11 octobre 2014

QUAND BIEN MÊME JE NE POUVAIS ET COMME SI JE DEVAIS

QUAND BIEN MÊME JE NE POUVAIS ET COMME SI JE DEVAIS 1.Depuis tout ce temps, ça n'a pas de sens; regarde-moi, j'agite ma cendre entre mes os. 2.Je t'aimerai toujours bien que je ne sois jamais et qu'entre mes côtes ne bat plus qu'une très lointaine flamme. 3.En vérité, je vous le dis, la flamme des enfers, c'est celle-là qui nous consume jour après jour, nous ride, nous dessèche, nous fume. 4.Je passe dans le mélancolique qui bruisse, feuilles d'où chutent des lutins qui volent nos âmes pour s'en faire des frondes. 5.Au vent le... [Lire la suite]

10 octobre 2014

GENRE DE CHANSON DECHIREE ET AUTRES

GENRE DE CHANSON DECHIREE ET AUTRES 1.J'avions conquête en têteMais v'là qu'on m'la coupée 2.Derrière chez nous y a-t-un étangEt pis des fois y a des corps dedans. 3.On ne défie pas la mort, même pas aux osselets; elle gagne toujours, qui feint souvent de perdre. 4.Ce qui a été, évidemment que ça reste le même; c'est ce qui est qui est différent. 5."Une flaque d'eau trouble comme mon âme"(Apollinaire, "Guirlande de Lou") 6."La mer nous regardait d'un oeil tendre et glauque"(Apollinaire, "Ma Lou je coucherai") 7.Si mon oeil ne... [Lire la suite]
08 octobre 2014

STOMP STOMP STOMP

  STOMP STOMP STOMP   1. Le cénacle à goules Restaurant et toutes ses mâchoires entourées d'habits.   2. Les pleins d'yeux sont aussi pleins d'visages pis qui vous envahissent la nuit.   3. « Les visages, les chapeaux, les mains tressautent dans le métro fétide et grondant » (John Dos Passos traduit par Maurice Edgar Coindreau, « Manhattan-Transfer »)   4. Les chapeaux volaient, avec des têtes dedans, renfrognées, grognonnes, ridées pommes, en sang.   5. Et les... [Lire la suite]
27 septembre 2014

COMME UNE ORANGE NOIRE

COMME UNE ORANGE NOIRE 1."Françoise est charmante, mais elle a souvent des idées saugrenues."(Raymond Jean, "La Lectrice") J'adore cette phrase aux allures d'exemple de grammaire. 2.Chaque jour nous apporte la nouvelle de notre mort, à laquelle nous prêtons plus ou moins attention. 3.Chacun est pour soi un ennemi assez obscur pour s'en aveugler. 4."L'idée a cheminé en moi."(Raymond Jean, "La Lectrice") Que les idées puissent cheminer comme pélerins de Compostelle m'amuse. 5.Ou alors, elles creusent leurs galeries en nous, les... [Lire la suite]
17 septembre 2014

QUI PAR LE FEU QUI PAR L'EAU

QUI PAR LE FEU, QUI PAR L'EAU "And who by fire, who by water, Who in the sunshine, who in the night time," (Leonard Cohen) 1.Brouille, floute, trouble, et brouillasse encore; il flotte sur nos carcasses. 2.Le "jouet de cet oeil" à Rimbaud, qu'on nous yoyote fantoche golem, qu'on nous voye, qu'on nous sidère, qu'on nous fascine. 3.Les Américains, zont maintenant des yeux et des oreilles plein les ciels et qui foudroient, ces yeux, qu'ce sont des drones en fait. 4.A quel mur donc font-elles écho mes paroles ? 5.Poussière... en... [Lire la suite]
16 septembre 2014

DEBLAYER LE PASSE

DEBLAYER LE PASSE 1.Puis encore que Puis décidément puis Le temps avance balayant les encore que les quoique n'admettant que les pendant que et les tandis que. 2.Sans reflet, comme il se doit quand on veut passer inaperçu, je m'avançais dans la rue, tel Fantômas quand il se déguise en ombre, son ombre, sa propre ombre, prompte à jaillir des murs pour foudroyer. 3.Si nos chevaux sont des châteaux, nous faisons cavalerie de nos remparts et c'est la belle au donjon qui hennit. 4.Si le feu est fait de voix, quel opéra qu'une cheminée... [Lire la suite]

14 septembre 2014

LA OU TU ES EST TON SPHINX

LA OU TU ES EST TON SPHINX 1."brouille le pivotement des toits rongés"(Rimbaud, "Nocturne vulgaire") Le réel tourne sur lui-même suivant l'oeil brouillé par l'oeil rongé par l'oeil. 2."Toute lune est atroce et tout soleil amer"(Rimbaud, "Le Bateau ivre") Pleines d'atrocités, nos vieilles lunes, que la vérité n'en finit plus de vomir. 3.La vérité ? - Elle est imbibée, intoxiquée par l'atroce poison de toutes nos lunes. 4.Nous avons l'air d'improviser nos masques, et cependant, ils sont, à notre insu, décidés depuis si longtemps. ... [Lire la suite]
13 septembre 2014

FIAT LUX CERTES MAIS QUELLE LUMIERE NOIRE

FIAT LUX CERTES MAIS QUELLE LUMIERE NOIRE 1.Et si l'univers était infiniment tripoté par deux apprentis de la cuisine des dieux qui se le disputeraient âprement. 2."son ombre elle touche le fond un jour"(Lucien Suel, "Re [garde un] jardin regarde") 3.Son mur il est près de lui son mur luiOmbre et le mur mur. 4.Elle (je la vois avec mes yeux d'outre-mur) elle est bien mignonneTouche de bleu blanc blond dans le paysage et ses murs. 5.Le mur il est tout troué, la jeune fille auFond de l'ailleurs dispersée; et que bouts d'sons sa... [Lire la suite]
08 juillet 2014

CHUTAPLA

CHUTAPLA 1.Et dire que j'vis près d'la mer sans jamais la r'garder. Va finir par se vexer, la mer, et un beau soir sonner à ma porte, la mer, et me cracher son écume à la figure. 2."Derrière tes cheveux il y a tes vitres; derrière tes vitres il y a ton air; derrière ton air il y a tes yeux; derrière tes yeux il y a ton nerfOptique."(Elise Antoine) 3.Impossible de se dupliquer... Malédiction !... Comment faire ?... Il se sentit vacillant... Avec tout ce qu'il devait, il n'avait plus qu'sa pomme, lui-même, unique, dans l'impuissance... [Lire la suite]
08 juillet 2014

TENANT UN MIROIR J'Y VIS DES NUEES

TENANT UN MIROIR J'Y VIS DES NUEESAmusettes autour de fragments tirés de "Aurora", de Michel Leiris, Gallimard, coll. L'Imaginaire. 1.Il y a cette phrase dans "Aurora" de Michel Leiris, où quelqu'un "tenait un miroir, où se reflétaient quelques nuages." Nous ne sommes donc que nuées. 2.Aussi dans le livre à Leiris, cette comptabilité des jours restants à vivre, "en comptant le nombre d'arbres qui le séparait de l'horizon". Ah ça à force qu'on s'fa appela vieille branche (faites pas attention à la conjugaison, j'ai du déglingou... [Lire la suite]