15 juin 2013

L'ÂCRE ODEUR DES TEMPS

L'ÂCRE ODEUR DES TEMPSVaporeuse fantaisie sur le poème Le Flacon, de Charles Baudelaire. 1."Il est de forts parfums pour qui toute matièreEst poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.En ouvrant un coffret venu de l'OrientDont la serrure grince et rechigne en criant,"(Baudelaire, Le Flacon) Forts parfums... d'l'entêtant... ça pore, ça troue la matière... l'étanche se dissout... le verre lui-même s'évapore... ah tiens, quelque coffret venu de l'Orient... serrure qui grince, rechigne, crie, répugne... vieilles choses enfermées dans... [Lire la suite]

12 juin 2013

LUNE, EAU SONORE

LUNE, EAU SONORE 1."Lune, eau sonore"(Baudelaire, Le Jet d'eau) Le surréalisme a la beauté du diable et fréquente les écailles. 2."éclaboussé l'air de lueurs et de sang"(Baudelaire, Duellum) C'est dans les éclairs qu'il apparaît, toujours, le spectre sanglant. Et comme la pluie le dégouline, le sang se mêle aux rigoles d'eau qui serpentent sur le sol. Du coup, on voit des crapauds sautiller une croix rouge sur le dos. 3."Deux guerriers ont couru l'un sur l'autre ; leurs armesOnt éclaboussé l'air de lueurs et de sang.Ces jeux, ces... [Lire la suite]
10 juin 2013

UNE CAVALERIE DE CRAPAUDS

UNE CAVALERIE DE CRAPAUDS 1."Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux"(Baudelaire, Spleen "J'ai plus de souvenirs...") Sans doute je finirai comme... parmi mes énigmes... fatigué d'avoir rien trouvé, tout raté... et l'on dira dans mon dos : "Ah le con !..." 2."Et sa chaude poitrine est une douce tombe"(Baudelaire, L'Ame du vin) Dans le poème, il s'agit du vin qui, passant par "le gosier d'un homme usé par ses travaux" - un homme - tombe dans le corps, par métonymie, ici : la poitrine, le coeur du bonhomme. Donnant la parole au... [Lire la suite]
12 mai 2013

DES FOIS CHARLES

DES FOIS CHARLESLes Fleurs du mal, Baudelaire. 1."Mais la douce guerrière" (Sisina)Oxymore, c'est déjà du barbare, ça, l'oxymore, de l'alliance périlleuse, même qu'il y a "occis" dedans, et "mort" ou "more" (si l'on veut de l'angliche) : c'est tout dire. 2."A l'âme charitable autant que meurtrière"(Sisina)Des fois, on tue ; des fois, on tue pas. Des circonstances qu'elles dépendent nos vies. Si on savait. C'est qu'les gens sont doubles tellement que vous croyez saluer un doux papa et qu'en fait c'est Barbe Bleue. 3."Afin qu'à mon... [Lire la suite]
03 mai 2013

NOTES SUR LE POEME "CIEL BROUILLÉ" DE BAUDELAIRE

NOTES SUR LE POEME "CIEL BROUILLÉ" DE BAUDELAIRE CIEL BROUILLÉ "On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)Alternativement tendre, rêveur, cruel,Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel. Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort. Tu ressembles parfois à ces beaux horizonsQu'allument les soleils des brumeuses saisons...Comme tu... [Lire la suite]
01 mai 2013

NOTULE SUR DUELLUM DE BAUDELAIRE PRECEDEE DE DIX AUTRES TRUCS

NOTULE SUR DUELLUM PRECEDEE DE DIX AUTRES TRUCSEn parcourant Les Fleurs du mal de Baudelaire 1.L'Idéal. "Ce qu'il faut à ce coeur profond comme un abîme" : Le genre de coeur que si vous vous penchez trop dessus, vous pouvez tomber d'dans, chuter d'dans, chuter, chuter, chuter, en vertu du principe que tout ce qui passe tombe et tout ce qui parle chute. 2.Le Reniement de Saint-Pierre."une symphonie enivrante" : La musique, à force, ça vous bourre le mou. Du coup, ça me fait penser à ces paroles de Michel Jonasz chantées par... [Lire la suite]

16 mars 2013

NOTES SUR LE SONNET LA CLOCHE FÊLEE DE BAUDELAIRE

NOTES SUR LE SONNET LA CLOCHE FÊLEE DE BAUDELAIRE "Bruits étranges, gémissements, éclats de rire, cris lointains auxquels d'autres cris semblent répondre."(Hector Berlioz, Symphonie fantastique, "Programme de l'oeuvre", 1832) Le sonnet La Cloche fêlée est une illustration de l'art baudelairien des sons. Les allitérations, les assonances, les échos internes permettent au poète de légitimer une comparaison entre ce qu'il appelle son "âme" et l'agonie d'un soldat blessé. Le texte commence d'abord par l'évocation d'un tableau... [Lire la suite]
15 mars 2013

VORACES COMME DES IRONIES

VORACES COMME DES IRONIES 1."Tout cela ne vaut pas le terrible prodigeDe ta salive qui mord,Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,Et, charriant le vertige,La roule défaillante aux rives de la mort !"(Baudelaire, Le Poison) Je ne sais pas trop si l'on pourrait dire que le "i" ici mordille, mais enfin il sonne. Pour le sens, on dirait bien qu'il y a du vampire là-dedans. Je note que le "i" fait entendre son bref cri  - ou ce qu'il suggère souvent, l'écho d'un cri (ou d'un rire lointain) - dans les mots "oubli", "vertige",... [Lire la suite]
14 mars 2013

REMORDS POSTHUME : SONNET GOTHICO-MADRIGAL

REMORDS POSTHUME : SONNET GOTHICO-MADRIGALAnalyse du poème "Remords posthume", de Charles Baudelaire, pièce XXXIII du recueil "Les Fleurs du mal". Le titre repose sur un  oxymore puisque, lorsque l'on est mort, on ne peut éprouver de remords. Il s'agit d'un sonnet aux rimes embrassées dans les quatrains, puis aux rimes croisées et suivies dans les tercets. Une seule phrase répartie en deux premières subordonnées de temps commençant par la conjonction "lorsque" (premier quatrain), puis une troisième subordonnée temporelle... [Lire la suite]
13 mars 2013

MYSTERE ET ABSURDITE

MYSTERE ET ABSURDITE 1."Du temps que la Nature en sa verve puissante"(Baudelaire, La Géante) C'est qu'elle a d'la verve, la mère, la grand-mère, l'arrière grand-mère, l'arrière-arrière-grand-mère et même l'arrière-arrière-arrière-grand-mère de toute chose ; disons-le tout net, elle a le verbe haut, la parole colorée, la jactance incessante, le front têtu, la mamelle fière, et, en plus, elle a horreur du vide. Faut toujours l'occuper. C'est le boulot des humains. 2."Deviner si son coeur couve une sombre flamme"(Baudelaire, La... [Lire la suite]