qu'ils sont tranquilles, les chevelus. Car, y a des fois, les chevelus, ils sont bien énervés, agités, à balancer... [Lire la suite]
Posté par patricehouzeau à 10:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
09 octobre 2012

TOUT DE MÊME C'EST MARRANT

TOUT DE MÊME C'EST MARRANT(en feuilletant "A l'hôtel Bertram", d'Agatha Christie, traduit par Claire Durivaux, Club des Masques n°104). 1."Lorsqu'il rouvrit les yeux, l'armoire se trouvait toujours au mauvais endroit." (p.148)Le réel a cette fâcheuse tendance à se trouver toujours au mauvais endroit. Les choses aiment à nous contrarier. Le monde lui-même. 2.Il se pourrait quelquefois qu'une "côtelette de veau suivie d'un petit pudding arrosé d'une sauce aux mûres" (cf p.111) décide un écclesiastique à en chercher un autre. Ce qui... [Lire la suite]
06 octobre 2012

CHÂTEAU DE SORT

CHÂTEAU DE SORT En feuilletant Abîmes de Pascal Quignard (folio n°4138)En écoutant 50 Words For Snow de Kate Bush (2011) 1."Ecrire, c'est encore appeler" (p.161)Cette intuition que j'ai qu'écrire, c'est appeler dans un désert peuplé. Nous nous répliquons ; nous ne nous répondons pas. 2."elle [la langue] se vide de son sens pour fasciner" (p.81)Ce pourquoi j'aime tellement la chanson anglo-saxonne. Je n'en saisis pas les paroles ; elles sont alors pour moi pure musique. Ainsi la beauté de la voix de Kate Bush, et celle d'Elton John... [Lire la suite]