17 juin 2012

HERON FOU

HERON FOU 1. "Où vont les gants d'avril, et les rames d'antan ? L'âme des hérons fous sanglote sur l'étang." (Jules Laforgue, Les Complaintes, Complainte de l'ange incurable) 1a. "Où vont les gants d'avril" :rythme binaire. "et les rames d'antan" : rythme ternaire. Le second alexandrin commence par une accentuation ("l'âme"). Le double accent des syllabes 5 et 6 ("-rons fous") souligne l'épithète "fous", la détache comme un coup, comme une percussion. 1b. assonances : gants - antan - sanglote - étang / où - fous / vont - hérons /... [Lire la suite]
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15 juin 2012

FOU RIRE ET MASQUE BLANC

FOU RIRE ET MASQUE BLANC Notes sur le poème La viole de Gamba (Aloysius Bertrand, Gaspard de la Nuit, Livre I, "L'Ecole flamande", pièce VII, Livre de Poche n°16103, édition établie et annotée par Jean-Luc Steinmetz). 1. Le titre du poème est "La viole de Gamba" : Instrument à cordes qui nécessitait l'appui des genoux pour que l'on en jouât. Habituellement appelé "viole de gambe" (viole de jambe), l'instrument était tenu verticalement et l'archet en frottait les cordes, glissant toutes sortes de mélodies, des plus mélancoliques aux... [Lire la suite]
14 juin 2012

ET PUIS C'EST TOUT !

ET PUIS C'EST TOUT ! 1. Qui parle du phénix parle de l'obscur ; ce n'est que sous l'obscur que se cachent les braises. Le phénix est déjà dans ces braises. Qui parle de l'obscur parle de l'être dissimulé, occulte. "Le phénix qui s'est caché dans des domaines de silice S'envolera le jour venu sur les désastres déchirés" (Pierre Seghers par l'auteur, Poètes d'aujourd'hui n°140, éditions Seghers, p.109) Ceci dit, moi, les piafs qui prennent feu et filent dans l'air, ça m'a tout l'air d'être une façon de fiche le feu au monde ça encore.... [Lire la suite]
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12 juin 2012

CE N'EST PAS LA LUNE QUI TREMBLE

CE N'EST PAS LA LUNE QUI TREMBLE En feuilletant Fureur et mystère. 1. "Être poète, c'est avoir de l'appétit pour un malaise..." (René Char, Seuls demeurent, Partage formel, XLII) C'est que l'ogre à syllabes ne se nourrit pas d'amour joli et d'eau fraîche d'oiseau à la fontaine ; il lui faut convoquer les spectres pour les dissiper ; il lui faut convoquer ce qui est plus fort que lui pour être à son tour que fort que soi. Ceci dit, c'est bien du tintouin, tout ça, autant écrire La Négresse blonde. 2. "... et la prison mordue" (René... [Lire la suite]
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10 juin 2012

C'EST QU'IL S'AGIT DE S'OCCUPER LE FANTOCHE

C'EST QU'IL S'AGIT DE S'OCCUPER LE FANTOCHE En feuilletant le Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand 1. "Je riais d'entendre un esprit que trempait l'averse" (Aloysius Bertrand, Le falot) Un esprit que trempait l'averse est-il un esprit mouillé ? Un esprit humide peut-être ? Quant à l'averse, est-ce si sûr qu'elle puisse tremper l'esprit ? Ne fait-elle pas autre chose que de le traverser ? A moins que cette averse soit-elle même un fantôme... 2. Hier, mon médecin m'a dit que l'alcool ancrait les état dépressifs dans le cerveau. En... [Lire la suite]
05 juin 2012

RIMBAUD : BRUXELLES

RIMBAUD : BRUXELLES Juillet.                                    Boulevart du Régent, Plates-bandes d'amarantes jusqu'à L'agréable palais de Jupiter. - Je sais que c'est Toi, qui, dans ces lieux, Mêles ton Bleu presque de Sahara ! Puis, comme rose et sapin du soleil Et liane ont ici leurs jeux enclos, Cage de la petite veuve !...... [Lire la suite]
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04 juin 2012

HOPKINS : AS KINGFISHERS CATCH FIRE

HOPKINS : AS KINGFISHERS CATCH FIRE As kingfishers catch fire, dragonflies draw flame ; As tumbled over rim in roundy wells Stones ring ; like each tucked string tells, each hung bell's Bow swung finds tongue to fling out broad its name : Each mortal thing does one thing and the same ; Deals out that being indoors each one dwells ; Selves - goes itself ; myself it speaks and spells, Crying What I do is me : for that I came. I say more : the just man justices ; Keeps grace : that keeps all his going graces ; Acts in God's eye what in... [Lire la suite]
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04 juin 2012

VERLAINE : SONNET BOITEUX

VERLAINE : SONNET BOITEUX                                             A Ernest Delahaye Ah ! vraiment c'est triste, ah ! vraiment, ça finit trop mal ; Il n'est pas permis d'être à ce point infortuné. Ah ! vraiment c'est trop la mort du naïf animal Qui voit tout son sang couler sous son regard fané. Londres fume et crie.... [Lire la suite]
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03 juin 2012

GERARD MANLEY HOPKINS : ANDROMEDA

GERARD MANLEY HOPKINS : ANDROMEDA Now Time's Andromeda on this rock rude, With not her either beauty's equal or Her injury's, looks off by both horns of shore, Her flower, her piece of being, doomed dragon's food.    Time past she has been attempted and pursued By many blows and banes ; but now hears roar A wilder beast from West than all were, more Rife in her wrongs, more lawless, and more lewd. Her Perseus linger and leave her to her extremes ? Pillowy air he treads a time and hangs His thoughts on her, forsaken... [Lire la suite]
29 mai 2012

AU-DELA DE LA TROTTEUSE

AU-DELA DE LA TROTTEUSE 1. "Toute lune est atroce et tout soleil amer" (Rimbaud, Le Bateau ivre) Malédiction du temps. Chaque seconde nous rapproche du Bouffe-tout-cru. Nous sommes des comptes à rebours qui passons dans les rues en devisant du temps qu'il fait. 2. Il peut sembler parfois qu'en dehors du lieu où notre coeur palpite, le monde, à l'image de ces confins évoqués par Rimbaud dans Une saison en enfer n'est qu'une vaste patrie de l'ombre et des tourbillons. 3. "Sur la mer, que j'aimais comme si elle eût dû me laver d'une... [Lire la suite]
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