29 novembre 2014

DANS LES PLUIES QUI RUMINENT

DANS LES PLUIES QUI RUMINENT   1.Salade, suite d'oreilles fatiguées.   2.Ciel, rideau bleu derrière lequel les dieux spéculatifs discutent de l'existence des humains.   3.Frite, être délicieusement peuple qui hante la pièce de bœuf.   4.Ciel, rideau bleu derrière lequel les dieux ne cessent d'arranger de compliquées affaires de famille.   5.Gant, porte-mains, porte-gifles, porte-épée, porte si l'on veut dans quelque ésotérisme derrière lequel s'agitent des mains blanches, des mains noires.   ... [Lire la suite]

16 novembre 2013

RESTE LE CHEMIN

RESTE LE CHEMIN 1.Pour les êtres quantiques, le néant est un couteau dont le manche a été muni d'une lame. 2.Les corps sont pleins de dégoûts couverts par une élégance de masque. 3.Pour le tyran, un pays, c'est d'abord une carte sur laquelle il étend sa main. 4.L'informatique prouve qu'entre le 0 et le 1 se niche l'infini. 5.Leur sexualité est anthropo-oculaire. C'est par notre oeil que les quantiques croissent et se multiplient. 6.Les chansons peuplent nos solitudes de paroles idiotes, de serments, de promesses, de poudre... [Lire la suite]
06 novembre 2013

LA MAJUSCULE DES PIERRES

LA MAJUSCULE DES PIERRES 1."Mon coeur est une urne où j'ai mis certains défunts"(Jules Laforgue, Complainte-litanies de mon Sacré-Coeur) Et bien, bien qu'en cendres, c'est qu'j'ai dû bourrer, moi ! 2."Ils hurlent en sifflant et l'ardente rafaleEmporte les éclats de leur voix sépulcrale."(Jules Laforgue, La Chanson des morts) Gothique ! Comme le rock ! 3."Oui, ce monde est bien plat; quant à l'autre, sornettes."(Jules Laforgue, La Cigarette) Comme dit l'être au néant. 4."Qui bien que je sois mort s'obstine à sonner... [Lire la suite]
22 septembre 2013

PLEIN DE NULLES PARTS

PLEIN DE NULLES PARTS 1. "Mais ?... Il y a quelqu'un dans ce sac !"(in Pétillon, La Dent creuse) C'est comme ça, les sacs, des fois, on croit qu'il n'y a personne dedans, et puis il y a quelqu'un. Et des fois, ce quelqu'un s'appelle Tour - ce qui, j'en conviens, n'est pas courant comme nom - et même qu'il est plusieurs. De là l'expression : avoir plus d'un Tour dans son sac. 2.En écrivant mes drolatismes, j'écoute un album du vieux Gentle Giant, un morceau bien bizarre qui s'appelle Alucard. A un moment, ils ont ralenti la bande on... [Lire la suite]
13 août 2013

D'UNE CHOUSE A L'OUTRE

D'UNE CHOUSE A L'OUTRESur deux phrases du poème L'Ether, d'Henri Michaux. D'oune belle l'outre, d'ouneChouse a mervelle l'outre, d'ouneA oune, de l'outre a L'outre, sous solel coum a foudre,L'homme i faille qu'i soye oun piou cassa.Lui faille ça, l'homme, sinon i arnonche ; iDoit être cassa pour casser, car lui,D'être cassa ça lui donne des bras.Cassa, ça arme sa cassandre, et  Tous, même sans clocher ni ciel,Qu'on mourut dieu, tous, qu'onA à veille oune flamme c'est l'âme,Oun fétiche comme en poème d'Henri Michaux, oun Christ... [Lire la suite]
11 août 2013

DANS LES LIGNES D'UNE MAIN LIBRE I

DANS LES LIGNES D'UNE MAIN LIBRE IEn lisant Les Mains libres, de Paul Eluard et Man Ray, Poésie/Gallimard, 2013.Légendes. 1.La femme rompant l'oeil s'est couchée sur le pont et trempe le fluide pilier de sa chevelure dans la rivière. 2.Quelque part, l'aiguille à tricoter le réel, plantée dans la pelote de terre. 3.Le loup blanc ferme ses yeux. Le voilà - à s'y méprendre - toile blanche. 4.En écartant le réel, on réveille un oeil originaire et très étonné. 5.Lorsque le fantôme lui-même abandonne le château, alors la songeuse... [Lire la suite]

28 juillet 2013

DU PAPILLON DANS LA CERVELLE

DU PAPILLON DANS LA CERVELLE 1.Un chien circulaire est un être parfaitement cynique. Du reste, je pense assez que le cynisme consiste à faire comme le requin, des ronds dans l'eau. 2.Des fois, les pianos font comme des flaques, qu'on en a les oreilles qui traînent dedans, que ça fait des éclaboussures de lumière. 3.Y en a, ils ont des offres sombres, comme s'ils faisaient commerce d'ombres, comme s'ils spéculaient sur les spectres. 4.Le pronominal s'ermiter est précieux. Il faut savoir s'ermiter surtout lorsque l'on est chez... [Lire la suite]
06 mai 2013

QU'ON FAIT RIEN QU'A

QU'ON FAIT RIEN QU'A 1.Contraire : Souvent le contraire de ce que vous croyez, sinon toute conversation devient impossible. 2."Une telle série d'objets, étagée comme un flux, doit nécessairement en voir une autre lui succéder comme étant le reflux." (Michel Leiris, Aurora, p.62)Je suis certain que, sans guillemets, ni italiques, ni mention de la source, on pourrait insérer cette phrase dans une nouvelle édition de Logique du sens de Gilles Deleuze, et que personne, ou quasi, ne s'apercevrait de l'ajout. 3.J'aime composer des brefs.... [Lire la suite]
05 avril 2013

SORTES DE REELS

SORTES DE REELS En feuilletant Les Ecuries d'Augias, d'Agatha Christie, traduit par Monique Thies, Club des Masques n°72. 1."(longue excursion dans le passé)" (p.85) : Le passé tire la langue à l'espace. Il se moque du lieu d'être. 2."pas de temps à perdre" (p.60) : Et pourtant... 3."- Vous m'excuserez, mais cela me regarde..." (p.61) : Ce qui, par leurs yeux, aux autres là, nous regarde, c'est le "cela", inconnu, inquiétant, imprévisible. 4."et elle avait dû en subir le récit" (p.121) : Le récit est ce que nous subissons. Ce... [Lire la suite]
19 janvier 2013

TOUJOURS LE TEMPS ET JAMAIS LE TEMPS

TOUJOURS LE TEMPS ET JAMAIS LE TEMPSFantaisies à propos de quelques citations tirées du recueil Les Complaintes de Jules Laforgue. Elles figurent ici, les citations, entre guillemets et/ou en italiques. 1."Par le lycée en vacances, sous les préaux !"(Complainte de la fin des journées) Exemple d'ontologie appliquée à la vie quotidienne : qu'est-ce qu'un lycée en vacances ? Un lycée vide aux préaux vides. Vidé de ses lycéens, l'être du lycée devient étrangement palpable. Ombre sans personne, énigme, fenêtre sans mur, langue étrangère.... [Lire la suite]