21 février 2017

QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM CACHEZ VOS BOEUFS DIT L'OGRE

QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM CACHEZ VOS BOEUFS DIT L'OGRE   1. QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM   « quand le matin aurait secoué ses bouquets de givre sur mes vitres gelées » (Aloysius Bertrand, « Ma chaumière »)   Quand je me lève j'ai faim car Le matin j'ai faim chaque Matin j'ai faim que le matin il Aurait beau dire (mais le matin c'est rare qu'il cause) mais quand j'ai Secoué le colosse faut qu'je mange un truc avec un os dedans ah il a Ses crocs l'ogre de mon stomac qu'il croquerait bien ... [Lire la suite]

05 février 2017

CE QUI NOUS TROUBLAIT LE PLUS

CE QUI NOUS TROUBLAIT LE PLUS   « C'est quand même le miracle de l'invisible, la littérature. » (Alain Finkielkraut, émission « Répliques » du samedi 21.01.2017, France Culture)   1. « Ce qui nous troublait le plus, c’était notre ignorance totale de l’aspect sous lequel se manifesterait la chose. » (H.P. Lovecraft traduit par Yves Rivière, « La maison maudite » in « Je suis d’ailleurs », Denoël, coll. « Présence du futur »)   Heureusement que c’est une... [Lire la suite]
02 janvier 2017

DES FOIS QU'ON ENTEND BOURNIFLER

DES FOIS QU'ON ENTEND BOURNIFLERcf (Lewis Carroll traduit par Jacques Papy, « De l’autre côté du miroir » Folio classique n°2657, pp 274-278)1.‘The question is,’ said Alice, ‘whether you can make words mean so many different things.’ (Lewis Carroll, « Through the Looking Glass »)« - La question est de savoir si vous pouvez obliger les mots à vouloir dire des choses différentes. »(Lewis Carroll traduit par Jacques Papy, « De l’autre côté du miroir » [Alice])Les remarques d'Alice peuvent sembler... [Lire la suite]
03 octobre 2016

NOTES ET TRAITS SUR LE GRAND VIOLON DE HENRI MICHAUX

NOTES ET TRAITS SUR LE GRAND VIOLON DE HENRI MICHAUX« Rageur, m'engouffrant dans ses plaintes, dans un amas de tonnerres nasillards »(Henri Michaux, « Le grand violon »)1.Dans un poème à Henri Michaux y en a un qui dit qu'il a un « grand-violon girafe » et pourquoi pas un trombonéléphant je dis.Ou une flûte à bec de canard ou un saxopopotame ou une guitare qui boit d'la bière tant qu'on y est.Mais moi ce que je préfère c'est la fontaine-batterie celle qui gicle et qui cingle et dont les voix jaillissent... [Lire la suite]
02 octobre 2016

NOTES SUR LE SONNET DES VOYELLES A L'AUTRE ARTHUR LÀ

NOTES SUR LE SONNET DES VOYELLES A L'AUTRE ARTHUR LÀ   ARTHUR RIMBAUD : VOYELLES   « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,   Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes, Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses... [Lire la suite]
04 septembre 2016

ET LES SINGES SE MOQUERONT DE L'HOMME

ET LES SINGES SE MOQUERONT DE L'HOMME   « Je sens que je puis n'avoir point été, car le moi consiste dans ma pensée ; donc moi qui pense n'aurais point été, si ma mère eût été tuée avant que je n'eusse été animé ; donc je ne suis pas un être nécessaire. Je ne suis pas aussi éternel, ni infini ; mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, éternel et infini. » (Pascal, « Pensées »)   1. Comme Pascal l'écrivit, « je sens que je puis n'avoir point été », et il... [Lire la suite]

10 juillet 2016

DES FOIS QU'AVEC TOUS CES DES FOIS QUE

DES FOIS QU'AVEC TOUS CES DES FOIS QUE1.« Il s'arrêta ému, puis reprit :- La disparition. Supprimez-la, il ne reste rien. »(Agatha Christie, « L'Auberge du fou aux clochettes » [Mr Satterthwaite])Un jour, une nuit, i passe l'aut' Mandrake, et d'un coup d'shazam il nous emporte tous nos secrets qu'on reste planté là, la tête vide.2.Dans Agatha Christie, la revoyant des lustres plus tard, un gus « se ranima les cendres de la jalousie au fond de son cœur. »Le temps du cœur saute aisément les années.... [Lire la suite]
01 mai 2016

COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT OU ALORS

COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT OU ALORS   1. « Toute rue est une caverne » (Raymond Queneau, « Une facilité de pensée »)   Si « toute rue est une caverne », c'est que les villes sont des ensembles de cavernes, et sont donc creusées dans quelque montagne invisible.   2. « Il a su pratiquer de si rusés détours » (Corneille, « L'illusion comique », II, 8 [Lyse])   La ruse est l'art du détour, ne serait-ce que parce que la ligne droite est le plus court chemin du... [Lire la suite]
06 mars 2016

TIRER VANITE DE LA REPUTATION DE SON FANTÔME

TIRER VANITE DE LA REPUTATION DE SON FANTÔME 1.« Il est homme à tirer vanité de la réputation de son fantôme »(Agatha Christie « Le Mystérieux Mr Quinn » [Porter]) Présentatif – attribut – l'impersonnel « il est » s'incarne – se qualifie – s'infinitive – vanité et fantômat – expression « tirer vanité de son fantôme – d'une réputation d'un être qui n'existe que par le nom qu'on lui accorde. Il ah oui il était une fois ou ilEst encore une fois toujours tant de fois tant tant encore. Homme que... [Lire la suite]
08 février 2016

PARFOIS PIERRE

PARFOIS PIERRE 1.« Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal »(Baudelaire, « Sonnet d'automne ») Yeux : « clairs comme le cristal » chez Baudelaire ; à y lire des fois un avenir dans ces globes, pis du trouble, voire du pas très drôle. 2.« Je suis le sinistre miroirOù la mégère se regarde. »(Baudelaire, « L'Héautontimorouménos ») Miroir : ce qu'on est des fois qu'on n'y retrouve ni son latin ni son chien. 3.« Les maisons, dont la brume allongeait la... [Lire la suite]