21 septembre 2012

CADAVRE PARDI

CADAVRE PARDI "Je fais ces quelques pas avant de remonterlà où je ne sais plus ce qui m'attend"(Philippe Jaccottet, A la lumière d'hiver, Poésie/Gallimard, p.85) L'humain dans son labyrinthe : il ne sait plus ce qui l'attend. C'est son cadavre, pardi. Patrice HouzeauHondeghem, le 21 septembre 2012  

14 septembre 2012

ÊTRE EST UN VOULOIR ÊTRE

ÊTRE EST UN VOULOIR ÊTRE 1."être sur le sable de son temps" : considérer avec mélancolie que le temps passe comme sable au vent, sable au temps, sable au clair de lune (ça fait joli), sable de bois ton verre et tire-toi.Citations :a)"Liée à l'onde, la femme sur le sable de mon temps."(André Doms, Voyeur voyageur, "Gravure 5" Le Taillis Pré, Belgique, 2012, p.39).b)Liée à l'onde, la femme sur le sable de mon tempsSous la lune tournicotante comme pièce d'argentNote : je ne sais pas le mot français pour exprimer cette instabilité... [Lire la suite]
12 septembre 2012

J'AI DIT ET MÊME DIMANCHE

J'AI DIT ET MÊME DIMANCHE 1."hiverner dans son passé" : se laisser avoir par cette pot de colle de nostalgie (notez, lecteurs étrangers, que l'accord du démonstratif "cette" ne se fait pas en genre et en nombre avec l'expression "pot de colle" mais avec le complément du nom "nostalgie) au point de ne point s'occuper de ses affaires comme il le faudrait.Citations :a) "J'ai hiverné dans mon passéRevienne le soleil de Pâques"(Apollinaire, Alcools, "La chanson du mal-aimé")b)Peu à peu il se laissait rattraper par le violon de la... [Lire la suite]
12 septembre 2012

J'PREFERE JONGLER

J'PREFERE JONGLER "Dans la maison du vigneron les femmes cousentLenchen remplis le poêle et mets l'eau du caféDessus - Le chat s'étire après s'être chauffé- Gertrude et son voisin Martin enfin s'épousent"(Apollinaire, Alcools, "Les Femmes", 1ère strophe) 1."maison",c'est de l'espace occupé, de l'intérieur, ça appelle le complément de nom rapport à ce que la maison est soit à personne, soit à quelqu'un... ici, c'est "la maison du vigneron"... remarquez que ça peut être un lieu dit : "la maison du vigneron" comme on dit "la maison du... [Lire la suite]
10 septembre 2012

SAC DE MOTS, SAC DE NOEUDS

SAC DE MOTS, SAC DE NOEUDS 1."Jouet de cet oeil d'eau morne, je n'y puis prendre"(Rimbaud, Mémoire) être le jouet de cet oeil, être le jouet de l'oeil: sans doute, notre oeil se joue de nous qui nous fait voir ce qui n'existe pas et nous remplit de passion pour l'être de ce qui n'existe pas. 2."Les roses des roseaux dès longtemps dévorées" (Rimbaud, Mémoire)"En effet ils furent rois toute une matinée" (Rimbaud, Royauté) J'aime bien ces "r" qui roulent comme bêtes croquées roulant dans la mâchoire du fauve. 3."J'ai brassé mon... [Lire la suite]
09 septembre 2012

JE T'ARRACHERAIS BIEN LA LANGUE

JE T'ARRACHERAIS BIEN LA LANGUE En feuilletant A la lumière d'hiver suivi de Pensées sous les nuages, de Philippe Jaccottet, Poésie/Gallimard). 1."Je t'arracherais bien la langue, quelquefois, sentencieux phraseur."(Philippe Jaccottet, op. cit. p.53) Pour la jeter au chat sans doute. Le félin de l'énigme, le grosminet sphinx. 2."Un homme qui vieillit est un homme plein d'images"(Philippe Jaccottet, op. cit. p.81) Même qu'il y en a un tas, des piles, des iconothèques incroyables... des images ? ah la la ! y en a beaucoup beaucoup... [Lire la suite]

05 septembre 2012

TU DOIS DONC AUGMENTER LE FARDEAU DE TA VIE

TU DOIS DONC AUGMENTER LE FARDEAU DE TA VIE En feuilletant Humain, trop humain de Nietzsche traduit par Desrousseaux et Albert, traduction revue par Angèle Kremer-Marietti, Le Livre de Poche, "Les Classiques de la Philosophie", n°4634. 1."avec un air d'obstination implacable, comme si le cercle ne devait jamais être fermé."(Nietzsche, Humain, trop humain, Opinions et Sentences mêlées, 125) L'orgueil ne ferme jamais le cercle. Il en maintient l'ouverture, ne serait-ce que de la largeur d'une lame de couteau. 2."mais pour l'homme ce... [Lire la suite]
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05 septembre 2012

LET IT BLEED

LET IT BLEED 1.J'écoute l'album Let It Bleed des Stones. On a beau dire que c'est rien que des requins, des margoulins, et dire pis que pendre des pierres qui roulent, dès que retentissent les premières mesures de Gimme Shelter, on fond. 2.Parfois, un verre de vin rouge me va comme un faux nez à un clown. 3.La mélancolie, un cheval qui vous rattrape au galop, et qui vous dit : " Mais tu ne m'avais pas dit que tu ne savais pas monter." 4."Eh ! l'humide carreau tend ses bouillons limpides !"(Rimbaud, Mémoire) Qu'on puisse tendre... [Lire la suite]
04 septembre 2012

C'EST LA QUESTION QUE JE NE ME POSE PAS

C'EST LA QUESTION QUE JE NE ME POSE PAS "La ville était lointaine et sombre"(Victor Hugo, Les Orientales, "Les Bleuets") Ville lointaine... on peut pas la voir alors... et si on la voit, elle est sombre... on est dans la cambrousse peut-être... cavaliers qui regardent la ville se découper dans le bleu de la nuit... ça fait image... la ville, c'est des tas d'autres... sont là-bas, inconnus, étrangers... dans le poème de Hugo, qu'est une chanson (chaque strophe se termine par "Allez, allez, ô jeunes filles, /Cueillir des bleuets dans... [Lire la suite]
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31 août 2012

EN TRAVERSANT LE MILLEFEUILLE

EN TRAVERSANT LE MILLEFEUILLE Mini-vacheries et brèves rêveries en feuilletant le volume Diadème suivi de Mélodrame, de Pierre Jean Jouve, Poésie/Gallimard. 1."L'éros est brûlant"(Pierre Jean Jouve, Clé tragique) Remarquez que l'éros glacé le ferait pas... Docteur, ces temps-ci j'ai l'éros un peu tiède... Et c'est dans un poème qui s'intitule "clé tragique".... Qu'est-ce qu'on peut bien ouvrir comme porte avec une clé tragique ?... m'y risquerais pas... des fois que j'tomberais sur une morte vivante façon Suspiria, sanglante,... [Lire la suite]